18.11.2009

Nicolas Nickleby - Charles Dickens

"Nicolas Nickleby"  a été écrit en 1838, Dickens avait 26 ans, venait de connaître le succès avec Pickwick, et menait de concert la publication en feuilleton de ce roman et d'Oliver Twist. On sent bien le bouillonnement de la jeunesse dans ce roman, on voit les épisodes où il lui a fallu meubler pour atteindre son quota de lignes, la construction bancale qui fait revenir sur nos pas, l'improvisation à partir d'une idée de départ.

Mais tout est pourtant réuni pour nous entraîner à la suite de notre héros dans ses aventures décousues, avec ses 117 personnages parlants dénombrés (sans compter les comparses muets).

Nicolas Nickleby est un jeune homme de bonne famille (j'entends par là qu'il a été bien élevé). Son père vient de mourir, après avoir, sur les conseils de sa sotte épouse (j'adore ceci en préface : "Mme Nickleby est un personnage admirable qui ne comprend rien à rien"), tenté la spéculation, et laisse toute la famille dans le dénuement le plus total. Nicolas, en charge de sa mère et de sa soeur, la belle Catherine, vient se placer sous la protection de son oncle, le sordide et très intéressé Ralph Nickleby. Qui s'empresse de le coller comme assistant dans une "école", un établissement comme il en existait à l'époque où les parents se débarrassaient de leurs enfants. Nicolas y verra des choses abominables et ne pourra décemment pas y rester. Première bravade envers son oncle.

Entre-temps, ce dernier avait décidé de profiter de la beauté de Catherine en la donnant en pâture à quelques-uns de ses clients (entendons-nous, pas au sens littéral, évidemment, nous sommes chez Dickens, mais en tant qu'appât, apparat, pour ses affaires). La jeune fille ne se laisse pas faire et quand Nicolas apprend tout ceci, il réagit avec fureur : la rupture est consommée avec Ralph et il lui faut se débrouiller seul (ce qu'il avait de toute façon toujours fait).

Ainsi, il intégrera une troupe ambulante d'acteurs avant d'entrer au service de deux admirables hommes. Catherine, elle aussi, devra travailler, et à ses côtés nous entrerons dans un atelier de couture.

Divers univers, donc, avec des intrigues à chacun liées, des personnages que l'on croise pour les retrouver plus tard, des évènements périphériques en nombre, qui scrutent tous la comédie humaine, le jeu des pantins qui s'agitent mûs par différentes motivations, de la plus pure (ce brave Smike, Newman Noggs ou les admirables frères Cheeryble, entre autres) à la plus sordide (et là les zozos sont fort nombreux), en passant par de mémorables scènes comiques.

Le tout donne un roman vivant, bruissant, joyeux ou terriblement grave, qui se lit avec avidité et une grande joie. Je pourrais citer des brouettes entières d'extraits, par jeu en voici un particulièrement simple, mais très efficace :

"[...] il proposa vivement ce toast : "Les dames ! Honneur aux dames !"

"Je les adore, dit M. Snevellicci en promenant son regard autour de la table. Je les adore toutes.

- Non, pas toutes, dit doucement M. Lillyvick.

- Si... toutes, répéta M. Snevellicci.

- Permettez, dit M. Lillyvick, cela semblerait comprendre les dames mariées, dit M. Lillyvick.

- Je les adore comme les autres, monsieur" dit M. Snevellicci."

A un moment, une virulente charge contre les auteurs de théâtre qui adaptent, souvent très mal à l'époque et surtout de façon précipitée, des romans en cours de parution, où c'est complètement Dickens qui s'exprime sous le couvert de son personnage.

Enfin, ceci, à méditer :) "Quand les gens sont sur le point de commettre ou de laisser commettre une injustice, il n'est pas rare de les voir exprimer de la pitié pour la victime; ils ont ainsi le sentiment d'être vertueux et honnêtes, et à cent coudées au-dessus de ceux qui n'expriment pas de pitié. C'est une façon de placer la foi au-dessus des oeuvres, et cela les met en paix avec leur conscience."

 

Ed. Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, 1966, environ 900 pages.

Introduction de Pierre Leyris et traduction de Jacques Douady

 

Lu également par Isil,

 

14.11.2009

Dentiste mystérieux à Manhattan et autres nouvelles - Woody Allen

"Je suis grandement soulagé d'apprendre qu'on est enfin en mesure d'expliquer l'univers. J'allais finir par croire que c'était moi qui déraillais."

 

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Neuf courtes nouvelles de Woody Allen réunies dans un fin format Librio (2 €), franchement, je ne vois aucune raison de s'en priver. On lit ça en souriant d'un bout à l'autre, c'est décalé, absurde, élégant.

"Notre père qui êtes sur la toile" décline un fait divers de 2005, du Guardian, évoquant la vente de prières sur e-bay.

"Théorie des cordes et désaccord"  raconte une banale scène de la vie de bureau sous l'angle de la physique (ce qui change évidemment tout).

"A Vienne que pourra" est l'extravagante comédie musicale "Fun de siècle" où Klimt, Schiele, Zweig, Malher, Rilke, Freud& co déjantent à qui mieux mieux. ("Résultat, il vainc la peur de la mort qui l'a paralysé toute sa vie durant. - Et comment ? - En mourant.")

Dans "Ainsi mangeait Zarathoustra", on a retrouvé une oeuvre inédite : "Mes secrets minceur", par Frédéric Nietzsche.

Pour rester dans le même univers, "Mortelles papilles, ma jolie" nous entraîne dans un monde où les truffes, le foie gras et le caviar ont détrôné les bijoux.

"Dentiste mystérieux à Manhattan" nous démontre que les dentistes ont un pouvoir mortel.

"Attention, chute de nabab" narre une tragédie euridipienne : la folie des grandeurs à Hollywood :

"UMLAUT : Dites, les gars, y en-a-t-il un parmi vous qui aurait lu l'Epopée de Gilgamesh ?

(Ils opinent tous deux avec enthousiasme.)

NUTMEAT : La bible babylonienne ? Bien sûr, plusieurs fois, pourquoi ?

UMLAUT : Je ne dirai que deux mots : comédie musicale."

Dans "Stylo à gages" un auteur persuadé de son grand talent se mesure à l'appât du gain.

Enfin, "Prise de bec au procès Disney" amène Mickey à la barre des témoins.

Après ça, on n'a qu'une envie, se procurer un recueil bien plus consistant : je suis fan de la plume et l'esprit de Woody Allen.

 

Ed. Flammarion, 2007 & Librio 200971 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard


Lu également par Wictoria (9 nouvelles très courtes mais délicieuses, on se pourlèche, on salive, on se gave),

 

(A propos de Nicolas Richard, dont la traduction du "Temps où nous chantions" m'avait enchantée, un billet d'humeur au vitriol sur le Buzz Littéraire. Ouch, c'est violent !)

13.11.2009

Oscar Pill Tome 1. La révélation des Médicus - Eli Anderson

Oscar Pill a douze ans, il vit à Pleasantville avec sa mère et sa soeur, son père est mort dans un accident d'avion. C'est du moins la version pill.jpgofficielle, car dans ce premier tome d'une série (de cinq volumes, je suppose, correspondants aux cinq mondes) on apprend très vite qu'il n'en est rien. Vitali Pill était en effet un grand Médicus, et sa disparition, si elle est liée à un combat contre Skarsdale, le Prince des Pathologus, reste mystérieuse. Oscar est lui aussi un Médicus, il le découvre lorsqu'on vient le chercher après l'évasion de Skarsdale. Il lui incombe désormais de recevoir une longue formation afin d'unir ses forces à la lutte contre les maladies. C'est en Hépatolia, le premier des univers du corps humain, qu'il doit se rendre et rapporter une fiole de bile, afin de pouvoir poursuivre son apprentissage. Ses premiers essais se révèleront compliqués, mais il sait se faire des amis dans plusieurs univers...

Un roman copieux qui se lit avec facilité. Il y a de bonnes trouvailles, j'ai aimé la famille d'Oscar, la frangine allumée et lunaire et la mère désordonnée qui fait tous les jours du steack-frites. On se régale avec les objets vivants, le chêne nommé Zizou parce qu'il est trop fort au lancer de n'importe quelle chose et que son caractère lui a fait asséner un sacré coup de boule à un noisetier piqueur de place, et surtout avec les livres : il convient de demander très poliment à l'auteur s'il accepte de nous laisser lire ses lignes passionnantes, et on peut entamer de vraies conversations (gare aux différents caractères, quand même !).

J'ai apprécié les petites touches d'humour, comme la demande d'huile "Si j'ai... soif, pendant la nuit. - De l'huile, si vous avez soif !.." (Il faut bien nourrir Lawrence, dont vous ferez connaissance vers le milieu de ce tome), j'ai moins goûté les incursions proprement dites dans le corps humain, ou plutôt, je les ai trouvées un poil longuettes et compliquées. Et puis difficile de ne pas penser à l'univers d'Harry Potter, même si tout est bien différencié, ça ressemble plus à une transposition.

D'une manière générale, le ton est clairement destiné à la Jeunesse, aux alentours de dix ans, guère plus.

 

Ed. Albin Michel, 2009, 569 p.

Le très joli site consacré à cette série.

 

Lu également par Laure (Une lecture sympathique), Clarabel (l'histoire est divertissante et drôle)

 

12.11.2009

6 heures plus tard - Donald Harstad

harstad3.gifJ'aime ce qu'écrit Donald Harstad (déjà évoqué ICI ou LA), et ce nouvel opus des aventures du Shérif Carl Houseman ne m'a aucunement déçue.

C'est à Londres que nous retrouvons notre ami de 56 ans, envoyé "politiquement" donner la main à la police anglaise dans la disparition d'une copine de sa fille. Elles sont trois colocataires momentanément en Angleterre dans le cadre de leurs études. Emma est la plus délurée des trois, dans sa trentaine d'années elle ne se refuse pas les petits plaisirs. Jusqu'au jour où elle s'offre au mauvais cheval, un prof crétin pétri de grandes idées au service de son égo qui se révèle être une parfaite couverture à des terroristes. Ce sont des amateurs extrêmement peu doués (et par là même, très dangereux), mais à leur tête il y a de vrais méchants ("Mieux vaudrait un échec sanglant qu'un renoncement de la dernière heure". Brrr.)

En alternance, ces mondes différents (USA vs England, MI-5 vs FBI, shérif pétri d'expérience vs organisation terroriste en apprentissage) font progresser l'intrigue en nous y intéressant de plus en plus...

Ce que j'aime chez Donald Harstad est en réalité également ce qui me terrifie le plus : il décrit des évènements et des processus qui me paraissent tellement vraisemblables, d'une façon tellement posée et dénuée de tout artifice, que je sursaute aux dénouements inattendus (enfin, moi, je ne m'attendais pas à ça) et que je me pique au jeu au fil des pages, regrettant fortement que cela se termine.

Vivement le prochain :)

 

Ed. du Cherche Midi, collection "Ailleurs", novembre 2009, 348 pages.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Gilles Morris-Dumoulin

Titre original : November Rain

Merci Solène !

 

Lu également par : Yspaddaden (un flic original par son côté attachant et débonnaire), Cathulu (Une réussite !), Amanda (on apprécie toujours autant le style direct)

 

10.11.2009

Dans les limbes - Jack O'Connell

oconnell.jpg

Sweeney est pharmacien. Il fut un temps où sa vie était tout ce qu'il y a de plus banale, il avait son boulot, ça roulait, sa femme et son fils, le petit Danny, 6 ans. Mais Danny est dans le coma depuis un an, l'épouse s'est suicidée, et Sweeney est au bout du rouleau. Il est sujet à des crises de rage et craint de passer les limites. On lui a beaucoup vanté la clinique du docteur Peck, qui a déjà réussi à sortir deux patients du coma. Il tente le tout pour le tout, nouveau boulot, nouvelle ville, nouvelle clinique pour Danny.

