24.01.2010
Hustle : The con is on ! - Série BBC - Saison 1
Que regarder en attendant les prochaines saisons de Doctor Who et Torchwood ? Une série BBC, par exemple. On trouve les DVD vraiment pas chers, et on améliore son anglais avec de la VO sous-titrée en VO.

Alors "Hustle" : la saison 1 comporte seulement 6 épisodes, avec un mini-bonus expliquant l'origine de la série et le casting. Directement inspiré des films US "Ocean 11" et la suite, Hustle nous raconte la vie de cinq filous, spécialisés dans la duperie de haut-vol. Ils ont un code d'honneur, et martèlent la règle d'or : Ne jamais arnaquer un honnête homme. S'attaquer à celui qui cherche quelque chose pour rien, et lui vendre que dalle comme si c'était quelque chose (traduction approximative maison) (tiens à ce propos, " : "Hustle : The con is on !" est traduit par Reverso par : "Poussez : la duperie est branchée !" Mouaip. L'Europe propose la série sous le nom : "Les arnaqueurs VIP" et le Canada "Les as de l'arnaque". Restons-en à Hustle, donc.)
Sous la houlette d'un chef charismatique mais plutôt torturé, s'ébattent quatre caractères très différents. Un touche-à-tout, une femme fatale, l'ancien (toujours sublime Robert Vaughn) et le beau parleur énervé. Ils forment une équipe soudée, une famille, à l'intérieur de laquelle les tensions sont apportées dans cette première saison par le petit nouveau, Danny. Un peu foufou, il était jusqu'à lors de petite envergure, mais ça le titille d'être calife à la place du calife. Nous verrons en saison 2 comment tout cela va évoluer...
En attendant j'ai été suffisamment intriguée pour commander toutes les saisons suivantes (5 à ce jour). L'ambiance est cirée, les images jolies, c'est très bon enfant malgré un postulat de départ immoral. On mystifie, on triche, mais c'est un jeu, on s'attaque aux méchants et on a grand coeur par ailleurs. J'aime beaucoup la façon qu'ont les acteurs de s'adresser directement à la caméra, le procédé choisi pour expliquer certaines subtilités (tout se fige et nos héros expliquent). Pour autant, on cède parfois à la facilité, tout est très simplifié, on n'est pas ébahis du tout par les coups montés.
Mais il y a ce petit côté classe et élégant, Arsène Lupin & co, qui donne envie de continuer à regarder.
A suivre, donc...
06:00 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dvd, bbc, vive l'angleterre!
15.01.2010
Peter's Friends - Kenneth Branagh (1992)
"Hilarious" s'exclame en grand la pochette du DVD, et si j'ai bien souri quelques fois, je me demande s'il faut attribuer à un quelconque dysfonctionnement mental les kleenex que j'ai trempés en regardant ce film !

Le film s'ouvre en fanfare sur une bande de potes en 1982 qui assure un spectacle de Nouvel-an; grimés, grimaçants, ils chantent horriblement mal et dansent de même, ne ménageant pas leur peine. Petite photo de la troupe dans la cuisine après la représentation, et nous voici déjà dix ans plus tard. Alors qu'ils ont tous perdu contact, Peter (Stephen Fry) décide de les inviter dans la grande propriété héritée de son père pour fêter ensemble la nouvelle année.
Tous acceptent, et si Maggie (Emma Thompson) vient seule, tous les autres sont accompagnés. Roger (Hugh Laurie) et Mary (Imelda Staunton) ne se sont eux pas perdus de vue, puisqu'ils sont mariés et tristes parents de jumeaux dont l'un vient de décéder; Andrew (Kenneth Branagh) débarque avec son épouse Carol, actrice de sitcoms américains, et Sarah avec son nouvel amant chaud-bouillant.
Evidemment, les quelques jours ne se passent absolument pas comme prévu (mais que peut-on prévoir, sans s'être vus depuis dix ans...) et seront riches en émotions de tout genre...
J'ai oublié très vite l'horrible bande-son tonitruante pour apprécier pleinement le jeu de ces acteurs formidables. Deux moments particulièrement géniaux, la dispute libératrice entre Hugh Laurie et Imelda Staunton (je pleurais comme un veau) et la scène au piano, pleine de grâce. Mention spéciale également pour Phyllida Law, épatante en gouvernante dure au coeur tendre.
Un chouette film sur l'amitié et le temps qui passe, qui donne envie de faire une grande fête avec tous nos perdus de vue.
LA scène du piano :
(L'autre ne doit pas être vue en dehors du film, sous peine d'en manquer totalement la portée, à mon avis)
DVD import, en VO pure, sans sous-titres
06:00 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dvd, la crème des acteurs britanniques
21.12.2009
Paul dans sa vie - Rémi Mauger

