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07.01.2011

Les Rougon-Macquart 11/20

Si l'on clabaudait toujours, par cette démangeaison de langue qui ravage toute réunion d'hommes et de femmes, on s'inclinait très bas, jusqu'à terre.

 

J'ai aimé du premier au dernier mot de ce splendide "Au bonheur des dames", le trouvant forcément trop court, alors qu'il est le plus long à date du cycle des Rougon-Macquart. Roman du commerce, les notes de l'édition en Pléiade nous apprennent que l'intention était aussi de faire un roman de femmes pour les femmes, pari tenu en ce qui me concerne. Même le happy end - que j'appelais de mes voeux - m'a entièrement satisfaite, d'autant qu'il s'appuie sur la réalité :

Note p. 803 : Zola avait choisi la fin heureuse dès le début de l'Ebauche, et l'intrigue débouchait inévitablement sur ce mariage. Mais la réalité lui fournissait des exemples d'une issue identique. Notes Beauchamp, "Larivière (Coin de Rue), avait épousé la 1ère de son rayon lingerie. L'avait envoyée d'abord passer six mois chez ses parents, pour lui refaire une virginité." - Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable... De même, Cognacq, qui avait fondé la Samaritaine en 1869, épousa en 1872 Marie-Louise Jay, "première" du rayon des costumes du Bon Marché.

Il y a bien des choses à dire sur cet incroyable roman qui donne la fièvre, carrément, sur ses descriptions du grand magasin, sa vision du commerce, la mort des petites boutiques, les règles délétères en usage entre les employés, la profusion d'articles et d'acheteuses, mais la midinette que je suis s'est surtout projetée tout debout dans l'histoire d'amour. Octave Mouret, le même crétin qui écoeurait dans Pot-Bouille, devient tout-à-coup tout autre, puisqu'elle l'aime. Elle, Denise, petite normande mal dégrossie, même pas jolie, à charge de ses deux petits frères (dont l'un ne pense qu'à faire des conneries), rejetée par son oncle, dont tout le monde se moquera dans ses débuts, qui passera des mois à raccommoder la nuit sa seule vilaine robe de laine et ses sabots qui lui blessent les pieds au sang, qui sera renvoyée, à la rue, seule au monde, prise en pitié par un vieux fou qui refuse de vendre sa boutique infâme et lui offrira, un soir, du bouillon pour le petit (c'est trop, diantre, on dirait du Zola ! Me disais-je en ravalant mes larmes, oh, mais c'en est, hu hu hu), qui se remettra de tout, avec sa grosse chevelure blonde indomptable, ses 30 kg toute mouillée et sa bravoure de façade.

Ce n'est pas tellement encore qu'on l'aime des masses, cette Denise, l'être humain chez Zola reste quand même toujours en-dessous de son génie de la description pour TOUT le reste. Mais on y croit, quoi, on y est, ces hésitations, ces révélations à soi-même de ses propres sentiments, la souffrance, le délice infernal de croiser l'autre au boulot chaque jour, je ne sais que vous dire, moi, ça se lit d'une traite !

Un bonheur, un régal, une merveille.

Trackbacks

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Commentaires

Et l'aspect technique est aussi une splendeur d'observation !

Écrit par : cathulu | 07.01.2011

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En ce qui concerne ton blog-it je connais quelqu'un qui pourrait prononcer ces paroles!:)))

Écrit par : cathulu | 07.01.2011

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Oui bien sûr, mais l'aspect technique est ce que viennent chercher les étudiants en mal de pompage sur le net, je ne donne pas dans ça :))
(Moi aussi j'en connais, pour le blogit :))

Écrit par : Cuné | 07.01.2011

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Je savais que tu allais adorer! Même le côté harlequin (si quand même) reste du zola!

Écrit par : keisha | 07.01.2011

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Tout à fait. Je l'ai lu quand notre fils a dû le lire à l'école, j'étais emballé et ai dévoré ensuite les Rougon-Macquart dans la Pleïade - un MUST.

Écrit par : Bernhard | 07.01.2011

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Oui à tout ton billet ! :)
Tu me donnes envie d'aller chercher mon exemplaire et de le serrer fort dans mes bras - mais hélas, je ne l'ai guère chez moi.

Écrit par : erzébeth | 07.01.2011

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J'aime ton billet, mais je crois que j'aime encore plus la citation de Dard, je suis morte de rire ;o)))

Écrit par : Lilly | 07.01.2011

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Et dire que je n'en ai jamais lu aucun... Je me le note pour mes prochains achats :)

Écrit par : Bouh | 07.01.2011

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Chacun de tes billets m'enchante et je suis vraiment ravie de voir que tu viens de passer la première moitié du cycle. Alors n'est-il pas plus savoureux de lire ce roman après avoir vu la construction du personnage d'Octave dans "Pot-Bouille" ? En tout cas, tes lectures me mettent de bonne humeur. Voilà, c'est dit.

