18.11.2009
Nicolas Nickleby - Charles Dickens
"Nicolas Nickleby" a été écrit en 1838, Dickens avait 26 ans, venait de connaître le succès avec Pickwick, et menait de concert la publication en feuilleton de ce roman et d'Oliver Twist. On sent bien le bouillonnement de la jeunesse dans ce roman, on voit les épisodes où il lui a fallu meubler pour atteindre son quota de lignes, la construction bancale qui fait revenir sur nos pas, l'improvisation à partir d'une idée de départ.
Mais tout est pourtant réuni pour nous entraîner à la suite de notre héros dans ses aventures décousues, avec ses 117 personnages parlants dénombrés (sans compter les comparses muets).
Nicolas Nickleby est un jeune homme de bonne famille (j'entends par là qu'il a été bien élevé). Son père vient de mourir, après avoir, sur les conseils de sa sotte épouse (j'adore ceci en préface : "Mme Nickleby est un personnage admirable qui ne comprend rien à rien"), tenté la spéculation, et laisse toute la famille dans le dénuement le plus total. Nicolas, en charge de sa mère et de sa soeur, la belle Catherine, vient se placer sous la protection de son oncle, le sordide et très intéressé Ralph Nickleby. Qui s'empresse de le coller comme assistant dans une "école", un établissement comme il en existait à l'époque où les parents se débarrassaient de leurs enfants. Nicolas y verra des choses abominables et ne pourra décemment pas y rester. Première bravade envers son oncle.
Entre-temps, ce dernier avait décidé de profiter de la beauté de Catherine en la donnant en pâture à quelques-uns de ses clients (entendons-nous, pas au sens littéral, évidemment, nous sommes chez Dickens, mais en tant qu'appât, apparat, pour ses affaires). La jeune fille ne se laisse pas faire et quand Nicolas apprend tout ceci, il réagit avec fureur : la rupture est consommée avec Ralph et il lui faut se débrouiller seul (ce qu'il avait de toute façon toujours fait).
Ainsi, il intégrera une troupe ambulante d'acteurs avant d'entrer au service de deux admirables hommes. Catherine, elle aussi, devra travailler, et à ses côtés nous entrerons dans un atelier de couture.
Divers univers, donc, avec des intrigues à chacun liées, des personnages que l'on croise pour les retrouver plus tard, des évènements périphériques en nombre, qui scrutent tous la comédie humaine, le jeu des pantins qui s'agitent mûs par différentes motivations, de la plus pure (ce brave Smike, Newman Noggs ou les admirables frères Cheeryble, entre autres) à la plus sordide (et là les zozos sont fort nombreux), en passant par de mémorables scènes comiques.
Le tout donne un roman vivant, bruissant, joyeux ou terriblement grave, qui se lit avec avidité et une grande joie. Je pourrais citer des brouettes entières d'extraits, par jeu en voici un particulièrement simple, mais très efficace :
"[...] il proposa vivement ce toast : "Les dames ! Honneur aux dames !"
"Je les adore, dit M. Snevellicci en promenant son regard autour de la table. Je les adore toutes.
- Non, pas toutes, dit doucement M. Lillyvick.
- Si... toutes, répéta M. Snevellicci.
- Permettez, dit M. Lillyvick, cela semblerait comprendre les dames mariées, dit M. Lillyvick.
- Je les adore comme les autres, monsieur" dit M. Snevellicci."
A un moment, une virulente charge contre les auteurs de théâtre qui adaptent, souvent très mal à l'époque et surtout de façon précipitée, des romans en cours de parution, où c'est complètement Dickens qui s'exprime sous le couvert de son personnage.
Enfin, ceci, à méditer :) "Quand les gens sont sur le point de commettre ou de laisser commettre une injustice, il n'est pas rare de les voir exprimer de la pitié pour la victime; ils ont ainsi le sentiment d'être vertueux et honnêtes, et à cent coudées au-dessus de ceux qui n'expriment pas de pitié. C'est une façon de placer la foi au-dessus des oeuvres, et cela les met en paix avec leur conscience."
Ed. Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, 1966, environ 900 pages.
Introduction de Pierre Leyris et traduction de Jacques Douady
Lu également par Isil,
08:26 Publié dans Autour de Charles Dickens | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : charles dickens, abominable squeers, admirables frères cheeryble, grande variété de personnages
14.11.2009
Dentiste mystérieux à Manhattan et autres nouvelles - Woody Allen
"Je suis grandement soulagé d'apprendre qu'on est enfin en mesure d'expliquer l'univers. J'allais finir par croire que c'était moi qui déraillais."

Neuf courtes nouvelles de Woody Allen réunies dans un fin format Librio (2 €), franchement, je ne vois aucune raison de s'en priver. On lit ça en souriant d'un bout à l'autre, c'est décalé, absurde, élégant.
"Notre père qui êtes sur la toile" décline un fait divers de 2005, du Guardian, évoquant la vente de prières sur e-bay.
"Théorie des cordes et désaccord" raconte une banale scène de la vie de bureau sous l'angle de la physique (ce qui change évidemment tout).
"A Vienne que pourra" est l'extravagante comédie musicale "Fun de siècle" où Klimt, Schiele, Zweig, Malher, Rilke, Freud& co déjantent à qui mieux mieux. ("Résultat, il vainc la peur de la mort qui l'a paralysé toute sa vie durant. - Et comment ? - En mourant.")
Dans "Ainsi mangeait Zarathoustra", on a retrouvé une oeuvre inédite : "Mes secrets minceur", par Frédéric Nietzsche.
Pour rester dans le même univers, "Mortelles papilles, ma jolie" nous entraîne dans un monde où les truffes, le foie gras et le caviar ont détrôné les bijoux.
"Dentiste mystérieux à Manhattan" nous démontre que les dentistes ont un pouvoir mortel.
"Attention, chute de nabab" narre une tragédie euridipienne : la folie des grandeurs à Hollywood :
"UMLAUT : Dites, les gars, y en-a-t-il un parmi vous qui aurait lu l'Epopée de Gilgamesh ?
(Ils opinent tous deux avec enthousiasme.)
NUTMEAT : La bible babylonienne ? Bien sûr, plusieurs fois, pourquoi ?
UMLAUT : Je ne dirai que deux mots : comédie musicale."
Dans "Stylo à gages" un auteur persuadé de son grand talent se mesure à l'appât du gain.
Enfin, "Prise de bec au procès Disney" amène Mickey à la barre des témoins.
Après ça, on n'a qu'une envie, se procurer un recueil bien plus consistant : je suis fan de la plume et l'esprit de Woody Allen.
Ed. Flammarion, 2007 & Librio 200971 p.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard
Lu également par Wictoria (9 nouvelles très courtes mais délicieuses, on se pourlèche, on salive, on se gave),
(A propos de Nicolas Richard, dont la traduction du "Temps où nous chantions" m'avait enchantée, un billet d'humeur au vitriol sur le Buzz Littéraire. Ouch, c'est violent !)
07:37 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelles, humour, absurde
13.11.2009
Oscar Pill Tome 1. La révélation des Médicus - Eli Anderson
Oscar Pill a douze ans, il vit à Pleasantville avec sa mère et sa soeur, son père est mort dans un accident d'avion. C'est du moins la version
officielle, car dans ce premier tome d'une série (de cinq volumes, je suppose, correspondants aux cinq mondes) on apprend très vite qu'il n'en est rien. Vitali Pill était en effet un grand Médicus, et sa disparition, si elle est liée à un combat contre Skarsdale, le Prince des Pathologus, reste mystérieuse. Oscar est lui aussi un Médicus, il le découvre lorsqu'on vient le chercher après l'évasion de Skarsdale. Il lui incombe désormais de recevoir une longue formation afin d'unir ses forces à la lutte contre les maladies. C'est en Hépatolia, le premier des univers du corps humain, qu'il doit se rendre et rapporter une fiole de bile, afin de pouvoir poursuivre son apprentissage. Ses premiers essais se révèleront compliqués, mais il sait se faire des amis dans plusieurs univers...
Un roman copieux qui se lit avec facilité. Il y a de bonnes trouvailles, j'ai aimé la famille d'Oscar, la frangine allumée et lunaire et la mère désordonnée qui fait tous les jours du steack-frites. On se régale avec les objets vivants, le chêne nommé Zizou parce qu'il est trop fort au lancer de n'importe quelle chose et que son caractère lui a fait asséner un sacré coup de boule à un noisetier piqueur de place, et surtout avec les livres : il convient de demander très poliment à l'auteur s'il accepte de nous laisser lire ses lignes passionnantes, et on peut entamer de vraies conversations (gare aux différents caractères, quand même !).
J'ai apprécié les petites touches d'humour, comme la demande d'huile "Si j'ai... soif, pendant la nuit. - De l'huile, si vous avez soif !.." (Il faut bien nourrir Lawrence, dont vous ferez connaissance vers le milieu de ce tome), j'ai moins goûté les incursions proprement dites dans le corps humain, ou plutôt, je les ai trouvées un poil longuettes et compliquées. Et puis difficile de ne pas penser à l'univers d'Harry Potter, même si tout est bien différencié, ça ressemble plus à une transposition.
D'une manière générale, le ton est clairement destiné à la Jeunesse, aux alentours de dix ans, guère plus.
Ed. Albin Michel, 2009, 569 p.
Le très joli site consacré à cette série.
Lu également par Laure (Une lecture sympathique), Clarabel (l'histoire est divertissante et drôle)
11:29 Publié dans Pas mal | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, voyager dans le corps humain, science et magie
12.11.2009
6 heures plus tard - Donald Harstad
J'aime ce qu'écrit Donald Harstad (déjà évoqué ICI ou LA), et ce nouvel opus des aventures du Shérif Carl Houseman ne m'a aucunement déçue.