Mais Quinsigamond est une ville à la Derry ou au comté de Yoknapatawpha. Sweeney y rencontre une bande de motards quelque peu spéciaux, des neurologues investis d'une mission, et tente de comprendre la BD auquel son fils était accro : Limbo.

Insidieusement, alors que l'intrigue de Limbo est intercalée à celle de Sweeney, la frontière entre les deux mondes devient floue pour le lecteur; des correspondances s'établissent; des peurs montent à la surface; des combinaisons frénétiques se frayent un passage dans notre imagination qui trouve dans ce roman le terrain idéal pour s'épanouir et se ramifier.

C'est un roman brillant qui claque bien, qui est très fortiche dans le sens où le lecteur n'est jamais pris par la main, on le laisse vraiment faire sa sauce tout seul, on lui démontre la portée que peut avoir une histoire et un bon conteur, à condition qu'il y ait un lecteur consentant en face.

C'est un monde presque féérique, de ce merveilleux qui touche au glauque, un peu dans l'esprit de la série "La caravane de l'étrange", ou des films de Tim Burton, vous voyez. A la lisière du beau et du bizarre, sur un mince fil très ténu. Pas un thriller, pour moi, même s'il y a bien un vrai suspens, des choses qui ne sont pas ce qu'elles semblent être, et une explication finale. Plutôt un roman qu'on ne peut pas classer, un genre d'uppercut qui a le pouvoir de générer une fan-attitude, de séparer le monde entre ceux qui l'ont lu et les autres, ceux qui l'ont aimé et ceux qui ont tort ;o)

Ne pas passer à côté !

 

Ed. Rivages/Thriller, 2009, 355 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Gérard de Chergé

Titre original : The Resurrectionnist

 

Lu également par : Jean-Marc (Jack O’Connell est un très grand),

 

09.11.2009

Vie du lettré - William Marx

C'est Dominique qui m'avait donné très envie de lire cet ouvrage. "Érudit mais pas inaccessible" nous disait-elle, et elle avait raison. C'est marx.jpgtruffé de références qu'il est impossible d'appréhender sans avoir fait d'études littéraires, mais fort heureusement le ton (souvent mordant) et les nombreuses anecdotes ne laissent pas le lecteur lambda sur le côté, même si je suis passée très au large de plusieurs concepts philosophiques.

Et puis que de phrases à relever, pfiou, j'ai passé mon temps à ça :)

Je suis une lettrée dans la seule acception de cette définition, en préambule : "Qu'est-ce qu'un lettré ? Quelqu'un dont l'existence physique et intellectuelle s'ordonne autour des textes et des livres; vivant parmi eux, vivant d'eux, employant sa propre vie à les faire vivre et en particulier, à les lire." Mais ça se gâte dès la page suivante, lors de l'explication de la différence entre culture et divertissement (et je cherche donc qu'à me divertir). Ça se corse encore au chapitre VI, consacré à l'examen, puisque : "On n'est pas lettré tout seul. Certes, nul n'est empêché de jouir en solitaire de la littérature, mais cette jouissance-là n'a rien de lettré : c'est celle de l'autodidacte, lequel s'oppose au lettré au moins sur ce point." Magnifique conclusion à ce chapitre de l'examen : "Aussi la forme du concours est-elle d'essence plus philosophique que le simple examen, car, tandis que ce dernier, en sanctionnant un niveau absolu, risque de donner une assurance trompeuse, on ne réussit jamais un concours que faute de meilleurs candidats. De là procède la force paradoxale du lettré : il avoue non pas sa nullité, mais son insuffisance."

"Une bibliothèque est une machine à sortir du monde et à faire éclater les cadres trop étroits de la temporalité quotidienne."

"La vie du lettré est excentrique par principe ou, plus précisément, excentrée, c'est-à-dire ordonnée à un autre centre : les textes, qui lui imposent leur loi."

Excellent VIII° chapitre intitulé "L'économie" : "La vie du lettré est nécessairement une vie lettrée, différente de la vie ordinaire : il y a tant de livres à lire et à commenter, tant de livres à écrire aussi, qu'une existence peut en être facilement occupée - et débordée. A elle seule, une bibliothèque vaut bien une famille, tracas compris. Bon an, mal an, l'enfant grandit tout seul; il ne sait que croître: c'est sa nature. Mais la nature du livre est de mourir à chaque page pour renaître, si le veut le lecteur ou l'auteur, à la page ou la phrase suivante. Lire exige temps, effort, application : c'est transcrire en son esprit ce qu'un autre a écrit sur du papier, fournir sa propre vie à la parole d'autrui, regonfler de son propre souffle des mots expirés. Contrairement à un lieu trop commun, on ne dévore pas les livres : ils vous dévorent, vous vampirisent, se nourrissent de votre être et de votre énergie, vous coupent du monde, vous transportent dans le leur, mangent votre espace et votre temps, débordent de vos étagères, raccourcissent vos nuits et vos journées, rétrécissent votre maison et votre appartement, vous ruinent tout en vous enrichissant, vous font leurs quand vous croyez les faire vôtres."

A lire dans le calme.

 

Ed. de Minuit, collection Paradoxe, 2009, 181 p.

 

Frédéric Ferney en parle très bien,

06.11.2009

Hunger games - Suzanne Collins

Vous pouvez croire tout ce que vous lisez sur ce roman, oui "Hunger game" se dévore et c'est Stephen King qui le dit le mieux : "Impossible de lâcher ce livre; c'est comme si votre vie en dépendait."

 

hungergames.jpg

Nous sommes à une époque future où la population a été divisée en district, chacun assumant une tâche précise (les mines de charbon, les cultures de céréales, etc.). Ils sont au nombre de 12 (le 13°, rétif à l'autorité du "Capitole", a été exterminé) sur le continent qui fut l'Amérique du Nord. Comme chaque année se déroulent les hunger games, "jeu" qui consiste à tirer au sort deux tributs âgés de 12 à 18 ans dans chaque district, une fille et un garçon, et à assister en un endroit choisi à leur mise à mort télévisée. Ils sont vingt-quatre, et il n'en restera plus qu'un.

Ils doivent donc survivre dans des conditions hostiles dont ils ignorent tout (corsées par des interventions du Capitole si c'est trop mou !) et se tuer entre-eux. Katniss (16 ans) du district 12 est notre héroïne. Elle nous fait vivre tout ça vraiment comme si on y était...

J'ai été complètement bluffée par ce roman qui m'a écarquillé les mirettes; un rythme, une tension, une avidité à tourner les pages d'une puissance assez phénoménale. C'est bon, vraiment bon, il y a une vraie profondeur derrière les péripéties, tout un univers chamarré et consistant. Je suis passée par une grande palette de ressentis, avec une mention spéciale au moment de la petite Rue. L'envoi du pain (ceux qui l'ont lu comprendront) m'a carrément mouillé les yeux. Un méchant petit pain noir. Faut le faire ! :)

Je trouve que c'est plutôt époustouflant, reprendre les codes de la survie en milieu hostile (et pas seulement au sens premier, toute la société est hostile dans son organisation) et les décliner dans toutes les ramifications possibles, en injectant de l'honneur, de l'amitié, un amour qui se cherche (ça aussi, c'est balèze, Katniss ne sait pas ce qu'est l'amour, elle l'appréhende petit à petit sans  jamais le reconnaître vraiment, comme une vraie ado qui a eu une enfance ô combien difficile), un peu de Cendrillon... Il se passe des choses monstrueuses et pourtant une certaine fraîcheur, pureté même, imprègne le récit.

Premier volume d'une trilogie, il faut maintenant attendre le mois de mai pour avoir le deuxième en français, et ça va être très très long.

A lire !

 

Ed. Pocket Jeunesse, 2009, 382 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Guillaume Fournier

 

Merci Nicolas !

 

Lu également par : ClarabelWooooooooooooow ! ), Jean de La soupe de l'espace (roman vraiment génial), Emmyne (Le récit est captivant, mené avec brio), Laurence de Biblioblog (une fois le livre refermé, vous n'aurez qu'une envie : connaître la suite), Fashion (un style efficace et précis et une excellente construction),

 

coups de coeur blogosphère.jpg

Ce roman fait partie des **Coups de coeur de la blogosphère**, challenge initié par Théoma.

04.11.2009

La belle rouge - Poppy Z. Brite

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Nous avions quitté nos héros bien installés à la tête de leur restaurant dans "Alcool"; nous retrouvons Rickey et G-man alors qu'ils prennent connaissance d'une critique assassine. G-man, avec sa placidité coutumière, sait bien qu'il suffit de l'ignorer, mais Rickey est fumax, même s'il comprend que c'est Lenny qui est visé à travers leur restaurant. Aussi, quand tombe une proposition d'aller faire du consulting pour un restaurant à Dallas, ils y voient l'occasion de gagner un peu d'argent, pour racheter la part de Lenny plus rapidement. Et puis, comment refuser une proposition qui comporte : "En plus d'être défrayé par mes soins, vous serez payé 10 000 dollars. Et, croyez-moi, je suis très ouvert en terme de frais (j'éprouve un malin plaisir à voir mes hôtes repartir de chez moi avec la gueule de bois, la goutte, les couilles en bouillie et une nouvelle paire de bottes)." (En réalité, Rickey n'est pas du tout sensible à ces arguments, c'est moi qu'ils ont amusée).

Rickey en mission à Dallas, donc, chez les Texans, avec leurs bottes, leur puritanisme, leur goût pour la viande ! Pendant que G-man garde la boutique et que Lenny voit se profiler un procès sérieux contre lui...

Deuxième volume d'une trilogie culinaire, "La belle rouge" m'a apporté le même plaisir que le premier. Je trouve nos amis cuistots très attachants, souvent très drôles, hauts en couleurs, et formidablement pros. Il y a de très jolis passages sur la vie d'une brigade, sur la capacité d'un beau service à vider la tête, sur la vie que mènent les cuisiniers.

Par exemple, figurez-vous que l'inconscient auteur de la critique qui met le feu aux poudres se paye un jour l'audace de se pointer au restaurant. Ça donne :

"- Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit-il

- Je ne sais pas si je fais bien de t'en parler, mais Humphrey Wildblood est ici.

Soudain, la cuisine parut se mettre à tanguer et Rickey dut fermer les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il sentit le regard de G-man rivé sur lui depuis sa position de saucier, à l'affût de sa réaction.

- Comment tu sais qui c'est ? reprit Rickey.

- Avec certains autres maîtres d'hôtel, on a mis en place une sorte de trombinoscope façon téléphone arabe. On se refile des photos de critiques gastronomiques ou, à défaut de photos, on recoupe les signalements. Du coup, j'ai pu voir sa sale tronche la semaine dernière.

- Il est avec qui ?

- Il dîne en tête-à-tête avec lui-même.

- Quel enculé, lâcha Rickey.

Alors, certains passages particulièrement fielleux de l'article écrit par Wildblood lui revinrent à l'esprit : "Alcool illustre parfaitement l'adage selon lequel on ne devrait jamais, ô grand jamais, confier de responsabilités professionnelles à quiconque âgé de moins de trente-cinq ans..."; "Résultat des courses : une carte manquant complètement de cohérence..."; "sans aucun souci d'exactitude ni de palatabilité*".

- Quel gros enculé !"