Écrit par : Stephie | 07.01.2011

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J'ai carrément un ou deux wagons de retard, j'attends avec impatience d'en être là pour avoir le plaisir de retrouver Denise et Octave c'est un excellent souvenir de lecture

Écrit par : Dominique | 07.01.2011

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@ Keisha : Développe un peu voir le côté Harlequin, parce que moi je n'ai vu qu'une belle et vraie histoire d'amour, absolument pas galvaudée.
@ Bernhard : Entièrement d'accord :)
@ Erzebeth : câlin virtuel !
@ Lilly : Moi aussi :))
@ Bouh : Un vrai plaisir, tu verras !
@ Stephie : Si, si, indéniablement, tout est plus savoureux dans l'ordre :) Merciiiii pour les compliments, dis-donc !
@ Dominique : Pourtant je prends mon temps, tu vas me rattraper :)

Écrit par : Cuné | 07.01.2011

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Je me souviens m'être insurgé à propos de la fin "quoi, c'est tout 50 pages sur le blanc et une ligne pour le bisous pffff", midinette power!

Écrit par : Ori | 07.01.2011

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Je l'ai lu l'année passée, un régal !

Écrit par : DeL | 07.01.2011

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Ah quel beau commentaire. Je lis aussi cette «série» dans l'ordre et j'aime beaucoup.

Écrit par : Suzanne | 07.01.2011

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Sans conteste mon préféré de la série (ça doit être mon coeur de midinette). J'ai très envie de le relire mais il me reste plusieurs RM à découvrir avant. Un très joli billet en tous cas, bravo Cuné.

Écrit par : zarline | 07.01.2011

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C'est le seul Zola que j'aime...

Écrit par : Irrégulière | 07.01.2011

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après un tel billet on ne peut que courir le relire
c'est celui là qui a déclenché la lecture de quasiment tous les autres !!!!!!!!!!!!!!!!!

Écrit par : laurence | 07.01.2011

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Mon préféré, assurément. ;o)

Écrit par : antigone | 07.01.2011

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@ Ori : Ouiiiii, moi aussi j'ai pensé ça ;o))
@ Del : Oui :)
@ Suzanne, Zarline : Merci !
@ Irrégulière : C'est un bon choix :)
@ Laurence : Merci !
@ Antigone : Je réserve mon jugement, j'en ai encore 9 à lire :)

Écrit par : Cuné | 07.01.2011

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Je l'ai lu cette été ça m'a donné envie de me lancer dans la lecture de tous les Rougon Macquart mais je doute soutenir le même rythme que toi ;)
Les descriptions du magasin sont splendides! Bon parfois Denis est un peu trop naïve j'ai trouvé, j'avais envie de la secouer un peu :)

Écrit par : Tiphanie | 08.01.2011

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Un roman qui m'avait forte impression en son temps (il y a 8 ans ? 10 ans ?). Encore en tête cette héroïne mal dégrossie venue de Valognes, les frémissements des étoffes, le repas des ouvriers (si mes souvenirs sont bons)... Tu me donnes envie de le relire, merci

Écrit par : Ursula | 08.01.2011

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A propos du blog-it : je ne peux pas voter, il manque la case "David Tennant". :-)))))

Écrit par : fashion | 08.01.2011

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C'est pas comme si j'avais fait exprès, hein :))) (Je suis morte de rire à la lecture de ton blog-it à toi :)))

@ Ursula (quel choix de pseudo... 3615 :)) : Tes souvenirs sont bons ! :)
@ Tiphanie : Un par semaine, ça reste un rythme tout à fait correct, non ? :)

Écrit par : Cuné | 08.01.2011

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Ce pseudonyme est un hommage à ma grande-tante syphilitique. Merci pour elle.

(Non mais j'rigoooole hein hein hein)

((OOoooooh ouiii, le minitel ! 3615 Ulla ! J'avais pensé à la méchante de la petite sirène en choisissant ce prénom, mais 3615 Ursula ça marche bien aussi :o))

Écrit par : Ursula | 08.01.2011

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hEU... rapport au blog-it... j ai envie de dire :
I BEG YOUR PARDON???? Call him "juliette's husband"...

Écrit par : juliette Firth | 08.01.2011

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@ Ursula : Ah, my bad, je n'ai que très peu de références animées :))
@ Juliette : Ah ah, pour l'instant sache que 6 personnes sur 10 reconnaissent ma primauté colinesque :))

Écrit par : Cuné | 08.01.2011

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Plus je lis tes billets sur les Rougon plus je me dis que je devrais m'y mettre, DANS L'ORDRE pour comprendre l'enjeu du projet de Zola, les atavismes...

Écrit par : c.l!ne | 09.01.2011

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C'est en effet incomparable, C.l!ne ! :)

Écrit par : Cuné | 09.01.2011

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Ben, une histoire d'amour entre patron et employée , qui de plus se termine par "ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" (ou l'équivalent) , avec les péripéties classiques avant, OK, histoire d'amour mais sucrée quand même. Mais j'adore, j'ai du lire ce roman au moins trois fois! Et la scène où Denise fait les retouches chez la maitresse d'octave...
Mais je te suis, c'est une belle histoire d'amour.

Écrit par : keisha | 09.01.2011

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Celui-ci m'avait énormément plu, surtout la fin qui pour une fois est..... enfin on se comprend ;)

Écrit par : -Perrine- | 21.09.2011

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