En Normandie, il existe une petite pointe battue par les vents, très peu peuplée et dont l'agriculture obéit encore aux manières ancestrales : La Hague. Pour toutes ces raisons, c'est là dans les années 1960 qu'une usine de retraitement nucléaire a été implantée. Elle a changé l'économie du coin, Rémi Mauger a consacré un premier documentaire à son père, qui a délaissé sa ferme pour travailler à mi-temps à l'usine. C'est alors qu'on lui a suggéré de s'intéresser au pendant de ce point de vue, à la Famille Bedel, et notamment à Paul, qui a refusé de changer quoi que ce soit à sa vie.
Pendant un an, en 2003, la caméra de Rémi Mauger est venue passer quelques jours avec Paul, le chef de famille, les 70 ans largement entamés. Sa ferme, ses champs, ses vaches, ses soeurs, ses fères, les moissons, les machines hors d'âge, la religion, l'ouverture aux autres, les homards, la démarche voûtée et usée et la malice, tant de malice quand on fait traire le petit jeune qui s'y prend comme un manche ou qu'on post-synchronise un dialogue qui s'est perdu dans le vent en jouant comme un pro.
Paul crève l'écran. Il nous chope directement aux tripes et on ne respire plus pendant toute la durée de ce magnifique film.
Initialement prévu pour la télévision, France 3, et diffusé pendant la nuit, ce film depuis le départ est un ovni. Doublant les 52 minutes habituelles, il finira par sortir au cinéma et connaît maintenant une jolie carrière en DVD.
Pour tous, vraiment pour tous. Un gars tout simple mais loin d'être simplet. Ce film nous montre une vie dure, un sacerdoce, une existence entièrement consacrée aux autres. On ressent une extrême pénibilité et on a du mal à comprendre parfois le refus total de la modernité; en même temps, Paul a une épaisseur, on voit bien les satisfactions qu'il retire de sa vie, on sent une sérénité, liée aux éléments, à la sensation d'être en phase avec son environnement. Ça a du sens. C'est une vraie ouverture sur quelque chose de rare.

Le site consacré à ce film et à ses suites, qui propose plusieurs extraits, et le Kriss crumble avec Rémi Mauger à écouter.
08:38 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : un homme, un métier, un endroit, la beauté.
18.10.2009
Quand la mer monte - Yolande Moreau & Gilles Porte (2004)

