« C'est pénible, d'être si vieux. Et plus pénible encore d'être si aveugle. Le soleil me manque. Et les livres, les livres me manquent par-dessus tout. | Page d'accueil | Enfin, il y a dans Paris un homme à qui je pense et dont le regard m'inonde intérieurement de lumière »
02.09.2011
Rufus Wainwright sait chanter les mots "alcoholic homosexual" de telle manière que j'aurais bien voulu être les deux
Trois personnages qui s'expriment à tour de rôle et qui, tous, pensent être le pivot de cette histoire, mais chut, n'en disons rien aux autres.
Un petit trader à Chicago tout frais dans sa place après avoir passé quelques années au back-office, que son boulot dévore. Il avait bien des amis, avant, quand il était encore en Allemagne, donc à un moment il a dû savoir comment s'en faire, se dit-il vaguement lorsque l'angoisse pointe le bout du museau, mais il croque vite un Snickers (auxquels il est accro), déboule au boulot à 3 h du mat et c'est reparti pour la valse de l'adrénaline.
Une traductrice dans la campagne allemande, "une dingue de littérature" selon ses anciens amis, qui a tout plaqué pour s'installer dans une sorte de hangar improbable qu'elle prend pour une maison. "J'étais à sec, fauchée, sur la paille. Parfois il m'arrive de penser en synonymes - pathologie professionnelle de la traductrice qui jongle avec toutes les possibilités dans sa quête du mot adéquat." Elle attend avec impatience le nouveau manuscrit du Grand Écrivain Américain dont elle est la traductrice allemande officielle depuis quelques années.
Et l'auteur, donc, best-seller dans tous les coins, 9 millions de dollars sur son compte en banque, prix Pulitzer et tout le toutim. En panne totale d'écriture, qui a fait le mariolle parce qu'il était éclipsé par Elton John et a prétendu être en train d'écrire LE roman du siècle sur le 11 septembre.
L'auteur craque sur la photo du trader et tente de le draguer. Ce dernier s'intéresse à la traductrice venue débusquer l'écrivain à Chicago et elle, tout ce qu'elle veut, c'est - outre le manuscrit (qui n'existe pas, donc, d'autant qu'il semblerait bien que le dernier courrier de la traductrice ait produit un blocage, a-t-on idée de scruter ainsi tous les détails d'une oeuvre ?:)) - la confirmation qu'elle n'est pas folle (ce dont elle se met sérieusement à douter).
Situation déjà intéressante à la base, qui vient s'enrichir d'une "petite" boulette du trader dont nous suivons la progression en temps réel, et surtout de beaucoup d'humour et de fantaisie qui font de ce roman une petite bouchée de pur plaisir, que l'on déguste avec bonheur. J'ai notamment relevé un vrai sens de l'incongruité et des dialogues vifs et décalés. Tout est comme légèrement tremblotant, à une distance imperceptible de la réalité.
Que l'auteur soit lui-même traducteur de l'islandais donne une saveur toute particulière à ses propos sur ce métier et le milieu éditorial...
C'était pas ma faute - Kristof Magnusson
Editions Métaillié, 2011, 268 p.
Traduit de l'allemand par Gaëlle Guicheney
Titre original : Das war ich nicht
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Commentaires
Écrit par : Karine:) | 02.09.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 03.09.2011
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(même s'il est publié en août 2011 :))) )
Écrit par : erzie | 03.09.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : lucie | 03.09.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ankya | 04.09.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mrs Figg | 04.09.2011
Répondre à ce commentaireEst-ce un hasard si les deux citations en haut de la page se complètent si bien ?
Écrit par : Ariane | 30.09.2011
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