11.08.2010

Pontesprit - Joe Haldeman

L'action de Pontesprit débute en 2062, l'avenir tel qu'on pouvait se l'imaginer en 1976 (date d'écriturehaldeman 2.gif de ce roman). Par hasard (comme nombre de grandes découvertes), on a découvert la téléportation, exploré grâce à son aide moult planètes et on cherche à en géoformer un maximum, pour obtenir des endroits où vivre en cas de destruction de la Terre.

Lors de sa première mission, le maîtriseur Jacque (sans "s") Lefarge tombe avec son équipe sur une "chose" (vivante) étrange, capable lorsqu'elle est touchée simultanément par deux personnes de les mettre en télépathie totale. Après bien des péripéties, elle pourrait se révéler le dernier espoir contre un ennemi terrifiant...

L'intrigue de ce roman est prenante, l'univers très SF est cohérent et bien mis en place, mais la progression est super alourdie par l'utilisation de différents rapports pour nous indiquer ce qui se passe (journal intime, rapport de cours, de mission, résumés de thèse, biologiques...). Je voulais absolument connaître le fin mot de l'histoire (et il n'est pas décevant) mais j'ai peiné à chercher l'humanité sous les faits.

Bof.

 

Ed. Denoël 1977 & Folio SF 2004, 297 p.

Traduit de l'américain par Bruno Martin

Titre original : Mindbridge

 

25.02.2010

Derrière la porte - Marc Pirlet

pirlet.jpgUn immeuble, au deuxième étage une nouvelle locataire totalement mutique et juste au-dessus, notre narrateur. Son père est mort depuis quelques mois, il s'ennuie dans la vie, a toujours été solitaire et différent. Cette nouvelle locataire l'intrigue, il tente d'entrer en contact mais elle reste totalement murée dans son silence. Il fait alors la connaissance de son assistante sociale, qui lui demande son aide...

Ce très court roman m'a fait penser à ceux de Tatiana de Rosnay il y a quelques années, ou au Jugement de Léa de Laurence Tardieu. Intrigue plutôt classique, donc, et traitement minimaliste. C'est correctement fait, il y a un suspens latent qui nous fait tourner les pages, une justesse de ton qui rend la lecture sympathique. Et puis ? Ben pas grand-chose, en fait.

 

Ed. Luc Pire, 2010, 124 p.

26.01.2010

Le Grand Loin - Pascal Garnier

C'est l'histoire d'un homme vieillissant qui cherche du sens aux choses, à la vie. Il part avec sa fille pour un ailleurs. Lui c'est Marc, la legrandloin.jpgsoixantaine. Elle c'est Anne, 36 ans, internée en hôpital psychiatrique. Il aimait l'idée de ce voyage, il n'aime pas sa réalisation. C'est peut-être ça le problème, se dit-il, il aime les idées des choses, mais pas les faire, ni les vivre.

"N'ayant rien à faire, il se contenta d'être". Le problème c'est qu'autant la nonchalance à peine teintée d'étrangeté est à sa manière séduisante, autant l'absence totale de réaction devant ce qu'il constate des actions de sa fille lasse. En même temps, on entre facilement dans cette échappée, on a envie de la voir aboutir, ils sont attachants, ce père et cette fille.

Comme toujours chez Pascal Garnier, c'est de bonne tenue, bien écrit, dans la droite ligne de son univers mélancolique, non dénué d'humour. Mais c'est une nouvelle étirée et aérée pour faire un roman, avec un épilogue à la fois banal et odieux.  J'aurais dû attendre de le trouver en bibliothèque.

 

Ed. Zulma, janvier 2010

 

Lu également par Pages à Pages, La Lettrine, Béné,

22.01.2010

Fugues - Lauren Groff

J'avais été séduite par Les monstres de Templeton, je le suis beaucoup moins par les neuf histoires étranges que développe dans ce groff.gifrecueil Lauren Groff.

On retrouve Templeton dans la première nouvelle, et on a l'impression de retrouver de vieux amis, à travers l'histoire de Lollie. 17 ans, grosse, elle vit avec sa petite soeur hyperactive et sa mère, est championne de natation. A travers toute la présentation de son univers on s'attend à quelque chose, à souffrir, à être surpris, je ne sais pas, quelque chose se met en place, et on a une vraie espérance, une attente. Qui est plutôt déçue, en fait, parce qu'il est assez difficile de comprendre pourquoi la découverte d'un bordel mettrait tellement une ville en émoi. Et puis parce qu'on laisse tomber Lollie, surtout.

C'est sans doute ce qu'a voulu Lauren Groff, désarçonner son lecteur, le mettre sur une piste et puis barrer à droite toute, le balader. Et insérer pas mal d'étrangetés, qui laissent une impression de gêne aux entournures, qui ne  coulent pas véritablement, selon mon ressenti. "Fugue", en l'espèce, qui donne son titre (mais au pluriel) au recueil, est l'archétype de tout ce que je n'aime pas dans une histoire, le côté fouillis, je mélange plein de trucs qui vont se rejoindre, vous allez voir, mais je ne vais au bout de rien, bon, j'ai lu distraitement.

