« Si on commence à se prendre pour ce qu'on n'est pas, on est mort. Et je préfère rester vivant. | Page d'accueil | Allons je dois je crois me reposer. Je vais, sinon, casser. »
11.05.2011
Qui croyons-nous tromper, hein ? Qui croyons-nous leurrer ? Nous-mêmes, sans doute.
Ce qui nous oblige à leurrer le reste du monde dans la foulée, mais là n'est pas le plus difficile. Le plus dificile, c'est d'y croire soi-même, n'est-ce-pas ?

Maxwell Sim, 48 ans, Watford, Angleterre. Sa femme l'a quitté, emmenant leur fille pré-adolescente. Il est en dépression, qu'il attribue à cette défection. Il vient d'aller rendre visite à son père en Australie. Il voit une scène banale d'intimité entre une mère et sa fille dans un restaurant, et soudain ne supporte plus sa solitude, brûle de connaître un jour lui aussi cette forme d'intimité, cette proximité tranquille qui n'a nul besoin d'être nourrie ni entretenue, et à laquelle il lui semble n'avoir jamais accédé (et pour cause, surprise finale). Max n'a plus les codes de la communication avec autrui, et bousculé par son envie de changer les choses, il va faire rencontre sur rencontre des plus particulières...
Jonathan Coe a tout compris à tout, et dans ce roman il nous propose un paysage varié - et toujours convaincant, quels que soient les chemins et les styles employés - de quelques-uns de ses chevaux de bataille.
On rit beaucoup (vrai rire sonore en ce qui me concerne) à des passages comme l'ouverture de sa boite mails (la traduction est tellement drôle, bravo !), on sourit aux dialogues souvent très réussis, on savoure ce côté terriblement anglais, décalé, pince-sans-rire et qui est très souvent à l'extrême limite entre le tragique et l'humour, qui fait un peu mal tout en nous rendant accro.
On apprécie la construction à tiroirs, avec insertion d'une nouvelle, d'un mini-essai et d'une belle lettre.
Mais surtout on est pris dans une histoire très tendre, originale, qui nous parle de l'identité des communautés urbaines, de l'uniformisation à outrance, des liens noués sur le net, de l'émancipation qui peut en découdre, des gens qui prennent l'argent comme un but en soi, de choses qu'on a tellement de mal à s'avouer à soi-même parfois, du pouvoir de la littérature... Le tout avec à la fois beaucoup de délicatesse et un entrain qui ne se dément pas un seul instant.
Très jolie chute en plus, "La vie très privée de Mr Sim" de Jonathan Coe est un roman super chouette que je recommande vivement.
Gallimard, 2011, 449 p. Traduction (GB) de Josée Kamoun
(The Terrible Privacy of Maxwell Sim)
Merci Fashion !
Lu également par : Herself, Keisha, Mikael Cabon (qui nous donne quelques réponses aux questions du roman :)) (ainsi qu'une vidéo de Jonathan Coe), et par plein d'autres un peu partout.
Trackbacks
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Commentaires
Écrit par : Anne Sophie | 11.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : céline | 11.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 11.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cathulu | 11.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : choupynette | 11.05.2011
Répondre à ce commentaire(@ Choupynette : tu devrais essayer ce roman-ci ! jusque là j'avais emprunté des romans de l'auteur sans les lire, finalement, j'essayais vaguement puis je les rendais, à part "La maison du sommeil", mais il ne m'avait pas totalement convaincu ; celui-ci, en revanche, m'a emballée !)
Écrit par : Brize | 11.05.2011
Répondre à ce commentaireChoup, j'allais te dire la même chose que Brize, jamais vraiment craqué pour ce qu'écrit Jonathan Coe (je crois même n'avoir jamais rien terminé) mais celui-ci : bingo ! :))
Écrit par : Cuné | 11.05.2011
Répondre à ce commentaire... Comme je n'ai pas bu depuis longtemps, je pense que je suis très fatiguée.
Écrit par : erzie | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Malika | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : choupynette | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : dasola | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : kathel | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : juliette | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 12.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 13.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Hélène | 13.05.2011
Répondre à ce commentaire...
Comme quoi, ne boire qu'une bière le jeudi soir ne me réussit pas.
(Je précise ce fait pour tous ceux qui me prendraient pour une alcoolique patentée.) (Ce que je ne suis évidemment que le week-end.)
Écrit par : fashion | 13.05.2011
Répondre à ce commentaireBonne journée !
Écrit par : Karine Fougeray | 13.05.2011
Répondre à ce commentaireFash, et ce n'est quand même pas ta faute si certaines semaines ne sont faites que de samedi, isn't it ?
Karine : vivent les marins ! Puisses-tu ne jamais chercher la racine carrée de moins un, en revanche ;o))
Écrit par : Cuné | 14.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : ficelle | 15.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 16.05.2011
Répondre à ce commentaireJe suis amoureuse de Jonathan Coe depuis La pluie avant qu'elle ne tombe !!
Écrit par : Millie | 17.05.2011
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire
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