Irène est une comédienne en tournée dans le Nord de la France, avec un spectacle dans lequel elle est seule en scène : "Sale affaire". Affublée d'un masque qui lui donne un air inquiétant/décalé, elle fait rire les salles en interprétant une femme de 45 ans qui vient de commettre un crime, à la recherche de l'amour. Chaque soir, elle désigne dans la salle un "poussin" qui la rejoint sur scène et qu'elle martyrise gentiment.
Un jour, en panne de voiture en plein milieu de la campagne, elle est dépannée par Dries, qui passait en mobylette. Pour le remercier, elle lui remet deux invitations à venir la voir sur scène. Dries s'y rend le soir-même, il est "choisi" comme poussin et passe une très bonne soirée. A tel point qu'il la continue avec Irène et deux de ses amis, dans un bar puis un autre.
Dries n'a pas eu de chance dans la vie, orphelin il a été élevé par des parents adoptifs à partir de 9 ans et demi seulement. Il parle mal français, avec un accent flamand très prononcé, il vit provisoirement dans le hangar où sont rangés les géants (il est porteur de géant pour le carnaval) et bosse sur les marchés en pointillés. C'est un gars du nord gentil et un peu fier-à-bras. Il craque immédiatement sur Irène. Selon mon interprétation, il n'a pas le recul suffisant pour différencier ce qui se passe et se dit sur la scène, lorsqu'il est "poussin", et la comédienne derrière, dans la vie. Et puis on sent qu'il est attiré par la vie d'Irène ("tu fais l'imbécile et on te paye pour ça"), par sa douceur, sa gentillesse, sa culture.
Irène est mariée, avec Michel, elle a un fils, Simon, elle passe beaucoup de temps seule sur la route et dans de tristes chambres d'hôtel, elle leur parle au téléphone, ce sont des conversations pratiques, il faut choisir le carrelage, en son absence ils mangent trop de spaghettis, elle rentrera dimanche. On sent une grande lassitude, un genre de grisaille qui poisse son quotidien. Au départ, elle n'est pas du tout attirée par Dries, de qui tout la sépare. Mais il revient, s'impose dans sa vie doucement, comme une évidence, et quand elle doit quitter Béthune, ça flotte dans l'air, elle hésite ("entre une gaufre au sucre et une histoire d'amour").
Et Dries vient la voir à Grande-Synthe l'invite au carnaval du lendemain. Irène ment au téléphone à Michel, elle dit oui à Dries. Et c'est parti...
"Quand la mer monte" est une histoire d'amour, mais c'est surtout un très bon film. C'est la plus juste expression du Nord-Pas-de-Calais que j'aie jamais vue au cinéma, par de petits détails, des routes qui défilent, un ciel bleu-gris au dessus de la mer, des chaussées luisantes dans la nuit. Une grande subtilité, une façon de montrer l'âme des ch'tis en demi-teinte, le carnaval et cette envie de danser qui nous contamine, les scènes cocasses du troquet au petit matin ("du rouge ! Bordeaux, Côte du Rhône, Beaujolais ? .... Du rouge !"), les lumières des usines en nocturne. Pas d'une gaieté folle, mais juste.
Yolande Moreau irradie dans ce film, tour à tour volontairement grotesque sur scène et immensément touchante dans sa vulnérabilité douce. Wim Willaert est parfait, en paumé rouleur des mécaniques, avec ses grands yeux qui dévorent Irène. Tous les deux nous offrent une interprétation magistrale, dans la simplicité, nous font croire à leur histoire.
Mais les histoires d'amour finissent mal, en général, c'est trop connu.
(DVD à moins de 3 euros)
19:39 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : une certaine vision du nord
29.07.2009
Tu n'y crois pas mais tu respectes l'aventure*
* dit Mulder (en gros hein) à sa brave coéquipière Scully. Ces deux-là, on le sent bien, ils vont finir à la vie à la mort, remplis d'un respect mortellement ennuyeux l'un pour l'autre (et on espère bien entendu en même temps tout le contraire).

La faute, la Très Grande Faute incombe à Ofélia : je suis maintenant accro à X-Files. J'ai commencé tout comme elle a dit, par la saison 1, j'ai ricané bêtement, mais tout comme je l'avais prédit, ai englouti les 23 épisodes en 5 jours. La saison 2 est déjà bien entamée également, je crois qu'il y en a 9 au total, je ne suis pas sortie de l'auberge.

Mais c'est délicieux, en fait, de s'insérer gentiment dans une série culte. Alors qu'en est-il de cette première saison ? D'abord et avant tout, elle est kitchi-kitchi. 1992-1993, tu te croirais dans les années 70, je n'en reviens pas. C'est une époque où les voitures étaient encore à angles droits, où les portables frémissaient (on voit des pagers !) et pesaient 2 tonnes, les tours des ordinateurs remplissaient une pièce et les écrans étaient préhistoriques. Scully porte d'immondes pantalons à pinces et des chemisiers à épaulettes, nan, je ne peux pas croire que j'avais 25 ans et que j'ai vécu tout ça comme le summum de la branchitude. Elle a aussi de bonnes joues de toute jeunette, des brushings au couteau et à la gonflette, il faut la voir parée pour aller crapahuter dans les bois, ouch.
Bon, le coup de vieux, c'est fait. Sinon le truc, en gros, ce sont deux agents du FBI relégués aux cas non élucidés (les X-Files, donc). L'un, Fox Mulder, brillantissime comme c'est pas permis (déjà lors de sa formation, il était repéré, pour dire. Et ce n'est pas pour sa bogossitude, parce qu'on apprend à l'apprécier, mais il est du genre qui gagne à être connu, quoi) est un peu la risée du tout-venant (celui qui n'est pas initié, quoi) parce qu'il est à fond dans les phénomènes inexpliqués. Il veut croire. Et il se fout comme de l'an quarante de ce qu'on peut penser de lui, à fond dans son truc, il en rajoute même (selon la volupté de Courteline). L'autre, Dana Scully, est une scientifique rigoureuse qui ne croit qu'en la science. On la colle avec l'autre bizarre pour qu'elle le flique, et rationalise les rapports, tout ça.
Mais Scully, qui n'est pas le tout-venant du tout, se rend très vite compte que Mulder est réglo. D'épisode en épisode, sa rationnalité va d'ailleurs en prendre un bon petit coup...
Alors question intrigues on est clairement dans la moyenne basse : mal ficelé du début à la fin. Mais il y a ce petit truc que j'aime beaucoup, qui tient de la suggestion plutôt que de la démonstration. Et on arrive à se faire gentiment peur, et à grandement apprécier tout haussement subtil de sourcil (parce que nos deux acteurs-héros, là, ne sont pas des monstres d'expressivité, loin de là. Sauf peut-être quand ils sont fatigués, après 3 nuits de surveillance sans dormir (normal, quoi)).

