« 2011-12 | Page d'accueil
| 2012-02 »
31.01.2012
Top Ten Tuesday (Les BD que j'ai envie de lire)
Il a clappé la Door(s), mais il will be back, enfin, il a une idée, dit-il. Le libraire qui se cache pour mourir a invité ses lecteurs, dans l'intervalle, à (re)lire son blog depuis le début, et comme je suis très obéissante et surtout très fan de sa plume, je m'exécute, en notant au passage les recommandations ici et là semées au gré de ses humeurs malicieuses et néanmoins souvent nostalgiques. Ainsi, entre deux révélations ébouriffantes (il vit à 3 km de ses parents et se dégarnit (déjà) à l'arrière du crâne (non, ne visualisez pas, c'est un conseil), ai-je pu noter quelques BD que je brûle, que dis-je, je me meurs de lire. (A ce jour, je n'ai relu que jusque novembre 2008, ma liste d'envies risque de s'allonger encore quelque peu).
Top Ten par Ordre d'Apparition sur le Blog du Libraire Qui se Cache pour Mourir des BD Tentantes
(Ou TTOABLQCMBDT, ce qui est tout de suite plus chic)

(Sans lien avec le thème du jour chez The Brooke and The Bookish)
1. Un homme est mort & Coupures irlandaises de Kris & Vincent Bailly
2. Amours fragiles de Beuriot & Richelle
3. D.R.H. de Chauzy & Jonquet
4. Jérôme d'Alphagraph de Nylso
6. Minik de Hippolyte & Richard Marazano
7. Groenland Manhattan de Chloé Cruchaudet
8. Là où vont nos pères de Shaun Tan
9. L'autre fin du monde d'Ibn al Rabin
10. Guerres civiles de Jean-David Morvan & Christophe Gaultier
(Et aussi Twenty d'Erich von Götha, Ratafia de Nicholas Pothier, Bottomless Belly Button de Dah Shaw, Jimmy Corrigan de Chris Ware, bref, du pain sur la planche...)
05:21 Publié dans Tops divers | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : j'over kiffe la bd, comme dirait une mienne potesse, de plus en plus, même. |
30.01.2012
Il n'y a rien de moins photogénique qu'un adolescent complexé. Un poulpe, à la rigueur.
"Rester sage", c'est l'histoire de Martin et de son ami d'enfance, toi, en treize chapitres. D'une journée très particulière, en fait, celle où ils se retrouvent après neuf ans et cinq mois, ce qui ne fait pas tout à fait deux lustres, même dans la Rome antique. Un jour où on se dira que oui, il y a au moins seize mille définitions de l'amitié, et que ça-va-oh, l'éternelle parabole du cadavre. Même si tu l'aimes bien (toi) (l'ami d'enfance de Martin, donc) (nan mais je précise, hein, je ne "te" parle pas, là). La vie de Martin n'est pas bien jouasse, la tienne a meilleure mine mais tu sais ce qu'on dit sur les apparences. Allez, en piste, c'est parti pour 115 pages que je qualifierais bien de parfaites, tiens, si je n'avais une légère tendance à l'emballement. Moi en tout cas j'ai adoré, quelle bonne idée il a eu là, Jean-Baptiste Gendarme (déjà, "Décapage", c'était lui. Un récidiviste. Les plus dangereux.) de recommander ce texte aux éditions Alma. Premier roman, dis-donc, bravo Arnaud Dudek.
Merci Cathulu !
On a aimé aussi chez : Cathulu (donc), Clara, chez Molly Ben (avec une chouette interview) (moi aussi j'ai 13 ans, pffff. Par 3 et demi, c'est tout), au Monde des Livres, chez Second Flore, et puis sûrement aussi chez tout un tas de gens très bien voire quelques pas sages, mais on leur pardonne.
05:49 Publié dans Livres : J'adore | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : le premier a traité le second de bite en plâtre, ce qui, dans l'absolu, est plus incongru, que véritablement vexant. |
29.01.2012
Quand la bienfaisance ne nuit pas au bienfaiteur, elle tue l'obligé.
Balzac, La Comédie Humaine, Etude de moeurs, Scènes de la vie privée
20. Gobseck (1830)
"Voici le premier en date des chefs-d'oeuvre de Balzac, un des plus achevés qu'il ait écrit." nous dit Pierre Citron en introduction dans l'édition de la Pléiade, avant de préciser un peu plus loin : "Tout se passe comme s'il n'avait pas reconnu lui-même du premier coup la nature véritable de son ouvrage, essentiellement marqué par l'évocation d'un grand caractère." Voici très exactement ce qu'est Gobseck.
