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21.06.2011

Top Ten Tuesday (Pourquoi j'aime tenir un blog sur les livres)

Ce thème, choisi par The Broke and The Bookish à l'occasion de leur premier anniversaire (happy blogbirthday !) est trop tentant pour que je le laisse passer, juillet n'est pas encore là mais chut, en toute discrétion.

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Top Ten Reasons Why I Love Blog Booking

 

1. Pour tout comme il a dit lui : "Pourquoi j'écris"

2. Pour tout comme elle a dit elle : "Why que je blogue, donc ?"

3. Parce que c'est une activité immarcescible.

4. Et un petit peu propitiatoire

5. En tout cas pas aboulique

6. Même si pas exempte de procrastination

7. A laquelle on peut s'adonner même valétudinaire !

8. Et qui permet de placer ses mots préférés

9. Parce que j'ai les meilleurs lecteurs du monde de l'univers

10. Surtout toi. (Si, toi, vous, là, qui lisez ça.)

03.06.2011

Quant aux effets des neuroleptiques sur le furet, il eût été dommage qu'ils restassent confinés aux sphères académiques.

On ne s'intéresse pas assez à la zoologie, et on a tellement tort. Heureusement, Edouard Launet s'y est colleté, avec dans l'idée d'aller y voir, humblement, hardiment, et surtout gaiement. Et de gaieté, on n'est pas privés ! Cet ancien ingénieur et journaliste scientifique (et reporter au service Culture du quotidien Libération) a une plume alerte et délicieuse. En vignettes de deux pages, il nous entretient de l'évanescence du lapin, de l'iridescence du charançon, de l'éveil du manchot, de la britannicité des siphonaptères ou de la carcasse du porc, entre autres (69 entrées au total). Avec un esprit très frondeur, il nous transmet le meilleur de ses lectures scientifiques et en tire une substance souvent très, très réjouissante.

J'ai hurlé de frustration quand ça s'est arrêté, totalement impossible que j'en reste là, j'ai commandé toute la bibliographie disponible d'Edouard Launet, qui m'a souvent évoqué le merveilleux François Rollin.

Drôle, intelligent, fin : pour la peine, je me suis risquée à vous en lire deux extraits :

 

Dureté du scarabée

podcast 

Virages de la libellule

podcast




Au fond du zoo à droite - Edouard Launet

Seuil, collection Science ouverte, 2009, 170 p.


02.06.2011

Il était une fois un garçon qui aimait une fille, et son rire était une question à laquelle il voulait répondre toute sa vie.

son signe de ponctuation préféré,était le point d'interrogation,Il était une fois une adolescente qui s'appelait Alma, d'après l'héroïne d'un drôle de livre qui s'appelait "L'histoire de l'amour". Elle est le fruit d'un couple à l'amour hors-norme, et quand son père meurt, sa mère fait face d'une drôle de façon. Avec son drôle de frère, Alma mène une drôle de vie, et se lance sur la piste offerte par ce drôle de livre, "L'histoire de l'amour", que sa mère a entrepris de traduire pour un drôle de commanditaire. Parallèlement, Leo Gursky, un vieux monsieur très solitaire, le véritable auteur du drôle de livre, attend la mort. C'est vers leur rencontre que ce drôle de roman nous précipite lentement, ou nous achemine à toute allure, et elle ne nous décevra pas...

J'avais tellement entendu parler de ce roman à peu près partout et par tout le monde que je croyais l'avoir lu, c'est-à-dire commencé à un moment ou à un autre et laissé de côté. Je me trompais, et dès les premières pages je suis tombée foudroyée. Leo a un style bien à lui, j'ai adoré ses "Mais." et ses "Et pourtant." continuels de ponctuation,  j'ai été cueillie par l'épilogue que je n'avais pas pressenti, j'ai compati à sa terrible vie, marquée par sa Pologne et la deuxième guerre mondiale. J'ai aimé le New-York dans lequel l'histoire évolue, adoré Alma, évidemment, son frère, sa mère, tous ces efforts palpables que l'on sent, que l'on encourage et qui sont sublimes parce que tenant du dérisoire.

J'ai été bluffée par la construction, enfin, d'une intelligence tranquille, qui avance en changeant de rythme et de narrateur, apportant ainsi une profondeur qui n'a nul besoin d'être verbalisée.

"L'histoire de l'amour" est un roman d'une grande douceur, dans lequel le côté tragique est contre-balancé par un humour prégnant. Ses personnages sont extrêment attachants, et on le termine les larmes aux yeux, le coeur grand ouvert.

Lecture indispensable.

 

Nicole Kraus - L'histoire de l'amour

Gallimard, 2006 & Folio 2008, 459 p.

Titre original : The History of Love (2005)

Traduit de l'américain par Bernard Hoepffner avec la collaboration de Catherine Goffaux

 

"18. MA MÈRE N'A JAMAIS CESSÉ D'ETRE AMOUREUSE DE MON PÈRE

Elle a conservé son amour pour lui aussi vivant que l'été où ils se sont rencontrés. Pour y parvenir elle a écarté la vie. Parfois elle ne vit que d'eau et d'air pendant des jours. Étant le seul specimen connu de vie à pouvoir le faire, on aurait dû donner son nom à une espèce. Un jour oncle Julian m'a raconté que le sculpteur et peintre Alberto Giacometti avait dit que parfois, pour peindre une tête, il fallait abandonner le reste du corps. Pour peindre une feuille, il faut sacrifier tout le paysage. On peut avoir l'impression, au début, de se limiter, mais au bout de quelques temps on se rend compte qu'en ayant un centimètre de quelque chose on a plus de chance de tenir un certain sentiment de l'univers que lorsqu'on prétend peindre le ciel tout entier. Ma mère n'a choisi ni une feuille ni une tête. Elle a choisi mon père et, pour préserver un certain sentiment, elle a sacrifié le monde."

 

Parmi la multitude de billets sur ce roman, j'ai aimé ceux de :

L'Encreuse, Papillon, Chiffonnette, Fashion, Karine.

Ys est restée complètement réfractaire.

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