« 2010-11 | Page d'accueil
| 2011-01 »
29.12.2010
A Jaine Austen Mystery /2 : Last Writes - Laura Levine
Deuxième volet des aventures de Jaine Austen, Last Writes nous plonge dans l'univers des auteurs de sitcoms hollywoodiennes. Jaine est embauchée grâce à sa copine Kandi dans l'équipe de scénaristes de la toute nouvelle série "Muffy'n Me", qui passe le samedi matin à la télé et qui raconte les aventures d'une ado plantureuse qui a développé des pouvoirs magiques après avoir reçu un ballon de volley sur la tête (It's Bewitched with tits...).
Nos deux copines s'emballent comme tout, découvrent ce milieu de requins, et constatent que le beau gosse de la série couche avec tout ce qui bouge, sauf Jaine, par manque de temps, il se fait trucider par empoisonnement en plein enregistrement avant d'avoir pu s'y mettre sérieusement.
C'est Kandi qui lui a apporté les beignets à la mort-aux-rats, elle est donc suspectée, à tort, bien évidemment. Jaine mène l'enquête pour disculper sa copine...
On découvre aussi les parents Austen à travers de savoureux échanges de mails, qui sont à mon sens ce qu'il y a de plus réussi dans cette aventure, le reste étant dans le grand classique du genre. Aucun ricanement à proprement parler, mais on suit notre copine avec plaisir le temps d'un après-midi de détente, en constatant qu'elle utilise plein de mots français, et que pour l'instant les hommes ne sont vraiment pas sa priorité. Madame Austen mère, non contente d'être a terrible bad-speller, a carrément un problème pour retenir quelque nom que ce soit et ça donne des mails surréalistes !
Le tome 3 est commandé.
Kensington Publishing Corp. 2003, 234 p. (livre en anglais)
Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : détente, vo, sympa
28.12.2010
Top Ten Tuesday (Mes 10 meilleurs romans de 2010)
J’ai moins lu en 2010 (la faute aux séries tv !), mais je peux malgré tout établir mon Top Ten Books I've Read in 2010--a look back into your favorite reads of 2010!
(Toujours dans le cadre du Top Ten Tuesday organisé par The Broke and the Bookish)
1. La couleur des sentiments (The Help) de Kathryn Stockett (Parce que les liens entre ces formidables nanas sont riches et magnifiquement racontés)
2. Nage libre (Swimming) de Nicola Keegan (Parce que Philoména est géniale, tout simplement)
3. Le chagrin et la grâce (The hour I first believed) de Wally Lamb (Parce que rien de tel qu’un bon mélo américain)
4. Juliet, naked de Nick Hornby (Pour le plaisir fou qu’on a à tourner les pages)
5. Les sortilèges du Cap Cod (The old Cape magic) de Richard Russo (Pour la plume douce-amère)
6. Sanctuaires ardents (Private Altars) de Katherine Mosby (Pour son charme incroyable)
7. Quand souffle le vent du Nord (Gut gegen Norwind) de Daniel Glattauer (pour Leo, Leo, Leo !)
8. L’extravagant voyage du jeune et prodigieux TS Spivet (The selected Works of TS Spivet) de Reif Larsen (pour sa fantaisie joyeuse)
9. La bonne grosse montagne en sucre (The Big Rock Candy Mountain) de Wallace Stegner (pour la chouette ballade à travers le XX° siècle)
10. Le cycle des Rougon-Macquart d’Emile Zola, que je me réjouis de poursuivre en 2011 !
Elle toptenisent : Fashion, Stéphanie, Karine, Yue Yin.
La semaine prochaine, je ne joue pas, pour celles qui le désirent, le thème est :
Top Ten Books I Resolve To Read in 2011
Publié dans Tops divers | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : top ten tuesday, la crème de la crème, pour finir l’année en beauté!