Par contre j'ai beaucoup aimé "Le partage des eaux", la seule histoire à mon sens qui tienne ses promesses, qui possède sa propre grâce un peu floue et qui partage sa petite musique avec le lecteur. "Cette histoire n'a ni fin ni limite" : c'est bien dommage que toutes ne lui ressemblent pas.


Ed. Plon, janvier 2010, 264 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Carine Chichereau

Titre original : Delicate Edible Birds

 

 

03.01.2010

L'inconnu du nord - Anna Jansson

C'est une terrible histoire de grippe aviaire. Elle commence par un pigeon, deux, trois pigeons, se transmet à leur éleveur, puis à sa jansson.jpgvoisine, puis à leur ami chauffeur de taxi qui la transmet à son tour à ses clients et très vite, vraiment super rapidement, les gens tombent comme des mouches, foudroyés en quelques jours. D'être sur une île pourrait être un atout, contenir l'épidémie, mais c'est un peu la panique au niveau des autorités et on laisse partir quelques personnes, supposées n'avoir eu aucun contact avec un malade. Le plus gros problème, c'est que les médicaments disponibles n'ont aucun effet sur cette grippe, et que la Suède semble bien mal préparée à faire face à un ennemi aussi dangereux...

On aurait déjà eu bien du grain à moudre avec juste cette histoire de grippe, mais on a aussi droit à une machination diabolique, à des meurtres, des histoires d'amour, et le quotidien de quelques personnes pour nous ancrer dans une humanité pleine de détails : c'est trop. En tous les cas, moi, quand la mule est chargée comme ça je n'accroche pas, et je m'esclaffe pour des détails, comme "la fine raie de lumière grise", ouarf ouarf.

 

Ed. du Toucan, 2009, 431 p.

Traduit du suédois par Carine Bruy

 

Lu également par Ingrid Barnay, et pas plus apprécié !

16.09.2009

La délicatesse - David Foenkinos

foenkinos 2.jpgUne Nathalie rencontre un François; ils s'aiment; il meurt; elle est triste; son patron la drague avec lourdeur; c'est un Markus qui emporte la mise; mais Markus est laid, c'est un problème; pour les autres, s'entend, Nathalie, elle, est sous le charme de sa délicatesse. Voilà, voilà.

Honnêtement, c'est tout. Pour l'intrigue. Après nous avons un joli sens de la formule, dont il est fait, à mon sens, un usage largement abusif et donc, pénible. Pas mal d'humour, aussi, qui fonctionne bien. Et toujours ce petit charme auquel on veut bien s'abandonner le temps de quelques pages, mais qui est immanquablement gâché, pour moi, par un retour aux formules faciles et au second degré que je ne trouve pas très finement manié.

Le genre de roman que je lis en m'exclamant "oh arrête !", un petit peu trop souvent à mon gré.

Sur la liste des prix littéraires de l'automne ? Oh, arrête !

 

Ed. Gallimard, août 2009, 200 p.

 

Franchement apprécié par : [Caro] (of course),  Dee Dee, Emeraude, Nicole Volle, Sébastien Almira, Elfique, Clair de plume, Vinciane H.,

Plus réservés : Bartllebooth, Le Reilly,

Vous constatez donc que mon "bof" (et même : "booooooooooooooof") est largement minoritaire :)

Voir et entendre David Foenkinos parler de son roman : ICI.

25.05.2009

La voix du couteau - Patrick Ness

"M'tallez-vous, b'dam."

 

Une planète qui n'est pas la nôtre, un jeune loustic au coeur pur mais aux neurones quelque peu ... disons rarement sollicités, une donzelle, des conditions pour le moins hostiles : voilà en gros la trame de ce premier tome (Livre I) du cycle "Le chaos en marche".ness.gif

Roman classique d'apprentissage, parcours semé d'embûches, quelques éléments de science-fiction, une plume efficace, rien à dire, la pub "le livre que vous ne pouvez pas lâcher" est fondée, à partir de 12-13 ans pour les bons lecteurs jusqu'au 4° âge, il n'y a pas de prescription.

Pour autant, il faut se cogner quand même TOUT le roman avec des idiosyncrasies permanentes (moult néologismes et traitement très particulier de l'orthographe et de la grammaire), et franchement, c'est lourd. Ça m'a rappelé "Histoire de Lisey" et donc j'ai grincé, les gens, je ne vous dis que ça. Ça m'a aussi fait penser à La Tour Sombre du même Stephen King, alors évidemment pas dans l'histoire, qui est bien maîtrisée, je le répète, mais dans un certain esprit, une façon d'appréhender les choses qui pour le coup, m'en semble directement inspirée.

