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30.03.2011
Fais-moi briller, baby !
"Hooooo, regarde, c'est Boulet ! Comme sa cape vole ! Comme il est ténébreux !"

Boulet est drôle, je le sais depuis des années. Pourtant, je ne lis pas son blog, je suis de moins en moins intéressée par les blogs, d'ailleurs, le mien n'échappe pas à ce désaveu progressif de la chose sur écran. En revanche, j'achète toutes les compilations de ses billets aussitôt sortis en librairie, et je me bidonne. Fiston partage mon plaisir, on ne rit juste pas tout à fait aux mêmes planches, et c'est assez révélateur de nos âges respectifs.
Déjà la saison 5 ! "Quelques minutes avant la fin du monde" (Guy Delcourt Productions, collection Shampooing, 2011, 206 p.) regroupe les billets parus entre juillet 2008 et juillet 2009. (C'est de la BD, hein, je ne sais juste pas parler du dessin, qui contribue pourtant grandement à l'humour).
J'ai aimé sa vision du dimanche, où il a terminé ses bagages, son rangement, appart nickel, rien à faire et... Six heures à attendre encore pour le train. Il décide alors de faire de la compta, avec une musique déprimante, la pluie sur les carreaux, et en pensant, la larme à l'oeil "Parfois, il faut savoir savourer l'ennui comme une liqueur amère", il dit "Hou, ça pique ! C'est bon."
J'ai aimé sa vision du gars générique, celui qui : Culturellement, il a lu Zweig et Süskind dans le métro. En BD, il a lu Persépolis et Le retour à la terre. Et il se revendique geek parce qu'il télécharge Lost et joue de la DS au lit. "J'ai commandé des sushis et j'ai regardé Docteur House toute la nuit. Quel no-life je suis !" (It's a lupus).
J'ai aimé plein d'autres gags aussi (oh comme la séance de dédicaces où une dame lui dit qu'elle lui donne la quarantaine. Pour sa fille, en dédicace, il écrit : "Ta mère m'a fait beaucoup de mal aujourd'hui".), Mais là où j'ai vraiment ri, sonore et tout et de façon prolongée, c'est pour La Saga des Limaces. Cette saga est proprement hilarante, et le langage des limaces est irrésistible. Une espèce d'anglais très particulier : "Ho, Halp ! I is stuck in the outside ! Haï ? Anybodiez ? Lol, I haz found sikkret passage !"
Bref, Boulet est drôle, je le savais, mais ça fait toujours du bien de le vérifier.
29.03.2011
This, finally, was love
Je ne sais absolument pas comment parler de ce roman, comment établir de mignons petits paragraphes qui reprendraient l'intrigue en trois lignes puis diraient le bien délirant que j'en pense, aérés, succincts, de façon à ne pas fatiguer l'éventuel lecteur, qui tenteraient de tirer la moëlle de ces 483 pages denses et tellement, tellement riches. Je n'ai même pas envie d'essayer, à vrai dire, parce que ça ne correspondrait pas au bouillonnement formidable que procure cette lecture, à la profusion d'éclats de vérité absolue, à cette tristesse infinie qui m'a saisie en bien des endroits. Je pense que la plume de Christos Tsiolkas est extraordinaire, à plus d'un titre, et que The Slap est un roman magistral, de la trempe des avant/après, de ceux qui marquent un parcours de lectrice. En décrivant une Australie contemporaine, multi-raciale, multi-culturelle et à deux vitesses (au moins), Christos Tsiolkas place un peu de nous dans chacun de ses personnages, et son miroir n'est pas flatteur. Il est aussi difficile de les aimer que de les rejeter, tant il les nuance avec talent, tant il nous permet de les appréhender dans toutes leurs facettes, les dotant d'une profondeur totale, et toujours avec une justesse psychologique ahurissante. Ça claque (c'est facile, oui, pardon) fort et souvent, dès le départ, et ça ne se relâche jamais, tendu en permanence sur un fil d'acier que l'on suit, hors d'haleine, en priant le ciel pour que ça continue, encore et encore. C'est plein de scènes que je n'oublierai jamais, la lettre du père de Connie, le vide angoissant de Rosie, la visite de Manolis à son ami mourant, le déballonage d'Hector et la panique que ça créé en Aisha, le sexe entre elle et Art, le crachat d'Hugo... C'est plein de fureur, que l'on peut prendre - à tort - pour quelque chose qui tiendrait du cru, de la vulgarité ou du trash, mais qui se révèle être, au fur et à mesure, un appui stylistique, et qui s'efface, d'ailleurs, devant la réalité de certains comportements, qui ne sont que l'expression de leur fuite en avant. N'est-ce pas, au fond, l'essence de ce que nous sommes, des lâches ? Qui avons besoin de recourir à la drogue (moins répandue en France, pour ce que j'en sais), à l'alcool, au sexe, à la domination, à l'assise psychologique sur plus faible que nous, au regroupement en clan/tribu/groupe d'amis/collègues/famille, au rejet de l'Autre sous prétexte de sa différence, de sa couleur ou de son porte-monnaie. Bref, un roman pas joli, pas charmant et pas si facile d'accès que ça, mais d'une puissance et d'une maîtrise absolument géniales. Amazing.