26.12.2010
Les Rougon-Macquart 10/20
« Taisez-vous, répondeuse ! »
Pot-Bouille, dixième roman du cycle des Rougon-Macquart, est une étude de moeurs. Nous suivons Octave Mouret (celui qui bullait à Marseille sans pouvoir obtenir son bac) qui emménage dans une maison bourgeoise parisienne où l’on se targue d’avoir la meilleure société comme locataires. Au départ plutôt ébloui par les apparences calmes et bien élevées de cette maison, il va tenter de séduire un peu n’importe qui, tremper dans de vilaines histoires et réaliser l’immense hypocrisie de ce milieu, avant d’épouser la patronne d’un petit magasin qu’il va réformer de bout en bout, mais ce sera pour le prochain tome (qu’il me tarde d’entamer).
Pendant à L’Assommoir où le peuple était disséqué, Pot-bouille fouille sous les jupes des grasses bourgeoises et de leurs bonnes, et c’est carrément dégueulasse. L’accouchement d’Adèle est un modèle de répugnance, où la bêtise la plus crasse rejoint un besoin désespéré de respecter des apparences hypocrites.
Il y a énormément de personnages dans ce roman, on entre et on sort beaucoup, par l’entrée de service et l’escalier officiel, la mécanique est bien huilée et le rythme ne faiblit jamais. Pourtant on peine à s’attacher à quelqu’un, même si les portraits sont suffisamment nuancés pour qu’on parvienne à comprendre les caractères sans asséner de jugements définitifs.
Enfin, les lectrices sont bien maltraitées, l’une se fait complètement tourner la tête par un roman de George Sand et l’autre n’en peut plus de chouiner mollement avec Dickens.
C’en est fini des lettres de Flaubert, sa mort en mai 1880 rendit Zola « idiot de chagrin ». La perte de sa mère l’enfonce encore plus, et c’est en pleine hypocondrie, la quarantaine venue, qu’il rédige ce roman. C’est peut-être ce contexte qui rend l’ambiance si froide et détachée...
Publié dans Livres : Classiques | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : emile zola
21.12.2010
Ghostheart - R.J. Ellory
Live a little Annie O’Neill, she told herself. Live a little before you die.

Annie O’Neill a une petite vie trop tranquille. La trentaine, New-York (Manhattan, même), elle s’occupe de sa boutique de livres d’occasion, qui lui permet tout juste de subvenir aux frais essentiels, au jour le jour. Son père est mort quand elle était gamine, sa mère il y a quelques années, elle n’a pas eu des masses d’histoires de coeur. Elle n’a pas non plus beaucoup de clients; elle regarde vaguement passer la vie, solitaire, elle s’en accommode sans trop d’états d’âme. Elle a son voisin, Sullivan, un quinquagénaire d’une gentillesse parfaite, ses livres, un bon client aussi qui lui apporte des sandwiches le midi. Ainsi coulent les jours.
Entre en scène un vieux monsieur qui lui dit avoir bien connu son père. Comme elle n’en a absolument aucun souvenir, elle est très intéressée par ce que ce Forrester peut avoir à lui raconter. Il lui propose de recréer un ersatz de club de lecture, autour d’un manuscrit à lire chapitre par chapitre. Ils se reverront chaque lundi pour la remise du chapitre suivant, et quand elle aura tout lu, ils en discuteront. Après seulement il lui parlera de son père...
Un roman qui m’a fait capoter tout debout. Il est pourtant plein de défauts, Annie ne veut absolument rien comprendre à rien - alors que nous, lecteurs, on a déjà tout mis en place au premier chapitre du manuscrit (bon, peut-être au 2° ou 3° pour les détails), mais il a un souffle, un ton et une ambiance qui nous prennent à bras le corps et nous font valser comme qui rigole.
C’est la première fois que je lis Ellory en VO, mais pas la dernière. J’ai beaucoup apprécié sa patte, sa façon d’expliquer les choses à travers un détail (comme : « elle avait un rire qui en disait plus sur elle que n’importe quel mot aurait pu le faire », j’ignore le nom de cette figure de style, mais je l’aime beaucoup :))), la façon dont il écrit un roman dans le roman, avec des faits choquants, brutaux, totalement en opposition avec l’univers d’Annie; la façon dont cet univers évolue progressivement, passant de douillet et en retrait à quelque chose d’angoissant et de pesant, amplifié par l’extrême candeur (voire imbécilité) qu’elle persiste à afficher; ses réparties vives, qui sont souvent une surprise; le passage leste, qui m’a donné chaud chez le coiffeur...
