« Je pris cela comme une femme. Je pleurai. | Page d'accueil | Si on commence à se prendre pour ce qu'on n'est pas, on est mort. Et je préfère rester vivant. »
06.05.2011
Ecrire travestit, rien ne m'obéit.
"Arithmétique : Dans le monde en général, peut-être en va-t-il autrement que dans le mien. Dans le monde qui est le mien, il y a les enfants d'abord. Puis viennent les femmes, elles s'appellent Elisabeth et Clarisse, Sylvia ou Virginia ou peu importe, mes semblables. Et moi et moi et moi. Les hommes - les maris - arrivent en troisième position et à égalité avec les mères - nos mères. Est-ce un problème ?"

Techniquement on appelle ça un recueil de nouvelles, en réalité il n'y en a qu'une vraie au milieu (nostalgique), les 30 autres étant des bribes de situations, quelques lignes jetées çà et là, des vignettes (un peu à la Sophie Fontanel).
"Des femmes, de l'autre côté" d'Isabelle Lortholary (Gallimard, 2011, 152 p.) ne parle que de femmes. Celles dont on croise ici les réflexions sont toutes un petit peu la même, jamais exactement installée dans la même vie.
Et c'est drôlement bien.
"Sylvia Plath et moi (2) : Ce n'est pas pour me trouver des excuses, mais la morsure a fait diversion, de mémoire on n'avait jamais vu cela à S-G-d-P. Je ne suis pas jalouse de la beauté des femmes, mais du talent de quelques-unes, Sylvia, Virginia, Zelda et Jean, entre autres. A défaut d'être elles, je m'essaye à calquer leurs actes, je bois je fume et ne dors pas (mais je vous rassure, je n'ai pas l'intention de poser ma tête de profil dans un four, après avoir donné du lait et des biscuits à mes enfants et calfeutré la porte de leur chambre à coucher - d'ailleurs je n'ai pas d'enfants; ni de me laisser glisser au fond d'une rivière, les poches de mon imperméable lestées de petits cailloux blancs; encore moins d'être internée et brûlée vive). Et je n'écris pas, non."
Des femmes qui ont des copines, parfois un petit peu plus que ça, mais pas tout à fait de femme dans leur vie, ou des maris, des enfants, pas avec celui qu'elles auraient voulu, ou qui s'enferment pour écrire ce point de leur histoire qu'elle n'arrivent pas à évacuer autrement, ou qui n'arrivent pas à dormir, ou qui entendent vivre leurs voisins, bref, des femmes. Vous, moi, nous.
Tendre et souvent mordant.
Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : une voix demande, et alors ce roman, presque commencé, comment ça se dit ?
Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.cuneipage.com/trackback/3323140
Commentaires
Écrit par : cathulu | 06.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 06.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Irrégulière | 06.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : antigone | 06.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | 06.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 06.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.