Rickey est impulsif, mais qui ne connaît pas ces mots fielleux lus sur son compte qui restent gravés dans un coin de la tête ? :)

J'ai relevé au passage de tenter une goutte de cognac dans le Champagne, paraît que sa saveur édulcorée s'immisce avec bonheur dans les bulles acérées du pétillant. Et puis, toujours, des descriptions de plat qui donnent envie de se ruer au restaurant, par exemple : "Une aile de raie, croustillante et bien relevée, inondée d'un beurre noisette riche en arômes. Les saveurs frisaient l'excès d'intensité mais l'évitaient de justesse. L'immense plaisir qu'elles vous procuraient virait presque au malaise mais s'arrêtait juste à temps. Jusqu'ici, tous les plats s'étaient révélés de la même étoffe: des ingrédients succulents présentés avec délicatesse et subtilité, loin d'être empilés en tours ou coiffés d'énormes monceaux de patate douce ciselée en julienne ou contorsionnée dans des formes aussi artificielles qu'improbables. Le repas avait commencé par un consommé très clair dans lequel flottaient des moitiés de tomates cerises jaunes au corps-à-corps avec d'infimes petits cubes d'ail rôti. Ensuite, on leur avait servi une huître belon, dont la silhouette, le goût et la texture s'avérèrent divins, humectée d'une sauce au pamplemousse et au poivre noir concassé, puis des éclats translucides de coquilles Saint-Jacques crues déployés sur un nid de céleri en gelée, le tout nappé de généreuses portions de caviar sevruga. La raie était le premier plat chaud du menu; sa saveur citronnée, véritable écho aux plats plus légers qui l'avaient précédée, suscita chez Rickey une grande admiration."

J'ai hâte de retrouver mes deux amis dans de nouvelles aventures !

 

Ed. Au Diable Vauvert, 2009, 488 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Morgane Saysana

Titre original : Prime

 

Lu également par :  Amanda (merci pour le prêt !), Emma, Daniel, le livraire,

 

 

* La palatabilité est la caractéristique de la texture des aliments agréables au palais. C'est un terme utilisé dans les sciences de la nutrition. C'est l'intensité du plaisir à manger.(Wiki)

01.11.2009

Hiver - Mons Kallentoft

"Hiver est le premier volume d'une série où chaque titre est articulé à une saison", et il donne clairement envie de lire la suite. Nous faisons ici la connaissance du commissaire Malin Fors. Elle a la trentaine, est mère célibataire d'une ado de quatorze ans (qu'elle présente ainsi : "Les seules fois où Tove s'avise de se lever tôt, c'est juste pour finir un de ces bouquins qu'elle avale avec frénésie. Elle a des goûts assez bizarres pour son âge. Jane Austen. Quelle ado de quatorze ans lirait ce genre de choses à part Tove ?"), a un petit problème avec l'alcool, et surtout, passe sa vie au boulot, dans lequel elle est plutôt brillante.Snapshot_20091101.jpg

"Mais ils devaient également suivre d'autres pistes, s'intéresser à chaque indice qui pourrait se révéler important. D'innombrables enquêtes piétinent parce que les policiers se mettent eux-mêmes des bâtons dans les roues en partant avec des idées préconçues, ou pire, en s'entichant de leurs propres théories." Malin explore toutes les pistes, méthodiquement, elle ne se fie pas seulement à son instinct, elle est tenace, voire obsessionnelle.

Nous sommes en plein hiver, en Suède, le froid est terrible, Malin n'a pas un instant à elle entre son enquête (un obèse a été retrouvé, atrocement mutilé et nu, pendu à un arbre), sa relation purement physique avec un journaliste et le copain de sa fille ("Tu ne trouves pas qu'il est mignon ? - Il est bien élevé. - Mais pas trop. - Non, Tove, pas trop. Mais assez pour que tu doives faire attention. Les mieux élevés sont toujours les pires.")

A cette ambiance pesante s'ajoutent les pensées du mort, que l'on entend s'adresser aux enquêteurs...

Un rythme très lent qui met en lumière indistinctement tous les protagonistes, par petits morceaux, très en détails, dans une progression linéaire. On se prend dans les filets de cette ambiance très quotidienne, et on est en pleine empathie avec Malin que l'on a l'impression de bien connaître quand prend fin cette enquête : les secrets de famille dépassent l'imagination.

En cours d'adaptation au cinéma en Suède.

 

Ed. Le Serpent à Plumes, Collection Roman Noir, novembre 2009, 483 p.

Traduit du suédois par Max Stadler et Lucille Klaus

Titre original : Midvinterblod

 

31.10.2009

L'échappée belle - Anna Gavalda

"L'échappée belle" est une petite bluette qui fait du bien. Ecrit en 2001, juste après "Je l'aimais", ce titre est d'abord paru en cadeau pour les gavalda.jpgadhérents France-Loisirs, puis maintenant réédité au Dilettante (sa maison d'édition "historique") après quelques retouches.

Il s'agit d'un moment entre frères et soeurs, adultes et installés dans une vie moyennement marrante, dans une période où ils ne vont pas très bien, ils s'échappent d'un mariage pour baguenauder comme des gamins insouciants.

Anna Gavalda fait partie de ces auteurs qu'il est de bon ton de snober, elle vend des livres, c'est suspect. Pourtant elle a quelque chose dans la plume qui me rejoint, me touche, qui fonctionne avec moi. Dans ces 165 pages elle charge un peu la mule (disons que tout ce qui peut arriver arrive et que la langue est très familière) mais pourtant des mots sautent hors des pages pour scintiller devant mes yeux :

"Sublimes toquards" ==> Mes personnages préférés au monde.

"Je ne dis pas que c'est un saint, je dis qu'il est mieux que ça"

Et pour faire danser votre week-end malgré les gouttes qui ont l'air de s'annoncer drues : "Miousic wâse maille feurst love" (for connaisseurs only, dit-elle) (Dommage qu'il n'y ait pas Spandau Ballet, tiens).

 

Ed. Le dilettante, 4 novembre 2009, 165 p., 10 euros.

 

Le "prière d'insérer" d'Anna Gavalda.

Lu également par Amy, Laure aime le texte mais n'aime pas trop qu'on fasse du neuf avec du vieux.

29.10.2009

Le Havre un art de vivre - Pierre Dottelonde

Il existe un nombre incroyable de blogs consacrés à la ville du Havre (répertoriés ICI), avec de très belles photos. Je prends plaisir à les parcourir, pour tenter de défricher l'inconnue que représente encore, installée depuis seulement quelques jours, cette ville. Bien sûr il faudra, tranquillement, la parcourir de visu, mais les premiers temps sont riches d'occupations autres, et le net ou les livres sont une bonne entrée en matière.

"Le havre un art de vivre" de Pierre Dottelonde est à ce titre tout simplement parfait.

 

havre.jpg

En préambule, ces deux qualificatifs que j'ai déjà entendus si souvent : "[..] l'entrée du Havre dans la prestigieuse famille des sites les plus remarquables au monde a sonné comme une belle revanche pour cette ville si souvent - et toujours par des gens qui n'y ont jamais mis les pieds - dépeinte comme "triste" ou "grise", à l'instar de la plus plupart des villes reconstruites après la Seconde Guerre mondiale." Alors que ceux qui prennent la peine de vérifier sur place ont le plaisir, presque la surprise, de découvrir une ville "libre, ouverte sur un grand large, accueillante à la création (et aux nouveaux venus, je confirme ;o))" (propos de Michèle Champenois, journaliste au Monde).

Tous les aspects de la ville sont évoqués en différents chapitres, avec de nombreuses et somptueuses photos, le tout est émaillé de citations d'écrivains, cinéastes, architectes consacrées au Havre. (On trouve aussi l'appel allongé lors de la parade du printemps du goéland argenté : "Au-kailli-kau-kau-kau-kau-kau-kau-au-au" ;o))

Tout le monde sait que la ville a été inscrite au patrimoine mondial, pour son architecture Perret, mais beaucoup l'imaginent comme Philippe Meyer : "Je croyais, sur la foi de la rumeur, qu'[Auguste Perret] avait bâti sans moyens des parallélépipèdes riches en béton et pauvres en imagination, alignés sans autre dessein que de répondre en toute hâte aux besoins de relogement. Je découvre des immeubles aux proportions harmonieuses et discrètes, à l'agencement séduisant, aux portes décorées de reliefs avenants, au béton adouci par une teinte rose dans la masse, à l'orthogonalité organisée en belles perspectives classiques que la tour de la mairie et les flèches de l'église Saint-Joseph tirent parfois vers le ciel."

D'ailleurs, Auguste Perret lui-même déclarait : "Mon béton est plus beau que la pierre. Je le travaille, je le cisèle [...], j'en fais une matière qui dépasse en beauté les revêtements les plus précieux."

Oscar Niemeyer, à qui l'on doit le Volcan, déclare,  lui : "Quand j'ai commencé le projet du Havre, j'ai pensé que l'architecture était liée à un ensemble, au climat, et je ne voulais pas une place où les gens regardent les éléments d'un seul point de vue [...] C'est ça mon travail au Havre [...] une chose non baroque mais avec beaucoup de liberté".

143 pages qui se terminent par  les hauts lieux de la cuisine havraise, avec, par exemple, Jean-Luc Tartarin qui nous propose des coquilles saint-Jacques de la baie de Seine, saisies dans leur coquille à vif, accompagnées d'eau d'huîtres à la réglisse et d'une feuille de caramel au curry. Mmmmmm...

 

Grimpeurs sur volcan.jpg

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(Voyez les petits bonhommes qui grimpent sur le volcan ? Fiston s'y essaye tous les jours, chut)

 


Un grand merci à Solène !

 

Lu également par Yllen,

 

28.10.2009

Genesis - Bernard Beckett

genesis.jpgAnaximandre s'est beaucoup entraînée avec Périclès, son tuteur, rencontré fortuitement. C'est le grand moment, l'examen d'entrée à l'Académie; il se déroule oralement, face à trois examinateurs impassibles, il va durer quatre heures, entrecoupées de longues pauses pendant lesquelles le jury délibère et oriente ses questions. Nous sommes dans le futur, et on interroge Anax sur la vie et l'oeuvre d'Adam Forde, 2058-2077. Il a été le déclencheur du Grand Dilemme, et Anax a étudié le sujet à fond. Sauf qu'elle ne sait pas tout...

Un roman parmi les meilleurs ! On oublie totalement qu'il s'agit d'un roman Jeunesse (d'ailleurs, il s'adresse à mon sens aux grands ados et aux adultes) et on dévore. Bien sûr c'est une vision très sombre de l'avenir, mais nos choix philosophiques sont très clairement exprimés, on ressent une grande empathie et on est rivé aux idées développées. Anaximandre se prend au jeu, c'est très intéressant, en dehors de l'histoire elle-même, de la voir perdre ses réserves et s'impliquer de plus en plus, tout en redoutant que cela ne la perde... Le style est limpide et la révélation finale fonctionne bien, même si elle n'est pas nouvelle : je recommande chaudement !

 

Ed. Gallimard Jeunesse, 2009, 186 p.

Traduit de l'anglais (néo-zélandais) par Laetitia Devaux

27.10.2009

Dombey et fils - Charles Dickens

"Elle s'adonna à la mélancolie, le meilleur marché et le plus accessible des luxes, jusqu'au moment où le sommeil la prit."