C’est un roman difficile à classer, tant il contient plusieurs genres. C’est un roman d’abord introspectif, qui contient une histoire d’amour, une histoire d’amitié, une histoire de vengeance et qui évoque tout à la fois la comédie romantique et le film de gangster.
C’est fort ambitieux à la base et le pari n’est pas tout à fait tenu, mais Ghostheart a ce petit quelque chose pas bien définissable qui déclenche l’affection. Comme Sullivan, tiens. Un homme qui vous dirait :
« I take you to the Italian restaurant on 112th, we eat crab and avocado antipasta, we gorge ourselves sick on fusilli and mortadella and Montepulciano, and then we get a cab home and laugh about how stupid everyone else is but us."
Franchement, comment résister ?...
Orion Paperback, 2004, 390 p.
Emeraude m’avait donné envie.
18.12.2010
Les Rougon-Macquart 9/20
Anna Coupeau, fille de Gervaise Macquart et de Coupeau, biche de haute volée, héroïne du roman de la « bicherie » (non les filles, manque pas un « t »). Anna dite Nana, dix-sept ans, par là, blonde-rousse à la peau blanche, au corps rond et gras, stupide à un point difficilement imaginable, consommera les hommes jusqu’à leur moelle et finira tragiquement.
« Le sujet philosophique est celui-ci : Toute une société se ruant sur le cul. Une meute derrière une chienne, qui n’est pas en chaleur et qui se moque des chiens qui la suivent. Le poème des désirs du mâle, le grand levier qui remue le monde. Il n’y a que le cul et la religion. » disait Zola (très gaillardement, ma foi), en ébauche de son roman.
Tout est dit. Roman qui en cours de parution en feuilleton aura encore une fois subi un acharnement critique démesuré, réponses de Zola qui ne refusait jamais la polémique, tout ça, et pour finir le temps a jugé : oui, Nana est - une fois de plus - un grand roman.
Elle m’a ennuyée un peu, étonnée souvent, écoeurée encore plus. Jusqu’à la mort de Vandeuvres, je lui trouvais encore des côtés attendrissants. Mais le passage que je m’apprête à citer entièrement a signé l’arrêt de mon empathie : quand on est à ce point ignoble, ça va quoi, sans moi. A noter qu’il arrive juste après la scène grandiose de l’hippodrome, et qu’elle est bien évidemment la cause de tout.
***
Ce fut seulement le mardi que Nana se remit des émotions de sa victoire. Elle causait le matin avec Mme Lerat, venue pour lui donner les nouvelles de Louiset, que le grand air avait rendu malade. Toute une histoire qui occupait Paris, la passionnait. Vandeuvres exclu des champs de course, exécuté le soir-même au Cercle impérial, s’était le lendemain fait flamber dans son écurie, avec ses chevaux.
« Il me l’avait bien dit, répétait la jeune femme. Un vrai fou, cet homme-là !... C’est moi qui ai eu une venette, lorsqu’on m’a raconté ça, hier soir ! Tu comprends, il aurait très bien pu m’assassiner, une nuit... Et puis, est-ce qu’il ne devait pas me prévenir pour son cheval ? J’aurais fait ma fortune, au moins !... Il a dit à Labordette que si je savais l’affaire, je renseignerais tout de suite mon coiffeur et un tas d’hommes. Comme c’est poli !... Ah ! non, vrai, je ne peux pas le regretter beaucoup. »
Après réflexion, elle était devenue furieuse. Justement, Labordette entra; il avait réglé ses paris, il lui apportait une quarantaine de mille francs. Cela ne fit qu’augmenter sa mauvaise humeur, car elle aurait dû gagner un million. Labordette, qui faisait l’innocent dans toute cette aventure, abandonnait carrément Vandeuvres. Ces anciennes familles étaient vidées, elles finissaient d’une façon bête.
« Eh ! non, dit Nana, ce n’est pas bête de s’allumer comme ça, dans une écurie. Moi je trouve qu’il a fini crânement... Oh ! tu sais, je ne défends pas son histoire avec Maréchal. C’est imbécile. Quand je pense que Blanche a eu le toupet de vouloir me mettre ça sur le dos ! J’ai répondu : « Est-ce que je lui ai dit de voler ! » N’est-ce-pas ? On peut demander de l’argent à un homme, sans le pousser au crime... S’il m’avait dit : « Je n’ai plus rien », je lui aurais dit : « C’est bon, quittons-nous. » Et ça ne serait pas allé plus loin.