A noter un bref passage de Lynette Scavo, très jeune, dans l'épisode au cercle polaire (enfin Felicity Huffman) (qui crie très bien, d'ailleurs. Organe puissant), et puis des petites choses qui m'amusent toujours, comme leur manie de prononcer leur nom douze fois par épisode (je n'ai pas compté, non) : ils se présentent à tout bout de champ et à tout le monde, s'appellent mutuellement par leur nom sans cesse, et répondent beaucoup au téléphone comme ça également. D'ailleurs, Mulder appelle une seule fois Scully "Dana" (lorsqu'elle perd son père), ce qui lui vaut une narquoise répétition de la demoiselle "Dana ?"; il ne s'y risquera plus. Quant à lui, même ses parents l'appellent Mulder, dit-il. Ce n'est pas la bonne méthode que de l'appeler Fox pour tenter de le convaincre, Scully, allons. Amusantes également les heures indiquées, jamais piles, il se passe toujours des trucs à 23h51 ou 11h47 ou 17h22. Pour faire "vrai" sans doute. Mais point trop n'en faut, as usual...
Au dernier épisode de la saison 1, Mulder annonce que leur département est dissous, qu'ils vont devoir intégrer un autre service du FBI. Damned tout est fini, mais quelle astuce vont-ils donc trouver pour continuer sur 8 autres saisons ?... ;o)

06:00 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : x-files, la vérité est ailleurs, you know, vieillir is terrible, même pour une série
24.07.2008
Lilies (série TV BBC - 2007)

Ecrite par Heidi Thomas, Lilies est une minisérie de 8 épisodes diffusée sur la BBC en 2007 qui raconte la vie d'une famille miséreuse à Liverpool juste après la première guerre mondiale, dans les années 20.
Gros hic d'entrée, il n'y a aucun sous-titre, pas même en anglais : les débuts sont donc assez flottants, le temps de se familiariser avec ce drôle d'accent où les "r" sont roulés et les "y" s'entendent "v", et d'ailleurs les scènes (nombreuses) où le ton s'emballe, où l'on crie et éructe : autant écouter du chinois. Fort heureusement, l'intrigue et la puissance des personnages viennent nous embarquer, permettant de complètement oublier qu'on parle une autre langue, et les passages dramatiques ou solennels sont lents et articulés : on suit, n'en doutez pas ! (Mais on ne comprend pas tout non plus...)
La famille Moss est donc composée du pére, Dadda (formidable Brian McCardie), du fils Billy (Daniel Rigby, m'a moins convaincue), et des trois soeurs : Iris (Catherine Tyldesley), May (Leanne Rowe) et Ruby (Kerrie Hayes) (un frère a disparu à la guerre).

