« L'une de ces âmes heureuses qui sont le sel de la terre et sans qui ce monde aurait l'odeur de ce qu'il est, un tombeau. (Shelley) | Page d'accueil | Il se décevait lui-même comme le décevaient son monde et son époque; il en était. »
11.11.2011
Les femmes pleurent pour si peu de choses
Balzac, La Comédie Humaine, Etudes de moeurs, Scènes de la vie privée
10. La Paix du ménage (1829)
Ce petit texte très court (une trentaine de pages) ne m'a pas intéressée le moins du monde. Il dépeint une heure d'une soirée de bal, à cette période très précise de l'apogée de l'empire de Napoléon, et il dépeint encore tout aussi précisément comment une femme trompée récupère son mari volage, avec comme "conseil", l'indulgence pour les erreurs masculines. L'ambiance m'a semblé détestable, tout en intrigues et bassesses diverses. Fort heureusement, il est précédé d'une introduction très inspirée d'Anne-Marie Meininger, qui nous explique que si cette scène est jugée "insignifiante" ou "habile, seulement habile", elle est surtout la création d'un débutant : écrite en juillet 1829, elle est la première de toutes les Scènes de la vie privée. Après en avoir retracé les origines, les emprunts et identifié pour nous les protagonistes, elle termine par ce paragraphe, que je trouve émouvant :
"Faut-il encore s'étonner que cette scène, bien que "la plus faible", soit restée dans La Comédie Humaine ? En l'écrivant, l'"historien des moeurs" s'est peut-être découvert : il y utilise pour la première fois ce terme même. En tout cas, il a pris un premier départ et, grâce aux documents conservés, nous assistons, de quelque manière, à cette entrée en action. Un premier manuscrit commençait directement par l'anecdote; la "vue de l'Empire" sur laquelle s'ouvre maintenant le récit, le "croquis" des moeurs de ce temps, avec leur influence sur la scène qui suivra, ne jouaient aucun rôle. Puis Balzac recommença. Deuxième manuscrit, correction d'épreuves : l'anecdote devint, dans tous les sens du terme, secondaire, tandis que la place primordiale était donnée à une époque, à ses moeurs, à leur jeu, à l'Histoire enfin. Par La Paix du ménage, Balzac n'était déjà plus l'épigone de Walter Scott, déjà plus l'anecdotier de la Physiologie du mariage, il devenait le créateur des Etudes de moeurs au XIX° siècle."
Publié dans Livres : Classiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : écoutez-moi !, si vous voulez vous jouer des hommes, reprit la vieille dame, ne bouleversez le coeur, que de ceux dont la vie n'est pas arrêtée, de ceux qui n'ont pas, de devoirs à remplir;, les autres ne nous pardonnent pas, les désordres qui les ont rendus heureux.
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Commentaires
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Écrit par : erzie | 11.11.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 11.11.2011
Répondre à ce commentaireEt puis, il y a eu la 1ère année de fac' de Lettres et "Eugénie Grandet". Une révélation! Je me revois plongée dans les mots de Balzac sur le quai de la gare dans les courants d'air ou dans le train rempli de retour de l'université ... Quelle magnifique histoire!!! Ce roman m'a bouleversée.
Depuis il y a eu : "Adieu", "Le lys dans la vallée", "Le père Goriot", "La fille aux yeux d'or", "Physiologie du mariage", "La femme de trente ans", "Les chouans", "Mémoires de deux jeunes mariées". Et je ne compte pas m'arrêter là.
Je te félicite de te lancer dans les Balzac avec tant d'assiduité. Bravo! Je suivrai tes avancées avec intérêt ....
Écrit par : Romanza | 16.11.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 16.11.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : choupynette | 17.11.2011
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