- Sans doute, dit la tante gravement. Lorsque les hommes s’obstinent, tant pis pour eux !
- Mais quant à la petite fête de fin, oh ! très chic ! reprit Nana. Il paraît que ç’a été terrible, à vous donner la chair de poule. Il avait écarté tout le monde, il s’était enfermé là-dedans, avec du pétrole... Et ça brûlait, fallait voir ! Pensez-donc, une grande machine presque toute en bois, pleine de paille et de foin !... Les flammes montaient comme des tours... Le plus beau, c’étaient les chevaux qui ne voulaient pas rôtir. On les entendait qui ruaient, qui se jetaient dans les portes, qui poussaient de vrais cris de personne... Oui, des gens en ont gardé la petite mort sur la peau... »
Labordette laissa échapper un léger souffle d’incrédulité. Lui, il ne croyait pas à la mort de Vandeuvres. Quelqu’un jurait l’avoir vu se sauver par une fenêtre. Il avait allumé son écurie, dans un détraquement de cervelle. Seulement, dès que ça s’était mis à chauffer trop fort, ça devait l’avoir dégrisé. Un homme si bête avec les femmes, si vidé, ne pouvait pas mourir avec cette crânerie.
Nana l’écoutait, désillusionnée. Et elle ne trouva que cette phrase :
« Oh ! le malheureux ! c’était si beau ! »
***
Nana est totalement une Macquart, à tous les points de vue. On la voit se cogner aux différentes vitres de la cage où son hérédité et son manque total d’éducation conduisent, on la voit ne jamais rien vraiment apprécier, ni même appréhender, au fond. Elle a une rouerie atavique servie par une animalité magnétique, mais elle est très laide moralement. Le portrait du milieu où elle règne dans cet opus n’a rien à lui envier, et je suis plutôt contente d’en avoir terminé !
Pour les Flaubertiennes, le 15 février 1880, Gustave écrivait :
« J’ai passé hier toute la journée jusqu’à 11 heures et demi du soir à lire Nana, je n’en ai pas dormi cette nuit et « j’en demeure stupide ». S’il fallait noter tout ce qui s’y trouve de rare et de fort, je ferais un commentaire à toutes les pages ! Les caractères sont merveilleux de vérité. Les mots nature foisonnent; à la fin, la mort de Nana est Michelangelesque ! Un livre énorme, mon bon »
Et le même jour, dans une lettre à Charpentier : « Quel bouquin ! C’est raide ! et le bon Zola est un homme de génie; qu’on se le dise !!! » Je crois que c’est clair, Gustave aimait les points d’exclamation...
Publié dans Livres : Classiques | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : emile zola
16.12.2010
Les trois saisons de la rage - Victor Cohen Hadria
Nous sommes en 1859, et suivons pour commencer un échange épistolaire entre deux médecins. L’initiateur de cette correspondance est sur les routes vers l’Italie avec les troupes de l’Empereur, et contacte le docteur Lecoeur dans la campagne normande, afin de permettre à un de ses soldats de communiquer avec sa famille. Personne ne sait lire chez les paysans, on a besoin d’intermédiaires. A travers leurs lettres, ces deux hommes nous invitent dans cette période troublée, et au départ on entre un peu à reculons.
Puis c’est le journal du docteur Lecoeur qui nous est proposé, de janvier à juin (sa fille ouvre et ferme le roman); et là c’en est fini de nous, on est totalement captifs.
Le quotidien d’un médecin de campagne à cette époque est fascinant. L’idée qu’on s’en était fait à travers sa correspondance première était tronquée, le docteur Lecoeur est un être à la fois très simple et très complexe, bon mais parfois sentencieux, faillible mais vraiment dévoué, âgé mais chaud comme la braise.