"You, girls, are my Lilies" déclare Dadda, la voix pleine d'émotion et de fierté lors du mariage d'Iris. Et on a souvent bien besoin de se remémorer cet amour pour une fois exprimé quand on voit la série de catastrophes que se prend chacune sur le coin de la binette !
Iris c'est Cosette : palliant à l'absence de la mère (décédée) en raison de son statut d'aînée,
c'est l'âme de la maison. Elle y concocte des chocolats qu'elle vend au magasin du coin, et est très assidue à l'église, auprès du Père Mélia (Scott Williams). D'ailleurs... ah non, je ne dis rien, mais souvenez-vous des Oiseaux se cachent pour mourir...
May est domestique chez un couple aisé (les Brazendale) qui ne parvient pas à avoir d'enfant. Elle a un voisin qui soupire devant elle depuis toujours, mais est naïve et frivole et en paiera le prix fort... (et Stephen Moyer en Mr. Brazendale est bien séduisant...).
Et notre Ruby est la rebelle, la forte tête, la petite dernière. Pleine d'entrain et de convictions,
elle se bat pour défendre ses idées et est ouverte à la modernité (Tout en vendant des corsets !). C'est à travers son personnage qu'on assiste aux prises de conscience de leur statut précaire, c'est aussi elle qui est la plus démonstrative et fait ressentir fortement l'esprit de clan.Dadda et Billy sont complexes, emplis de failles, et on lutte avec eux pour dompter leurs démons.
L'ensemble est vivant, bruissant, bruyant, ça crie, ça hurle, ça s'entraide immanquablement, ça rit et chante et souffre. Cette famille cumule en 8 épisodes tous les drames de cette époque, et chavire le spectateur. Mélange de La petite maison dans la prairie et des Quatre filles du docteur March, Lilies apporte en plus un souffle social et politique (mais très romancé) qui en dit long sur la lutte des classes. (Certaines scènes sont difficiles, attention au jeune public !)
J'espère qu'il y aura une saison 2 !
Pour se faire une idée, la partie 1 du premier épisode est sur YouTube (je crois même qu'on peut visionner l'intégrale là-bas). Je peux faire voyager mon coffret DVD, si quelqu'un est tenté !
15:00 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : bbc, série, chroniques familiales
23.05.2008
L'incroyable destin de Harold Crick (2007) - Marc Forster


Karen Eiffel (Emma Thompson) est une romancière à succès, dont la particularité est de toujours tuer son personnage en épilogue. Dix ans se sont déjà écoulés depuis son dernier roman, et c'est la panne, qui dure, la vraie : elle ne trouve toujours pas "la" mort appropriée pour Harold Crick. Ses éditeurs lui envoient une "assistante", froide, efficace, organisée, chargée de l'aider. Karen la rejette en bloc; elle, son truc, c'est de "sentir", de "ressentir" même. Elle trouve ses idées empiriquement, observe pendant des heures un pont sous la pluie battante car statistiquement les accidents ont plus lieu sous les intempéries, monte sur sa table pour imaginer tomber d'un toit, ou suit la course d'une orange tombée d'un étal dans le caniveau... Nerveuse, tourmentée, hagarde souvent, elle fume comme une cheminée et a ce geste particulier pour éteindre ses mégots : elle crache dans un mouchoir en papier avant de les y placer.
Harold Crick est son nouveau personnage. Elle le dépeint comme un être froid et totalement dirigé par les chiffres, oscillant entre le ridicule et le pitoyable. Un inspecteur des impôts cartésien chargé des contrôles fiscaux. Tout l'art de sa narration est d'entrer dans les plus infimes détails, de triturer jusqu'à la moindre pensée de son personnage.

Sauf qu'Harold Crick existe (Will Ferrell). Et l'entend.
Dans un premier temps, il pense aux explications simples, il est suivi, c'est un canular, il perd la boule. Mais lorsqu'il entend la formule narrative "il était loin de se douter", il comprend qu'il a affaire à une narratrice. Après un bref passage chez une psy (caricaturale au possible), il contacte le Dr. Jules Hilbert (Dustin Hoffman), professeur de littérature émérite.
Ensemble, ils vont chercher à définir de quelle oeuvre il est le héros : drame, ou comédie ? L'issue fatale n'étant alors pas envisagée de la même façon...