"Dombey et fils" raconte l'histoire d'une famille, les Dombey. Le père est un riche homme d'affaires, que l'orgueil étouffe et contraint à la rigidité en tous moments de sa vie; la mère décède en donnant la vie au petit Paul; ce dernier est destiné à occuper le "& fils" qui se transmet de génération en génération, aussi la soeur aînée, Florence, est-elle totalement ignorée. Paul meurt dramatiquement, le père se remarie avec une intrigante qui a des états d'âme, et Florence est toujours quantité négligeable (pour son père, car sinon tout le monde l'adore). Puis le malheur s'abat encore, la nouvelle épouse s'enfuit (avec le bras droit ! Coup fatal !) et Mr Dombey se met à haïr Florence, qui s'enfuit alors elle aussi (pour trouver l'amour, ça va). Agé, ruiné et solitaire, il se rend alors compte de la perle qu'est sa fille et tout finit bien, dans un salut final.

"Dombey et fils" ne compte pas parmi les meilleurs romans de Dickens, il est souvent lourd de tension dramatique martelée ou exagérément primesautier, avec un comique de l'absurde clinquant. en ce qui concerne le père, c'est clair, on le méprise dès le départ, mais il est difficile de s'attacher à Florence qui a peu de consistance, et qui accepte tout avec une placidité de sainte peu séduisante. Dickens avait été très ébranlé en écrivant la mort du petit Paul (alors à Paris, en hiver, il avait ensuite passé toute la nuit à marcher dans les rues) mais elle arrive trop tôt pour que le lecteur (moderne j'entends, j'ignore comment cela pouvait être ressenti au 19°) en soit réellement touché.

Ce qui "sauve" tout, c'est, comme dans tous les romans de Dickens, la qualité des personnages secondaires, qui sont nombreux et géniaux. Il réussit à faire passer en un Bagstock tous les flatteurs hypocrites et intéressés, ou en un capitaine Cuttle toute la bravoure des gens simples et exentriques. Il sait comme personne magnifier les petits, les perdants, les simples. Et puis l'humour, toujours.

Dans le personnage du petit Paul, j'ai retrouvé beaucoup de l'enfant qu'avait été Dickens, tel que le décrit Peter Ackroyd dans sa merveilleuse biographie :

"La seule différence fut qu'il gardait sa personnalité pour lui seul. Il devenait tous les jours plus réservé et plus pensif; il ne manifestait, envers aucun membre vivant de la maisonnée du docteur, une curiosité analogue à celle qu'il avait ressentie au sujet de Mme Pipchin; il aimait à être seul. Dans les brefs moments où il n'était pas plongé dans ses livres, il n'aimait rien tant que d'errer, solitaire, par la maison, ou de rester assis sur les marches de l'escalier, à écouter la grande horloge du vestibule. Il était intime avec toutes les tapisseries, il voyait dans leurs dessins des choses que personne n'apercevait, découvrait des tigres et des lions en miniature qui escaladaient les murs de la chambre à coucher, et des visages qui louchaient et regardaient méchamment dans les carrés et les losanges de la carpette.

Cet enfant solitaire vivait entouré des arabesques de son imagination et personne ne le comprenait. Mme Blimber le trouvait "drôle" et parfois les domestiques se disaient entre eux que le petit Dombey "broyait du noir"; mais cela n'allait pas plus loin."

Sans doute est-ce la raison du coup ressenti par Dickens en donnant la mort à ce personnage...


Ed. Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade (volume II consacré à Dickens), 1956, environ 1000 pages. (écrit en 1846 par CD)

Traduction faite par Georges Connes sous la direction de Léon Lemonnier et complétée par Francis Ledoux

Introduction et notes de Pierre Leyris


Un grand merci à Fashion pour le prêt !


(Cathulu, un personnage adore les vaches et il y a même un chien ;o))

18.10.2009

Quand la mer monte - Yolande Moreau & Gilles Porte (2004)

mermonte.jpg

Irène est une comédienne en tournée dans le Nord de la France, avec un spectacle dans lequel elle est seule en scène : "Sale affaire". Affublée d'un masque qui lui donne un air inquiétant/décalé, elle fait rire les salles en interprétant une femme de 45 ans qui vient de commettre un crime, à la recherche de l'amour. Chaque soir, elle désigne dans la salle un "poussin" qui la rejoint sur scène et qu'elle martyrise gentiment.

Un jour, en panne de voiture en plein milieu de la campagne, elle est dépannée par Dries, qui passait en mobylette. Pour le remercier, elle lui remet deux invitations à venir la voir sur scène. Dries s'y rend le soir-même, il est "choisi" comme poussin et passe une très bonne soirée. A tel point qu'il la continue avec Irène et deux de ses amis, dans un bar puis un autre.

Dries n'a pas eu de chance dans la vie, orphelin il a été élevé par des parents adoptifs à partir de 9 ans et demi seulement. Il parle mal français, avec un accent flamand très prononcé, il vit provisoirement dans le hangar où sont rangés les géants (il est porteur de géant pour le carnaval) et bosse sur les marchés en pointillés. C'est un gars du nord gentil et un peu fier-à-bras. Il craque immédiatement sur Irène. Selon mon interprétation, il n'a pas le recul suffisant pour différencier ce qui se passe et se dit sur la scène, lorsqu'il est "poussin", et la comédienne derrière, dans la vie. Et puis on sent qu'il est attiré par la vie d'Irène ("tu fais l'imbécile et on te paye pour ça"), par sa douceur, sa gentillesse, sa culture.

yoyofifi.jpgIrène est mariée, avec Michel, elle a un fils, Simon, elle passe beaucoup de temps seule sur la route et dans de tristes chambres d'hôtel, elle leur parle au téléphone, ce sont des conversations pratiques, il faut choisir le carrelage, en son absence ils mangent trop de spaghettis, elle rentrera dimanche. On sent une grande lassitude, un genre de grisaille qui poisse son quotidien. Au départ, elle n'est pas du tout attirée par Dries, de qui tout la sépare. Mais il revient, s'impose dans sa vie doucement, comme une évidence, et quand elle doit quitter Béthune, ça flotte dans l'air, elle hésite ("entre une gaufre au sucre et une histoire d'amour").

Et Dries vient la voir à Grande-Synthe l'invite au carnaval du lendemain. Irène ment au téléphone à Michel, elle dit oui à Dries. Et c'est parti...

"Quand la mer monte" est une histoire d'amour, mais c'est surtout un très bon film. C'est la plus juste expression du Nord-Pas-de-Calais que j'aie jamais vue au cinéma, par de petits détails, des routes qui défilent, un ciel bleu-gris au dessus de la mer, des chaussées luisantes dans la nuit. Une grande subtilité, une façon de montrer l'âme des ch'tis en demi-teinte, le carnaval et cette envie de danser qui nous contamine, les scènes cocasses du troquet au petit matin ("du rouge ! Bordeaux, Côte du Rhône, Beaujolais ? .... Du rouge !"), les lumières des usines en nocturne. Pas d'une gaieté folle, mais juste.

Yolande Moreau irradie dans ce film, tour à tour volontairement grotesque sur scène et immensément touchante dans sa vulnérabilité douce. Wim Willaert est parfait, en paumé rouleur des mécaniques, avec ses grands yeux qui dévorent Irène. Tous les deux nous offrent une interprétation magistrale, dans la simplicité, nous font croire à leur histoire.

Mais les histoires d'amour finissent mal, en général, c'est trop connu.

(DVD à moins de 3 euros)

 

 

17.10.2009

Les enfants rats - Françoise Jay

jay.gifNous sommes en 2025 et la pauvreté dépasse un seuil jamais atteint en France. Trente-cinq millions de chômeurs, vingt millions de gens dans une extrême précarité. Paris est divisé en deux zones, la "riche", à la surface, où quelques élus continuent à mener une vie plus ou moins normale, et celle des égouts, où pullulent les enfants-rats, regroupés en bande qui subsistent en usant de violence et de terreur.

Irielle a connu une vie de famille, avant. Avant que ses parents ne soient tués sous ses yeux par une troupe d'enfants-rats, et qu'elle ne s'installe dans une carcasse d'A380, devenue responsable d'un petit garçon qu'elle a trouvé bébé dans une poubelle. Nolane, lui, dix-sept ans environ comme Irielle, est sous la coupe de son frère, chef d'une horde particulièrement féroce. Quant à Smog, il tente dans son métier de médecin de faire preuve d'humanité, tout en organisant la révolution en sourdine. Rencontre...

C'est un roman intelligent qui se lit tout seul. Les descriptions de ce futur particulièrement sombre sont saisissantes de réalisme, les conséquences de nos choix clairement expliquées, il y a un grand souffle social qui est parfaitement appuyé par des personnages auxquels on croit, et dont le destin nous touche. A dévorer à partir de 12/13 ans, et sans limite d'âge !

 

Ed. Plon Jeunesse, Octobre 2009, 217 p.

16.10.2009

Eternels tome 1. Evermore - Alyson Noël

Comment vous dire ? En trois citations :noel.jpg

"Mais il faut que je te dise que j'ai bien ri quand j'ai compris que tu croyais que j'étais un suceur de sang, un vampire, quoi !"

"C'était du grand n'importe quoi, tu comprends ?"

"[...] fêté par une petite soirée à la maison, avec du cidre pour moi (je ne touche plus une goutte d'alcool)"

 

Elle a dix-sept ans et demi, elle croit être responsable de l'accident qui a causé la mort de toute sa famille, elle lit dans les pensées des gens et communique avec sa petite soeur morte. Déboule Damen, il est troooooooop beau (il faut la croire sur parole, parce que côté relief il est du genre plat), et en sa présence, le monde n'existe plus. Mais qui est-il ? Qui est-elle ? Souffrira-t-elle ainsi toute sa vie ? Etc.

J'étais curieuse de lire ce qui est annoncé comme la nouvelle coqueluche aux Etats-Unis, après le phénomène Twilight. Ma curiosité est assouvie, les personnages m'ont laissée de bois tout du long et les explications finales m'ont fait pouffer, peut-être pas autant que la qualité des dialogues, remarquez. Mais ça reste agréable à lire, oui, bien sûr !


Ed. Michel Lafon, 2009, 342 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laurence Boischot et Sylvie Cohen

Titre original : The Immortals - Evermore

 

Lu également par : Clarabel, Karine,

 

15.10.2009

Index alphabétique

Tenu à jour

 

Achille Stéphane : Ballade en train assis sur les genoux du dictateur

Ackroyd Peter : Charles Dickens (1)

Ackroyd Peter : Charles Dickens (2)

Ackroyd Peter : Charles Dickens (3)

Adam Olivier : Des vents contraires

Adichie Chimamanda Ngozi : L'Hibiscus pourpre

Alcott Louisa May : Derrière le masque ou le pouvoir d'une femme

Alexie Sherman : Le premier qui pleure a perdu

Allen Woody : Dentiste mystérieux à Manhattan et autres nouvelles

Allion Yves & Laprune Jean-Ollé : Claude Lelouch, Mode d'emploi

Allison Dorothy - L'histoire de Bone

Almeida Eugenia : L'autobus

Almendros Julien : Vue sur la mère

Alvtegen Karin : Ténébreuses

Amiel Sébastien : Presque rouge

Anderson Eli : Oscar Pill Tome 1. La révélations des Médicus

Angevin David : Une année sans ma femme

Arcan Nelly : A ciel ouvert

Arfel Tatiana : L'Attente du soir

Arrivé Michel : Une très vieille petite fille

Assouline Pierre : Etat limite

Assouline Pierre : La cliente

Atkinson Kate : Dans les coulisses du musée

Atkinson Kate : Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux

Atkinson Kate : A quand les bonnes nouvelles ?