Les situations auxquelles il est confronté sont diverses et souvent très fortes, il en profite pour asseoir son avis sur la religion, la sorcellerie, la nature humaine, mais aussi pour exercer son métier au mieux, avec tout ce que les années peuvent lui apporter en améliorations (oh sa découverte du sandwich !), aussi bien scientifiques qu’au niveau personnel. La langue utilisée est délicieuse, tenant à la fois de Maupassant et de la Bruyère, « j’allai en grande presse » « Le nécessaire exutoire de ma virilité fut de conjugaisons stipendiées et abritées par les maisons réservées »...
Et au final tout cela prend formidablement bien. Il y a quelque chose de la chronique sociale et historique, tout en préservant un coup de théâtre final glaçant et injuste, les personnages existent, on ressent vraiment tout un tas de choses et même, on les ressent dans la peau des personnages, en ayant en permanence à l’esprit leurs doutes ou leur condition (j’ai franchement eu la trouille avec l’histoire de Solange, en deux pages une atmosphère extrêmement angoissante est plantée, que la dénégation du cartésien renforce encore, brrrr). Il y a nombre de pensées fort bien exprimées en mots choisis, qu’on a envie de noter frénétiquement, il y a quelque chose de poignant, il y a là un vrai bon roman.
Ed. Albin Michel, 2010, 458 p.
Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : elle n’est pas bien belle, la campagne normande, vue sous cet angle
14.12.2010
Top Ten Tuesday (Les livres qui font pleurer)
Sur The Broke and the Bookish, c’était le 2 novembre dernier. Fashion, Karine et moi avons décidé de repêcher le thème pour cette semaine, voici le :
Top Ten Books that made you cry !
1. Hunger Games de Suzanne Collins. Le moment du pain noir lié à la petite Rue, au milieu de toute la tension, je n’ai pas résisté.
2. La couleur des sentiments de Kathryn Stockett. Quantité de larmes, émotions multiples, rendues très fortes par la grande pudeur constante. Grand souvenir du moment précis où Skeeter reçoit le petit cadeau organisé par le prêtre...
3. Le Prince des marées de Pat Conroy. J’ai pleuré à chaque fois que je l’ai lu, dans de tous petits moments presque annexes, la discussion informelle en tant que coach, la tendresse d’un moment mère-enfant...
4. Au bon roman de Laurence Cossé. J’ai voulu lire la lettre de Francesca à haute voix, j’ai craqué.
5. Bleak House de Charles Dickens. La mort du petit Joe a fonctionné du feu de dieu pour moi, impossible de résister.
6. Le petit bâtard de William Kowalski. Si mes souvenirs sont bons, ce roman m’avait été offert par Chimère et je l’ai lu lors d’un loooong voyage en voiture : on a osé se moquer des larmes qui coulaient sur mes joues.
7. La malédiction Henderson de David Adam Richards. L’acharnement d’un village contre une famille, ma lecture date (et je n’en ai pas trace) mais je me souviens d’une oppression presque physique pendant ma lecture, qui s’est calmée par quelques pleurs.
8. L’élégance du hérisson de Muriel Barbery. Une histoire de camélia...
9. L’attente du soir de Tatiana Arfel. Un roman magique qui distille une émotion très fine.
10. La voix des morts de Orson Scott Card. Parce que les Pixies, quoi ! On ne parlera jamais assez des problèmes de communication avec les peuples extra-terrestres. *soupir*
C’est un fait, je suis très bon public, je pleure, je crie, je ris, je bave, je vitupère, je salive... quand je lis, je vis.
La semaine prochaine, je ne joue pas, le thème ne m’intéresse pas (Top Ten Books I Hope Santa brings) et dans les anciens rien ne me motive plus. Rendez-vous le mardi 28 pour : Top Ten Books I've Read in 2010.
Publié dans Tops divers | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags : top ten tuesday, vivent les kleenex, en plus, pleurer ça rend les yeux brillants, alors, (et gonflés aussi), mais bon
08.12.2010
Les Rougon-Macquart 8/20
Une page d’amour s’attache à Hélène Mouret (côté Macquart donc), et nous raconte comment une jeune femme bien sous tous rapports, de tempérament calme et placide, entièrement dévouée à sa fille Jeanne de santé très fragile, va lentement subir le joug d’une passion furieuse pour son médecin de voisin. En cinq parties, chaque étape de cet amour est décortiquée en de minutieux détails psychologiques, rythmée par la ville de Paris qui est un personnage à part entière.