C'est à Londres que nous retrouvons notre ami de 56 ans, envoyé "politiquement" donner la main à la police anglaise dans la disparition d'une copine de sa fille. Elles sont trois colocataires momentanément en Angleterre dans le cadre de leurs études. Emma est la plus délurée des trois, dans sa trentaine d'années elle ne se refuse pas les petits plaisirs. Jusqu'au jour où elle s'offre au mauvais cheval, un prof crétin pétri de grandes idées au service de son égo qui se révèle être une parfaite couverture à des terroristes. Ce sont des amateurs extrêmement peu doués (et par là même, très dangereux), mais à leur tête il y a de vrais méchants ("Mieux vaudrait un échec sanglant qu'un renoncement de la dernière heure". Brrr.)
En alternance, ces mondes différents (USA vs England, MI-5 vs FBI, shérif pétri d'expérience vs organisation terroriste en apprentissage) font progresser l'intrigue en nous y intéressant de plus en plus...
Ce que j'aime chez Donald Harstad est en réalité également ce qui me terrifie le plus : il décrit des évènements et des processus qui me paraissent tellement vraisemblables, d'une façon tellement posée et dénuée de tout artifice, que je sursaute aux dénouements inattendus (enfin, moi, je ne m'attendais pas à ça) et que je me pique au jeu au fil des pages, regrettant fortement que cela se termine.
Vivement le prochain :)
Ed. du Cherche Midi, collection "Ailleurs", novembre 2009, 348 pages.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Gilles Morris-Dumoulin
Titre original : November Rain
Merci Solène !
Lu également par : Yspaddaden (un flic original par son côté attachant et débonnaire), Cathulu (Une réussite !), Amanda (on apprécie toujours autant le style direct)
05:43 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : policier, terrorisme, angleterre vs etats-unis, pragmatique et effrayant
10.11.2009
Dans les limbes - Jack O'Connell

Sweeney est pharmacien. Il fut un temps où sa vie était tout ce qu'il y a de plus banale, il avait son boulot, ça roulait, sa femme et son fils, le petit Danny, 6 ans. Mais Danny est dans le coma depuis un an, l'épouse s'est suicidée, et Sweeney est au bout du rouleau. Il est sujet à des crises de rage et craint de passer les limites. On lui a beaucoup vanté la clinique du docteur Peck, qui a déjà réussi à sortir deux patients du coma. Il tente le tout pour le tout, nouveau boulot, nouvelle ville, nouvelle clinique pour Danny.
Mais Quinsigamond est une ville à la Derry ou au comté de Yoknapatawpha. Sweeney y rencontre une bande de motards quelque peu spéciaux, des neurologues investis d'une mission, et tente de comprendre la BD auquel son fils était accro : Limbo.
Insidieusement, alors que l'intrigue de Limbo est intercalée à celle de Sweeney, la frontière entre les deux mondes devient floue pour le lecteur; des correspondances s'établissent; des peurs montent à la surface; des combinaisons frénétiques se frayent un passage dans notre imagination qui trouve dans ce roman le terrain idéal pour s'épanouir et se ramifier.
C'est un roman brillant qui claque bien, qui est très fortiche dans le sens où le lecteur n'est jamais pris par la main, on le laisse vraiment faire sa sauce tout seul, on lui démontre la portée que peut avoir une histoire et un bon conteur, à condition qu'il y ait un lecteur consentant en face.
C'est un monde presque féérique, de ce merveilleux qui touche au glauque, un peu dans l'esprit de la série "La caravane de l'étrange", ou des films de Tim Burton, vous voyez. A la lisière du beau et du bizarre, sur un mince fil très ténu. Pas un thriller, pour moi, même s'il y a bien un vrai suspens, des choses qui ne sont pas ce qu'elles semblent être, et une explication finale. Plutôt un roman qu'on ne peut pas classer, un genre d'uppercut qui a le pouvoir de générer une fan-attitude, de séparer le monde entre ceux qui l'ont lu et les autres, ceux qui l'ont aimé et ceux qui ont tort ;o)
Ne pas passer à côté !
Ed. Rivages/Thriller, 2009, 355 p.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Gérard de Chergé
Titre original : The Resurrectionnist
Lu également par : Jean-Marc (Jack O’Connell est un très grand),
18:17 Publié dans Vraiment très bien | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : etrange, fantastique, plume de grand conteur, univers touchant au merveilleux
09.11.2009
Vie du lettré - William Marx
C'est Dominique qui m'avait donné très envie de lire cet ouvrage. "Érudit mais pas inaccessible" nous disait-elle, et elle avait raison. C'est
truffé de références qu'il est impossible d'appréhender sans avoir fait d'études littéraires, mais fort heureusement le ton (souvent mordant) et les nombreuses anecdotes ne laissent pas le lecteur lambda sur le côté, même si je suis passée très au large de plusieurs concepts philosophiques.
Et puis que de phrases à relever, pfiou, j'ai passé mon temps à ça :)
Je suis une lettrée dans la seule acception de cette définition, en préambule : "Qu'est-ce qu'un lettré ? Quelqu'un dont l'existence physique et intellectuelle s'ordonne autour des textes et des livres; vivant parmi eux, vivant d'eux, employant sa propre vie à les faire vivre et en particulier, à les lire." Mais ça se gâte dès la page suivante, lors de l'explication de la différence entre culture et divertissement (et je cherche donc qu'à me divertir). Ça se corse encore au chapitre VI, consacré à l'examen, puisque : "On n'est pas lettré tout seul. Certes, nul n'est empêché de jouir en solitaire de la littérature, mais cette jouissance-là n'a rien de lettré : c'est celle de l'autodidacte, lequel s'oppose au lettré au moins sur ce point." Magnifique conclusion à ce chapitre de l'examen : "Aussi la forme du concours est-elle d'essence plus philosophique que le simple examen, car, tandis que ce dernier, en sanctionnant un niveau absolu, risque de donner une assurance trompeuse, on ne réussit jamais un concours que faute de meilleurs candidats. De là procède la force paradoxale du lettré : il avoue non pas sa nullité, mais son insuffisance."
"Une bibliothèque est une machine à sortir du monde et à faire éclater les cadres trop étroits de la temporalité quotidienne."
"La vie du lettré est excentrique par principe ou, plus précisément, excentrée, c'est-à-dire ordonnée à un autre centre : les textes, qui lui imposent leur loi."
Excellent VIII° chapitre intitulé "L'économie" : "La vie du lettré est nécessairement une vie lettrée, différente de la vie ordinaire : il y a tant de livres à lire et à commenter, tant de livres à écrire aussi, qu'une existence peut en être facilement occupée - et débordée. A elle seule, une bibliothèque vaut bien une famille, tracas compris. Bon an, mal an, l'enfant grandit tout seul; il ne sait que croître: c'est sa nature. Mais la nature du livre est de mourir à chaque page pour renaître, si le veut le lecteur ou l'auteur, à la page ou la phrase suivante. Lire exige temps, effort, application : c'est transcrire en son esprit ce qu'un autre a écrit sur du papier, fournir sa propre vie à la parole d'autrui, regonfler de son propre souffle des mots expirés. Contrairement à un lieu trop commun, on ne dévore pas les livres : ils vous dévorent, vous vampirisent, se nourrissent de votre être et de votre énergie, vous coupent du monde, vous transportent dans le leur, mangent votre espace et votre temps, débordent de vos étagères, raccourcissent vos nuits et vos journées, rétrécissent votre maison et votre appartement, vous ruinent tout en vous enrichissant, vous font leurs quand vous croyez les faire vôtres."
A lire dans le calme.
Ed. de Minuit, collection Paradoxe, 2009, 181 p.
Frédéric Ferney en parle très bien,
06.11.2009
Hunger games - Suzanne Collins
Vous pouvez croire tout ce que vous lisez sur ce roman, oui "Hunger game" se dévore et c'est Stephen King qui le dit le mieux : "Impossible de lâcher ce livre; c'est comme si votre vie en dépendait."

Nous sommes à une époque future où la population a été divisée en district, chacun assumant une tâche précise (les mines de charbon, les cultures de céréales, etc.). Ils sont au nombre de 12 (le 13°, rétif à l'autorité du "Capitole", a été exterminé) sur le continent qui fut l'Amérique du Nord. Comme chaque année se déroulent les hunger games, "jeu" qui consiste à tirer au sort deux tributs âgés de 12 à 18 ans dans chaque district, une fille et un garçon, et à assister en un endroit choisi à leur mise à mort télévisée. Ils sont vingt-quatre, et il n'en restera plus qu'un.
Ils doivent donc survivre dans des conditions hostiles dont ils ignorent tout (corsées par des interventions du Capitole si c'est trop mou !) et se tuer entre-eux. Katniss (16 ans) du district 12 est notre héroïne. Elle nous fait vivre tout ça vraiment comme si on y était...
J'ai été complètement bluffée par ce roman qui m'a écarquillé les mirettes; un rythme, une tension, une avidité à tourner les pages d'une puissance assez phénoménale. C'est bon, vraiment bon, il y a une vraie profondeur derrière les péripéties, tout un univers chamarré et consistant. Je suis passée par une grande palette de ressentis, avec une mention spéciale au moment de la petite Rue. L'envoi du pain (ceux qui l'ont lu comprendront) m'a carrément mouillé les yeux. Un méchant petit pain noir. Faut le faire ! :)
Je trouve que c'est plutôt époustouflant, reprendre les codes de la survie en milieu hostile (et pas seulement au sens premier, toute la société est hostile dans son organisation) et les décliner dans toutes les ramifications possibles, en injectant de l'honneur, de l'amitié, un amour qui se cherche (ça aussi, c'est balèze, Katniss ne sait pas ce qu'est l'amour, elle l'appréhende petit à petit sans jamais le reconnaître vraiment, comme une vraie ado qui a eu une enfance ô combien difficile), un peu de Cendrillon... Il se passe des choses monstrueuses et pourtant une certaine fraîcheur, pureté même, imprègne le récit.