Atkinson Kate : On a de la chance de vivre aujourd'hui

Aubenas Florence : Le quai de Ouistreham

Aubert Brigitte : La mort des bois - La mort des neiges - Ténèbres sur Jascksonville

Aubert & Cavali : Les Cavaliers des Lumières 1. Le règne de la barbarie

Aubry Jean-Marc : Une semaine de vacances

Aude : Chrysalide

Audouard Antoine : L'Arabe

Audoux Marguerite : Douce Lumière

Austen Jane : Orgueil et préjugés

Austen Jane : Northanger Abbey - Mansfield Park

Austen Jane : Persuasion

Austen Jane : Lady Susan

Austen Jane : Raison et sentiments

Auster Paul : Seul dans le noir

Azuelos Lisa : Eloge du silence pendant l'amour

 

Bajani Andréa : Très cordialement

Bando Masako : Les Dieux Chiens

Banon Tristane : Daddy frénésie

Banville John : La mer

Barbery Muriel : L'élégance du hérisson

Beauchemin Yves : Le Matou

Beaussant Philippe : Le Roi-Soleil se lève aussi

Beauvais Marie-Odile : Discrétion assurée

Beauvais Marie-Odile : Proust vous écrira

de Beauvoir Simone : Mémoires d'une jeune fille rangée

Bedos Victoria : Le déni

Bechdel Alison : Fun home une tragicomédie familiale

Becket Bernard : Genesis

Bellucci Franck : Et pour le pire, Fragments de vie

Benameur Jeanne : Présent ?

Bennett Alan : La reine des lectrices

Bennett Alan : Soins intensifs

Bennett Alan : La mise à nu des époux Ransome

Benni Stéfano : Bar 2000

Berger John : Un métier idéal, Histoire d'un médecin de campagne

Berger Thomas : Little Big Man, Mémoires d'un visage pâle

Berléand François : Le fils de l'homme invisible

Berne Suzanne : Un crime dans le quartier

Bienvenu Sophie : Lucie le chien

Bissoondath Neil : Cartes postales de l'enfer

Bizot Véronique : Mon couronnement

Blanc Henri-Frédéric : Nuit gravement au salut

Bloch-Dano Evelyne : Madame Proust

Bloch-Dano Evelyne : Madame Zola

Block Lawrence : Lendemains de terreur

Block Lawrence : Les péchés des pères - Tuons et créons, c'est l'heure - Au coeur de la mort - Huit millions de façons de mourir

Block Lawrence : Le blues des alcoolos - Drôles de coups de canif - Un ticket pour la morgue - Une danse aux abattoirs

Block Lawrence : La balade entre les tombes - Le diable t'attend - Tous les hommes morts

Block Lawrence : Même les scélarats - Ils y passeront tous - Trompe la mort

Block Lawrence : Les fleurs meurent aussi

Blondel Jean-Philippe : Accès direct à la plage - 1979 - Juke-box - Un minuscule inventaire

Blondel Jean-Philippe : Passage du gué

Blondel Jean-Philippe : Au rebond

Blondel Jean-Philippe : Le baby-sitter

Bloom Amy : Ailleurs, plus loin

Bolan Gaetano : La boucherie des amants

Bordage Pierre : Ceux qui sauront

Bordage Pierre : Le Feu de Dieu

Boris Hugo : La délégation norvégienne

Bott François : La traversée des jours, Souvenirs de la République des Lettres (1958-2008)

de Botton Alain : Comment Proust peut changer votre vie

Boudet Frédéric : Invisibles

Bourbigot Chantal : Equation d'un miracle

Boussinot Roger : les guichets du Louvre

Boyd William : Un anglais sous les tropiques

Boyd William : A livre ouvert

Breton Guy : Les sourires de l'Histoire

Brisac Geneviève : Pour qui vous prenez-vous ?

Brisson Dominique : Gros sur la tomate

Brite Poppy Z. : Alcool

Brite Poppy Z. : La belle rouge

Brookmyre Christopher : Petite bombe noire - Petit bréviaire du braqueur

Brookmyre Christopher : Faites vos jeux

Brookmyre Christopher : Les canards en plastique attaquent

Brouillaud Jean-Pierre : Jeu, set et match

Brucker Fanny : Far-Ouest

Bruen Ken : Le martyre des Magdalènes, une enquête de Jack Taylor

Brussolo Serge : Territoires interdits 1. Le Maître des Nuages

Brussolo Serge : L'héritier des abîmes

Bucher André : Déneiger le ciel

Buisson Laure : Blanquette

Buono Clarisse : Félicitations du jury

Burnham Schwartz John : Reservation road

Burnside John : Une vie nulle part

Butler Octavia E. : Novice

 

Cabot Meg : Melissa et son voisin

Calvetti Paola : l'Amour est à la lettre A

Cameron Peter : Au beau milieu des choses

Camilleri Andrea : Le tailleur gris

Campbell Webster Emma : Jane Austen et moi

Cannone Belinda : La bêtise s'améliore

Cannone Belinda : Le sentiment d'imposture

Cannone Belinda : Entre les bruits

Capp Fiona : Portrait de l'artiste en hors-la-loi

Carcasi Giulia : Je suis en bois

Card Orson Scott : Les chroniques d'Alvin le faiseur (1,2 & 3)

Card Orson Scott : Les chroniques d'Alvin le faiseur (4 & 5)

Card Orson Scott : Le cycle d'Ender (3 tomes)

Card Orson Scott : Enchantement

Card Orson Scott : Ender Wiggin, premières rencontres

Carofiglio Gianrico : Témoin involontaire

Carr Caleb : Le tueur de temps

Carrère Emmanuel : D'autres vies que la mienne

Carrière Jean-Claude & Daniel Vigne : le Retour de Martin Guerre

Carton Daniel : Mélanine

Casta Stefan : La vie commence

Castillon Claire : Insecte

Cathrine Arnaud : Sweet home

Cauchy Nicolas : La véritable histoire de mon père - De manière à connaître le jour et l'heure

Cecil David : Un portrait de Jane Austen

Cercas Javier : A la vitesse de la lumière

Cescosse Jean-Pierre : Après dissipation des brumes matinales - Manoeuvres de diversion en attendant la nuit

Chatelet Noëlle : La femme coquelicot

Chefdeville : L'atelier d'écriture

Christensen Lars Saabye : Le demi-frère

Claude Hervé : Riches, cruels et fardés

Clarke Brock : Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre

Cohen Robert : Ici et maintenant

Colin Fabrice : La Saga Mendelson Tome 1. Les exilés

Colin Fabrice : Camelot

Colin Fabrice : La fin du monde

Colin Fabrice : Projet oXatan

Colleter Solenn : Je suis morte et je n'ai rien appris

Collins Suzanne : Hunger games

Collins Warwick : La pissotière

Condé Maryse : Victoire, les saveurs et les mots

Condou Isabelle : La Perrita

Connolly Joseph : Le livre des choses perdues

Conrad Joseph : Typhon

Conroy Pat : Beach Music

Conroy Pat : Le Grand Santini

Conroy Pat : Le Prince des Marées

Conroy Pat : Charleston Sud

Constant Paule : La bête à chagrin

Constantine Barbara : Allumer le chat

Cook Robin : Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre

Corbineau Aurélie : Bref été au Spitzberg

Cormier Robert : La guerre des chocolats

Cossé Laurence : Vous n'écrivez plus ?

Cossé Laurence : Au bon roman

Coupland Douglas : Eleanor Rigby

Courtemanche Gil : Un dimanche à la piscine de Kigali

Covin Alec : Deux et demi

Crabb Ned : La bouffe est chouette à Fatchakulla

Crane Elizabeth : Banana Love

Cullin Mitch : Les abeilles de Monsieur Holmes

Cusset Catherine : Confessions d'une radine

Cusset Catherine : Un brillant avenir

Cuvellier Vincent : Kilomètre zéro

 

Dahl Roald : Charlie et la chocolaterie - Charlie et le grand ascenceur de verre - Moi, boy - Sacrées sorcières - Matilda - Les minuscules - Un amour de tortue - James et la grosse pêche - La potion magique de Georges Bouillon

Dahl Roald : Kiss kiss

Dahl Roald : Coup de chance et autres nouvelles

Davidson Andrew : Les âmes brûlées

Dean Debra : Les madones de Leningrad

Deflassieux Laurence : D'excellente famille

Defoe Gidéon : Les pirates dans : Une aventure avec les baleines

Deghelt Frédérique : La grand-mère de Jade

Dejaeger Eric : La cité des fleurs fanées

Delaflotte Mehdevi Anne : La relieuse du gué

Delerm Philippe : Quelque chose de Bartleby

Desalmand Paul : Le pilon

Desjours Ingrid : Echo

Desmarteaux Claudine : Le petit Gus

Dewitt Helen : Le dernier samouraï

Dick Philip K. : Ubik

Dickens Charles : La maison d'âpre-vent

Dickens Charles : de grandes espérances

Dickens Charles : Un chant de Noël

Dickens Charles : Martin Chuzzlewit

Dickens Charles : Un conte de deux villes

Dickens Charles : Temps difficiles

Dickens Charles : L'ami commun

Dickens Charles : Le Mystère d'Edwin Drood

Dickens Charles : Les papiers posthumes du Pickwick Club

Dickens Charles : L'homme hanté

Dickens Charles : David Copperfield

Dickens Charles : La Petite Dorrit

Dickens Charles : Dombey & fils

Dickens Charles : Nicolas Nickleby

Dickens Charles : Le magasin d'antiquités

Dickens Charles & Collins Wilkie : L'abîme

Dickner Nicolas : L'encyclopédie du petit cercle

Didier Marie : Morte-saison sur la ficelle et autres récits

Divakaruni Chitra Banerjee : Mariage arrangé

Djavann Chahdortt : Comment peut-on être français ?

Djian Philippe : Ardoise

Djian Philippe : Impardonnables

Doerr Anthony : A propos de Grace

Doizelet sylvie : Nos amis des confins

Dongala Emmanuel : Johnny Mad Dog

Dottelonde Pierre : Le Havre un art de vivre

Doyle Richard : D'eau et de feu

Doyon Stéphanie : Les tondeuse à gazon

Drake Nick : Toutankhamon

Dryansky Joanne et Gerry : L'extraordinaire histoire de Fatima Monsour

Dubus III André : La maison des sables et des brumes

Duc Marie-Gabrielle : La remorque rouge

Dujovne-Ortiz Alicia : L'étoile rouge et le poète

Dupuy & Berberian : Bienvenue à Boboland

Durand Virgile : Ces gens-là

de Duras Madame : Ourika

Durif Eugène : Laisse les hommes pleurer

Duru Magali : Les beaux Dimanches

Duru Roxane : Petits pains au chocolat

 

Eckert Allan W. : La rencontre

Eddings David : La Belgariade, Tome 1. Le pion blanc des présages

Eddings David : La Belgariade, Tome 2. La reine des sortilèges

Eddings David : La Belgariade, Tome 3. Le gambit du magicien

Eddings David : La Belgariade, Tome 4. La Tour des Maléfices

Eddings David : La Belgariade, Tome 5. La fin de partie de l'Enchanteur

Eddings David : La Mallorée, 5 tomes.

Efstathiadi Maria : Presque un mélo

Egan Greg : Axiomatique

Ekman Kerstin : Crimes au bord de l'eau

Eliot George : Middlemarch

Ellory R.J. : Seul le silence

Ellory Roger Jon : Vendetta

Englander Nathan : Le ministère des Affaires spéciales

Erre J.M. : Made in China

Estibal Sylvain : Eternel

Etxebarria Lucia : Aime-moi, por favor !

