« Les gens les plus dangereux ne sont pas méfiants, ils sont intéressés. | Page d'accueil | Non seulement je ne l'oublierai jamais, mais encore je me le rappellerai toujours »
17.04.2011
D'une certaine manière, l'indécision est l'hémiplégie de ma pensée.
Qu'est-ce que l'amour ? François, jeune professeur de philosophie, pense être apte à nous en entretenir pendant 186 pages, en l'enrobant d'autres notions qui ne sont qu'écrans de fumée. Muté à Arras, ce parisien bourgeois et distingué fait la gueule, au départ. Arras c'est moche, c'est paumé, et il pleut sans cesse. Mais notre narrateur est open, you know. Arras it will be. Et puis, bon, c'est qu'il s'ennuie assez vite, aussi. Et il va souvent chez le coiffeur. Où il s'amourache de Jennifer, mignonne trentenaire divorcée et accessoirement maman. J'ai dit s'amouracher ? Que l'on veuille bien m'accorder la grâce d'un pardon, étant donné qu'on va passer 186 pages à s'interroger sur la nature exacte, précise et détaillée de ce qui unit ces deux êtres si dissemblables, et partant, ouvrir vers un infini où nous serions amenés à nous poser nous-mêmes toutes ces questions fondamentales qui se bousculent sous les crânes les mieux armés (peut-on aimer "sous" sa condition ?, en gros).

"Je m'apercevais alors combien la littérature que j'aimais était sombre, combien les romans qui comptaient pour moi mettaient toujours en scène le même type de personnage, antihéros indifférent au monde, embarqué malgré lui dans une histoire absurde et tragique, tragique parce que absurde. Alors je choisissais d'autres romans, adaptés au goût de Jennifer. Du Zola, du Dumas. Elle était ravie. Jennifer se souvenait de toutes les histoires que je lui lisais. Elle s'embrouillait lorsqu'elle m'en faisait le récit, et cela nous faisait rire. Elle savait réciter, parler des personnages, restituer fidèlement les moments importants d'un texte, en revanche, elle était incapable de l'analyser, d'en livrer une interprétation ou de cerner ses enjeux profonds. Ses premières impressions étaient bonnes, ses remarques plutôt fines, mais il lui manquait ensuite le discernement et les connaissances pour affiner son jugement, la distance nécessaire pour ne pas tomber de suite en empathie avec les personnages."
(J'en ai les joues cuisantes rien que de le recopier.)
Pourtant, ce roman est bien plus fin que les gros traits de son histoire. Parce que François est aussi naïf qu'intellectuel (et foncièrement gentil, je crois, même s'il tient des raisonnements odieux parfois), parce que Jennifer n'est pas qu'une caricature (son geste final a autant de classe qu'il est tragique). La narration relevant du premier, on peine à doter nos deux amis de contours émotifs, à les sentir. Mais on n'en apprécie pas moins la douce ironie, et finalement, oui, on s'interroge aussi, car nous sommes tous à la fois François et Jennifer, avec sans doute les mêmes oeillères, quels que soient les noms qu'on leur donne.
Plutôt réussi.
Pas son genre - Philippe Vilain
Ed. Grasset, 2011, 187 p.
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A good friend of mine, which constantly has some new (and sometimes eery ones) ideas, wants us to try to write a few words in english about some books we read. I think this one is perfect for a try, as I guess it will never be translate in english (too french in all aspects), so I can tell absolutely anything even wrong about it. It is the story of a young smart guy who thinks he is too good for his new girlfriend. It is well written, very interesting and sometimes insulting, because I can't help feeling myself like the heroin. The guy is all about mind and very brainy, and doesn't tell us much about their intimacy (in bed, I mean), and I miss this kind of stuff, for it is a very important part of a love. The girl is kind to him and very pretty, he takes it too much for granted. But at the end, he is the one who didn't see it coming...
Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : "quelque chose de moi, s'est perdu, dans l'attente"
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Commentaires
And, my dear, my ideas are not (always) terrible. Just mostly. :-))
Écrit par : fashion | 17.04.2011
Répondre à ce commentaire(pour résumer)
Écrit par : erzie | 17.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 17.04.2011
Répondre à ce commentaire==> Analyse.
"Vous" : Tu nous places indistinctement l'une et l'autre dans le même panier, hop, un lot, une Fashion et une Cuné pour le prix d'une seule, or ne jamais oublier que je suis la suiveuse, elle l'étoile, qu'elle trace la cartographie de mes amusements les plus sonores alors que je ne fais que paver grossièrement un chemin.
"êtes" : C'est du jugement, ça, Mademoiselle, une catégorisation un peu rapide, une affirmation !
"folles" : C'est un peu court, psychopathes, sociopathes, névropathes, névrosées, fébriles, démentes, insensées or what ?
"mais" : cette conjonction de coordination sous-entend évidemment que les mots précédents ont besoin d'être nuancés, tu vois, tu es d'accord avec moi
"je" : le "je" est toujours le bienvenu sur ce blog, je le welcome avec gentillesse, car je peux être gentille aussi, le dimanche vers 10 h de retour du marché.
"vous" : Voir plus haut
"adore" : "Adorer" est un verbe mou du genou, quand un "aimer", même "bien", serait tellement plus près de la vérité. On nous aime, nous, ou rien.
( : parenthèse. Grave mimétisme induit par une personnalité radieuse, dont on murmure que le prénom et le pseudo commencerait par un "F".
"pour" : Oui, pour, toujours. Toujours, toujours, toujours, toujours.
"résumer" : Ce pour quoi ont été inventées les 4° de couv, à ce propos, sait-on assez que M. InColdBlog a entrepris de se pencher sur le sujet et requiert le plus de réponses possibles au questionnaire qu'il a studieusement concocté ?
) : Une parenthèse qui se ferme est toujours un moment délicat, mais je te reconnais bien là, délicate créature que tu es.
A noter l'absence de point final, soit dans une délicieuse transgression des règles de ponctuation, soit dans l'intention évidente de revenir, car tu n'as pas tout dit.
Permets-moi alors d'assouvir mon obsession* du moment et de traduire ton intervention précédente, telle que, sans nul doute, tu souhaitais signifier :
"Vous êtes folles mais je vous adore. (pour résumer)" ==> "Délectables muses de la fantaisie joyeuse, je vous honore d'un sourire."
* La traduction m'interpelle, ces temps-ci, avec insistance. Pas seulement celle d'une langue à une autre, d'ailleurs, mais dans tous les sens dont Hubert Nyssen nous a longuement entretenu au fils des années dans ses merveilleux carnets, et à ce propos je suis très inquiète, aucune nouvelle entrée depuis janvier, où une correction n'a pas non plus été apportée. J'espère de tout coeur qu'il va bien et que ce n'est qu'un désintérêt, ma foi fort compréhensible, pour cette forme de communication.
** Toutes mes excuses aux fans de Philippe Vilain pour ces digressions stériles dans les commentaires, mais nous pouvons toujours revenir au roman, bien évidemment.
Écrit par : Cuné | 17.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 17.04.2011
Répondre à ce commentaire@ Erzie : Partagé, pour résumer ;o))
@ Fashion, again : (Moi aussi :))
@ Karine : As I only speak franglish, "billet", "ticket" or "note" is all the same to me. And I vote too for a Spike's story, especially if there is some bedsport somewhere :)))
Écrit par : Cuné | 17.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 17.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : choco | 17.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 18.04.2011
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