Premier volume d'une trilogie, il faut maintenant attendre le mois de mai pour avoir le deuxième en français, et ça va être très très long.
A lire !
Ed. Pocket Jeunesse, 2009, 382 p.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Guillaume Fournier
Merci Nicolas !
Lu également par : Clarabel ( Wooooooooooooow ! ), Jean de La soupe de l'espace (roman vraiment génial), Emmyne (Le récit est captivant, mené avec brio), Laurence de Biblioblog (une fois le livre refermé, vous n'aurez qu'une envie : connaître la suite), Fashion (un style efficace et précis et une excellente construction),

Ce roman fait partie des **Coups de coeur de la blogosphère**, challenge initié par Théoma.
07:52 Publié dans Excellent | Lien permanent | Commentaires (38) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, ados, hyper prenant, frénétique, aventures, valeurs, horreur, pfiou, ça décoiffe !
04.11.2009
La belle rouge - Poppy Z. Brite

Nous avions quitté nos héros bien installés à la tête de leur restaurant dans "Alcool"; nous retrouvons Rickey et G-man alors qu'ils prennent connaissance d'une critique assassine. G-man, avec sa placidité coutumière, sait bien qu'il suffit de l'ignorer, mais Rickey est fumax, même s'il comprend que c'est Lenny qui est visé à travers leur restaurant. Aussi, quand tombe une proposition d'aller faire du consulting pour un restaurant à Dallas, ils y voient l'occasion de gagner un peu d'argent, pour racheter la part de Lenny plus rapidement. Et puis, comment refuser une proposition qui comporte : "En plus d'être défrayé par mes soins, vous serez payé 10 000 dollars. Et, croyez-moi, je suis très ouvert en terme de frais (j'éprouve un malin plaisir à voir mes hôtes repartir de chez moi avec la gueule de bois, la goutte, les couilles en bouillie et une nouvelle paire de bottes)." (En réalité, Rickey n'est pas du tout sensible à ces arguments, c'est moi qu'ils ont amusée).
Rickey en mission à Dallas, donc, chez les Texans, avec leurs bottes, leur puritanisme, leur goût pour la viande ! Pendant que G-man garde la boutique et que Lenny voit se profiler un procès sérieux contre lui...
Deuxième volume d'une trilogie culinaire, "La belle rouge" m'a apporté le même plaisir que le premier. Je trouve nos amis cuistots très attachants, souvent très drôles, hauts en couleurs, et formidablement pros. Il y a de très jolis passages sur la vie d'une brigade, sur la capacité d'un beau service à vider la tête, sur la vie que mènent les cuisiniers.
Par exemple, figurez-vous que l'inconscient auteur de la critique qui met le feu aux poudres se paye un jour l'audace de se pointer au restaurant. Ça donne :
"- Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit-il
- Je ne sais pas si je fais bien de t'en parler, mais Humphrey Wildblood est ici.
Soudain, la cuisine parut se mettre à tanguer et Rickey dut fermer les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il sentit le regard de G-man rivé sur lui depuis sa position de saucier, à l'affût de sa réaction.
- Comment tu sais qui c'est ? reprit Rickey.
- Avec certains autres maîtres d'hôtel, on a mis en place une sorte de trombinoscope façon téléphone arabe. On se refile des photos de critiques gastronomiques ou, à défaut de photos, on recoupe les signalements. Du coup, j'ai pu voir sa sale tronche la semaine dernière.
- Il est avec qui ?
- Il dîne en tête-à-tête avec lui-même.
- Quel enculé, lâcha Rickey.
Alors, certains passages particulièrement fielleux de l'article écrit par Wildblood lui revinrent à l'esprit : "Alcool illustre parfaitement l'adage selon lequel on ne devrait jamais, ô grand jamais, confier de responsabilités professionnelles à quiconque âgé de moins de trente-cinq ans..."; "Résultat des courses : une carte manquant complètement de cohérence..."; "sans aucun souci d'exactitude ni de palatabilité*".
- Quel gros enculé !"
Rickey est impulsif, mais qui ne connaît pas ces mots fielleux lus sur son compte qui restent gravés dans un coin de la tête ? :)
J'ai relevé au passage de tenter une goutte de cognac dans le Champagne, paraît que sa saveur édulcorée s'immisce avec bonheur dans les bulles acérées du pétillant. Et puis, toujours, des descriptions de plat qui donnent envie de se ruer au restaurant, par exemple : "Une aile de raie, croustillante et bien relevée, inondée d'un beurre noisette riche en arômes. Les saveurs frisaient l'excès d'intensité mais l'évitaient de justesse. L'immense plaisir qu'elles vous procuraient virait presque au malaise mais s'arrêtait juste à temps. Jusqu'ici, tous les plats s'étaient révélés de la même étoffe: des ingrédients succulents présentés avec délicatesse et subtilité, loin d'être empilés en tours ou coiffés d'énormes monceaux de patate douce ciselée en julienne ou contorsionnée dans des formes aussi artificielles qu'improbables. Le repas avait commencé par un consommé très clair dans lequel flottaient des moitiés de tomates cerises jaunes au corps-à-corps avec d'infimes petits cubes d'ail rôti. Ensuite, on leur avait servi une huître belon, dont la silhouette, le goût et la texture s'avérèrent divins, humectée d'une sauce au pamplemousse et au poivre noir concassé, puis des éclats translucides de coquilles Saint-Jacques crues déployés sur un nid de céleri en gelée, le tout nappé de généreuses portions de caviar sevruga. La raie était le premier plat chaud du menu; sa saveur citronnée, véritable écho aux plats plus légers qui l'avaient précédée, suscita chez Rickey une grande admiration."
J'ai hâte de retrouver mes deux amis dans de nouvelles aventures !
Ed. Au Diable Vauvert, 2009, 488 p.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Morgane Saysana
Titre original : Prime
Lu également par : Amanda (merci pour le prêt !), Emma, Daniel, le livraire,
* La palatabilité est la caractéristique de la texture des aliments agréables au palais. C'est un terme utilisé dans les sciences de la nutrition. C'est l'intensité du plaisir à manger.(Wiki)
06:00 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle-orleans, cuisine, manigances, moderne et drôle, très très très appétissant
01.11.2009
Hiver - Mons Kallentoft
"Hiver est le premier volume d'une série où chaque titre est articulé à une saison", et il donne clairement envie de lire la suite. Nous faisons ici la connaissance du commissaire Malin Fors. Elle a la trentaine, est mère célibataire d'une ado de quatorze ans (qu'elle présente ainsi : "Les seules fois où Tove s'avise de se lever tôt, c'est juste pour finir un de ces bouquins qu'elle avale avec frénésie. Elle a des goûts assez bizarres pour son âge. Jane Austen. Quelle ado de quatorze ans lirait ce genre de choses à part Tove ?"), a un petit problème avec l'alcool, et surtout, passe sa vie au boulot, dans lequel elle est plutôt brillante.
"Mais ils devaient également suivre d'autres pistes, s'intéresser à chaque indice qui pourrait se révéler important. D'innombrables enquêtes piétinent parce que les policiers se mettent eux-mêmes des bâtons dans les roues en partant avec des idées préconçues, ou pire, en s'entichant de leurs propres théories." Malin explore toutes les pistes, méthodiquement, elle ne se fie pas seulement à son instinct, elle est tenace, voire obsessionnelle.
Nous sommes en plein hiver, en Suède, le froid est terrible, Malin n'a pas un instant à elle entre son enquête (un obèse a été retrouvé, atrocement mutilé et nu, pendu à un arbre), sa relation purement physique avec un journaliste et le copain de sa fille ("Tu ne trouves pas qu'il est mignon ? - Il est bien élevé. - Mais pas trop. - Non, Tove, pas trop. Mais assez pour que tu doives faire attention. Les mieux élevés sont toujours les pires.")
A cette ambiance pesante s'ajoutent les pensées du mort, que l'on entend s'adresser aux enquêteurs...
Un rythme très lent qui met en lumière indistinctement tous les protagonistes, par petits morceaux, très en détails, dans une progression linéaire. On se prend dans les filets de cette ambiance très quotidienne, et on est en pleine empathie avec Malin que l'on a l'impression de bien connaître quand prend fin cette enquête : les secrets de famille dépassent l'imagination.
En cours d'adaptation au cinéma en Suède.
Ed. Le Serpent à Plumes, Collection Roman Noir, novembre 2009, 483 p.
Traduit du suédois par Max Stadler et Lucille Klaus
Titre original : Midvinterblod
17:50 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : suède, glacial, meurtres, secrets de famille, enquêtrice abîmée, très noir
31.10.2009
L'échappée belle - Anna Gavalda
"L'échappée belle" est une petite bluette qui fait du bien. Ecrit en 2001, juste après "Je l'aimais", ce titre est d'abord paru en cadeau pour les
adhérents France-Loisirs, puis maintenant réédité au Dilettante (sa maison d'édition "historique") après quelques retouches.
Il s'agit d'un moment entre frères et soeurs, adultes et installés dans une vie moyennement marrante, dans une période où ils ne vont pas très bien, ils s'échappent d'un mariage pour baguenauder comme des gamins insouciants.
Anna Gavalda fait partie de ces auteurs qu'il est de bon ton de snober, elle vend des livres, c'est suspect. Pourtant elle a quelque chose dans la plume qui me rejoint, me touche, qui fonctionne avec moi. Dans ces 165 pages elle charge un peu la mule (disons que tout ce qui peut arriver arrive et que la langue est très familière) mais pourtant des mots sautent hors des pages pour scintiller devant mes yeux :
"Sublimes toquards" ==> Mes personnages préférés au monde.