The Slap - Christos Tsiolkas
Tuskar Rock Press (London), 2010
Allen & Unwin Publishers (Australia), 2008
Belfond (Traduction française de Jean-Luc Piningre), 2011 (La Gifle)
Le billet de : Fashion.
Publié dans Livres : J'adore | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : mon coeur a été broyé en mille morceaux, je n'ai que ça à dire, au fond
26.03.2011
On a toujours tort d'avoir raison trop tôt*
Quel plaisir de retrouver le commandant Camille Verhoeven, après Travail soigné !
J'ai lu tout ce qu'a écrit Pierre Lemaitre à ce jour, et j'ai tout aimé. Il est très rare de trouver chez un auteur français un tel sens du suspens, des intrigues retorses et toujours inattendues, le sens des dialogues et le maniement parfait des différents niveaux de langage.
Robe de marié jouait avec nos nerfs, Cadres noirs dressait un portait sociétal, Alex vient chercher du côté de nos sentiments, le dégoût, la révulsion, la pitié et énormément d'empathie.
Avec Camille, d'abord, que l'on retrouve à la cinquantaine, défait, pas remis, fragile, incertain. Avec les fidèles Louis et Armand (Oh le geste d'Armand !...), avec Alex, enfin, bien sûr. Mais d'Alex, je ne dirai rien.
Un thriller que l'on ne peut pas lâcher (ça fait bateau, mais c'est l'absolue vérité), qui nous fait croire que, pour très vite nous expliquer que, et enfin nous faire réaliser que. Abusés trois fois, avec - et c'est ce qui est très fort - l'art et la manière de faire croire au lecteur qu'il est toujours en avance. L'histoire est là, en train de se dérouler, et on pense anticiper, déjà tout prêts à faire la moue, mouais d'accord, je te vois venir. Mais que nenni...
Pierre Lemaitre n'est jamais où on l'attend, et c'est délicieux.
Alex - Pierre Lemaitre
Albin Michel, 2011
392 p.
Merci Amanda pour le prêt ! Son avis
* Le roman est bourré de citations jamais identifiées, Fashion, tu te régalerais :))
25.03.2011
L'amitié, c'est comme un puzzle dans lequel tu trouves ta place
C'est la louze pour Benjamin en cette année de terminale, il a du mal à croire que l'an dernier il était tellement à l'aise dans son univers. Son groupe de rock est dead, son meilleur pote a pris la tangente, l'amûûûr de sa vie ne l'a pas choisi, ses parents le croient gay. Marre. Tristesse au quotidien. Mais l'adolescence est la période bénie où (hormones j'écris votre nom) tout peut changer *Ziiiing*, comme ça, hop. No reason.
Enfin, si, une bonne raison, la musique. La venue d'une star aux lunettes noires, figure mythique du journalisme rock. La découverte de l'écriture, les bonnes personnes aux bons moments, les livres, le meilleur ami qu'on n'avait peut-être pas si perdu que ça...