A leur fenêtre, Hélène et Jeanne voient passer les saisons sur les toits de Paris, les passants déambuler, la ville les émerveille par sa beauté et son animation ou les horrifie par ce qu’elles devinent de ses monstruosités sans que jamais elles ne s’autorisent à la découvrir réellement, spectatrices tout à tour séduites ou indifférentes.
L’écriture est beaucoup plus apaisée que dans le tome précédent et se déverse dans une impression ouatée de grande douceur. Le propos, pourtant, est fidèle à la façon habituelle de Zola : c’est le drame. Jeanne est insupportable, geignante, capricieuse, jalouse et possessive, Hélène est faible et sans substance, son Henri est mou et hypocrite, Rosalie (la bonne) est responsable au fond de la mort de Jeanne (je t’en ficherais de roucouler dans la cuisine en laissant une petite de 12 ans malade de 15 h à 19 h seule dans sa chambre sous prétexte qu’elle ne fait pas de bruit ?!), son amoureux crétin comme pas deux, Juliette écervelée et aveugle, j’en passe, tout aboutit au malheur et on s’y dirige en faisant feu de tout bois.
On y croit, pourtant, on se prend à compatir très sincèrement à l’inextricabilité des sentiments, on comprend « la faute », on souffre avec tous ces personnages, on entend tout au fond de notre propre coeur frémir ces moments où tout peut basculer...
En étude de l’édition Pléiade, parmi d’autres éléments plus passionnants les uns que les autres, la lettre que Flaubert écrivit à Zola à propos de ce roman, et qui contient, je trouve, tous ces sentiments mêlés qu’un génie pouvait ressentir à propos d’un autre :
« Mon Bon,
« Lundi soir j’avais fini le volume.
« Il ne dépare pas la collection, soyez sans crainte, je ne comprends pas vos doutes sur sa valeur.
« Mais je n’en conseillerais pas la lecture à ma fille, si j’étais mère !!! Malgré mon grand âge, le roman m’a troublé et excité. On a envie d’Hélène de façon démesurée et on comprend très bien votre docteur.
« La double scène du rendez-vous est SUBLIME. Je maintiens le mot. Le caractère de la petite fille est très vrai, très neuf. Son enterrement merveilleux. Le récit m’a entraîné, j’ai lu tout d’une seule haleine.
« Maintenant voici mes réserves : trop de descriptions de Paris, et Zéphyrin n’est pas bien amusant. Comme personnages secondaires, le meilleur, selon moi, c’est Malignon. Sa tête, quand Juliette blague son appartement, est quelque chose de délicieux et d’inattendu.
« Le mois de Marie, le bal d’enfants, l’attente de Jeanne sont des morceaux qui vous restent dans la tête.
« Quoi encore ? Je ne sais plus. Je vais relire.
« Je serais bien étonné si vous n’aviez pas un grand succès de femme.
« Plusieurs fois en vous lisant je me suis arrêté pour vous envier et faire un triste retour sur mon roman à moi - mon pédantesque roman ! qui n’amusera pas comme le vôtre.
« Vous êtes un mâle. Mais ce n’est pas d’hier que je le sais.
« A dimanche et tout à vous. »
Egalement lu par : Dominique Poursin, Suzan, Yohan, Lau, ...
Publié dans Livres : Classiques | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : emile zola
07.12.2010
Top Ten Tuesday (Fictional Crushes)
Sur The Broke and the Bookish, c’était le 19 octobre dernier, mais pour certaines, c’est aujourd’hui : bovarysons sans complexes (Stéphanie joue aussi, et Caro prend le thème officiel). Personne ne m’en voudra de m’attacher en ce glorieux mardi aux personnages de séries télés, celles-ci faisant partie intégrante de ma vie fictionnelle. Les preux gentlemen que je m’apprête à citer ne sont pas les plus beaux ni les plus forts, parfois pas même des figures importantes de l’oeuvre dans laquelle ils apparaissent. Pourtant tous, à différents degrés, ont été des vrais béguins !