La description parfaite d'un caractère, celui d'un usurier qui a sur la vie des idées très arrêtées, un mélange de philosophie imparable et d'inflexibilité, une apparence de contrôle total et des petitesses étonnantes.
A lire absolument, d'une traite, époustouflé par le rythme, la vivacité, la verdeur et la modernité de l'ensemble.
Deux petites choses jouissives :
* Un juron merveilleux : "Sardanapale !"
(Note de Pierre Citron : "Ce juron, bien romantique pour un avoué en visite dans le grand monde, vient de la vogue du drame de Byron (1821) et du tableau de Delacroix (1827). Le sujet était devenu assez populaire pour que l'Institut demandât à P.A. Vieillard un poème sur Sardanapale pour le prix de Rome de 1830. Berlioz termina pendant les Trois-Jours la cantate qui lui valut le premier Grand Prix, et fut jouée le 30 octobre.")
* Un passage qui m'enchante :
"La comtesse se leva, salua, et disparut en proie sans doute à une profonde horreur. M. de Trailles fut forcé de la suivre; mais avant de sortir : "S'il vous échappe une indiscrétion, messieurs, dit-il, j'aurai votre sang ou vous aurez le mien. - Amen, lui répondit Gobseck en serrant ses pistolets. Pour jouer son sang, faut en avoir, mon petit, et tu n'as que de la boue dans les veines."
28.01.2012
Un écrivain doit être impitoyable
Dans Le Magazine Littéraire de février 2012, ALexis Liebaert a rencontré Michael Cunningham pour un Grand Entretien, et c'est passionnant. Ils évoquent à un moment les ateliers d'écriture, et les arguments proposés me semblent particulièrement pertinents, et font évoluer mon propre avis. Voyez par vous-mêmes :
"Vous enseignez l'écriture dans des cours de creative writing et, aux Etats-Unis comme en France, ces cours sont sujets à polémique.
Je sais qu'il y a des polémiques sur ce sujet, mais, si je donne des cours d'écriture, c'est manifestement parce que je crois à leur efficacité. Je me suis d'ailleurs toujours demandé pourquoi les gens considéraient que l'on peut apprendre à jouer du violon, à peindre ou à danser, et pas à écrire. Je ne comprends pas pourquoi ils s'entêtent à affirmer que l'écriture serait le seul art qui ne peut pas s'enseigner. Cela vient peut-être d'un manque de respect pour les mots. C'est une bien étrange légende que celle qui voudrait que l'écrivain ne puisse enseigner qu'à lui-même. La seule chose que l'on ne puisse donner à un étudiant, c'est du talent. Mais c'est aussi vrai du violon, de la peinture, de la danse... En réalité, on peut aider les étudiants à progresser, à trouver leur propre voix. Il y a des centaines de cours de creative writing aux États-Unis, et personne ne pense sérieusement que chacun de ses étudiants deviendra une voix significative des lettres américaines. En même temps, on sait qu'avec ces cours on produit de meilleurs lecteurs, de meilleurs éditeurs, des gens qui évolueront dans le monde littéraire même s'ils n'écriront pas forcément des romans. Et je ne peux pas croire que deux années passées à étudier, à discuter de manière intensive, et à chercher comment mettre des mots ensemble soient du temps perdu, même si seulement un pour cent de ces étudiants deviennent un jour des écrivains.
Mais n'y-a-t-il pas là un risque de produire une génération d'auteurs tous formatés sur le même modèle ?
J'ai déjà entendu cette critique et je suppose effectivement que le seul danger est d'être encouragé à écrire d'une manière standardisée qui donne des livres que l'on a lu des millions de fois. Mais les bons professeurs ne font pas ça. Si vous aviez dans une classe les jeunes Gustave Flaubert et Virginia Woolf, je ne crois pas que vous puissiez les mener à écrire de manière formatée. Je ne crois pas qu'un étudiant doué se soumettra au désir de tel ou tel professeur de le domestiquer. Si vous voulez être écrivain et si vous êtes aussi facilement influencé par un professeur, alors bonne chance avec les critiques, les lecteurs et votre vie en général."