(Re)play !, de Jean-Philippe Blondel (126 p.) aux éditions Actes Sud Junior (2011) est un vrai bon roman Jeunesse que l'on savoure de bout en bout. Juste, drôle, sensible, délicat et entraînant : tout bon.
" - C'est sans doute pour ça que je suis devenu batteur. Par dépit. Et puis parce qu'on pense toujours que les batteurs sont des crétins finis qui n'aiment que frapper, alors ça m'arrange.
- Je ne comprends pas.
- Quand tu es là, en retrait, et que tout le monde te prend pour un débile mental, ça te laisse le temps d'observer et de comprendre, de te forger ton opinion sur les gens. Tu sais avec qui tu perds ton temps et avec qui tu le gagnes.
- Je suis très impressionné.
- Je ne coucherai pas avec toi.
- Je suis au courant. J'en ai même été très vexé quand je m'en suis rendu compte.
- Je sais.
- En fait, personne ne veut coucher avec moi. Ni toi, ni Clara, ni les autres, c'est ça, mon drame.
- Tu vas devenir chanteur, tout ça va changer.
- Ouais. Ils vont courir vers la sortie en hurlant au feu."
Lu également par : Hélène Leroy, Thalie, ...
24.03.2011
Close Your Eyes - Amanda Eyre Ward
New York, 1986. La petite Lauren, 8 ans, passe la nuit avec son frère, Alex, 10 ans, dans leur cabane,
dans l'arbre du jardin. Au matin, Alex découvre le cadavre de sa mère dans sa chambre. Le père est accusé, emprisonné.
Austin, Texas, 2010. Alex part en Irak comme médecin sans frontières, Lauren s'effondre. Assaillie par des attaques de panique, elle tente de voir un psy, elle a conscience d'avoir érigé de très hauts murs autour de ce qui a bien pu se passer cette nuit-là. Refus de l'engagement, refus de tout contact avec son père, elle vit dans une insécurité permanente qui ne peut plus durer.
Et puis il y a Sylvia, qui, enceinte de cinq mois à 41 ans, vient de quitter le père pour revenir à New-York. Elle espère pouvoir compter sur Victoria, son amie depuis la petite école, pour qui elle a toujours été une épaule solide.
Tous ces gens sont liés, et à coup de flash-backs nous allons comprendre comment...
Basée sur une histoire vraie, ce roman a un traitement extrêmement formaté. Le cloisonnement des différentes parties n'empêche hélas pas de sentir beaucoup trop vite vers quoi on se dirige, et aucune ficelle ne nous est épargnée : la demande en mariage écrite sur la buée de la vitre de voiture, l'appel nocturne qui sonne faux de bout en bout, le happy end de tous les côtés, non, c'est juste pas possible.
Dommage parce que des choses fonctionnent bien malgré tout (comme la "rencontre" entre Sylvia et Victoria, leur relation au fil des ans), mais l'ensemble est bien trop fade et trop chargé, paradoxalement.
Harper Press, 2011, 251 p. (VO)
Merci Amanda pour le prêt !
Les autres romans d'Amanda Eyre Ward : A perte de vue, Le ciel tout autour, Pardonnez-moi i c i
Ses nouvelles : Les amours de Lola l à .
Publié dans Livres : Je n'aime pas | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : j'ai aimé la partie 2, en fait, uniquement, 50 pages, quoi
23.03.2011
Les Rougon-Macquart 20/20
"Je n'ai qu'une faim et qu'une soif, être aimée, être aimée en dehors de tout, par-dessus tout, comme tu m'aimes."
Retour à Plassans pour le tome final des RM, Le Docteur Pascal. Pascal Rougon ne l'a jamais quitté, se consacrant à l'exercice de son métier (docteur, donc) et à la recherche. Sa mère lui ayant de tout temps seriné qu'il "était en dehors de la famille", il l'a étudiée toute sa vie, se sentant effectivement tout à fait étranger, épargné par les tares et comportements déviants. Pascal est un homme doux, bon, gai, serein. Il nous prend par la main pour nous raconter ces Rougon et ces Macquart et leurs évènements terribles, et c'est déjà très émouvant d'effectuer ainsi cette rétrospective.