Top Ten Fictional Crushes

1. Cal Lightman (Lie to me)
Il déboule en chaloupant, se vautre dans un fauteuil, tout de guingois, transperce son interlocuteur de ses yeux égarés, puis se met à débiter trois mille questions en violant tout espace vital et en ne lâchant rien : cet homme est totalement inadapté et suprêmement inquiétant. Le plus grand spécialiste du mensonge au monde m’hypnotise à chaque épisode et aucune importance si les intrigues ont été conçues par des scénaristes en CM2. On est dans un univers de grand prédateur, les plus dangereux, ceux qui ne payent pas de mine; plaise au ciel qu’il ne s’assagisse jamais.
2. Gene Hunt (Ashes to Ashes)
Il appelle la nouvelle parachutée d’un nom de Champagne (Bols ou Bolly pour Bollinger), il croit en ce qu’il fait et ses méthodes peu conventionnelles ont un sens et un but : non, Gene n’est pas un gros lourd misogyne et bas du front, ooooh non. Sous ses airs bourrus se cache un chevalier, qui n’a pas peur de s’offrir sans minauder le moment venu (haine sur tous les scénaristes pour l’avant-dernier épisode de la saison 3, frustration is leur middle-name).
3. Eli Gold (The Good Wife)
Chargé de redorer l’image politique de l’ex-procureur-à-qui-on-fait-des-misères, Mister Gold est supposé être un méchant plein de magouilles, mais dans les faits il subit plutôt avec toujours un temps de retard. Pourtant, on sent une certaine stature qui ne demande qu’à s’épanouir, du sang et des coups fourrés, bon sang, faites-le exister un peu, ce bad guy en costume impeccable !
4. Jess Mariano (Gilmore Girls)
Jess est un bad guy, mais version flûte-et-zut-oh-mince-alors. Rebelle et paumé, c’est dans la lecture qu’il va trouver le salut (et un petit peu dans l’estime de Rory, c’est bien connu, les vilains s’exaltent dans la perdition des jeunes filles de bonne tenue mais c’est comme un sport, pour eux, voyez ? Du genre hobby et ça ne veut rien dire. Bon, il s’avère que Jess a vraiment des sentiments pour Rory, ce qui au final l’honore. Mais ne lui portera pas chance. Car à Stars Hollow, tout le monde est bien propre et gentil et on n’aime pas trop trop ceux qui dépassent...)
5. Spike ou William the Bloody (Buffy & Angel)
Il fut un temps où Spike était chartbé. Féroce, cruel, fort drôle aussi. Une petite blondinette apparut, et tout changea. Ce vampire a gagné son âme, Messieurs-Dames, au prix d’invraisemblables souffrances. Il a sauvé le monde et l’autre elle l’aime même pas ! She’s got stupid hair, anyway. Tsss.
6. Castiel (Supernatural)
Castiel est un ange d’un genre plutôt renfrogné et décalé, mais j’ai lâché en cours de 4° ou 5° saison la série où il se débattait dans un conflit énorme avec les forces du mal, filant un coup de main aux frères Winchester. Son inexpressivité était pourtant intéressante, couplée à l’intelligence musculaire de Sam.

7. Jack Harckness (Torchwood)
Ce qui est bien, avec le capitaine Jack, c’est qu’il ne fait aucune discrimination. De la plante verte à l’allien le plus repoussant, hommes, femmes, meubles, tout est à séduire et il répand ses charmes avec une générosité qui l’honore. Encourageons la gentillesse, cette valeur se perd.
8. Ripley Holden (Blackpool)
Ripley joue les fanfarons avec un art inégalé. Ce chef de famille n’a de pourri que les apparences (par ailleurs extrêmement séduisantes), et il vole la vedette à la pourtant mégastar écossaise tueuse de Daleks par la superbe humanité dont il est nimbé. Je te l’offrirais bien, moi, ton casino de luxe, Mister Holden.
9. Sherlock Holmes (Sherlock)
Un homme qui pense plus vite que la lumière ne peut que figurer dans mon Top Ten. Ses inquiétants yeux de chat enregistrent le moindre détail en un éclair, le relient à des données que le commun du mortel n’a même jamais envisagé de considérer, et il énonce en un débit précipité mais néanmoins parfait l’âge du disque dur, son classement wikio et le nom du futur roi d’Angleterre. Bénis soient Steven Moffat et Mark Gattis pour cette version contemporaine qui gère, ouèch, savaouB1, TKT.