06:00 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : en choisissant cette femme, flaubert a fait la démonstration que, si emma bovary peut être l'un des grands personnages, de l'histoire littéraire, alors tout le monde peut le devenir., n'importe quel individu, si inintéressant soit-il, peut devenir le sujet d'un grand roman. |
27.01.2012
En quoi se distinguaient les méthodes pour attirer un homme et un chien ?
Les deux espèces appréciaient la bonne chère, aimaient courir en liberté, sans laisse, et se montraient parfaitement dupes si on les caressait dans le sens du poil.

Le drôle de roman que voilà ! Il m'a eue en première page, avec ceci :
"L'écart impitoyable entre inspiration et insignifiance qu'ont cruellement révélé mes rares tentatives d'écriture, m'a incitée à délaisser la plume, hormis pour consigner des faits purs et durs. Boeuf, oeufs, tomates, radis. Dentiste, ne pas oublier d'appeler. Il peut donc sembler pathétique de se mettre ainsi à rédiger un journal intime à l'âge de cinquante-six ans, mais je m'en arroge le droit."
Eva se lance donc dans un journal intime, offert avec conviction par l'une de ses petites filles. En apparence, tout va bien. Elle vit avec Sven en bonne harmonie, est déjà à la retraite en raison de problèmes de dos, cultive ses rosiers avec grand soin et s'implique dans la vie de la petite commune suédoise où ils vivent. Sur le fond aussi, tout va bien. La plume d'Eva, quoi qu'elle en dise, est ensorcelante, et sait faire ce truc si rare, dégager de l'universel de cas très particuliers, nous donner l'impression qu'on voit exactement ce qu'elle veut dire, pour l'avoir déjà vécu nous-mêmes, pas de la même façon qu'elle bien sûr, mais. Seulement les apparences sont toujours (t.o.u.j.o.u.r.s) trompeuses, et la normalité n'est vraiment que de façade : Eva a vécu des choses pas simples, et s'est construite dans la déviance (sans qu'elle s'en rende tout à fait compte, d'ailleurs)...
Un univers vraiment prenant, légèrement inquiétant, des fausses pistes, beaucoup de charme.
Les oreilles de Buster - Maria Ernestam
Editions Gaïa, 2011, 411 pages
Traduit du suédois par Esther Sermage
Titre original : Busters öron (2006)
L'avis de Joëlle, qui débouche sur plusieurs autres.
05:22 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : there's a divinity that shapes our ends, rough-hew them how we will, hamlet, act 5 scene 2 |
26.01.2012
Une sorte de Rocky Balboa des prépas.
Voici un court roman que Balzac n'aurait pas désavoué : avec une plume à la fois candide et inspirée, Emmanuel Arnaud signe ici un portrait saisissant d'un Rastignac d'aujourd'hui. Laurent Kropst n'est pas le mauvais gars, pas plus qu'il n'est attachant. Le suivre le long de son année de maths sup est un véritable parcours initiatique, pendant lequel on admire de très jolies façons d'aborder la méthodologie, la véritable intuition, ou, moins charmant, les liaisons "utiles". Il se dégage de l'ensemble une vraie vitalité, une présentation distanciée des élites, le tout est vraiment apétissant et on en aurait bien pris pour une année supplémentaire, en spé.
Le théorème de Kropst - Emmanuel Arnaud
Editions Métailié, 2012, 135 pages.
05:03 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : c'est vraiment le taupin de base., introverti, morne et gris., quasiment mural. |
24.01.2012
Top Ten Tuesday (Les plaisirs coupables)
January 24: Freebie --- Make a top ten list about anything book related that you want. That super specific topic you thought would make a great top ten list or that past topic you wished you would have gotten a chance to participate it? This is the week to do it!
Lorsque The Broke and the Bookish autorisent le sujet libre, ça me donne envie de participer. Notre thème ayant été défini par The one and Only, c'est contrainte et contrite que je m'y plie, n'en doutez pas.

C'est parti pour le Top Ten de mes plaisirs coupables
1. Evacuons immédiatement la vague relation aux livres, je raffole par exemple de ça

2. Ou encore ceci

3. Voire même cela

(Et je les achète, oui, oui) (Pire, je les lis in-té-gra-le-ment.)