Ensuite il y a Clotilde, sa nièce, la fille de son frère. Il l'a élevée, il s'en découvre épris. Elle a 25 ans, il en a 59, qu'importe, ces deux-là s'aiment, s'en aperçoivent et s'autorisent à le vivre. Avant de céder à la pression sociale et familiale, et de connaître la perte. Mais un enfant a été conçu, qui termine tout le cycle. Que sera-t-il, qui sera-t-il, nul ne le sait, il est la vie qui toujours gagne...
C'est curieux comme l'accueil critique de l'époque s'est attaqué aux grandes notions exposées dans ce tome final des RM, sans laisser sa chance à l'émotion. Le Docteur Pascal est un roman extrêmement touchant, au point, selon ma lecture tout au moins, d'emporter tout le reste. Oui, on croit à l'amour de Clotilde pour Pascal, oui, on s'enflamme nous aussi pendant leurs conversations philosophiques sous les étoiles, oui il y a une grande tristesse à l'idée que ce sont les dernières pages de ce cycle incroyable, et oui, c'est bien de terminer par une naissance.
J'ai un peu de mal à comprendre, en revanche, que personne (dans l'étude critique de La Pléiade) ne dise quoi que ce soit quant à l'inceste flagrant et manifeste, et surtout couronné d'un enfant, représentant le nouveau rameau RM : pas exactement l'idéal comme auspices, et en soi pas super clean non plus.
Zola aimait Jeanne Rozerot, cet amour est palpable partout dans ce roman. Je n'ose dire qu'en Martine j'ai vu Alexandrine, pourtant cette dévotion étroite qui saigne en permanence, et cette reconnaissante affection en retour m'y ont fait terriblement penser. Alors évidemment il y a quelque chose d'un peu faiblard dans cette façon de raccrocher aux branches tout ce fatras sur l'hérédité, cet optimisme fataliste défendu avec une certaine candeur et quelque maladresse, mais il y a aussi une formidable sincérité qui s'en dégage. Il y a de la douceur et de la nostalgie, il y a un espoir insensé que tout soit encore possible, il y a, je trouve (vraiment !) un élan, une vitalité qui m'ont saisie et ne m'ont plus jamais lâchée.
Je suis très heureuse d'avoir lu ce cycle en entier, sur 6 mois, dans l'édition de La Pléiade. Je remercie infiniment Stéphie qui m'en a donné l'envie, un soir de septembre, sur Facebook. Si Zola vous intimide, je vous conseille vivement d'en parler avec elle :))
Merci également au trio des fabuleuses, qui m'a offert le premier tome (je ne pouvais plus reculer ! I dit it !).
Tous les billets :
2. La Curée
6. Son Excellence Eugène Rougon
7. L'Assommoir
9. Nana
10. Pot-Bouille
12. La Joie de Vivre
13. Germinal
14. L'Oeuvre
15. La Terre
16. Le Rêve
17. La Bête Humaine
18. L'Argent
19. La Débâcle
Publié dans Livres : Classiques | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : emile zola, je suis super triste, en fait, d'avoir fini, heureusement j'ai leo, hiiiiiiiiiiiiii, leo la suite, pour me remettre
22.03.2011
Top Ten Tuesday (Bookish Pet Peeves)
Tous ces petits trucs qui n'ont l'air de rien mais qui nous tapent sur le système dans un livre (traduction de Karine, Bookish Pet Peeves c'était peu clair pour moi).

(Nouveau logo chez The Broke and The Bookish)
1. Dégingandé/gangling. J'ai longtemps eu un problème avec ça, ne sachant jamais s'il fallait prononcer "guin" ou "jin" (alors qu'en fait c'est évident) et trouvant surtout que pas un seul roman n'y échappait, souvent par paquet de douze, tous les personnages un tant soit peu inquiétants sont dégingandés. Et puis en fait maintenant peu me chaut, cette obsession est derrière moi, circulez en paix les échalas.