"Je ne dis pas que c'est un saint, je dis qu'il est mieux que ça"
Et pour faire danser votre week-end malgré les gouttes qui ont l'air de s'annoncer drues : "Miousic wâse maille feurst love" (for connaisseurs only, dit-elle) (Dommage qu'il n'y ait pas Spandau Ballet, tiens).
Ed. Le dilettante, 4 novembre 2009, 165 p., 10 euros.
Le "prière d'insérer" d'Anna Gavalda.
Lu également par Amy, Laure aime le texte mais n'aime pas trop qu'on fasse du neuf avec du vieux.
07:47 Publié dans Pas mal | Lien permanent | Commentaires (34) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : léger et court-vêtu, sympatoche, souriant, mimi, j'aime plutôt bien
29.10.2009
Le Havre un art de vivre - Pierre Dottelonde
Il existe un nombre incroyable de blogs consacrés à la ville du Havre (répertoriés ICI), avec de très belles photos. Je prends plaisir à les parcourir, pour tenter de défricher l'inconnue que représente encore, installée depuis seulement quelques jours, cette ville. Bien sûr il faudra, tranquillement, la parcourir de visu, mais les premiers temps sont riches d'occupations autres, et le net ou les livres sont une bonne entrée en matière.
"Le havre un art de vivre" de Pierre Dottelonde est à ce titre tout simplement parfait.

En préambule, ces deux qualificatifs que j'ai déjà entendus si souvent : "[..] l'entrée du Havre dans la prestigieuse famille des sites les plus remarquables au monde a sonné comme une belle revanche pour cette ville si souvent - et toujours par des gens qui n'y ont jamais mis les pieds - dépeinte comme "triste" ou "grise", à l'instar de la plus plupart des villes reconstruites après la Seconde Guerre mondiale." Alors que ceux qui prennent la peine de vérifier sur place ont le plaisir, presque la surprise, de découvrir une ville "libre, ouverte sur un grand large, accueillante à la création (et aux nouveaux venus, je confirme ;o))" (propos de Michèle Champenois, journaliste au Monde).
Tous les aspects de la ville sont évoqués en différents chapitres, avec de nombreuses et somptueuses photos, le tout est émaillé de citations d'écrivains, cinéastes, architectes consacrées au Havre. (On trouve aussi l'appel allongé lors de la parade du printemps du goéland argenté : "Au-kailli-kau-kau-kau-kau-kau-kau-au-au" ;o))
Tout le monde sait que la ville a été inscrite au patrimoine mondial, pour son architecture Perret, mais beaucoup l'imaginent comme Philippe Meyer : "Je croyais, sur la foi de la rumeur, qu'[Auguste Perret] avait bâti sans moyens des parallélépipèdes riches en béton et pauvres en imagination, alignés sans autre dessein que de répondre en toute hâte aux besoins de relogement. Je découvre des immeubles aux proportions harmonieuses et discrètes, à l'agencement séduisant, aux portes décorées de reliefs avenants, au béton adouci par une teinte rose dans la masse, à l'orthogonalité organisée en belles perspectives classiques que la tour de la mairie et les flèches de l'église Saint-Joseph tirent parfois vers le ciel."
D'ailleurs, Auguste Perret lui-même déclarait : "Mon béton est plus beau que la pierre. Je le travaille, je le cisèle [...], j'en fais une matière qui dépasse en beauté les revêtements les plus précieux."
Oscar Niemeyer, à qui l'on doit le Volcan, déclare, lui : "Quand j'ai commencé le projet du Havre, j'ai pensé que l'architecture était liée à un ensemble, au climat, et je ne voulais pas une place où les gens regardent les éléments d'un seul point de vue [...] C'est ça mon travail au Havre [...] une chose non baroque mais avec beaucoup de liberté".
143 pages qui se terminent par les hauts lieux de la cuisine havraise, avec, par exemple, Jean-Luc Tartarin qui nous propose des coquilles saint-Jacques de la baie de Seine, saisies dans leur coquille à vif, accompagnées d'eau d'huîtres à la réglisse et d'une feuille de caramel au curry. Mmmmmm...




(Voyez les petits bonhommes qui grimpent sur le volcan ? Fiston s'y essaye tous les jours, chut)
Un grand merci à Solène !
Lu également par Yllen,
07:52 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le havre, et moi, une rencontre réussie
28.10.2009
Genesis - Bernard Beckett
Anaximandre s'est beaucoup entraînée avec Périclès, son tuteur, rencontré fortuitement. C'est le grand moment, l'examen d'entrée à l'Académie; il se déroule oralement, face à trois examinateurs impassibles, il va durer quatre heures, entrecoupées de longues pauses pendant lesquelles le jury délibère et oriente ses questions. Nous sommes dans le futur, et on interroge Anax sur la vie et l'oeuvre d'Adam Forde, 2058-2077. Il a été le déclencheur du Grand Dilemme, et Anax a étudié le sujet à fond. Sauf qu'elle ne sait pas tout...
Un roman parmi les meilleurs ! On oublie totalement qu'il s'agit d'un roman Jeunesse (d'ailleurs, il s'adresse à mon sens aux grands ados et aux adultes) et on dévore. Bien sûr c'est une vision très sombre de l'avenir, mais nos choix philosophiques sont très clairement exprimés, on ressent une grande empathie et on est rivé aux idées développées. Anaximandre se prend au jeu, c'est très intéressant, en dehors de l'histoire elle-même, de la voir perdre ses réserves et s'impliquer de plus en plus, tout en redoutant que cela ne la perde... Le style est limpide et la révélation finale fonctionne bien, même si elle n'est pas nouvelle : je recommande chaudement !
Ed. Gallimard Jeunesse, 2009, 186 p.
Traduit de l'anglais (néo-zélandais) par Laetitia Devaux
09:42 Publié dans Vraiment très bien | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, sf, intelligence artificielle, futur
27.10.2009
Dombey et fils - Charles Dickens
"Elle s'adonna à la mélancolie, le meilleur marché et le plus accessible des luxes, jusqu'au moment où le sommeil la prit."
"Dombey et fils" raconte l'histoire d'une famille, les Dombey. Le père est un riche homme d'affaires, que l'orgueil étouffe et contraint à la rigidité en tous moments de sa vie; la mère décède en donnant la vie au petit Paul; ce dernier est destiné à occuper le "& fils" qui se transmet de génération en génération, aussi la soeur aînée, Florence, est-elle totalement ignorée. Paul meurt dramatiquement, le père se remarie avec une intrigante qui a des états d'âme, et Florence est toujours quantité négligeable (pour son père, car sinon tout le monde l'adore). Puis le malheur s'abat encore, la nouvelle épouse s'enfuit (avec le bras droit ! Coup fatal !) et Mr Dombey se met à haïr Florence, qui s'enfuit alors elle aussi (pour trouver l'amour, ça va). Agé, ruiné et solitaire, il se rend alors compte de la perle qu'est sa fille et tout finit bien, dans un salut final.
"Dombey et fils" ne compte pas parmi les meilleurs romans de Dickens, il est souvent lourd de tension dramatique martelée ou exagérément primesautier, avec un comique de l'absurde clinquant. en ce qui concerne le père, c'est clair, on le méprise dès le départ, mais il est difficile de s'attacher à Florence qui a peu de consistance, et qui accepte tout avec une placidité de sainte peu séduisante. Dickens avait été très ébranlé en écrivant la mort du petit Paul (alors à Paris, en hiver, il avait ensuite passé toute la nuit à marcher dans les rues) mais elle arrive trop tôt pour que le lecteur (moderne j'entends, j'ignore comment cela pouvait être ressenti au 19°) en soit réellement touché.
Ce qui "sauve" tout, c'est, comme dans tous les romans de Dickens, la qualité des personnages secondaires, qui sont nombreux et géniaux. Il réussit à faire passer en un Bagstock tous les flatteurs hypocrites et intéressés, ou en un capitaine Cuttle toute la bravoure des gens simples et exentriques. Il sait comme personne magnifier les petits, les perdants, les simples. Et puis l'humour, toujours.
Dans le personnage du petit Paul, j'ai retrouvé beaucoup de l'enfant qu'avait été Dickens, tel que le décrit Peter Ackroyd dans sa merveilleuse biographie :
"La seule différence fut qu'il gardait sa personnalité pour lui seul. Il devenait tous les jours plus réservé et plus pensif; il ne manifestait, envers aucun membre vivant de la maisonnée du docteur, une curiosité analogue à celle qu'il avait ressentie au sujet de Mme Pipchin; il aimait à être seul. Dans les brefs moments où il n'était pas plongé dans ses livres, il n'aimait rien tant que d'errer, solitaire, par la maison, ou de rester assis sur les marches de l'escalier, à écouter la grande horloge du vestibule. Il était intime avec toutes les tapisseries, il voyait dans leurs dessins des choses que personne n'apercevait, découvrait des tigres et des lions en miniature qui escaladaient les murs de la chambre à coucher, et des visages qui louchaient et regardaient méchamment dans les carrés et les losanges de la carpette.
Cet enfant solitaire vivait entouré des arabesques de son imagination et personne ne le comprenait. Mme Blimber le trouvait "drôle" et parfois les domestiques se disaient entre eux que le petit Dombey "broyait du noir"; mais cela n'allait pas plus loin."
Sans doute est-ce la raison du coup ressenti par Dickens en donnant la mort à ce personnage...
Ed. Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade (volume II consacré à Dickens), 1956, environ 1000 pages. (écrit en 1846 par CD)
Traduction faite par Georges Connes sous la direction de Léon Lemonnier et complétée par Francis Ledoux
Introduction et notes de Pierre Leyris
Un grand merci à Fashion pour le prêt !