Eugénides Jeffrey : Middlesex

Evenson Brian : Père des mensonges

Eyre Ward Amanda : A perte de vue - Le ciel tout autour - Pardonnez-moi

Eyre Ward Amanda : Les amours de Lola

 

Faber Michel : le cinquième Evangile

Fadiman Anne : Ex-libris, confessions d'une lectrice ordinaire

Fargues Nicolas : One Man Show

Fargues Nicolas : Beau rôle

Fath Anne-Catherine : Rude

Ferguson Will : Bonheur, marque déposée

Finder Joseph : Paranoïa

Finder Joseph : Power Play

Fiszman Véronique : Petites faiblesses inavouables

Flipo Georges : Le vertige des auteurs

Flipo Georges : L'étage de Dieu

Flipo Georges : La Diablada

Flipo Georges : Qui comme Ulysse, Nouvelles en partance

Flynn Gillian : Les Lieux sombres

Foenkinos David : Nos séparations

Foenkinos David : La délicatesse

Fontanel Sophie : L'amour dans la vie des gens

Foote Shelby : Tourbillon

Forbes Elena : Meurs avec moi

Fortier Dominique : Du bon usage des étoiles

Fowler Karen Joy : Le club Jane Austen

Franceschi Patrice : La Grande Aventure de La Boudeuse

Frèche Emilie : Chouquette

French Tana : Ecorces de sang

French Tana : Comme deux gouttes d'eau

Freudenberger Nell : Lucky girls

Fruterro & Lucentini : L'affaire D. ou le crime du faux vagabond

 

Gabrielsen Bjorn : Harreng des steppes

Galgut Damon : Un docteur irréprochable

Galloway Gregory : La disparition d'Anastasia Cayne

Gamboa Santiago : Le syndrome d'Ulysse

Gancel Charles : Scalpels

Garat Anne-Marie : Les mal famées

Garcia-Roza Luiz Alfredo : Bon anniversaire, Gabriel !

Garcia-Roza Luiz Alfredo : Une fenêtre à Copacabana

Garna Isabelle : Dérive

Garnier Pascal : Comment va la douleur ?

Garnier Pascal : La solution Esquimau

Garnier Pascal : Le Grand Loin

Gattégno Jean-Pierre : J'ai tué Anémie Lothomb

Gaudé Laurent : La mort du roi Tsongor

Gavalda Anna : L'échappée belle

Gearino Dan : J'ai tout entendu

Gemmel Nikki : La mariée mise à nu

Gemmell David : Waylander

Gibert Bruno : Avec enfant

Gibbons Kaye : Une femme vertueuse

Gibbons Kaye : Ellen Foster

Gilabert Teodoro : Les pages roses

Ginsberg Debra : Cherche auteur désespérément

Giordano Paolo : La solitude des nombres premiers

Giraud Brigitte : J'apprends

Gloag Julian : Chambre d'ombre

Goetz Adrien : Intrigue à l'anglaise

Goimard Jacques : Chefs-d'oeuvre du Fantastique

Goodman Allegra : Intuituion

Gordon Mary : Le mari de la traductrice

Goscinny Anne : Le père éternel

Gosselin Nadia : La gueule du loup

Goujon Emmanuel : Espérance, et autres nouvelles du génocide rwandais

Gowdy Barbara : Sans personne

Goyet Mara : Tombeau pour le collège

Gravel François : Adieu, Betty Crocker

Gravel François : Vingt et un tableaux (et quelques craies)

Greer Andrew Sean : L'histoire d'un mariage

Groff Lauren : Les monstres de Templeton

Groff Lauren : Fugues

Grondahl Jens Christian : Pizza Bucarest

Gruley Bryan : Starvation Lake

Guène Faïza : Kiffe kiffe demain

Guerin Françoise : Mot Compte Double

Guérin Françoise : Un dimanche au bord de l'autre

Gutman Claude : Antoine Blancpain, collégien

 

Haddad Leila : Les 3 filles du docteur Darwin

Haigh Jennifer : La condition

Hamon Hervé : Paquebot

Hamon Hervé : La Diagonale du Traître

Handelzats Michaël : Histoires d'en lire

Hanika Iris : Une fois deux

Hardy Françoise : Le désespoir des singes... et autres bagatelles

Harris Robert : L'homme de l'ombre

Harstad Donald : 5 octobre, 23h33

Harstad Donald : 4 jours avant Noël

Harrison Colin - Manhattan nocturne

Harstad Donald : 6 heures plus tard

Haslett Adam : Vous n'êtes pas seul ici

Hassan Yaël : Suivez-moi-jeune-homme

Hausser Isabelle : Le passage des ombres

Heaney William : Mémoires d'un Maître Faussaire

Hebbadj Fadéla : L'arbre d'ébène

Hemingway Ernest : Pour qui sonne le glas

Hemingway Ernest : Les neiges du Kilimandjaro - Le vieil homme et la mer - La grande rivière au coeur double - L'étrange contrée

Hermanson Marie : La plage

Hervier Grégoire : ZEN City

Hervier Grégoire : Scream test

Hitiura Vaité Célestine : L'arbre à pain

Hobb Robin : L'assassin Royal (série 13 tomes)

Hochet Stéphanie : Combat de l'amour et de la faim

Holt Anne : Une erreur judiciaire

Holt Anne : Cela n'arrive jamais

Holt Anne : Madame la Présidente

Horan Nancy : Loving Franck

Horn Dara : Le Monde à venir

Hornby Nick : Slam

Huet Philippe : L'ivresse des falaises

Humbert Fabrice : L'origine de la violence

Hurley Tonya : Ghostgirl

Huston Nancy : Professeurs de désespoir

 

Indridason Arnaldur : Hiver arctique

Indridason Arnaldur : Hypothermie

Ingvaldsen Bjorn : En haut du poteau

Ishiguro Kazuo : Auprès de moi toujours

 

Jaenada Philippe : Le cosmonaute

Jaenada Philippe : Plage de Manaccora, 16h30

Janicot Stéphanie : Dans la tête de Shéhérazade

Janicot Stéphanie : L'oeil du cyclone

Jansson Anna : L'inconnu du nord

Jaouen Hervé : Fleur d'Achélème

Jay Françoise : Les enfants rats

Jeanney Christine : Charlémoi

Jensen Flemming : Imaqa

Jimenes Paul : La Conquête de la Pologne

Job Armel : Tu ne jugeras point

Johnson Craig : Little Bird

Johnson Pete : Croyez-moi, je suis un rebelle

Jones Sadie : Le proscrit

Jouet Jacques : L'amour comme on l'apprend à l'école hôtelière

Joyce Graham : L'enfer du rêve - Ligne de vie - En attendant l'orage

Joyce Graham : Les limites de l'enchantement

Jungstedt Mari : Les ombres silencieuses

Juiff Patrice : Frère et soeur - Kathy

Juiff Patrice : La taille d'un ange

Jung Matthieu : Principe de précaution

Jungersen Christian : L'exception

Juppé Isabelle : La femme digitale

 

Kallentoft Mons : Hiver

Kasischke Laura : La vie devant ses yeux

Kasischke Laura : Un oiseau blanc dans le blizzard

Katerine Philippe : Doublez votre mémoire, journal graphique

Kehlmann Daniel : Gloire

Kek : Virginie, une histoire qui sent la colle Cléopâtre

Kellerman Jesse : Les Visages

Kelman James : Faut être prudent au pays de la liberté

Kemp Percy : Le vrai cul du diable

Kemp Percy : Musc

Kessler Frédéric : l'amour fait maison

King Stephen : Ecriture, mémoires d'un métier

King Stephen : La Tour Sombre (série, 7 tomes)

King Stephen : Marche ou crève

King Stephen : Blaze

King Stephen : Duma Key

King Stephen : Histoire de Lisey

King Stephen : Juste avant le crépuscule

Kinsella Sophie : Confessions d'une accro du shopping

Kladstrup Kristin : Le livre des débuts d'histoires

Kluun Ray : En plein coeur

Kopp Dominique : L'ordre des choses

Kowalski William : Le petit bâtard

Kress Nancy : Les hommes dénaturés

Kriss : La sagesse d'une femme de radio

 

Labro Philippe : Tomber sept fois, se relever huit

Laclavetine Jean-Marie : Première ligne

Läckberg Camilla : Le Prédicateur

Lafon Marie-Hélène : L'annonce

Lam Vincent : Dans les brancards

Lamb Wally - La puissance des vaincus - Le chant de Dolorès

Lamb Wally : Le Chagrin et le Grâce

Lander Leena - Vienne la tempête

Langlois Virginie : La Grande Eclaire

Lamy Jean-Paul : Le banc aux goélands

Lange Richard : Dead Boys

Langenieux-Villard Philippe : Le Livreur

Laroche Sophie : Le carnet de Grauku

Laroche Sophie : Sauve... Qui peut !

Laroche Sophie : Le livre qu'il ne faut surtout, surtout, surtout pas lire !

Larsson Asa : Horreur boréale

Larue Monique : La gloire de Cassiodore

Laurain Antoine : Fume et tue

Laurain Antoine : Carrefour des nostalgies

Laurant Guillaume : Happy hand

Laurens Camille : Romance nerveuse

Lazarova Rouja : Mausolée

Leavitt David : Le manuscrit perdu de Jonah Boyd

Lee Janice Y.K. : Le professeur de piano

Lee Nancy : Dead girls

Le Gall Marie : La peine du Menuisier

Lehane Dennis : Shutter Island

Lehman Serge : Le Haut-lieu et autres espaces inhabitables

Lehtolainen Leena : La poisse

Lemaitre Pierre : Travail soigné

Lemaitre Pierre : Robe de marié

Lemaitre Pierre : Cadres noirs

Le Ninèze Alain : Sator, L'énigme du carré magique

Lenner Anne : L'âme soeur

Lentz Thierry : Tout le monde ment

Lessing Doris : Le cinquième enfant - Le monde de Ben - La terroriste

Le Tellier Hervé : Assez parlé d'amour

Levison Iain : Tribulations d'un précaire

Levraud Muriel : Le soir autour des maisons

Lime Jean-Hughes : Le roi de Clipperton

Lisboa Adriana : Des roses rouge vif

Littell Robert : L'hirondelle avant l'orage

Lively Pénélope : Le tissu du temps

Lodge David : La vie en sourdine

Lodge David : Pensées secrètes

Lopez Hada : Pedro Libertad

Lorient Frédérique : Les visages d'Apollon

Lott Tim : Lames de fond

Loubière Sophie : Dans l'oeil noir du corbeau

Lovegrove James - Days

Lustiger Gila : Un bonheur insoupçonnable

 

Mac Carrie : La bande de Beck

MacDonald Patricia : J'ai épousé un inconnu

Maï Franca : Crescendo

Mainard Dominique : Pour vous

Malley Gemma : La déclaration L'histoire d'Anna

Manas José Angel : L'affaire Karen

Manguel Alberto : Une histoire de la lecture

Mankell Henning : Les chaussures italiennes

Marc Myrielle : Orfenor (2 tomes)

Maréchaux Laurent : Bijoux de famille

Maret Pascale : A vos risques et périls

Martin Valérie : Indésirable

Marvaud Sophie : Le secret des cartographes 1.

Marvaud Sophie : Le secret des cartographes 2.