2. Cette tournure de phrase dont j'ignore le nom et qui consiste à appuyer ce qu'on vient de dire en le faisant sonner comme une menace, en ouvrant l'inquiétude. "Elle prit une plaque de chocolat, sans savoir que ce serait la dernière qu'elle aurait jamais l'occasion de manger." "Il la maudit silencieusement, elle ne vit rien. Il leur restait 40 secondes à vivre." etc. Je trouve toujours ça facile (et souvent je le dis, à voix haute : "Facilitéééééé ! Houuuuuu !", sauf pour Stephen King, qui a INVENTé le truc, qui le maîtrise avec une précision à faire pleurer un horloger, qui stoppe nos respirations avec et qui, de toute façon, c'est simple, a tous les droits. Love you Stephen.
3. La surcharge. Qu'on puisse se faire une idée de tous les personnages ou lieux ou évènements qui entrent en compte dans un roman, c'est bien, mais que l'auteur éprouve le besoin de décortiquer chaque nouvel élément en détail à son apparition, ça devient vite insupportable.
4. Le lyrisme échevelé dans les descriptions. "Il examina le jeune troubadour aux cheveux de feu avec une incrédulité grandissante." "Elle aimait s'accrocher à lui tandis qu'ils fusaient à travers la campagne sur sa moto, par-delà les ruisseaux, les clairières, les vallons - L'Angleterre de ses rêves." J'ai déjà décroché, pour ma part.
5. La surcharge, encore. Quand dans un roman tout démarre très bien, intrigue intéressante, style adéquat, et soudain déboule un secret où l'on apprendra qu'en fait, l'héroïne est devenue folle parce qu'elle avait été agressée, alors qu'elle était enceinte, par quelqu'un en pleines convulsions dûes à une maladie génétique rare et non diagnostiquée (elle perd le bébé); des années après c'est la fille de cet agresseur qui, par une coïncidence tragique, tombe en amour avec le fils de l'héroïne, ce qui déclenche une reconnaissance au niveau inconscient et enclenche la folie. Je n'invente rien.
6. Le calme plat. Quand j'ai lu un livre, entièrement, facilement, et qu'une fois terminé je n'ai aucune idée de ce que j'en pense, rien à en dire, rien à en garder-conserver-ruminer-intégrer-digérer. Un peu comme si j'avais regardé la télé.
7. La couverture tueuse. Celle qui affiche en gros plan le truc qu'on n'apprendra qu'à la page 103, flinguant tout effet, annihilant toute surprise.
8. La révélation dans le dernier chapitre. Je déteste ça, j'ai besoin de comprendre un peu avant, et qu'on prenne la peine de prendre congé après cette révélation, civilement, pour indiquer qu'on n'est pas dans un jeu, que ce n'était pas le but ultime du roman, que ça continue et que même, ça reste intéressant.
9. La 4° de couv prétentieuse. Pour la comprendre faut avoir fait 17 ans de philo, et quand tu lis le roman tu l'adores, il n'a rien à voir avec ces phrases pompeuses et excluantes.
10. La 4° de couv qui te raconte tout, ou qui en raconte trop. Un peu comme les bandes annonce au ciné, qui concentrent souvent le meilleur. Amanda a une technique géniale quand elle prête un livre : si la 4° déconne, elle la couvre. J'adore !
Elles topténisent aussi : Karine, Fashion, Jamie a fait un vlog, j'adore ! (in english), Geishanellie, Shopgirl, Jainaxf, Vilvirt, ...
Anna (US) détonne, attention, image horrible pour beaucoup de monde (moi j'adhère à 200 %) :)
Publié dans Tops divers | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : top ten tuesday, le retour, ce thème est très inspirant, me suis pas du tout énervée avec, non
21.03.2011
Show me what is true
Chers vous,
Vous n'avez pas commencé la série Fever des Chroniques de MacKayla Lane, ou vous avez lu le premier tome en vous disant que c'était du recyclage de déjà vu, ou que la Fantasy et vous, c'était pas ça (suivez mon regard), ou vous avez englouti les 4 premiers tomes en maudissant la terre entière parce que la traduction du 5° n'est pas encore sortie en France (je vous plains de tout mon coeur), ou vous avez adoré les 4 premiers tomes en ironisant avec facilité sur tel ou tel point agaçant selon vous (my bad).
