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26.04.2011

Tu es tellement foutrement conne !

Il a fallu huit années à Robin Black pour écrire les dix nouvelles de ce recueil, et, comment dire..."c'est dommage,dit-elle,il faut avoir des gens,avec qui s'amuser", Mettons que vous soyez sujet aux insomnies, par exemple (au hasard, hein), et que vous comptiez sur elle pour vous permettre de replonger dans le sommeil après quelques pages, il serait prudent que nulle corde, boite de somnifères ou arme tranchante ne traîne trop près de votre lit, voyez. 

Parce qu'en dix textes fouillés du premier au dernier mot, la dame s'y entend pour vous anéantir le moral, quelque chose de coton.

Son "Tableau Vivant", par exemple (sixième nouvelle) (peut-être la plus légère, il y a du lourd sinon), nous invite dans la demeure de Jean et Cliff. Il est beaucoup plus âgé qu'elle, a entamé les quatre-vingt, et elle lui tait la petite attaque cérébrale qu'elle vient d'avoir et qui lui a laissé un bras paralysé. Une de leurs filles vient leur rendre visite par surprise et Jean a honte à la fois du comportement de son mari, et de la façon dont ils se sont tous deux retranchés du monde, dans leurs manies de vieilles personnes (qu'elle n'est pourtant pas encore tout à fait elle-même). Puis elle se rend compte que sa fille (quadra) a un amant, qui vient lui rendre visite chez eux, dans cette maison, la nuit, et bientôt est même invité à dîner. Sa présence à ce dîner deviendra au fil des années la seule chose "intime" qui relie cette mère à sa fille... Tout en nuances, les non-dits crèvent les pages sous les phrases apparentes, et à chaque fois qu'on en tourne une ce sont de grosses bouffées de perceptions qui nous bloquent la gorge. Oui, on sait, on voit, on imagine, on comprend, tout ce qui joue là, tout ce qui est tu, tout ce qui est tellement partagé en ce monde.

Plombant,  éprouvant, triste, assez terrible, en fait, mais surtout impeccablement écrit (et traduit).

 

 

If I Loved You, I Would Tell You This (2010)

Des nouvelles d'hier - Robin Black (2011, Flammarion)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Michel Marny

 

Merci Cathulu.

Trackbacks

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Commentaires

ah ben voilà, je l'avais en main, dimanche. Je l'ai reposé au dernier moment, préférant d'autres attraits et d'autres achats. Tss.

Écrit par : amanda | 26.04.2011

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Qu'as-tu acheté, alors ? :)

Écrit par : Cuné | 26.04.2011

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la vie financière des poètes (et a priori j'ai bien fait:) et Un sale type :)

Écrit par : amanda | 26.04.2011

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Cela n'a pas l'air bien joyeux et quand je vois le beau soleil qu'il fait, j'ai envie de choses plus légères ... peut-être plus tard (mais pas un jour de pluie en plein hiver non plus ! mdr !)

Écrit par : Joelle | 26.04.2011

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@ Lapin : Oh.
@ Amanda : (Très bien fait). "Un sale type", tu me diras ? Je découvre grâce à toi et c'est très tentant.
@ Joelle : Pas joyeux, nan.

Écrit par : Cuné | 26.04.2011

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Voilà qui me tente assez... C'est tellement rare les recueils de nouvelles.

Écrit par : La Plume et la Page | 27.04.2011

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Ca promet, mais ton billet donne envie !! ;)

Écrit par : antigone | 27.04.2011

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@ La Plume : Rare ? Les bons, tu veux dire ? :)
@ Antigone : Merci ! ça tient ses promesses.... :)

Écrit par : Cuné | 28.04.2011

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(Et au fait tu devrais le recevoir hier ^^ ou aujourd'hui !)

Écrit par : Cuné | 28.04.2011

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Euh non, pas encore, mais je soupçonne mon facteur d'être parti compter fleurette (vu le temps), même pas non plus de carte de la part de mes enfants partis en colonie...bouh.
Je te préviens dès que...;) promis.

Écrit par : antigone | 28.04.2011

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Je vais passer mon tour également. C'est le printemps, un livre qui me plombe le moral, ce n'est pas ce qui me fait envie. Je viens de lire la ballade de Lila K qui n'était déjà pas très drôle, alors je garde ça pour plus tard.

Écrit par : Angelina et ses livres | 02.05.2011

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Pourtant le plaisir de se faire mal aux petites heures solitaires du matin glacial, non ? Bon :)

Écrit par : Cuné | 03.05.2011

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