(Cathulu, un personnage adore les vaches et il y a même un chien ;o))
07:22 Publié dans Autour de Charles Dickens | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : charles dickens
18.10.2009
Quand la mer monte - Yolande Moreau & Gilles Porte (2004)

Irène est une comédienne en tournée dans le Nord de la France, avec un spectacle dans lequel elle est seule en scène : "Sale affaire". Affublée d'un masque qui lui donne un air inquiétant/décalé, elle fait rire les salles en interprétant une femme de 45 ans qui vient de commettre un crime, à la recherche de l'amour. Chaque soir, elle désigne dans la salle un "poussin" qui la rejoint sur scène et qu'elle martyrise gentiment.
Un jour, en panne de voiture en plein milieu de la campagne, elle est dépannée par Dries, qui passait en mobylette. Pour le remercier, elle lui remet deux invitations à venir la voir sur scène. Dries s'y rend le soir-même, il est "choisi" comme poussin et passe une très bonne soirée. A tel point qu'il la continue avec Irène et deux de ses amis, dans un bar puis un autre.
Dries n'a pas eu de chance dans la vie, orphelin il a été élevé par des parents adoptifs à partir de 9 ans et demi seulement. Il parle mal français, avec un accent flamand très prononcé, il vit provisoirement dans le hangar où sont rangés les géants (il est porteur de géant pour le carnaval) et bosse sur les marchés en pointillés. C'est un gars du nord gentil et un peu fier-à-bras. Il craque immédiatement sur Irène. Selon mon interprétation, il n'a pas le recul suffisant pour différencier ce qui se passe et se dit sur la scène, lorsqu'il est "poussin", et la comédienne derrière, dans la vie. Et puis on sent qu'il est attiré par la vie d'Irène ("tu fais l'imbécile et on te paye pour ça"), par sa douceur, sa gentillesse, sa culture.
Irène est mariée, avec Michel, elle a un fils, Simon, elle passe beaucoup de temps seule sur la route et dans de tristes chambres d'hôtel, elle leur parle au téléphone, ce sont des conversations pratiques, il faut choisir le carrelage, en son absence ils mangent trop de spaghettis, elle rentrera dimanche. On sent une grande lassitude, un genre de grisaille qui poisse son quotidien. Au départ, elle n'est pas du tout attirée par Dries, de qui tout la sépare. Mais il revient, s'impose dans sa vie doucement, comme une évidence, et quand elle doit quitter Béthune, ça flotte dans l'air, elle hésite ("entre une gaufre au sucre et une histoire d'amour").
Et Dries vient la voir à Grande-Synthe l'invite au carnaval du lendemain. Irène ment au téléphone à Michel, elle dit oui à Dries. Et c'est parti...
"Quand la mer monte" est une histoire d'amour, mais c'est surtout un très bon film. C'est la plus juste expression du Nord-Pas-de-Calais que j'aie jamais vue au cinéma, par de petits détails, des routes qui défilent, un ciel bleu-gris au dessus de la mer, des chaussées luisantes dans la nuit. Une grande subtilité, une façon de montrer l'âme des ch'tis en demi-teinte, le carnaval et cette envie de danser qui nous contamine, les scènes cocasses du troquet au petit matin ("du rouge ! Bordeaux, Côte du Rhône, Beaujolais ? .... Du rouge !"), les lumières des usines en nocturne. Pas d'une gaieté folle, mais juste.
Yolande Moreau irradie dans ce film, tour à tour volontairement grotesque sur scène et immensément touchante dans sa vulnérabilité douce. Wim Willaert est parfait, en paumé rouleur des mécaniques, avec ses grands yeux qui dévorent Irène. Tous les deux nous offrent une interprétation magistrale, dans la simplicité, nous font croire à leur histoire.
Mais les histoires d'amour finissent mal, en général, c'est trop connu.
(DVD à moins de 3 euros)
19:39 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : une certaine vision du nord
17.10.2009
Les enfants rats - Françoise Jay
Nous sommes en 2025 et la pauvreté dépasse un seuil jamais atteint en France. Trente-cinq millions de chômeurs, vingt millions de gens dans une extrême précarité. Paris est divisé en deux zones, la "riche", à la surface, où quelques élus continuent à mener une vie plus ou moins normale, et celle des égouts, où pullulent les enfants-rats, regroupés en bande qui subsistent en usant de violence et de terreur.
Irielle a connu une vie de famille, avant. Avant que ses parents ne soient tués sous ses yeux par une troupe d'enfants-rats, et qu'elle ne s'installe dans une carcasse d'A380, devenue responsable d'un petit garçon qu'elle a trouvé bébé dans une poubelle. Nolane, lui, dix-sept ans environ comme Irielle, est sous la coupe de son frère, chef d'une horde particulièrement féroce. Quant à Smog, il tente dans son métier de médecin de faire preuve d'humanité, tout en organisant la révolution en sourdine. Rencontre...
C'est un roman intelligent qui se lit tout seul. Les descriptions de ce futur particulièrement sombre sont saisissantes de réalisme, les conséquences de nos choix clairement expliquées, il y a un grand souffle social qui est parfaitement appuyé par des personnages auxquels on croit, et dont le destin nous touche. A dévorer à partir de 12/13 ans, et sans limite d'âge !
Ed. Plon Jeunesse, Octobre 2009, 217 p.
07:16 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, sf, futur sombre, se débrouiller seul
16.10.2009
Eternels tome 1. Evermore - Alyson Noël
Comment vous dire ? En trois citations :
"Mais il faut que je te dise que j'ai bien ri quand j'ai compris que tu croyais que j'étais un suceur de sang, un vampire, quoi !"
"C'était du grand n'importe quoi, tu comprends ?"
"[...] fêté par une petite soirée à la maison, avec du cidre pour moi (je ne touche plus une goutte d'alcool)"
Elle a dix-sept ans et demi, elle croit être responsable de l'accident qui a causé la mort de toute sa famille, elle lit dans les pensées des gens et communique avec sa petite soeur morte. Déboule Damen, il est troooooooop beau (il faut la croire sur parole, parce que côté relief il est du genre plat), et en sa présence, le monde n'existe plus. Mais qui est-il ? Qui est-elle ? Souffrira-t-elle ainsi toute sa vie ? Etc.
J'étais curieuse de lire ce qui est annoncé comme la nouvelle coqueluche aux Etats-Unis, après le phénomène Twilight. Ma curiosité est assouvie, les personnages m'ont laissée de bois tout du long et les explications finales m'ont fait pouffer, peut-être pas autant que la qualité des dialogues, remarquez. Mais ça reste agréable à lire, oui, bien sûr !
Ed. Michel Lafon, 2009, 342 p.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laurence Boischot et Sylvie Cohen
Titre original : The Immortals - Evermore
Lu également par : Clarabel, Karine,
07:24 Publié dans Pas mon truc | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, adolescentes, fatras ésotérique, chaste jusqu'au bout des orteils
15.10.2009
Index alphabétique
Tenu à jour
Achille Stéphane : Ballade en train assis sur les genoux du dictateur
Ackroyd Peter : Charles Dickens (1)
Ackroyd Peter : Charles Dickens (2)
Ackroyd Peter : Charles Dickens (3)
Adam Olivier : Des vents contraires
Adichie Chimamanda Ngozi : L'Hibiscus pourpre
Alcott Louisa May : Derrière le masque ou le pouvoir d'une femme
Alexie Sherman : Le premier qui pleure a perdu
Allen Woody : Dentiste mystérieux à Manhattan et autres nouvelles
Allion Yves & Laprune Jean-Ollé : Claude Lelouch, Mode d'emploi
Allison Dorothy - L'histoire de Bone
Almeida Eugenia : L'autobus
Almendros Julien : Vue sur la mère
Alvtegen Karin : Ténébreuses
Amiel Sébastien : Presque rouge
Anderson Eli : Oscar Pill Tome 1. La révélations des Médicus
Angevin David : Une année sans ma femme
Arcan Nelly : A ciel ouvert
Arfel Tatiana : L'Attente du soir
Arrivé Michel : Une très vieille petite fille
Assouline Pierre : Etat limite
Assouline Pierre : La cliente
Atkinson Kate : Dans les coulisses du musée
Atkinson Kate : Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux
Atkinson Kate : A quand les bonnes nouvelles ?
Atkinson Kate : On a de la chance de vivre aujourd'hui
Aubenas Florence : Le quai de Ouistreham
Aubert Brigitte : La mort des bois - La mort des neiges - Ténèbres sur Jascksonville
Aubert & Cavali : Les Cavaliers des Lumières 1. Le règne de la barbarie
Aubry Jean-Marc : Une semaine de vacances
Aude : Chrysalide
Audouard Antoine : L'Arabe
Audoux Marguerite : Douce Lumière
Austen Jane : Orgueil et préjugés
Austen Jane : Northanger Abbey - Mansfield Park
Austen Jane : Persuasion
Austen Jane : Lady Susan
Austen Jane : Raison et sentiments
Auster Paul : Seul dans le noir
Azuelos Lisa : Eloge du silence pendant l'amour
Bajani Andréa : Très cordialement
Bando Masako : Les Dieux Chiens
Banon Tristane : Daddy frénésie
Banville John : La mer
Barbery Muriel : L'élégance du hérisson
Beauchemin Yves : Le Matou
Beaussant Philippe : Le Roi-Soleil se lève aussi
Beauvais Marie-Odile : Discrétion assurée
Beauvais Marie-Odile : Proust vous écrira
de Beauvoir Simone : Mémoires d'une jeune fille rangée
Bedos Victoria : Le déni
Bechdel Alison : Fun home une tragicomédie familiale
Becket Bernard : Genesis
Bellucci Franck : Et pour le pire, Fragments de vie
Benameur Jeanne : Présent ?