Oubliez tout. Arrivez patiemment jusqu'à ce tome 5, "Shadowfever". Prévenez autour de vous, vous quittez le monde. Dormez-bien avant, ne prenez rien en charge d'important au boulot, faites un stock de chocolat, entassez des coussins sur le divan, débranchez le téléphone et allez-y, tournez la première page.
C'est parti pour 594 pages hallucinantes, où vous allez croire ceci puis cela, assembler des indices infimes tout en restant aveugle à l'énorme évidence qui court, guillerette, devant vos yeux tellement naïfs depuis le début, recevoir une réponse qui tient la route à (presque) toutes vos interrogations (soyons honnêtes, on n'avait aucun moyen d'anticiper les 3/4 des choses dans les tomes précédents, il nous manquait nombre de paramètres), arrêter de respirer, avoir les joues en feu, le souffle court, pleurer comme une madeleine au moment cathartique, avoir une incroyable sensation aussi intellectuelle que physique devant la plus réussie des évocations de la Grandeur que j'aie jamais lue.
Et puis Barrons, évidemment. Je n'ai pas besoin de dire autre chose à son sujet, Barrons, period. Même si je ne l'ai pas vu la première, **soupirs**.
Ce tome n'est pas bon, lecteurs et lectrices de tous pays, tous âges et de tous niveaux : il est mieux que ça, il est merveilleux, fabuleux, parfait, il emporte tout sur son passage, il lessive, booste, détonne et apaise. (Je ne conseille pas avant un bon 16 ans, par contre) (mais je suis prude, je sais).
Yours truthfully,
The cantankerous one.
(Sincèrement, l'acariâtre)

"But I'm epic," I said numbly.
(Mais je suis épique, ai-je dit d'un air hébété)
* On rit aussi, par exemple ce tout petit moment où 2 personnes échangent un petit signe de tête, genre on s'est compris : "After a long, measuring moment, he gave me a tight nod. What the hell did that mean ? That for now he would keep his silence and not raise any questions that might further muddy already-muddied waters ? I nodded back as if I had some clue what we were nodding about." (Après un long moment de réflexion, il me fit un petit signe de tête. Qu'est-ce que ça voulait dire, bon sang ? Que pour le moment il tiendrait sa langue et ne poserait aucune question qui viendrait troubler l'eau déjà trouble ? Je hochais la tête en retour comme si j'avais une quelconque idée de ce dont nous convenions.)
Shadowfever, A MacKayla Lane Novel (Book 5)
Karen Marie Moning
Delacorte Press, NY, 2011, 594 p.
A big thank Fashion !
Egalement dégusté jusqu'à la plus infime miette par : Fashion (évidemment), Karine, Lily (tout d'accord sur tout avec elle), Pimpi, Adalana, Cécile ("For now", oui !), ...
* Traductions perso, soyez indulgents.
Publié dans Livres : J'adore | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : karen marie moning, you rule!
20.03.2011
Oeil pour oeil, dent prudente
Un homme entre deux âges arrive dans un aéroport, il est en vacances. Il a acheté un forfait d'une semaine, une semaine pour jouer les touristes dans la Zone. Il déclare s'appeler Greg et être suisse, le chauffeur de taxi et le personnel de l'hôtel font semblant de le croire, ils ont l'habitude. La Zone est un endroit où l'on vient chercher l'adrénaline, assister à des pendaisons en pleine rue, se faire enlever par des terroristes ou slalomer entre les mines sur la plage, avant de se jeter dans la piscine où s'ébattent des piranhas féroces. Mais Greg n'est pas tout à fait un touriste comme les autres...
"Le destin du touriste", de Rui Zink (Editions Métaillié, 2011, 188 pages) est une excellente dystopie. Focalisés sur Greg et ce qu'il laisse entendre de ses motivations, on remarque, comme lui, du coin de l'oeil, des petits grincements dans les rouages mais on ne quitte pas suffisamment les rails pour correctement les interpréter. Tout s'éclaire peu à peu et en devient subtilement encore plus effrayant : un tel avenir est-il si imaginaire ?