4. J'ai une telle légitimité bloguesque, que les attachées de presse qui ont eu la joie de me rencontrer m'appâtent en m'envoyant non pas des SP mais des photos des auteurs dont elles s'occupent. Et ça marche. (Coucou S. :))
5. Je lis des Harlequins en douce (à foison). Je prétends qu'il s'agit là d'une étude préliminaire qui débouchera un jour ou l'autre sur un billet exhaustif, toutes les collections dépiautées et mises en miroir, ce genre d'assertions. En réalité on n'est jamais à l'abri d'une excellente surprise et promis, juré, ça fait du bien les Harlequins. Ça lave le cerveau.
6. J'aime assez, à l'occasion, les années bissextiles impaires, déguster une bonne galette et découvrir le Pacherenc (qui convient à merveille à la meringue également) (je dis ça je ne dis rien) (la meringue, il faut impérativement qu'elle soit moelleuse et collante à l'intérieur) (et le Pacherenc, très frais) (évidemment, il faut qu'il soit genre 15 h) (pas avant, mais surtout pas après, après, c'est l'heure de l'apéro) (et avant, on termine le Champagne).
7. Je m'octroie ma dose de Ricky Gervais quotidiennement. En ce moment, The Office (uk), plus un petit tour sur son blog, et à partir de là, du surf sauvage sur la multitude de liens qu'il ne cesse de proposer. Cet homme est drôle. I mean, he really is.
8. J'ai racheté hier le jeu Game Boy Pokemon Rouge (1999) (première version), parce qu'on n'arrivait plus à mettre la main dessus dans nos tiroirs impeccablement rangés (tfou tcheu hum) et que nous (entendre mon fils (15 ans) et moi)), on est des dingues de Pokemon, on y joue encore et on avait très très envie de refaire le Rouge, là, maintenant, tout de suite, avec tous ses bugs et sa lenteur et son archaïsme total. *Nostalgie*.
9. Je jure chaque semaine que c'est f.i.n.i les restaurants, je vais cuisiner, bien sûr qu'il y a moyen de faire simple et bon et rapide, easy, d'ailleurs tiens ce soir je vais faire... heu... un SMS à mon mari : "Rejoins-nous directement au japonais on t'attend". (Les chirashis, ça dépote, quantité parfaite pour le soir, pas gras, pas cher) (un jour, je les ferai moi-même) (oui mais alors quid du cocktail maison avec le litchi, Mmm ?...).
10. Je suis dans une graaaaande période de compulsion et j'ai acheté un nombre hallucinant de livres ces trois dernières semaines, malgré un budget qui s'est équipé de klaxon, de porte-voix et de mots violemment réprobateurs. Je ne sais plus où donner de la tête et j'adoooooore ça.

(ça aussi, j'adore. Ricky et du Moet. Retenez-moi.)
05:46 Publié dans Tops divers | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : top ten tuesday, ça faisait longtemps, ne faisait-ce pas ?... |
23.01.2012
Hey ! You're married ! You can't be mmmmming other guys' butts !
New York Times, New York city, Etats-Unis d'Amérique, 2004; le service des relations humaines; deux copines; des mails, du chat, des coups de fils, des mémos, du griffonnage vite fait sur tout ce qui tombe sous la main, du journal intime, des messages sur les répondeurs : MIAM.
Tout commence par un drame : la dame qui fait les gâteaux est virée. Son délit ? Avoir refusé une part de tarte au fiancé de la boss des relations humaines. Qui est une garce inter-galactique, tout en mensonges, incompétence, empathie d'un squale, et qui a un fiancé sur le même modèle. Ces deux-là, je vous prie de me croire, sont méchants-méchants-méchants. D'ailleurs ils ont tout le monde contre eux.
Tout le monde, c'est donc nos deux copines (marrantes) (mais gaffeuse) (pour l'une) (mais bien, hein, statut reine mondiale de la boulette sooo cute), un peu du reste du staff du NYT, le mari de l'une, l'ex de l'autre (et sa conquête topmodelée) (et surtout ses chansons, oh my), le frère (et toute sa famille very dysfonctionnelle) du fiancé de la boss, les copines de sororité de la boss, le patron du journal, la vieille dame des gâteaux, et, heu, je crois que c'est à peu près tout (et ça fait du monde, oui).