Bennett Alan : La reine des lectrices
Bennett Alan : Soins intensifs
Bennett Alan : La mise à nu des époux Ransome
Benni Stéfano : Bar 2000
Berger John : Un métier idéal, Histoire d'un médecin de campagne
Berger Thomas : Little Big Man, Mémoires d'un visage pâle
Berléand François : Le fils de l'homme invisible
Berne Suzanne : Un crime dans le quartier
Bienvenu Sophie : Lucie le chien
Bissoondath Neil : Cartes postales de l'enfer
Bizot Véronique : Mon couronnement
Blanc Henri-Frédéric : Nuit gravement au salut
Bloch-Dano Evelyne : Madame Proust
Bloch-Dano Evelyne : Madame Zola
Block Lawrence : Lendemains de terreur
Block Lawrence : Les péchés des pères - Tuons et créons, c'est l'heure - Au coeur de la mort - Huit millions de façons de mourir
Block Lawrence : Le blues des alcoolos - Drôles de coups de canif - Un ticket pour la morgue - Une danse aux abattoirs
Block Lawrence : La balade entre les tombes - Le diable t'attend - Tous les hommes morts
Block Lawrence : Même les scélarats - Ils y passeront tous - Trompe la mort
Block Lawrence : Les fleurs meurent aussi
Blondel Jean-Philippe : Accès direct à la plage - 1979 - Juke-box - Un minuscule inventaire
Blondel Jean-Philippe : Passage du gué
Blondel Jean-Philippe : Au rebond
Blondel Jean-Philippe : Le baby-sitter
Bloom Amy : Ailleurs, plus loin
Bolan Gaetano : La boucherie des amants
Bordage Pierre : Ceux qui sauront
Bordage Pierre : Le Feu de Dieu
Boris Hugo : La délégation norvégienne
Bott François : La traversée des jours, Souvenirs de la République des Lettres (1958-2008)
de Botton Alain : Comment Proust peut changer votre vie
Boudet Frédéric : Invisibles
Bourbigot Chantal : Equation d'un miracle
Boussinot Roger : les guichets du Louvre
Boyd William : Un anglais sous les tropiques
Boyd William : A livre ouvert
Breton Guy : Les sourires de l'Histoire
Brisac Geneviève : Pour qui vous prenez-vous ?
Brisson Dominique : Gros sur la tomate
Brite Poppy Z. : Alcool
Brite Poppy Z. : La belle rouge
Brookmyre Christopher : Petite bombe noire - Petit bréviaire du braqueur
Brookmyre Christopher : Faites vos jeux
Brookmyre Christopher : Les canards en plastique attaquent
Brouillaud Jean-Pierre : Jeu, set et match
Brucker Fanny : Far-Ouest
Bruen Ken : Le martyre des Magdalènes, une enquête de Jack Taylor
Brussolo Serge : Territoires interdits 1. Le Maître des Nuages
Brussolo Serge : L'héritier des abîmes
Bucher André : Déneiger le ciel
Buisson Laure : Blanquette
Buono Clarisse : Félicitations du jury
Burnham Schwartz John : Reservation road
Burnside John : Une vie nulle part
Butler Octavia E. : Novice
Cabot Meg : Melissa et son voisin
Calvetti Paola : l'Amour est à la lettre A
Cameron Peter : Au beau milieu des choses
Camilleri Andrea : Le tailleur gris
Campbell Webster Emma : Jane Austen et moi
Cannone Belinda : La bêtise s'améliore
Cannone Belinda : Le sentiment d'imposture
Cannone Belinda : Entre les bruits
Capp Fiona : Portrait de l'artiste en hors-la-loi
Carcasi Giulia : Je suis en bois
Card Orson Scott : Les chroniques d'Alvin le faiseur (1,2 & 3)
Card Orson Scott : Les chroniques d'Alvin le faiseur (4 & 5)
Card Orson Scott : Le cycle d'Ender (3 tomes)
Card Orson Scott : Enchantement
Card Orson Scott : Ender Wiggin, premières rencontres
Carofiglio Gianrico : Témoin involontaire
Carr Caleb : Le tueur de temps
Carrère Emmanuel : D'autres vies que la mienne
Carrière Jean-Claude & Daniel Vigne : le Retour de Martin Guerre
Carton Daniel : Mélanine
Casta Stefan : La vie commence
Castillon Claire : Insecte
Cathrine Arnaud : Sweet home
Cauchy Nicolas : La véritable histoire de mon père - De manière à connaître le jour et l'heure
Cecil David : Un portrait de Jane Austen
Cercas Javier : A la vitesse de la lumière
Cescosse Jean-Pierre : Après dissipation des brumes matinales - Manoeuvres de diversion en attendant la nuit
Chatelet Noëlle : La femme coquelicot
Chefdeville : L'atelier d'écriture
Christensen Lars Saabye : Le demi-frère
Claude Hervé : Riches, cruels et fardés
Clarke Brock : Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre
Cohen Robert : Ici et maintenant
Colin Fabrice : La Saga Mendelson Tome 1. Les exilés
Colin Fabrice : Camelot
Colin Fabrice : La fin du monde
Colin Fabrice : Projet oXatan
Colleter Solenn : Je suis morte et je n'ai rien appris
Collins Suzanne : Hunger games
Collins Warwick : La pissotière
Condé Maryse : Victoire, les saveurs et les mots
Condou Isabelle : La Perrita
Connolly Joseph : Le livre des choses perdues
Conrad Joseph : Typhon
Conroy Pat : Beach Music
Conroy Pat : Le Grand Santini
Conroy Pat : Le Prince des Marées
Conroy Pat : Charleston Sud
Constant Paule : La bête à chagrin
Constantine Barbara : Allumer le chat
Cook Robin : Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre
Corbineau Aurélie : Bref été au Spitzberg
Cormier Robert : La guerre des chocolats
Cossé Laurence : Vous n'écrivez plus ?
Cossé Laurence : Au bon roman
Coupland Douglas : Eleanor Rigby
Courtemanche Gil : Un dimanche à la piscine de Kigali
Covin Alec : Deux et demi
Crabb Ned : La bouffe est chouette à Fatchakulla
Crane Elizabeth : Banana Love
Cullin Mitch : Les abeilles de Monsieur Holmes
Cusset Catherine : Confessions d'une radine
Cusset Catherine : Un brillant avenir
Cuvellier Vincent : Kilomètre zéro
Dahl Roald : Charlie et la chocolaterie - Charlie et le grand ascenceur de verre - Moi, boy - Sacrées sorcières - Matilda - Les minuscules - Un amour de tortue - James et la grosse pêche - La potion magique de Georges Bouillon
Dahl Roald : Kiss kiss
Dahl Roald : Coup de chance et autres nouvelles
Davidson Andrew : Les âmes brûlées
Dean Debra : Les madones de Leningrad
Deflassieux Laurence : D'excellente famille
Defoe Gidéon : Les pirates dans : Une aventure avec les baleines
Deghelt Frédérique : La grand-mère de Jade
Dejaeger Eric : La cité des fleurs fanées
Delaflotte Mehdevi Anne : La relieuse du gué
Delerm Philippe : Quelque chose de Bartleby
Desalmand Paul : Le pilon
Desjours Ingrid : Echo
Desmarteaux Claudine : Le petit Gus
Dewitt Helen : Le dernier samouraï
Dick Philip K. : Ubik
Dickens Charles : La maison d'âpre-vent
Dickens Charles : de grandes espérances
Dickens Charles : Un chant de Noël
Dickens Charles : Martin Chuzzlewit
Dickens Charles : Un conte de deux villes
Dickens Charles : Temps difficiles
Dickens Charles : L'ami commun
Dickens Charles : Le Mystère d'Edwin Drood
Dickens Charles : Les papiers posthumes du Pickwick Club
Dickens Charles : L'homme hanté
Dickens Charles : David Copperfield
Dickens Charles : La Petite Dorrit
Dickens Charles : Dombey & fils
Dickens Charles : Nicolas Nickleby
Dickens Charles : Le magasin d'antiquités
Dickens Charles & Collins Wilkie : L'abîme
Dickner Nicolas : L'encyclopédie du petit cercle
Didier Marie : Morte-saison sur la ficelle et autres récits
Divakaruni Chitra Banerjee : Mariage arrangé
Djavann Chahdortt : Comment peut-on être français ?
Djian Philippe : Ardoise
Djian Philippe : Impardonnables
Doerr Anthony : A propos de Grace
Doizelet sylvie : Nos amis des confins
Dongala Emmanuel : Johnny Mad Dog
Dottelonde Pierre : Le Havre un art de vivre
Doyle Richard : D'eau et de feu
Doyon Stéphanie : Les tondeuse à gazon
Drake Nick : Toutankhamon
Dryansky Joanne et Gerry : L'extraordinaire histoire de Fatima Monsour
Dubus III André : La maison des sables et des brumes
Duc Marie-Gabrielle : La remorque rouge
Dujovne-Ortiz Alicia : L'étoile rouge et le poète
Dupuy & Berberian : Bienvenue à Boboland
Durand Virgile : Ces gens-là
de Duras Madame : Ourika
Durif Eugène : Laisse les hommes pleurer
Duru Magali : Les beaux Dimanches
Duru Roxane : Petits pains au chocolat
Eckert Allan W. : La rencontre
Eddings David : La Belgariade, Tome 1. Le pion blanc des présages
Eddings David : La Belgariade, Tome 2. La reine des sortilèges
Eddings David : La Belgariade, Tome 3. Le gambit du magicien
Eddings David : La Belgariade, Tome 4. La Tour des Maléfices
Eddings David : La Belgariade, Tome 5. La fin de partie de l'Enchanteur
Eddings David : La Mallorée, 5 tomes.
