« Elle ne voulait pas être convaincue. Elle en avait ras-le-bol, elle le sut tout de suite. | Page d'accueil | Librairies chéries : Lamartine (118 rue de la Pompe, Paris 16°) »
17.02.2012
Même les filles aimaient le foot maintenant. A quoi cela servait-il de faire des filles dans un monde pareil ?
"Mon fils aussi, du haut de ses cinq ans, aimait ce sport où des types en tenue de clown couraient comme des chiens maigres après une baballe. Bien que ce fût une entorse aux lois de Mendel sur l'hérédité, l'attirance de Tom pour le foot me paraissait en accord avec le conditionnement à la virilité grégaire, chauvine et portée sur le houblon de notre société post-machiste. J'en souffrais, mais m'en offusquais moins que pour ma fille. Je décidai sur-le-champ de l'écrire dans mon roman. Cela me ferait perdre des lecteurs, mais, au moins, cela me soulagerait."

Connaissez-vous l'agrypnie ? Simon Perse, écrivain (connu), divorcé, papa du week-end deux fois par mois (d'une petite fille de douze ans impressionnante et d'un petit bonhomme de cinq ans qu'il n'entend pas avec une mauvaise foi comique (et très triste à la fois)), patient du génial Dr Zennegger à raison de soixante euros par séance (d'accord), et aussi indien-qui-ne-renonce-jamais, étudiant en littérature à San Fransisco, Remo qui se fait mordre par un serpent (j'en passe), bref, Simon Perse/Philippe Ségur, lui, oui.
L'agrypnie est donc une perte prolongée du sommeil. Insomniaque, c'est suspect, les gens disent toujours qu'ils ne dorment pas mais s'enfilent leurs petites heures de récupération hachées en douce, SP, lui, non. Pour de vrai, il ne dort plus du tout. Nuit après nuit. Ou jour après jour. D'ailleurs, allez vous souvenir de la date quand le sommeil ne rythme plus la succession des heures, vous. Des hallucinations ? Non. Jamais. Ce qu'il vit, il l'a vécu, il en est sûr, la preuve, il ressent encore...
Je serais bien incapable de démêler les intentions de "Le rêve de l'homme lucide" de Philippe Ségur (390 pages, Buchet-Chastel 2012), tant il est riche en paradoxes. Férocement drôle en plusieurs endroits, ce roman est également plein de tendresse et de profond désenchantement, avec quelques pincées de charges virulentes. Il est surtout bien écrit, avec une précision dans les descriptions des sensations qui m'a impressionnée. Phillippe Ségur donne une impression de grande simplicité et je trouve ça hyper fortiche, tant j'ai pensé plusieurs fois : "c'est exactement ça". Sans parler évidemment de son imagination rien moins que foisonnante :)
Entamé après une hécatombe de romans abandonnés plus vite que leur cinquantième page, j'ai été ravie de tourbillonner entre ses pages.
Merci Cathulu !
Son avis, celui de FrenchPeterPan, ...
"Parce que tant qu'on est vivant, on peut toujours faire mentir les statistiques, papa."
Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : et tous, sur le net, nous étions des fantômes
Trackbacks
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Commentaires
Écrit par : clara | 17.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 17.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nataka | 17.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mango | 17.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Une Comete | 17.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : kathel | 17.02.2012
Répondre à ce commentaire@ Mango : Tu penses bien que je suis allée vérifier et tout, ça existe, c'est carrément flippant.
@ Une Comète : Je ne suis pas loin de le penser aussi :)
@ Kathel : Bah, ça n'en vaut pas la peine :) (D'autant que je fonctionne "au moment". Il est tout à fait possible que je les reprenne un jour, et que ça se passe différemment.)
Écrit par : Cuné | 17.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cathulu | 17.02.2012
Répondre à ce commentaireEt hop dans mes favoris . Merci
Écrit par : zorobabel | 18.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 21.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : jp | 03.03.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 04.03.2012
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