Bienvenue dans le monde de la caricature, ici tout est exagéré ! Mais grossir le trait n'a jamais signifié manquer de finesse, et on la trouve, effectivement, dans les petits détails jouissifs (la signature automatique de certains mails, les messages d'accueil des répondeurs, le respect de la hiérarchie implicite dans un organe de presse (le service informatique ? Tous des ...), etc. Les ressorts de l'intrigue sont évidemment du genre poutre obèse, mais le rythme est excellent et on est, à mon sens, dans une dynamique de vaudeville. Tout ça passe très très bien !
Mention spéciale à tous ces gens qui ont surligné les recettes (lecture sur le Kindle, ce genre de détail m'amuse !), et au répondeur de Mitch :
"What is the sound of one hand clapping ? What is the weight of a single grain of sand ? The answer is : Equal to my interest in the message you are about to leave. So make it short."
Boy meet Girl - Meg Cabot (2004)
Existe en version française sous le titre "Embrouilles à Manhattan"
L'avis de Pimpi, elle l'a même relu, celui de Cess,
08:54 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : i just don't know, why i'm even here., on this planet, i mean., -oh my god., you so need chocolate. |
22.01.2012
L'amnésie, telle que vous la décrivez, n'existe pas
(Les perles de libraire et Boulet, c'est une grande histoire :))
"La Page Blanche"
Boulet & Pénélope Bagieu
Une BD que tout fan qui se respecte (et on est deux à la maison) achète dès la sortie (le 18 janvier)
(Oui, c'est tout, je ne sais pas parler de BD)
(Disons que c'est une allégorie du conformisme, mignonne et bien foutue)
06:47 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : le cerveau, ce n'est pas un ordinateur, qu'on remplit et qu'on vide., votre amnésie..., on dirait une amnésie de film. |
21.01.2012
N'importe quelle vérité est préférable au doute absolu
(Sir Arthur Conan Doyle, La Figure jaune)
"- "L'homme n'est rien, l'oeuvre tout". C'est là que vous voulez en venir ?
- Oui. C'est de Flaubert, n'est-ce pas ?
- Oui.
- Et nous nous le rappelons encore.
Bram rit de nouveau amèrement.
- Mes histoires, dit Arthur. La science de la déduction. Le détective qui raisonne. La solution livrée fort à propos dans un dénouement satisfaisant. Tout ça, c'est des conneries.
Bram sourit.
- Je sais, dit-il. C'est pour cela que nous en avons besoin."

1893, Arthur Conan Doyle n'en peut plus de Sherlock Holmes : il le hait, c'est plus fort que lui, il en a ras-la-casquette que tout le monde lui parle de lui, il va le tuer, ça suffit, faire des romans sérieux, se libérer d'un personnage de romans de quatre sous en lequel il ne croit plus, enough !
2010, les Baker Street Irregulars se réunissent, il se passe un truc de f.o.l.i.e, on a retrouvé, parait-il, le dernier tome du journal intime de Conan Doyle, on va enfin savoir ce qui s'est passé pendant les années "sans" Sherlock Holmes !
Aux deux époques, en alternance, un mort. Une enquête. Des indices. Trop. De la réflexion. Tout est lié, tout est Holmésien, Doyléen voire Sherlockien, en piste !...
Un roman extrêmement sympathique rempli de tout ce qu'on aime : Londres, l'Angleterre, des faits historiques en base, une jolie imagination qui enrobe le tout, de l'humour (j'ai adoré la traduction, pleine d'inattendu, le "Tu déconnes !" de Sarah par exemple :)), de la déduction à tous les coins de rue et plein, plein de citations toutes plus délicieuses les unes que les autres. Je ne suis pas friande du procédé chapitres très courts en alternance, mais ici ça fonctionne du feu de dieu et j'ai retrouvé ce roman avec à chaque interruption avec un sourire de plus en plus grandissant. On apprécie au passage la réflexion sous-jacente sur le roman policier en général.
Un très bon divertissement (premier roman, en plus).
221b Baker Street - Graham Moore
Le Cherche-Midi (collection Neo), 2012, 448 pages
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Smith
Titre original : The Sherlockian
"Pressant le pas, il atteignit l'ascenseur pratiquement au galop. Une curieuse sensation remonta de ses mollets à ses genoux. Non qu'il en eût fait l'expérience récemment mais en y réfléchissant, il se dit que cela devait s'appeler "courir"."
Lu également par Claude Lenocher,