10. Gregory House (Dr House)
C’est difficile de ne pas le citer, pourtant il faut bien le dire, Greg m’a déçue. Ce génial diagnosticien s’est perdu dans des intrigues répétitives à souhait, des hallucinations et des histoires de drogue, tout en malmenant son seul pote Wilson et en couchant avec sa patronne. Je ne le suis plus que d’un oeil occasionnel et je crois que le crush a vécu : so long, Doctor.
La semaine prochaine, nous ne suivrons pas non plus le thème imposé (Top Ten Books I'm Anticipating For 2011.), mais repêcherons celui du 2 novembre dernier : Books That Made You Cry.
Publié dans Tops divers | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : top ten tuesday, un jour, peut-être, mes fictional crushes littéraires, mais là, j’avais envie comme ça
06.12.2010
Si seulement j’avais pu échanger quelques points de QI contre un peu de béatitude ignorante
« Je suis à une soirée Pilby : une soirée pour une personne. J’adore les soirées Pilby. Je suis la seule invitée, et je suis toujours parfaitement à ma place."

Carrie Pilby a dix-neuf ans, a sauté allègrement trois classes, est déjà diplômée de Harvard, et est seule à en crever. Née anglaise, elle vit aux États-unis depuis toujours (New-York), a perdu sa mère d’un cancer alors qu’elle avait deux ans (aucun souvenir), et n’a pour toute famille que son père, souvent à l’étranger pour de longues périodes. Carrie n’a pas d’amis, pas de boulot, pas de but dans la vie. Ce qu’elle aime c’est dormir, son lit, son appartement-refuge, apprendre (et le soda à la cerise). Elle a des valeurs morales et ne conçoit pas vraiment de transiger pour s’adapter aux autres. Pour autant, elle réalise qu’elle ne peut pas vivre seule. « On ne peut pas avoir de conversation intelligente avec des gens doués de bon sens » : le bon sens n’est en effet pas ce qui la caractérise. Intelligente, elle l’est sans aucun doute, mais elle le paye au prix fort en immaturité affective. Elle ne sait tout simplement pas établir de rapports avec les autres. Une fois par semaine, elle voit un psy (payé par son père, un ami de la famille), qui va tenter de percer sa carapace...
J’ai découvert cette petite pépite chez Juliette (qui en parle vraiment très bien, comme d’habitude), et c’est un vrai chouette roman, à la fois léger et profond, qui possède cette qualité si rare et si appréciée de choper le lecteur pour ne plus le lâcher. L’héroïne est déconcertante (dans le bon sens du terme) et le décalage entre sa maturité intellectuelle et son extrême candeur relationnelle est bien rendu. Une petite lenteur qui stagne aux trois-quart du roman, on se demande si tout ça va aboutir à quelque chose un jour, on regrette l’éternel cliché de la nuit du nouvel-an (et un peu le happy end aussi), mais bon, on veut bien, quand même, parce que c’est bien fait.
On s’amuse, on s’attendrit, on met en garde, et au final on est drôlement enchanté d’avoir rencontré Miss Carrie Constance Pilby (c’est un petit truc qu’elle nous apprend, entre mille autres : si vous en pincez vraiment pour quelqu’un, vous connaissez son deuxième prénom. Ouf, j’ai vérifié, chez nous c’est bon).
"SURDOUEE CHERCHE GENIE JF blanche célibataire, 19 ans, très intelligente, cherche JH non fumeur, non drogué, très très intelligent, 18-25 ans, pour philosopher et parler de la vie. Hypocrites, mystiques et machos s’abstenir."
La vie (pas) très cool de Carrie Pilby - Caren Lissner (Carrie Pilby, 2003)
Ed. Harlequin (hééééé oui!), collection Darkiss, 2010, 531 p.
Traduit de l’américain par Gérarldine Bretault
Publié dans Livres : J'adore | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : on ne pense pas assez souvent, à s’acheter de nouvelles chaussettes