Efstathiadi Maria : Presque un mélo
Egan Greg : Axiomatique
Ekman Kerstin : Crimes au bord de l'eau
Eliot George : Middlemarch
Ellory R.J. : Seul le silence
Ellory Roger Jon : Vendetta
Englander Nathan : Le ministère des Affaires spéciales
Erre J.M. : Made in China
Estibal Sylvain : Eternel
Etxebarria Lucia : Aime-moi, por favor !
Eugénides Jeffrey : Middlesex
Evenson Brian : Père des mensonges
Eyre Ward Amanda : A perte de vue - Le ciel tout autour - Pardonnez-moi
Eyre Ward Amanda : Les amours de Lola
Faber Michel : le cinquième Evangile
Fadiman Anne : Ex-libris, confessions d'une lectrice ordinaire
Fargues Nicolas : One Man Show
Fargues Nicolas : Beau rôle
Fath Anne-Catherine : Rude
Ferguson Will : Bonheur, marque déposée
Finder Joseph : Paranoïa
Finder Joseph : Power Play
Fiszman Véronique : Petites faiblesses inavouables
Flipo Georges : Le vertige des auteurs
Flipo Georges : L'étage de Dieu
Flipo Georges : La Diablada
Flipo Georges : Qui comme Ulysse, Nouvelles en partance
Flynn Gillian : Les Lieux sombres
Foenkinos David : Nos séparations
Foenkinos David : La délicatesse
Fontanel Sophie : L'amour dans la vie des gens
Foote Shelby : Tourbillon
Forbes Elena : Meurs avec moi
Fortier Dominique : Du bon usage des étoiles
Fowler Karen Joy : Le club Jane Austen
Franceschi Patrice : La Grande Aventure de La Boudeuse
Frèche Emilie : Chouquette
French Tana : Ecorces de sang
French Tana : Comme deux gouttes d'eau
Freudenberger Nell : Lucky girls
Fruterro & Lucentini : L'affaire D. ou le crime du faux vagabond
Gabrielsen Bjorn : Harreng des steppes
Galgut Damon : Un docteur irréprochable
Galloway Gregory : La disparition d'Anastasia Cayne
Gamboa Santiago : Le syndrome d'Ulysse
Gancel Charles : Scalpels
Garat Anne-Marie : Les mal famées
Garcia-Roza Luiz Alfredo : Bon anniversaire, Gabriel !
Garcia-Roza Luiz Alfredo : Une fenêtre à Copacabana
Garna Isabelle : Dérive
Garnier Pascal : Comment va la douleur ?
Garnier Pascal : La solution Esquimau
Garnier Pascal : Le Grand Loin
Gattégno Jean-Pierre : J'ai tué Anémie Lothomb
Gaudé Laurent : La mort du roi Tsongor
Gavalda Anna : L'échappée belle
Gearino Dan : J'ai tout entendu
Gemmel Nikki : La mariée mise à nu
Gemmell David : Waylander
Gibert Bruno : Avec enfant
Gibbons Kaye : Une femme vertueuse
Gibbons Kaye : Ellen Foster
Gilabert Teodoro : Les pages roses
Ginsberg Debra : Cherche auteur désespérément
Giordano Paolo : La solitude des nombres premiers
Giraud Brigitte : J'apprends
Gloag Julian : Chambre d'ombre
Goetz Adrien : Intrigue à l'anglaise
Goimard Jacques : Chefs-d'oeuvre du Fantastique
Goodman Allegra : Intuituion
Gordon Mary : Le mari de la traductrice
Goscinny Anne : Le père éternel
Gosselin Nadia : La gueule du loup
Goujon Emmanuel : Espérance, et autres nouvelles du génocide rwandais
Gowdy Barbara : Sans personne
Goyet Mara : Tombeau pour le collège
Gravel François : Adieu, Betty Crocker
Gravel François : Vingt et un tableaux (et quelques craies)
Greer Andrew Sean : L'histoire d'un mariage
Groff Lauren : Les monstres de Templeton
Groff Lauren : Fugues
Grondahl Jens Christian : Pizza Bucarest
Gruley Bryan : Starvation Lake
Guène Faïza : Kiffe kiffe demain
Guerin Françoise : Mot Compte Double
Guérin Françoise : Un dimanche au bord de l'autre
Gutman Claude : Antoine Blancpain, collégien
Haddad Leila : Les 3 filles du docteur Darwin
Haigh Jennifer : La condition
Hamon Hervé : Paquebot
Hamon Hervé : La Diagonale du Traître
Handelzats Michaël : Histoires d'en lire
Hanika Iris : Une fois deux
Hardy Françoise : Le désespoir des singes... et autres bagatelles
Harris Robert : L'homme de l'ombre
Harstad Donald : 5 octobre, 23h33
Harstad Donald : 4 jours avant Noël
Harrison Colin - Manhattan nocturne
Harstad Donald : 6 heures plus tard
Haslett Adam : Vous n'êtes pas seul ici
Hassan Yaël : Suivez-moi-jeune-homme
Hausser Isabelle : Le passage des ombres
Heaney William : Mémoires d'un Maître Faussaire
Hebbadj Fadéla : L'arbre d'ébène
Hemingway Ernest : Pour qui sonne le glas
Hemingway Ernest : Les neiges du Kilimandjaro - Le vieil homme et la mer - La grande rivière au coeur double - L'étrange contrée
Hermanson Marie : La plage
Hervier Grégoire : ZEN City
Hervier Grégoire : Scream test
Hitiura Vaité Célestine : L'arbre à pain
Hobb Robin : L'assassin Royal (série 13 tomes)
Hochet Stéphanie : Combat de l'amour et de la faim
Holt Anne : Une erreur judiciaire
Holt Anne : Cela n'arrive jamais
Holt Anne : Madame la Présidente
Horan Nancy : Loving Franck
Horn Dara : Le Monde à venir
Hornby Nick : Slam
Huet Philippe : L'ivresse des falaises
Humbert Fabrice : L'origine de la violence
Hurley Tonya : Ghostgirl
Huston Nancy : Professeurs de désespoir
Indridason Arnaldur : Hiver arctique
Indridason Arnaldur : Hypothermie
Ingvaldsen Bjorn : En haut du poteau
Ishiguro Kazuo : Auprès de moi toujours
Jaenada Philippe : Le cosmonaute
Jaenada Philippe : Plage de Manaccora, 16h30
Janicot Stéphanie : Dans la tête de Shéhérazade
Janicot Stéphanie : L'oeil du cyclone
Jansson Anna : L'inconnu du nord
Jaouen Hervé : Fleur d'Achélème
Jay Françoise : Les enfants rats
Jeanney Christine : Charlémoi
Jensen Flemming : Imaqa
Jimenes Paul : La Conquête de la Pologne
Job Armel : Tu ne jugeras point
Johnson Craig : Little Bird
Johnson Pete : Croyez-moi, je suis un rebelle
Jones Sadie : Le proscrit
Jouet Jacques : L'amour comme on l'apprend à l'école hôtelière
Joyce Graham : L'enfer du rêve - Ligne de vie - En attendant l'orage
Joyce Graham : Les limites de l'enchantement
Jungstedt Mari : Les ombres silencieuses
Juiff Patrice : Frère et soeur - Kathy
Juiff Patrice : La taille d'un ange
Jung Matthieu : Principe de précaution
Jungersen Christian : L'exception
Juppé Isabelle : La femme digitale
Kallentoft Mons : Hiver
Kasischke Laura : La vie devant ses yeux
Kasischke Laura : Un oiseau blanc dans le blizzard
Katerine Philippe : Doublez votre mémoire, journal graphique
Kehlmann Daniel : Gloire
Kek : Virginie, une histoire qui sent la colle Cléopâtre
Kellerman Jesse : Les Visages
Kelman James : Faut être prudent au pays de la liberté
Kemp Percy : Le vrai cul du diable
Kemp Percy : Musc
Kessler Frédéric : l'amour fait maison
King Stephen : Ecriture, mémoires d'un métier
King Stephen : La Tour Sombre (série, 7 tomes)
King Stephen : Marche ou crève
King Stephen : Blaze
King Stephen : Duma Key
King Stephen : Histoire de Lisey
King Stephen : Juste avant le crépuscule
Kinsella Sophie : Confessions d'une accro du shopping
Kladstrup Kristin : Le livre des débuts d'histoires
Kluun Ray : En plein coeur
Kopp Dominique : L'ordre des choses
Kowalski William : Le petit bâtard
Kress Nancy : Les hommes dénaturés
Kriss : La sagesse d'une femme de radio
Labro Philippe : Tomber sept fois, se relever huit
Laclavetine Jean-Marie : Première ligne
Läckberg Camilla : Le Prédicateur
Lafon Marie-Hélène : L'annonce
Lam Vincent : Dans les brancards
Lamb Wally - La puissance des vaincus - Le chant de Dolorès
Lamb Wally : Le Chagrin et le Grâce
Lander Leena - Vienne la tempête
Langlois Virginie : La Grande Eclaire
Lamy Jean-Paul : Le banc aux goélands
Lange Richard : Dead Boys
Langenieux-Villard Philippe : Le Livreur
Laroche Sophie : Le carnet de Grauku
Laroche Sophie : Sauve... Qui peut !
Laroche Sophie : Le livre qu'il ne faut surtout, surtout, surtout pas lire !
