« D'une certaine hauteur, on ne voyait plus que la présence des gens, et non les gens eux-mêmes. | Page d'accueil | La vie n'est donnée qu'une fois et on la veut hardie, sensée, belle.* »

13.07.2011

Si le langage manque, personne n'est en mesure de penser à ce qu'il éprouve, de parler de ce qu'il éprouve, de communiquer avec les autres

Francesco Alberoni est un Chercheur italien spécialisé dans l'étude des émotions collectives et des sentiments humains (un psycho-sociologue, en somme, deux gros mots en un). "Le choc amoureux" (1979) est son best-seller, l'ouvrage traduit dans le monde entier et encore aujourd'hui réédité. Why que ça marche autant ? demanderait Fashion - qui sur l'amour a une théorie des plus fascinantes, invitons-la donc à la décliner sérieusement dans un billet dont elle a le secret - Parce que c'est à la fois scientifique et novateur, limpide et exhaustif, éclairant et déstabilisant, tiens.

comment fait-on pour savoir que l'on est amoureux?,c'est une question à laquelle,il est à la fois évident,et suprêmement difficile de répondre

(Le baiser de Klimt, han c'est beau)

En un traité (plus qu'un essai) de 185 pages (Ramsay & Pocket, traduit de l'italien par Jacqueline Raoul-Duval et Teresa Matteucci-Lombardi), Francesco Alberoni nous décortique le sentiment amoureux, et plus précisément sa naissance. Cet état d'amour naissant qui ouvre les portes du possible, comment le reconnaître, comment en être sûr, qu'implique-t-il comme changement profond, quelles sont les choses qui se jouent à ce moment-là, comment y accède-t-on, peut-on s'en protéger, y échapper, le provoquer ?... Les questions sont multiples, les réponses toujours claires et argumentées, et placées en parallèle avec ce dont elles participent, le mouvement collectif au sens large, car l'homme est un animal social y compris dans sa façon d'aimer.

L'auteur creuse son sujet, en explorant les différentes sortes d'amour (qui en réalité sont toujours l'expression d'un seul et même sentiment, simplement situé sur des plans dissemblables), en suivant l'amour naissant lorsqu'il s'institutionnalise (devient amour installé), ou s'interrompt (la pétrification), ou ses corollaires, la jalousie, la possession, le don. En recourant à la pluralité des civilisations et de leurs institutions culturelles, il nous montre le discours utilisé pour traiter le sujet, la place qui y est (ou non) (et souvent non) accordée.

J'ai été formidablement intéressée par l'ensemble des propos tenus dans ces courtes pages, découvertes chez L'Irrégulière, dont je ne partage pas les conclusions (voire aussi son deuxième billet sur le sujet); sans doute parce que c'est ma nature, je ressors de ces pages ébranlée, me posant mille questions qui n'y ont pas trouvé réponse, mais très sincèrement enrichie par des points de vue que j'ai souvent trouvés fort justes.

Par exemple, le fait que l'état d'amour naissant permet peut-être la seule et véritable ouverture d'esprit: "Quand l'autre, grâce à une remarque, un jugement, un récit, nous montre quelque chose que nous n'avions jamais vu dont nous n'imaginions même pas l'existence, c'est comme si la fenêtre par laquelle l'autre regarde et voit le monde s'ouvrait pour nous. Cette perspective est la sienne, de même que nous avons la nôtre. Mais ce n'est pas une opinion, un "point de vue", comme l'on dit dans le langage de la vie quotidienne; c'est réllement une fenêtre sur l'être."

Ce qu'il explique (longuement, difficile de l'esquisser ici en trois phrases succinctes) au sujet de la jalousie a également remis en question les théories fumeuses que j'avais cru jusqu'ici tenir la route. De façon péremptoire : non, quand on aime, et surtout quand l'amour débute, on ne peut en aucun cas éprouver de jalousie.

Hum.

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Commentaires

Ma fascinante théorie ne s'exprime qu'à l'apéro, tu le sais bien, coquine. :-))

Écrit par : fashion | 13.07.2011

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Where is the problem ? Comme si on ne tchinait pas AUSSI virtuellement, tsss :)))

Écrit par : Cuné | 13.07.2011

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la citation est très juste en effet...

Écrit par : choupynette | 14.07.2011

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C'est quand le prochain apéro ? :-)

Écrit par : Caroline | 14.07.2011

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@ Choupynette : Il y a plein de passages super justes dans ces pages :)
@ Caro : Quand on sera majeures, jus de papaye d'ici là, of course.

Écrit par : Cuné | 14.07.2011

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J'ai été globalement transportée par cet essai, mais c'est vrai que je suis un peu pinailleuse sur certains points ;-)

Écrit par : L'Irrégulière | 15.07.2011

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Pour répondre à ton tag : "quand on a l'appétit coupé" ! (c'est ça ou alors la grippe...) ;-)

Écrit par : Tamara | 15.07.2011

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@ Tam : Si c'est ça, je crains de n'avoir jamais été amoureuse de ma vie :))
@ L'Irrégulière : ça m'arrive aussi :)

Écrit par : Cuné | 15.07.2011

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Eh bien, bizarrement, même si l'amour naissant (l'Innamoramento, comme le dit une certaine rousse) permet bien-sûr d'ouvrir une nouvelle fenêtre, souvent, mais c'est aussi souvent le cas d'une amitié naissante, non ?

Écrit par : Leiloona | 16.07.2011

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Mais l'amitié, la vraie, n'est-elle pas une des formes de l'amour ? :)

Écrit par : Cuné | 16.07.2011

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La fenêtre qui s'ouvre, ce n'est pas que l'amour... J'ai l'impression de l'expérimenter en permanence, et je ne suis pas amoureuse du monde entier, ouh là, non non non...

Écrit par : Mo | 18.07.2011

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Et moi j'ai l'impression inverse, alors j'espère bien aussi, Mo :))

Écrit par : Cuné | 18.07.2011

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je l'ai lu ado, il faudrait que je m'y penche à nouveau. Il doit être dans les étagères qq part...

Écrit par : Theoma | 18.07.2011

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Toutafai !:P

Écrit par : Leiloona | 19.07.2011

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Votre article est une très belle incitation à la lecture de l'essai Je t'aime du même auteur, bouquin qui traine depuis bientôt dix ans dans ma bibliothèque...

Écrit par : Gangoueus | 20.07.2011

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J'en ai deux de lui depuis longtemps aussi dans ma PAL mais pas encore eu le courage! un jour...

Écrit par : Métaphore | 14.08.2011

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