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17.09.2010

Turpitudes - Olivier Bocquet

Fontainebleau, 2003.bocquet.jpg

D'un côté la famille Martin : monsieur le maire, son épouse, leur fille de 16 ans.

De l'autre, la famille Chardone : le prof de maths, son épouse, leurs deux enfants.

Au milieu, Elias, un black au fort accent de banlieue.

Il y a des pourris dans cette histoire, des filous, des coucheries, des bastons, de l'argent perdu, du chantage, des menaces de mort, des paumés, des mous. Tous sont liés, et souvent bien plus qu'ils ne le croient. Alternativement, ils nous racontent leur mois de décembre 2003, un cauchemar !...

Ca faisait longtemps qu'un auteur français ne m'avait pas autant amusée : cette histoire est énorme, mais si rythmée et si gaie dans l'horreur qu'on ne peut vraiment pas la lâcher.

Dès la page 32, Rachel nous explique de belle manière du haut de ses 16 ans la relativité, pour justifier que ses droites parallèles se croisent : "Vous connaissez la phrase d'Einstein : tout est relatif. Ça veut dire quoi, cette phrase ? Ça veut dire que les résultats d'un calcul dépendent de l'endroit, dans l'espace ou dans le temps, où on se trouve. Un homme qui marche dans un TGV n'avance que de cinq kilomètres à l'heure si on se place de son point de vue, mais pourtant, vu de l'extérieur, il avance à trois cent kilomètres-heure ! C'est ça, la relativité ! C'est entièrement basé sur la position de l'observateur au moment de son observation ! Donc, si moi j'observe que les bords de la route se rejoignent, j'ai relativement raison." Limpide !

François m'a beaucoup plu aussi. "Ses anciens amis l'avaient tous plus ou moins lâché quand il avait fait faillite et, contrairement au lieu commun ceux qui restaient n'étaient pas les plus fidèles : c'était les plus cons. Les plus chiants. Les ex-anars embourgeoisés qui se bardaient de culture Télérama et se réveillaient tous les matins avec le 7-9 de France Inter avec la profonde conviction d'être des libres penseurs, sans réaliser qu'ils n'avaient pas une seule opinion qui leur appartînt, pas une seule réflexion qui leur fût propre, et qu'ils n'avaient rien fait de neuf depuis la fin de leurs études."

Eva est également touchante, tout se tient vraiment bien tout en flirtant en permanence avec le comique, la palme à Rachel, tout de même, ah Rachel, ses néologismes... Un sacré numéro :

"Au fait : je ne suis plus vierge ! Mais l'ai-je jamais été ?

J'en avais marre de cet hymen qui me compliquait la vie, alors j'ai décidé de le virer. J'ai passé un long moment hier soir devant le bac à légumes du frigo, à hésiter entre courgette et carotte pour procéder à l'opération. Mais les courgettes étaient un peu trop grosses et les carottes étaient pleines de terre et de bosses, pas très engageantes. En fin de compte, j'ai opté pour le manche de ma brosse à cheveux, dont l'oblonguité arrondie m'a toujours plu. J'ai d'ailleurs acheté ma brosse pour son manche : je trouvais qu'elle tombait bien dans la main, qu'elle était agréable à tenir. Maintenant je comprends pourquoi ! Les designers sont vraiment des petits malins : ça fait un an que je me coiffe avec une bite et je ne m'en étais jamais rendue compte !"

334 pages parues directement chez Pocket, 2010, que je recommande chaudement.

Olivier Bocquet est le lauréat du concours 2009 Thrillermania 

Lu également par Pickwick.

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Commentaires

Feuilleté il ya quelques semaines mais non, trop gras pour moi !:)

Écrit par : cathulu | 17.09.2010

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Gras ?

Écrit par : Cuné | 17.09.2010

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En ce moment c'est mon adjectif !:) Pas fin, pas suggéré, pas "écrit à l'os..."

Écrit par : cathulu | 17.09.2010

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Ah, charnu ;o))))

Écrit par : Cuné | 17.09.2010

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ton Blog-it : Colin et moi t'encourageons vivement à te balayer les cheveux!

Écrit par : juliette Firth | 17.09.2010

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Est-ce que Colin peut s'exprimer lui-même ? (usurpatrice de mari, va).

Écrit par : Cuné | 17.09.2010

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Et ça ressemble vraiment aux extraits que tu cites ? Parce que là, je signe direct ! (mon dieu, la dernière phrase du dernier extrait, je l'applaudis !) :)


(et ton châtain te va très bien, mais tu es aussi ravissante en blonde. Je pense qu'à l'approche de l'automne, tu devrais éclaircir tout ça. Oui, oui).

Écrit par : erzébeth | 17.09.2010

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Oui, ça ressemble :)
(Et merci ;o))

Écrit par : Cuné | 17.09.2010

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Hum... trop charnu pour moi aussi ! ;-)))

Écrit par : Caro[line] | 17.09.2010

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Les extraits que tu as choisis promettent un bon programme dans la gamme du rire ! :-)

Écrit par : Marie | 17.09.2010

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ça me tente bien aussi

Écrit par : Odilette | 17.09.2010

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en effet, les extraits choisis sont géniaux, le titre me plaît moins mais je me laisse tenter et l'ajoute à ma LAL. Merci
cline (lachambredeslivres.over-blog.com)

Écrit par : cline | 18.09.2010

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Moi j'ai passé un vrai bon moment avec ce roman, qui en effet est "charnu" voire "gras", mais sur un tel rythme qu'on l'avale d'un seul coup :))

Écrit par : Cuné | 19.09.2010

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j'adore les extraits, bon ben je note alors :-))))

Écrit par : yueyin | 19.09.2010

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Ok. Gros, gros éclats de rire!!!! J'aurais jamais pensé à ça. Mais je note, bien sûr!

Écrit par : Karine:) | 19.09.2010

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Comment résister à de telles citations?! Je ris devant mon écran ordi!!! Elle a l'air bien délurée, la Rachel! et intelligente!

Écrit par : La Plume et la Page | 19.09.2010

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mais c'est excellent... les citations sont juste géniales...!bonne semaine ;)

Écrit par : choupynette | 20.09.2010

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