Le ton est décalé dès le départ, et sait passer avec beaucoup de tendresse du rire (le coup de la drogue est hilarant) à l'émotion : l'histoire de Greg est tragique, et la narration tranchée (dans le sens coupée nette en chapitres) en accentue encore les effets.
L'histoire de la Zone n'est pas en reste :
"Toute la zone a sa part de danger. C'est sa malédiction. Mais aussi son charme. Les gens d'ici n'ont rien à perdre. Et vous savez pourquoi ? Parce qu'ils ont déjà tout perdu. La misère et le malheur vont ici main dans la main.
- Comme la poésie et la mort."
Traduit du portugais par Daniel Matias
Titre original : O destino turistico
Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : dystopie, guerre, ruines, apparences, désespoir
18.03.2011
You're leaving me, Rainbow Girl
What a tome ! Riche en évènements, en révélations, en scènes incroyablement fortes, il contraint à se jeter sur le tome final sans attendre, je ne sais pas comment ont survécu les malheureuses qui l'ont lu en temps réel de parution et qui ont dû, c'est sûr, hurler de frustration toutes les nuits en invoquant des hommes ténébreux et énigmatiques, mi-truc mi-machin.
On en sait un peu plus sur tout le monde, mais jamais tout, on passe son temps à spéculer et à tomber dans tous les panneaux sadiquement établis par l'auteur.
A titre personnel, je sature quelque peu des récap de Mac à tout bout de champ, que celle qui n'a pas retenu que manger de l'Unseelie a de graaaaves conséquences, que Mac a tout perdu (et à chaque fois quelque chose ou quelqu'un vient grossir les pertes), et qu'il y a encore quelques mois elle était une brave blondinette insouciante avec un papa formidable se dirige immédiatement en neurologie.
En revanche, j'adore ses conseils : "Take it from me, never indiscriminately drip your blood on wards of unknown origin !". Noté, you bet. (Croyez-moi, ne faîtes jamais inconsidérément goutter votre sang sur des barrières magiques d'origine inconnue)
Je fonds également devant sa relation avec Barrons, Karen Marie Monning maîtrise à la perfection ces scènes, c'est d'une puissance absolue. Le personnage de Barrons est d'ailleurs - et de loin - le plus réussi de toute la série, doté d'une aura quasi magique, renforcé par des tas de petits effets qui fonctionnent comme sur du velours : quand Dani prononce simplement son nom au début du tome, quand il murmure (et plus) (car affinités il y a) à l'oreille de Mac en la quittant un peu plus loin, quand il dit "You're impossible" et qu'elle répond "Pot, meet Kettle", quand... bon, c'est simple, tout est bon quand Barrons est là. **soupirs**
Dani est un personnage extra elle aussi, férocement drôle, impétueuse, courageuse, très attachante.
Et puis évidemment, l'intrigue, l'intrigue ! Qui était le père de Mac ? Qui va pouvoir toucher le Book ? Qui saura s'en servir correctement ? Qui était le 4° violeur ? Qui a tué sa soeur ? J'en passe, je ne suis que questions, à commencer par celle qui va me faire jeter sur la suite : QUI EST MORT ?....
DREAMFEVER - A MacKayla Lane Novel (Book 4)
Karen Marie Moning
Dell NY 2009, 453 p.
Merciiiii Fashion ! (Pour ta patience envers mes mails chartbés à chaque nouvelle hypothèse qui me traverse l'esprit aussi)
Les Feveriennes, dont j'ai lu tous les avis, tellement j'avais envie de prolonger ce tome 4 : Karine, Sandy, Pimpi, Hydromielle, Hippolyte, Terry, Eden, Soso, Mariiine, Azilys, Lily, AzArieL, Camille, Cécile, Chou, Mlle Pointillés, Iris, Bladelor, Clarabel, Stéphanie, ...
Publié dans Livres : J'adore | Lien permanent | Commentaires (11)