Ca me démange d'en dire plus, car j'ai trouvé cette histoire profondément intéressante. J'ai été moins convaincue, je l'avoue, par la mise en scène, qui comporte bien des longueurs et ne rend pas assez grâce, à mon sens, à la puissance comique des sacrés bons acteurs ici réunis. Pas plus par l'histoire d'amour qui reste à l'état d'ébauche, pour moi elle ne s'insère pas du tout.
Mais l'idée, l'idée !
On a le quatuor parfait pour rendre compte, devant nos yeux qui n'en attendaient pas tant, de ce qu'est la création littéraire. L'écrivain (le bon, de surcroît), le personnage, l'éditeur, et le critique littéraire. Tout le film n'est qu'une ode à la littérature, et il ratisse large, tout en démontrant en permanence le contraire de ce qui est évoqué. C'est mutin, finalement, plus qu'autre chose, et d'ailleurs on survole sans aucune explication tous les côtés fantastiques, complètement laissés en arrière-plan. On n'aura pas un prêt-à-mâcher final, et j'adore ça.La question derrière tout ça, je crois, est celle-ci : doit-on tout sacrifier pour un chef-d'oeuvre ? La littérature prime-t-elle sur la vie ? La réponse n'est pas la même selon l'angle envisagé. Toutes sont intéressantes, en tous les cas.
15:00 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
26.04.2008
Cranford - Simon Curtis (BBC 2007)

Cranford est une toute petite bourgade anglaise, au rythme particulier, aux habitudes immuables, où les hommes sont peu présents. On y passe une année, dans la première partie du 19°, au moment où la construction du chemin de fer est en train de bouleverser totalement les mentalités. On y vit en vase clos, on se serre les coudes, en surtout respectant en toutes circonstances les sacro-saintes apparences, en payant son tribu à la bienséance. Le groupe d'amies, de relations qui nous entraine à sa suite n'est guère fortuné, au contraire de la Lady dans sa grande maison qui elle, pour le coup, vit encore au 18°.
Il se passe énormément de choses, de l'arrivée d'un nouveau médecin à l'évasion d'une vache, d'un accident sur le chantier du chemin de fer à l'apprentissage de la lecture d'un petit sauvageon, les évènements s'enchaînent, ne laissant aucun moment dans l'ennui.
Mais c'est surtout l'incroyable attachement que l'on ressent très vite envers chacun des personnages qui est remarquable, la chronique de cette petite ville est touchante au possible, vraiment, je ne sais quels mots employer pour vous décrire la bouffée d'amour que je ressens après ces quelques heures enchantées (5 épisodes de 60 mn, au passage, en VO sous-titrée anglais).
Il y a, je trouve, quelque chose de Walnut Grove, et c'est une fan absolue de La petite maison dans la prairie qui vous parle. Les sentiments y sont simples, universels, mais ils passent dans le jeu des acteurs, dans un récit précis et des dialogues mordants, ils reflètent à la perfection leur époque, comme un témoignage qui viendrait prendre le spectateur par la main.
Alors bien sûr il s'agit là d'un mélange de trois romans d'Elisabeth Gaskell, pour donner suffisamment de matière, pour proposer une palette allant du drame absolu au comique le plus burlesque, et beaucoup de libertés ont été prises par rapport aux romans, pour étoffer ici, laisser dans l'ombre là, mais quelle réussite au final ! Je défie évidemment quiconque de ne pas avoir envie après avoir vu cette adaptation de se précipiter sur les romans.
Mais surtout, je crois, et tous les billets que j'aie pu lire à ce sujet le précisent bien, Cranford offre un casting pour lequel les superlatifs sont insuffisants : Toutes et tous sont exceptionnels. Je garderai, je crois, toujours en mémoire le moment où Miss Deborah (Eileen Atkins) dit à son nouveau voisin : "but now we are friends". C'est là que j'ai commencé à chercher ma boite de mouchoirs, et le paroxysme a été atteint dans le dernier épisode, le conseil des voisines présidé par cette stupéfiante, excellente, fantastique, so great Imelda Staunton (Miss Pole) : j'ai rendu toutes mes armes, je veux ces voisines-là moi aussi, Indeed.
Merci à Clarabel pour le prêt, voir aussi les avis d' Isil et Emjy, qui ont elles aussi adoré !

