« On avait pourtant tenté de m'apprendre qu'il était plus sage et plus responsable de résister à la tendresse. | Page d'accueil | Le pire de tous les défauts est de n'en avoir aucun »
25.08.2011
Car rien - rien au monde - n'est aussi contagieux que l'attente de l'échec
"Scintillation" de John Burnside (Métaillié, 25 août 2011, 283 p. Traduit de l'anglais (Écosse) par Catherine Richard) est un roman que je place sans hésiter dans feue ma catégorie "Merveille".

L'Intraville est une petite presqu'île empoisonnée : l'usine chimique est fermée depuis longtemps mais la population la paye encore dans sa chair, étudiée de loin par les responsables. Léonard Wilson, 15 ans, est doté d'un cerveau en parfait état de marche, mal alimenté par une réalité quotidienne pour le moins floue. Des ados disparaissent régulièrement, on claironne une fable à leur sujet, Léonard n'y croit pas mais manque d'indices pour appréhender ce qui se passe réellement. Jusqu'à ce que...
Un roman très déconcertant, dans le meilleur sens du terme. Onirique et plein de poésie, il est aussi brutal, désespérant, noir et glaçant. Totalement envoûtant, en tous les cas, et on y trouve des choses absolument merveilleuses dites sur les livres. A déguster le plus lentement possible (gageure, parce que le suspens donne envie d'aller très vite).
"Qu'on me donne le temps de réfléchir, plus quelques indices, et en général j'arrive à comprendre. Et le premier jour où je me retrouve complètement seul, alors que j'erre à travers la presqu'île, pas trop sûr de ce que je dois faire à propos de mon père, je trouve le premier véritable indice. C'est comme ça, le monde, par moments : par moments, il nous fait des dons, purs et simples; à d'autres, il nous donne des indices. Un indice équivaut à un don pour lequel il faut se donner du mal. On pourrait dire, bien sûr, que le monde regorge d'indices, à condition de savoir les déchiffrer. Indices, dons. C'est de ça qu'on se sert pour comprendre le monde. Sans quoi il n'y a rien. On n'est pas obligé d'avoir la foi, comme dit Miss Golding en Instruction religieuse. La foi n'est pas un don. Les dons, il faut que ça vienne du monde, pas de l'intérieur de notre tête. Enfin bon, il y a des gens tout à fait respectables, philosophes et autres, qui pensent que le monde est une chose qu'on imagine, que ce n'est qu'une vaste illusion qu'on invente chemin faisant. Ce qui signifie que j'invente l'usine, et les meurtres, et mon père en train de vomir du sang par terre dans la cuisine. Bien sûr que j'invente."
Publié dans Livres : J'adore | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : c'est ça qui est génial avec les grosses têtes:, ce sont des passionnés., ne pas avoir de vie personnelle, signifie qu'on en vient, à aimer les choses, avec passion, sans que personne ne nous casse les pieds., et de temps à autre, on arrive à transmettre quelque chose.
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Commentaires
Écrit par : cathulu | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : clara | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Hélène | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : bene | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Amélie | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Yv | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : kathel | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caroline | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mrs Figg | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Noukette | 25.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ankya | 26.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 27.08.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine:) | 02.09.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Tamara | 02.09.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 03.09.2011
Répondre à ce commentaire(Ahah Cuné, je rigole quand je lis ton commentaire :D)
Écrit par : Cryssilda | 21.09.2011
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