Marx William : Vie du lettré

Mason Richard : 17 Kingsley Gardens

Mayeras Maud : Hématome

Maynard Joyce : Long week-end

des Mazery Bénédicte : La vie tranchée

Mazetti Katarina : Le mec de la tombe d'à côté

McCarthy Cormac : Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme

McCord Howard - L'homme qui marchait sur la lune

McDonald Ian : Reine du Matin, Roi du Jour

McGarry Morris Mary : Mélodie du temps ordinaire

McKee Charnas Suzy : Un vampire ordinaire

McKillip Patricia A. : Les fantômes d'Ombria

Meltzer Brad : Mort avec retour

Mengestu Dinaw : Les belles choses que porte le ciel

Merle Robert : Malevil

Merle Robert : Le Propre de l'homme

Messud Claire : Les enfants de l'empereur

Meyer Philipp : Un arrière-goût de rouille

Meyer Stephenie : Les âmes vagabondes

Miano Léonora : Tels des astres éteints

Miano Léonora : Soulfood équatoriale

Miller Rebecca : Les vies privées de Pippa Lee

Millesi Hanno : Murs de papier

Millet Lydia : Le coeur est un noyau candide

Millhauser Steven : Martin Dressler ou le roman d'un rêveur américain

Minne Brigitte : Le jour où j'ai rencontré un ange

Moberg Vilhelm : La saga des émigrants (8 tomes)

Moers Walter : La cité des livres qui parlent

Montardre Hélène : L'agenda

Montero Rosa : Instructions pour sauver le monde

Moore Antony : Swap

Moore Christopher : Les dents de l'amour

Morgan Nicola : Un monde sans rêves

Morgenroth Kate : Tuez-moi d'abord

Moret-Courtel Catherine : La Caissière

Morpurgo Michael : Le Roi Arthur

Morrall Clare : Les mots des autres

Mosse Kate : Sépulcre

Mourlevat Jean-Claude : L'enfant océan

Mourlevat Jean-Claude : Le chagrin du roi mort

Mouawad Wajdi : Incendies

Mulisch Harry : La découverte du ciel

Murail Marie-Aude : Miss Charity

Murail Marie-Aude : Papa et maman sont dans un bateau

Murail Marie-Aude : Charles Dickens

Murail Marie-Aude : La fille du docteur Baudoin

Murail Marie-Aude : Malo de Lange, fils de voleur

Murakami Haruki : Chroniques de l'oiseau à ressort

Musil Robert : De la bêtise

 

le Nabour Eric : Kaamelott Au coeur du moyen-âge Tome 1

Némirovsky Irène - Le bal

Ness Patrick : La voix du couteau

Noël Francine : Maryse

Nohant Gaëlle : L'ancre des rêves

Nothomb Amélie : Le fait du prince

Nothomb Amélie : Le Voyage d'hiver

Nourissier François : Eau-de-feu

Nyssen Hubert : Les ruine de Rome - Lira bien qui lira le dernier

Nyssen Hubert : Du texte au livre, les avatars du sens

Nyssen Hubert : L'éditeur et son double Carnets 1988-1989

 

O'Connell Jack : Dans les limbes

O'Connor Joseph : A l'irlandaise

O'Faolain Nuala : L'histoire de Chicago May

O'Faolain Nuala : Best Love Rosie

O'Farrell Maggie : Quand tu es parti

Ogawa Yoko : La bénédiction inattendue

Ollivier Bernard : Nouvelles d'en bas

O'Nan Stewart : Un mal qui répand la terreur

O'Nan Stewart : Nos plus beaux souvenirs

O'Nan Stewart : Des anges dans la neige

O'Nan Stewart : Le nom des morts

O'Riordan Kate : Le garçon dans la lune

Ottenheimer Ghislaine : Venez donc passer quelques jours chez nous...

Ours Nathalie : Haute saison quinzaine uniquement

Ovaldé Véronique : Déloger l'animal

Ovaldé Véronique : Et mon coeur transparent

Ovaldé Véronique : Ce que je sais de Vera Candida

 

Packer Ann : Chanson sans paroles

Pagel Michel : L'équilibre des paradoxes

Pancol Katherine : Un homme à distance

Parks Tim : Comment peut-on aimer Roger !

Paronuzzi Fred : Comme s'ils étaient beaux

Paronuzzi Fred : La lettre de Flora

Patterson Glenn : Le Troisième Acte

Pelletier Chantal : Noir caméra

Pelletier Nicolas : Mon roi

Penney Stef : La tendresse des loups

Périchon Dominique : Samedi soir et des poussières

Petit Michèle : Eloge de la lecture, la construction de soi

Petitjean-Cerf Cypora : Le film

Phillips Arthur : Angelica

Pingaud Bernard : Mon roman et moi

Pirlet Marc : Derrière la porte

Pirzâd Zoyâ : Un jour avant Pâques

Ponsonnet Maïa - Les nouveaux chants du kangourou

Pontiggia Giuseppe - Nés deux fois

Pons Emmanuel : Je viens de tuer ma femme

Pons Maurice : Les saisons

Potter Alexandra : Les deux vies de Charlotte Merryweather

Poulin Jacques : L'anglais n'est pas une langue magique

Pouzol Camille : Lettres de Lo

Powers Richard : Le temps où nous chantions

Powers Richard : La Chambre aux échos

Powers Richard : L'ombre en fuite

de Pracontal Michel : Les gènes de la violence

Pralong Isabelle : L'éléphant

Proulx Monique : Les Aurores Montréales - Le coeur est un muscle involontaire

Putman Cyrille : Bilan provisoire

 

Quilt Linda : De sacrés petits prodiges

Quiviger Pascale : La maison des temps rompus

 

Ragde Anne B. : La Terre des mensonges

Ragde Anne B. : La Ferme des Neshov

Ramos Pablo : L'origine de la tristesse

Ramuz Charles-Ferdinand - Derborence

Ravalec Vincent : Le retour de l'auteur

Read Cornelia - Champs d'ombres

Rémond Alain : Les romans n'intéressent pas les voleurs - Comme une chanson dans la nuit

Rendell Ruth : Le petit été de la Saint-Luc

Rennison Louise : Mon nez, mon chat, l'amour et... moi

Resa Julie : Le Camion blanc

Rey Nicolas : Un léger passage à vide

Reznani Serge : Le Dresseur

Rice Eva : L'amour comme par hasard

Richards David Adams : La malédiction Henderson

Richler Mordecaï : Le monde de Barney

Richmond Michelle : L'année brouillard

Riel Jorn : Le garçon qui voulait devenir un être humain (3 tomes) - Le jour avant le lendemain

Rivera Letelier Hernan : Le virtuose

Robertson Robin : Hontes confessions impudiques mises en scène par les auteurs

Robinson Elisabeth : Les prodigieuses aventures des soeurs Hunt

Rollin François : Les belles lettres du professeur Rollin ou Comment écrire au roi d'Espagne pour lui demander sa recette du gaspacho

de Rosnay Tatiana : Le voisin - Spirales - La mémoire des murs - Mariés, pères de famille - L'appartement témoin - Le dîner des ex - Le coeur d'une autre

de Rosnay Tatiana : Moka

de Rosnay Tatiana : Elle s'appelait Sarah

de Rosnay Tatiana : Boomerang

Rostand Edmond : Le Gant rouge - Lettres à sa fiancée

Roux Christian : Kadogos

Roy Gabrielle : Bonheur d'occasion

Roy Gabrielle : La petite poule d'eau - Ces enfants de ma vie - La route d'Altamont - La détresse et l'enchantement - La rivière sans repos

Roy Gabrielle : La montagne secrète

Rozen Anna : Vieilles peaux

Rubinstein Marianne : Le journal de Yaël Koppman

Ruby Laura : Fantômes à tous les étages

Rufin Jean-Christophe : Un léopard sur le garot

Ruquier Laurent & Claude Sarraute : Avant que t'oublies tout !

Russel Willy : Mauvais garçon

Russo Richard : Un rôle qui me convient - Le déclin de l'empire Whiting - Le phare de Monhegan

Russo Richard : Quatre saisons à Mohawk

Russo Richard : Empire Falls (DVD)

Russo Richard : Le pont des soupirs

 

de Sa Moreira Régis : Le libraire

de Sa Moreira Régis : Mari et femme

Sachar Louis : Le garçon qui avait perdu la face

Sachar Louis : Il y a un garçon dans les toilettes des filles - Le passage - Manuel de survie de Stanley Yelnats pour le camp du lac vert - Pas à pas

Sagan Françoise : Tout le monde est infidèle (entretiens avec André Halimi)

Salinger J.D. : L'attrape-coeur

Sanchez Pinol Albert : La peau froide

Santantonios Laurence : Tant qu'il y aura des livres

Saumont Annie : Moi les enfants j'aime pas tellement

Schenkel Andrea Maria : Un tueur à Munich

Secret Anne : Les Villas rouges

Sedaris David : Je suis très à cheval sur les principes

Senna Danzy : Symptomatique

Sers Caroline : Tombent les avions - La maison Tudaure

Sers Caroline : Les petits sacrifices

Setterfield Diane : le treizième conte

Shields Carol : La mémoire des pierres

Shields Carol : Jane Austen

Sholby : Crossing the Williamsburg Bridge

Simmons Dan - Terreur

Sjöwall & Wahlöö - La chambre close

Smadja Brigitte : Le jour de la finale

Smiley Jane : Charles Dickens

Smith Dodie : Le château de Cassandra

Soljenitsyne Alexandre : Le pavillon des cancéreux

de Solminihac Olivier : Nous n'avons pas d'endroit où vivre

Somoza José Carlos : La clé de l'abîme

Spiessert Rudy : Comme tout le monde

Stegner Wallace : Angle d'équilibre

Stegner Wallace : Vue cavalière

Subercaseaux Elisabeth : Une semaine en Octobre

Sutcliffe William : Une semaine avec ma mère

 

Tapply William G. : Dérive sanglante

Tapply William G. : Casco Bay

Tapply William G. : Dark Tiger

Tardy Anne-Solange : La double vie de Pénélope B.

Tavernier Tiffany : A table !

Ténor Arthur : Si vous tenez à le savoir.com - Le secret du génie humain

Tesson Sylvain : Une vie à coucher dehors

Teulé Jean : Le Montespan

Teulié Alain : A part ça, les hommes vont bien

Teulié Alain : Vendredi soir chez les Becker

Tevis Walter : L'oiseau d'Amérique

Théorin Johan : L'écho des morts

Thériault Yves : Cul-de-sac

Thériault Yves : Agaguk - Tayaout, fils d'Agaguk - Agoak, l'héritage d'Agaguk

Thériault Yves : Le dernier havre

Thibert Colin : Tirez sur l'ambulance !