15:00 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
07.04.2008
Empire Falls (2006) Fred Schepisi







15:00 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : richard russo
09.03.2008
La Grande Séduction - Jean-François Pouliot (2004)

Sainte-Marie-la-Mauderne est un tout petit village insulaire. Depuis que la pêche ne nourrit plus son homme, chacun est contraint, dans la honte, à toucher une indemnité du gouvernement pour survivre. Petit à petit, les gens partent travailler "à la ville". Tous ? Non ! Le maire, Germain Lesage, entend bien résister contre ce raz-de-marée d'abandons en unissant tout le village dans un même combat : l'implantation d'une usine de plastiques. Pour ce faire, il faut remplir trois conditions : avoir au minimum 200 habitants, un médecin, et fournir un pot-de-vin de 50000 dollars. Ils n'ont rien de tout ça, mais ils vont s'arranger...Gonfler le nombre d'habitants, fastoche : on court un peu pour faire du nombre en différents endroits, on affirme, on se moque des technocrates qui ne savent pas compter.
Le pot-de-vin, quand on a un banquier à sa botte, ça devrait pouvoir se faire ? (A moins que...)
Le docteur, c'est plus difficile. Quand celui qui "fait police à Montréal" tombe sur Christopher Lewis, en infraction de vitesse, qui fait tomber son sachet d'héroïne (ou cocaïne ? Je ne sais pas trop ce qui se sniffe, en fait), il lui est facile de proposer un deal : passer un mois entier à sainte-Marie-la-Mauderne et il ferme les yeux.

Le village entier, sous la houlette de Germain, entreprend une Grande Séduction : tout ce qu'aime Mister Lewis, il va le trouver chez eux, en espérant que le mois écoulé, il accepte de rester ...
Ce thème du petit village luttant contre l'envahisseur (ici la société moderne) m'a immédiatement fait penser à Astérix. J'étais dans un premier temps surprise que personne ne fasse le rapprochement, mais en fait les premiers à avoir acheté ce film québécois sont les coréens, puis Israël, puis l'Italie. Mon chauvinisme franco-belge en prend pour son grade, il semblerait que le petit village d'irréductibles soit universel ;o)

Pour être honnête, ce n'est pas tant l'histoire elle-même, on ne peut plus basique et finalement peu développée, mais l'interprétation qui fait toute la magie de ce film. Les acteurs sont tous absolument formidables, resplendissants de naturel, nous offrent des trognes mirifiques et pétillent de malice.
Il faut voir les deux mamies casquées en train de noter toutes les conversations téléphoniques du docteur, se prendre au jeu et avoir des vapeurs lors de sa conversation érotique, par exemple.

Il faut entendre la vision du jazz-fusion de Steve, et son cri "si je dois encore écouter quelqu'un improviser ses états d'âmes dans sa trompette, j'me tire une balle !" Il faut subir le sermon courroucé de Germain "C'est comme ça que vous séduisez quelqu'un ???!!! QUI a un pied d'athlète ? Et tu as pensé que la meilleure vision de Sainte-Marie-la-Mauderne c'était d'apprendre l'existence d'un champignon super contagieux et très virulent le premier jour ?" (De mémoire, pas forcément exact au mot près).
Le tout servi par un accent (mis au point tout exprès pour le film), des expressions (par exemple : j'crois qu't'es pogné icitte), et deux seuls petits jurons (calvenus et ostie) québécois. Il existe d'ailleurs des sous-titres, pour ceux qui seraient un peu perdus. Personnellement, j'ai réussi haut-la-main le quizz québécois fourni en bonus ;o)Et puis Raymond Bouchard en premier lieu, évidemment (Germain), comme le disent le réalisateur et l'auteur du scénario dans les bonus, il possède l'exact charisme nécessaire pour qu'on tombe tous en amour avec lui malgré toutes ses exactions.
Car pour être une vraie comédie, marrante, bon enfant, roublarde et immorale, ce film n'en est pas moins fort émouvant par moments, et il y a du Fernandel et du Pagnol dans cette façon de nous conter une fable simple, mais ô combien charmante.

L'avis de Guillaume Massard, qui n'a pas aimé du tout. Ce qui me fait rire, c'est que le compteur de notes qui est placé en bas de sa critique affiche finalement une note de 5,27 sur 6, donnée par 236 internautes...
Celui de Louis-Jérôme Cloutier, plus proche du mien.
Le chéri de Cécile, lui aussi, est un grand fan ! Bon, ça ne vous dit rien comme ça, forcément, mais faut savoir que c'est un vrai intello barbu, du genre niveau plus que haut, voyez, et il a très bon goût ;o)

15:00 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : québec, rigolo