Pas emballée, donc, et pas envie du tout de lire le tome 2 lorsqu'il sortira !

Si ça vous a plu, je vous promets que La Tour Sombre vous fera hurler de bonheur, alors !...

 

Ed. Gallimard Jeunesse, 2009, 441 p.

Traduit de l'anglais par Bruno Krebs (qui a dû en baver, ouh là... ^^)

Titre original : The Knife of Never Letting Go - Chaos Walking Book One

 

Les avis ravis des amies : Lily, Amanda, Lael, Cathulu, Fashion, Théoma ...

 

(Un truc qui m'a arraché le coeur quand même : Le sort de Manchee. Un Chapitre que j'ai trouvé in-ter-mi-nable : le 41 !)

 

05.04.2009

Jeu, set et match - Jean-Pierre Brouillaud

Il enseigne le droit commercial en fac. Il vient de se marier, et est heureux de communiquer sa passion à sa toute nouvelle épouse. Depuis brouillaud.jpgtoujours, il vit en osmose avec Guillermo Vilas, on ne peut même pas parler d'idole, c'est plus que ça, Vilas fait partie de sa vie.

Lorsqu'il découvre Internet, il met le pied dans une spirale maléfique : peu à peu il passe son temps et son argent à tenter de se procurer absolument TOUT sur Vilas.

Il perd donc la boule, en fait, et très vite, il perd tout. Récit d'une descente aux enfers par quelqu'un qui refuse absolument de parler de folie, déni d'une obsession...

J'attendais l'épilogue avec confiance, il n'est ni bon ni mauvais, tout comme ce roman. Je n'irai pas jusqu'au "dérisoire" que répète souvent notre narrateur en casquant rubis sur l'ongle les prix démentiels demandés pour les différents objets de son culte, mais à moins d'être soi-même très très intéressé par Guillermo Vilas on survole plutôt la description de l'obsession et de ses conséquences. J'ai trouvé que le style manquait de personnalité, je ne me suis pas sentie concernée par tout ça...

 

Ed. Buchet Chastel, 2009, 172 p.

04.04.2009

Eternel - Sylvain Estibal

estibal.gifIls sont neuf et ce n'est pas la fine fleur : les spationautes choisis pour effectuer une mission de routine sur la lune vont au retour larguer dans l'espace Eternel, qui regroupe les connaissances de l'humanité. Alors qu'ils sont pris dans une tempête solaire imprévue, ils se mettent à mourir un par un, comme dans un roman d'Agatha Christie, toute communication avec la Terre étant coupée.  L'assassin est forcément parmi eux, mais qui ?...

En filigrane, les pensées du président de ce qu'on suppose être les États-Unis (nous sommes en 2046), qui annonce au monde entier une météorite énorme dont la trajectoire ne permettra pas à la Terre de résister. Il compte manipuler les foules avec la mission Eternel...

Le thème m'intéressait beaucoup, le traitement ne m'a pas séduite. Pour préciser, j'ai pris plaisir à suivre les trois quarts du roman, tant qu'on se demande qui tire les ficelles et quel est le lien avec le président. Las, l'épilogue ne me convainc pas du tout, et je referme ce roman plutôt dépitée.

 

Ed. Actes Sud, 2009, 229 p.

 

Une interview de l'auteur sur Bibliosurf.

22.02.2009

Equation d'un miracle - Chantal Bourbigot

bourbigot.jpgInès aborde la soixantaine, elle vit seule, en Bretagne, dans un phare. Pour meubler son quotidien elle a créé Chavance, le héros des romans policiers qu'elle écrit depuis quelques années. Mais voici qu'après une sévère humiliation de son dernier amant en date, l'inspiration la déserte. Elle se laisse couler, avec pendant quelques longs mois la seule visite, de loin en loin, de son agriculteur de voisin, par derrière le bras de mer qui les sépare. Lorsqu'elle ressentira trop fort le besoin d'être touchée, elle décide de partir en cure de thalasso. Et là, elle tombe sur...

La plume qui sert ce roman m'a agacée d'entrée de jeu. Tout est nimbé d'une sorte de brume mélancolique, c'est certes délicat et feutré mais plus les pages se tournaient, plus je prenais Inès en grippe. Sa réflexion sur la féminité et le temps qui passe est pourtant très saine, mais loin de ressentir de l'empathie elle m'est apparue de plus en plus égocentrique et finalement antipathique, et je ne suis pas parvenue à comprendre sa défection vingt ans plus tôt, ni son "revenez-y" d'aujourd'hui.

Reste la Bretagne et ses paysages marins, revigorants.

 

Ed. Intervista, collection Les Mues, Février 2009, 124 p. 13,50 €

 

Laurence du Biblioblog est assez de mon avis, cette fois, Elisabethh a savouré, Onirik aussi.

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