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30.07.2011

Elle, son seul désir était de s'entendre réfléchir

"A part ça, elle était d'accord avec pas mal de gens de par ici (...) pour penser que la vie est trop courte pour la gaspiller à cultiver et à arborer son bon goût. Pour impressionner qui ? Pendant ce temps-là, elle pouvait lire."

elle faisait ce qu'elle avait envie de faire:,qui diantre pouvait en dire autant ?,toute sa vie,elle avait vu dans la dignité,une forme d'arrogance.,elle dévalait les dunes en roulé-boulé.,

Alors voilà : ou je parle de tout ce dont j'ai envie de parler, je cite et recite et rerecite et au final, les choupinets mini post-it l'attestent, je dépiaute la globalité du roman et de son intrigue (qui n'est pas l'important ici, mais tout de même) ou je me mords les deux mains et le reste, je prends sur moi dans un sursaut de volonté et je m'en tiens à l'esquisse, mais c'est dur, hou la, faut-il que je déteste moi-même qu'on me m(g)âche la découverte.

"L'amour des Maytree" d'Annie Dillard (Christian Bourgois 2008, 274 p., traduit de l'anglais (USA) par Pierre-Yves Pétillon) plus qu'un roman d'amour, est une épopée (ou presque).

On y suit Lou, qui rencontre Toby Maytree (il vient la chercher alors qu'elle lit Bleakhouse !), ils s'aiment, se marient, ont un enfant, et vivent. Et la vie n'est jamais toute droite.

On est à Cap Cod, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les Maytree sont aussi passionants l'un que l'autre, ensemble ou pas. Grands lecteurs tous deux, lui cherche à apprendre, elle l'émotion. Il est bavard, elle est mutique. Ils ont Paul, elle découvre l'intensité incroyable de la maternité, l'océan est là, les ami(e)s aussi.

Toute leur vie, de manière très différente correspondant à leur caractère, ils s'interrogent. Sur le sens de la vie et sur l'amour. Lou est très étonnante, vraiment, elle m'a totalement bluffée. Maytree est plus en nuances, déclarant aussitôt bâtie chaque hypothèse apostasie (renonciation par reniement), tout en penchant vers la hiérophanie (manifestation du sacré) (ah ouais, il y va franco le Toby).

Et les années passent...

Un roman sans facilité d'aucune sorte (ni dans son propos, sa construction, sa langue ou ses concepts) à la beauté douloureuse et à la vérité étincelante : on en sort lavé, rincé, prêt à aller s'étendre au soleil pour prendre un peu de douceur (et, ce qui ne gâche rien, on en conclut ce que l'on veut, le lecteur n'a jamais de prêt-à-digérer) (car au final, nul ne sait rien et ne fait qu'avancer d'un millimètre tout au long de sa vie).

"Si tu étais un Aleut préhistorique, et que ta femme ou ton mari mourrait, ta famille t'étaierait les articulations, le temps du deuil. Leur coutume était de t'attacher des lanières autour des genoux, des chevilles, des coudes, des épaules, des hanches. Tu pouvais encore bouger, mais à peine, comme si tu étais emmailloté. Sinon, disaient les Aleuts, le chagrin te disloquerait, exactement comme un squelette se disloque; Tu tomberais en morceaux."

Merci Cathulu !

 

Son avis et le très beau billet de Christine Jeanney.

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Commentaires

La couverture est belle, tes mini-post-its l'embellissent encore. Ça existe en poche ?
Je partage la définition du bonheur d'André Maurois, et c'est une façon de penser qu'on ne voit pas si souvent exprimée. Les gens qui pensent que le bonheur c'est la perfection parlent tellement plus fort.

Écrit par : Nataka | 30.07.2011

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Il a rejoint ma PAL récemment et le billet de cathulu m'avait déjà convaincue de le mettre au programme au plus vite. Ton billet le fait encore remonter de quelques places.

Écrit par : zarline | 30.07.2011

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Voilà un roman qui risque de se retrouver fissa dans ma PAL ! Très beau billet !

Écrit par : Noukette | 30.07.2011

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@ Nataka : a priori non, pas en poche (mais en bibli, assurément). Moi aussi j'aime beaucoup cette définition du bonheur de Maurois, à laquelle seuls les angoissés peuvent adhérer, je crois :)

@ Zarline : Bonne lecture alors :)

@ Noukette : Merci !

Écrit par : Cuné | 31.07.2011

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Ca s'appelle "tomber en amour" ou je ne m'y connais pas!

Écrit par : Juliette | 31.07.2011

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Et Maurois, je ne connaissais pas mais c'est exactement ça en ce qui me concerne!

Écrit par : Juliette | 31.07.2011

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Très, très tentant...

Écrit par : papillon | 31.07.2011

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Toi, plus Cathulu, comment résister ?

Écrit par : antigone | 31.07.2011

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Cela faisait longtemps que je n'avais pas été tentée, généralement un coup d'oeil à ma pal suffit à me faire déchanter et à m'amener vers davantage de raisons, mais là... Un de plus, cela ne se verra pas non ??

Écrit par : Hélène | 31.07.2011

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@ Juliette : C'est un roman fort, oui. De la vraie littérature, qui creuse sa place dans la tête du lecteur.

@ Papillon, Antigone, Hélène : Foncez ! :)

Écrit par : Cuné | 31.07.2011

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Tu m'as convaincue... je vais voir si ma bibli le possède (ils ont intérêt !)

Écrit par : kathel | 31.07.2011

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Super, il t'a plu ! Et c'est vrai qu'il est encore plus beau avec ces petits post-it !:)))

Écrit par : cathulu | 31.07.2011

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J'étais déjà convaincue à la lecture de ton billet, puis j'ai aussi lu celui de Christine Jeanney, et là je me demande bien pourquoi ce roman n'a pas été mis en avant au moment de sa publication. Peut-être, parce que comme tu l'as écrit, il n'est pas si facile que ça ?

Écrit par : Leiloona | 01.08.2011

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Je reprends la lecture des blogs avec ce très beau billet, je ne regrette pas d'avoir rallumé mon ordi, tu m'as convaincue de l'éteindre illico pour courir me plonger dans ce roman !

Écrit par : Melanie B | 02.08.2011

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Je le note mais je ne sens pas cette lecture pour l'été, contrairement à ce que pourrait faire penser la couverture !

Écrit par : Joelle | 03.08.2011

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noté chez Cathulu ! Quelle belle, magnifique photo ! Merci pour le partage !

Écrit par : Theoma | 03.08.2011

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Juste voir le nombre de post-it, je le note! Thanks girl!

Écrit par : Karine:) | 10.08.2011

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Voilà un billet comme je les aime! j'adore la photo avec tous les petits post-it, ça me rappelle quelqu'un mais je n'en mets pas autant!
Je me permets de mettre ton blog en lien sur le notre, je compte bien repasser par ici.
A bientot

Écrit par : Métaphore | 14.08.2011

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Merci Métaphore :)

Écrit par : Cuné | 16.08.2011

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la citation aurait suffit je pense alors avec le bilelt en plus :-))))

Écrit par : yueyin | 27.08.2011

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