Thibert Colin : Le festin d'Alice

Thilliez Franck : La chambre des morts

Thomas Scarlett : La fin des mystères

Thu Huong Duong : Au zénith

Tinti Hannah : Le bon larron

Todorov Tzvetan : La littérature en péril

Tolstoï Tatiana : Le Slynx

Tomalin Claire : Jane Austen, passions discrètes

Tomalin Claire : The Invisible Woman The Story of Nelly Ternan and Charles Dickens

Torday Paul : Partie de pêche au Yémen

Tran-Huy Minh : La princesse et le pêcheur

Tremain Rose : Le royaume interdit - Retour au pays - La couleur des rêves

Tremblay Michel : Chroniques du plateau Mont-Royal (6 tomes)

Tremblay Michel : C't'à ton tour Laura Cadieux - Les belles-soeurs

Tremblay Michel : Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes

Treuer David : Little

Trevor William : Ma maison en Ombrie

Trevor William : En lisant Tourgueniev

Trollope Joanna : Les vendredis d'Eleanor

Trudel Sylvain : Le souffle de l'Harmattan

Tschinag Galsan : Ciel bleu, une enfance dans le haut Altaï - Le Monde gris - Dojnaa

Tyler Anne : Le voyageur malgré lui

 

Ullman Linn : Avant que tu ne t'endormes

Updike John : Publicité et autres nouvelles

 

Vacca Paul : La petite cloche au son grêle

Vallejo François : Ouest

Vann David : Sukkwan Island

Varlam Chalamov : Mes bibliothèques

Vassart Marc : Le Serval noir

Veronesi Sandro : Chaos calme

Vers André : Martel en tête

Vickers Salley : La part obscure

Vida Vendela : Soleil de minuit

Villard Marc : J'aurais voulu être un type bien - Un jour je serai latin lover

Villard Marc : Bonjour, je suis ton nouvel ami - Elles sont folles de mon corps - Souffrir à Saint-Germain des Prés

Vinge Vernor : Rainbows End

Vonarburg Elisabeth : La maison d'oubli 1. Reine de mémoire

Voznesenskaya Julia : Le Décameron des femmes

 

Watson Brad : Le Paradis perdu de Mercury

Watson Larry : Montana 1948

Weber Anne : Tous mes voeux

Wentworth Patricia : Miss Silver entre en scène

Wentworth Patricia : La plume du corbeau

Westlake Donald : Le contrat

Westlake Donald : Jimmy The Kid

Wharton Edith : Les chemins parcourus

Wickham Madeleine : Un week-end entre amis

Wilson Jacqueline : La double vie de Charlotte

Wittenborn Dick : Le remède et le poison

 

Xénakis Françoise : Regarde, nos chemins se sont fermés

 

Yalom Irvin D. : Mensonges sur le divan

Yamada Takatoshi : Dr Kotô (Tomes 1,2 et 3)

Yates Richard : La fenêtre panoramique

 

Zahavi Helen : Dirty week-end

Zarraluki Pedro : Un été à Cabrera

Zeitoun Paul : La tête, le ventre et le médecin

Zelter Joachim : Chômeurs Academy

Zenatti Valérie : Une bouteille dans la mer de Gaza - Quand j'étais soldate - En retard pour la guerre

Zevin Gabrielle : Je ne sais plus pourquoi je t'aime

Zinsou Sénouvo Agbota : Le Médicament

Zouroudi Anne : L'inconnu d'Athènes

 

 

 

14.10.2009

Le livre des choses perdues - John Connolly

connolly.jpg"Le livre des choses perdues" est un roman d'apprentissage, dans lequel le narrateur, David, 12 ans, pénètre dans une réalité parallèle et y est amené à affronter ses plus grandes peurs.

Malheureux dans sa vie de petit londonien au début de la seconde guerre mondiale, il passe par un trou dans son jardin dans le monde de l'Homme biscornu, qu'il avait déjà aperçu ça et là dans de mystérieuses pertes de connaissance. Il rencontrera des êtres étonnants, parfois amicaux, souvent carrément hostiles, avec lesquels il devra composer pour tenter de retourner dans son monde...

Ce roman est tout à fait prenant, aimable et sympathique; on vit au rythme du héros, la plume sait nous faire frissonner ou sourire, nous émouvoir et proposer en arrière-plan une explication plus rationnelle pour les esprits cartésiens. Je ne sais pas exactement pourquoi je ne suis pas plus emballée que ça, il me semble que je l'aurais adoré si je l'avais lu à l'adolescence, et que, peut-être, éventuellement, le cas échéant, je suis un poil trop âgée sur ce coup-là. Ou pisse-vinaigre, au choix.

Je pensais que le fait qu'il sorte en version Jeunesse et Adultes simultanément ne changeait rien au texte, mais finalement je me pose la question. Je l'ai lu en Jeunesse.

 

Ed. de l'Archipel, octobre 2009, 346 p.

Traduit de l'anglais (Irlande) par Pierre Brévignon

Titre original : The Book of Lost Things

 

Les jeunettes emballées : Karine, Enna, Emeraude, Fashion, Cathulu.

13.10.2009

Les vies privées de Pippa Lee - Rebecca Miller

 

pippa.jpg

Pippa Lee a cinquante ans, c'est une épouse modèle. Elle aime profondément Herb, son mari, de trente ans son aîné, et est terrifiée à l'idée de le voir verser dans le grand âge. Récemment, ils se sont installés dans une sorte de Pappyland, une cité américaine pour les personnes âgées, où la vie est facilitée et l'environnement quelque peu factice. Tout semble aller bien, pourtant Pippa s'aperçoit qu'elle connaît de graves crises de somnambulisme pendant lesquelles elle transgresse sa petite vie bien propre. C'est l'occasion de revenir sur son passé (inattendu et sulfureux) et en quelque sorte une préparation de ce qui l'attend en troisième partie...

Un roman qui fait partie de ceux qui reculent la nuit, qu'on ne lâche pas, sans aucune pensée pour le réveil (du coup, on est tout étonné qu'il soit déjà cette heure là ?!). Pippa est surprenante, on ne sait pas du tout où on va la plupart du temps. J'ai trouvé la plume très neutre et pourtant, ou peut-être justement, des passages semblent sauter hors des pages pour nous cingler avec force. Il y a des morceaux de pure vérité étincelante, une dramaturgie des relations mère-fille, un joug de la culpabilité qui prend plusieurs formes et dont on accueille la libération avec un soulagement partagé.

Pippa le dit à Herb au début de leur relation, elle est connectée physiquement à ce qu'il ressent, dans ses membres et dans ses doigts. C'est un peu ce qui se communique au lecteur; tout comme à un moment elle s'étonne de se lier à une voisine plus âgée qui ne correspond pas à son cercle d'amis habituel (milieu de l'édition) : je ne crois pas que je serais attirée par Pippa Lee dans la *vraie vie*, mais j'ai en quelque sorte communié avec elle dans ce roman (et pas au sens religieux, hein).

A lire !

 

Edition du Seuil, octobre 2009, 291 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Déniard

Titre original : The Private Lives of Pippa Lee

 

Lu également par : Cathulu (étagère des indispensables, rien que ça :)) (grand merci pour le prêt)

Sortie en salle de l'adaptation le 11 novembre

11.10.2009

La Petite Dorrit - Charles Dickens

La Petite Dorrit s'appelle en réalité Aimée. Elle est née en prison, et son père y passera tellement d'années qu'il héritera du titre de "Père ou Doyen de la Maréchaussée". Y être née lui procure à elle aussi une certaine célébrité, mais pas autant que son caractère et sa façon d'être. La Petite Dorrit est une crème, une petite personne formidable qui se dévoue toute au bien-être de sa famille, et qui aime tendrement son père, à qui elle épargne dans la mesure du possible toute contrariété. Elle est aimée très sincèrement par le petit John, fils du gardien de la prison, mais ne partage pas son inclinaison. Elle, c'est d'Arthur dont elle s'éprend durablement; Arthur qui refuse lui-même de s'avouer un sérieux penchant pour Chérie, la fille de ses amis les Meagles; qui elle-même est folle de Mr Gowan, au grand dam de ses parents (et d'Arthur). Manque encore Flora, bluette de jeunesse d'Arthur, qui aimerait beaucoup retisser ces fils quelque peu distendus...

Beaucoup d'amours contrariés donc, dans ce gros roman (970 pages), mais évidemment pas que ça.

Une charge féroce et drôle contre l'administration anglaise et son goût pour l'immobilisme (le Ministère des Circonlocutions en long, en large et en moult détails !) et une mise en situation extrêmement précise d'une escroquerie de haut-vol maintiennent une tension tour à tour amusante et pesante, au milieu de plusieurs intrigues menées de front sans faiblir, de personnages cocasses et plein de vie, de différents pays évoqués.

Onzième roman écrit en pleine gloire, à 43 ans, La Petite Dorrit m'a emportée dans ses pages avec une intensité qui augmentait sans cesse. J'ai été profondémment émue par le personnage du petit John, dans sa cocasse manie de dresser mentalement de dramatiques épitaphes, et par sa déclaration à son "rival", qui ne prend alors qu'à peine conscience de ses propres sentiments :

"- Seigneur, dit John en prenant à témoin les pointes de fer qui couronnaient le mur, il demande quoi !

Clennam regarda les pointes, puis John; puis les pointes, puis John.

- Il demande quoi ! Et, qui plus est, s'écria John en le contemplant comme à travers une douloureuse brume, il a l'air de bonne foi ! Vous ne voyez donc pas cette fenêtre, monsieur ?

- Naturellement que je la vois !

- Vous voyez cette chambre ?

- Naturellement que je la vois.

- Et ce mur en face, et cette cour en bas ? Tout cela en a été témoin, du matin au soir et du soir au matin, d'une semaine à l'autre, d'un mois à l'autre. Combien de fois n'ai-je pas vu Miss Dorrit ici alors qu'elle ne me voyait pas !

- Témoin de quoi ? dit Clennam.

- De l'amour de Miss Dorrit.

- Pour qui ?

- Pour vous ! dit John en lui mettant la main sur la poitrine.

Puis il recula jusqu'au fauteuil, où il s'assit, tout pâle, les mains sur les accoudoirs, en secouant la tête à l'adresse de Clennam.

S'il avait donné à Clennam un violent coup de poing au lieu de le toucher délicatement, il ne l'aurait pas ébranlé davantage. Le prisonnier demeurait confondu. Ses yeux étaient fixés sur John, ses lèvres s'entrouvraient et semblaient s'efforcer de dire : "Moi ?" mais sans parvenir à émettre un son. Il avait les bras ballants et ressemblait de la tête aux pieds à un homme qu'on vient d'éveiller en sursaut et qui n'arrive pas à saisir la nouvelle qu'on vient de lui annoncer.

- Moi ! dit-il enfin tout haut.

- Oui ! Vous ! gémit le petit John.

Il fit de son mieux pour sourire en répondant :

- C'est pure imagination. Vous faites erreur !

- Moi ! Faire erreur ! monsieur, répliqua John, moi, me tromper sur ce point-là ! Non, monsieur Clennam, ne me dites pas ça. Pour toute autre chose, bien sûr ! je n'ai pas la prétention d'être grand observateur et je sais bien tout ce qui me manque pour ça. Mais moi, me tromper sur une chose qui m'a plus tourmenté le coeur qu'une pluie de flèches tirées par des sauvages ! Moi, me tromper sur une chose qui a failli me mettre dans la tombe (comme je l'aurais parfois souhaité, si la tombe n'avait pas été incompatible avec le commerce du tabac et les sentiments de mes parents !) Moi, me tromper sur une chose qui en ce moment encore m'oblige à prendre mon mouchoir comme une grande fille, bien que je ne voie pas pourquoi "grande fille" serait un terme de reproche, car tout esprit masculin bien constitué les aime toutes, grandes et petites. Allons donc ! Ne me dites pas ça ! Ne me dites pas ça !"

Plus tard dans la nuit, il s'endormira malgré tout d'un paisible sommeil, ce cher John, après avoir composé cette épitaphe :

" Passant !

Respecte la tombe de

JOHN CHIVERY Fils

mort à un âge avancé

qu'il est inutile de préciser.

Ayant rencontré son rival plongé dans le malheur

son premier mouvement fut d'en découdre

mais en souvenir de la bien-aimée

il surmonta sa rancoeur

et se montra

MAGNANIME

"

...

(Mention spéciale également au personnage de Flora, en lequel Dickens égratigne son propre amour de jeunesse, mais avec quel humour ! C'est souvent proprement hilarant, et cette sossotte est pourtant rendue bien attachante, quand elle veut bien laisser parler son coeur...)

"La Petite Dorrit" est un roman parfait; en l'espèce, et également pour découvrir Dickens, nonobstant le très léger problème de ne plus le trouver en librairie (en français) (et même en Pléiade). Je ne saurais trop recommander le farfouillage en bouquinerie et en bibliothèque (et de ne surtout pas en lire une version expurgée, qui elles, pullulent) !

Un ENORME merci à Laure, ma chère Géotrouvetout jamais prise en défaut :)

(Bibliothèque de la Pléiade, 1970, traduction de Jeanne Métifeu-Béjeau)


Pas tout à fait un coup de coeur pour Isil, mais du Dickens reste toujours au dessus du lot :)