Larsson Asa : Horreur boréale
Larue Monique : La gloire de Cassiodore
Laurain Antoine : Fume et tue
Laurain Antoine : Carrefour des nostalgies
Laurant Guillaume : Happy hand
Laurens Camille : Romance nerveuse
Lazarova Rouja : Mausolée
Leavitt David : Le manuscrit perdu de Jonah Boyd
Lee Janice Y.K. : Le professeur de piano
Lee Nancy : Dead girls
Le Gall Marie : La peine du Menuisier
Lehane Dennis : Shutter Island
Lehman Serge : Le Haut-lieu et autres espaces inhabitables
Lehtolainen Leena : La poisse
Lemaitre Pierre : Travail soigné
Lemaitre Pierre : Robe de marié
Lemaitre Pierre : Cadres noirs
Le Ninèze Alain : Sator, L'énigme du carré magique
Lenner Anne : L'âme soeur
Lentz Thierry : Tout le monde ment
Lessing Doris : Le cinquième enfant - Le monde de Ben - La terroriste
Le Tellier Hervé : Assez parlé d'amour
Levison Iain : Tribulations d'un précaire
Levraud Muriel : Le soir autour des maisons
Lime Jean-Hughes : Le roi de Clipperton
Lisboa Adriana : Des roses rouge vif
Littell Robert : L'hirondelle avant l'orage
Lively Pénélope : Le tissu du temps
Lodge David : La vie en sourdine
Lodge David : Pensées secrètes
Lopez Hada : Pedro Libertad
Lorient Frédérique : Les visages d'Apollon
Lott Tim : Lames de fond
Loubière Sophie : Dans l'oeil noir du corbeau
Lovegrove James - Days
Lustiger Gila : Un bonheur insoupçonnable
Mac Carrie : La bande de Beck
MacDonald Patricia : J'ai épousé un inconnu
Maï Franca : Crescendo
Mainard Dominique : Pour vous
Malley Gemma : La déclaration L'histoire d'Anna
Manas José Angel : L'affaire Karen
Manguel Alberto : Une histoire de la lecture
Mankell Henning : Les chaussures italiennes
Marc Myrielle : Orfenor (2 tomes)
Maréchaux Laurent : Bijoux de famille
Maret Pascale : A vos risques et périls
Martin Valérie : Indésirable
Marvaud Sophie : Le secret des cartographes 1.
Marvaud Sophie : Le secret des cartographes 2.
Marx William : Vie du lettré
Mason Richard : 17 Kingsley Gardens
Mayeras Maud : Hématome
Maynard Joyce : Long week-end
des Mazery Bénédicte : La vie tranchée
Mazetti Katarina : Le mec de la tombe d'à côté
McCarthy Cormac : Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme
McCord Howard - L'homme qui marchait sur la lune
McDonald Ian : Reine du Matin, Roi du Jour
McGarry Morris Mary : Mélodie du temps ordinaire
McKee Charnas Suzy : Un vampire ordinaire
McKillip Patricia A. : Les fantômes d'Ombria
Meltzer Brad : Mort avec retour
Mengestu Dinaw : Les belles choses que porte le ciel
Merle Robert : Malevil
Merle Robert : Le Propre de l'homme
Messud Claire : Les enfants de l'empereur
Meyer Philipp : Un arrière-goût de rouille
Meyer Stephenie : Les âmes vagabondes
Miano Léonora : Tels des astres éteints
Miano Léonora : Soulfood équatoriale
Miller Rebecca : Les vies privées de Pippa Lee
Millesi Hanno : Murs de papier
Millet Lydia : Le coeur est un noyau candide
Millhauser Steven : Martin Dressler ou le roman d'un rêveur américain
Minne Brigitte : Le jour où j'ai rencontré un ange
Moberg Vilhelm : La saga des émigrants (8 tomes)
Moers Walter : La cité des livres qui parlent
Montardre Hélène : L'agenda
Montero Rosa : Instructions pour sauver le monde
Moore Antony : Swap
Moore Christopher : Les dents de l'amour
Morgan Nicola : Un monde sans rêves
Morgenroth Kate : Tuez-moi d'abord
Moret-Courtel Catherine : La Caissière
Morpurgo Michael : Le Roi Arthur
Morrall Clare : Les mots des autres
Mosse Kate : Sépulcre
Mourlevat Jean-Claude : L'enfant océan
Mourlevat Jean-Claude : Le chagrin du roi mort
Mouawad Wajdi : Incendies
Mulisch Harry : La découverte du ciel
Murail Marie-Aude : Miss Charity
Murail Marie-Aude : Papa et maman sont dans un bateau
Murail Marie-Aude : Charles Dickens
Murail Marie-Aude : La fille du docteur Baudoin
Murail Marie-Aude : Malo de Lange, fils de voleur
Murakami Haruki : Chroniques de l'oiseau à ressort
Musil Robert : De la bêtise
le Nabour Eric : Kaamelott Au coeur du moyen-âge Tome 1
Némirovsky Irène - Le bal
Ness Patrick : La voix du couteau
Noël Francine : Maryse
Nohant Gaëlle : L'ancre des rêves
Nothomb Amélie : Le fait du prince
Nothomb Amélie : Le Voyage d'hiver
Nourissier François : Eau-de-feu
Nyssen Hubert : Les ruine de Rome - Lira bien qui lira le dernier
Nyssen Hubert : Du texte au livre, les avatars du sens
Nyssen Hubert : L'éditeur et son double Carnets 1988-1989
O'Connell Jack : Dans les limbes
O'Connor Joseph : A l'irlandaise
O'Faolain Nuala : L'histoire de Chicago May
O'Faolain Nuala : Best Love Rosie
O'Farrell Maggie : Quand tu es parti
Ogawa Yoko : La bénédiction inattendue
Ollivier Bernard : Nouvelles d'en bas
O'Nan Stewart : Un mal qui répand la terreur
O'Nan Stewart : Nos plus beaux souvenirs
O'Nan Stewart : Des anges dans la neige
O'Nan Stewart : Le nom des morts
O'Riordan Kate : Le garçon dans la lune
Ottenheimer Ghislaine : Venez donc passer quelques jours chez nous...
Ours Nathalie : Haute saison quinzaine uniquement
Ovaldé Véronique : Déloger l'animal
Ovaldé Véronique : Et mon coeur transparent
Ovaldé Véronique : Ce que je sais de Vera Candida
Packer Ann : Chanson sans paroles
Pagel Michel : L'équilibre des paradoxes
Pancol Katherine : Un homme à distance
Parks Tim : Comment peut-on aimer Roger !
Paronuzzi Fred : Comme s'ils étaient beaux
Paronuzzi Fred : La lettre de Flora
Patterson Glenn : Le Troisième Acte
Pelletier Chantal : Noir caméra
Pelletier Nicolas : Mon roi
Penney Stef : La tendresse des loups
Périchon Dominique : Samedi soir et des poussières
Petit Michèle : Eloge de la lecture, la construction de soi
Petitjean-Cerf Cypora : Le film
Phillips Arthur : Angelica
Pingaud Bernard : Mon roman et moi
Pirlet Marc : Derrière la porte
Pirzâd Zoyâ : Un jour avant Pâques
Ponsonnet Maïa - Les nouveaux chants du kangourou
Pontiggia Giuseppe - Nés deux fois
Pons Emmanuel : Je viens de tuer ma femme
Pons Maurice : Les saisons
Potter Alexandra : Les deux vies de Charlotte Merryweather
Poulin Jacques : L'anglais n'est pas une langue magique
Pouzol Camille : Lettres de Lo
Powers Richard : Le temps où nous chantions
Powers Richard : La Chambre aux échos
Powers Richard : L'ombre en fuite
de Pracontal Michel : Les gènes de la violence
Pralong Isabelle : L'éléphant
Proulx Monique : Les Aurores Montréales - Le coeur est un muscle involontaire
Putman Cyrille : Bilan provisoire
Quilt Linda : De sacrés petits prodiges
Quiviger Pascale : La maison des temps rompus
Ragde Anne B. : La Terre des mensonges
Ragde Anne B. : La Ferme des Neshov
Ramos Pablo : L'origine de la tristesse
Ramuz Charles-Ferdinand - Derborence
Ravalec Vincent : Le retour de l'auteur
Read Cornelia - Champs d'ombres
Rémond Alain : Les romans n'intéressent pas les voleurs - Comme une chanson dans la nuit
Rendell Ruth : Le petit été de la Saint-Luc
Rennison Louise : Mon nez, mon chat, l'amour et... moi
Resa Julie : Le Camion blanc
Rey Nicolas : Un léger passage à vide
Reznani Serge : Le Dresseur
Rice Eva : L'amour comme par hasard
Richards David Adams : La malédiction Henderson
Richler Mordecaï : Le monde de Barney
Richmond Michelle : L'année brouillard
Riel Jorn : Le garçon qui voulait devenir un être humain (3 tomes) - Le jour avant le lendemain
Rivera Letelier Hernan : Le virtuose
Robertson Robin : Hontes confessions impudiques mises en scène par les auteurs
Robinson Elisabeth : Les prodigieuses aventures des soeurs Hunt
Rollin François : Les belles lettres du professeur Rollin ou Comment écrire au roi d'Espagne pour lui demander sa recette du gaspacho
de Rosnay Tatiana : Le voisin - Spirales - La mémoire des murs - Mariés, pères de famille - L'appartement témoin - Le dîner des ex - Le coeur d'une autre
de Rosnay Tatiana : Moka
de Rosnay Tatiana : Elle s'appelait Sarah
de Rosnay Tatiana : Boomerang
Rostand Edmond : Le Gant rouge - Lettres à sa fiancée
Roux Christian : Kadogos
Roy Gabrielle : Bonheur d'occasion
Roy Gabrielle : La petite poule d'eau - Ces enfants de ma vie - La route d'Altamont - La détresse et l'enchantement - La rivière sans repos
Roy Gabrielle : La montagne secrète
Rozen Anna : Vieilles peaux
Rubinstein Marianne : Le journal de Yaël Koppman
Ruby Laura : Fantômes à tous les étages
Rufin Jean-Christophe : Un léopard sur le garot
Ruquier Laurent & Claude Sarraute : Avant que t'oublies tout !
Russel Willy : Mauvais garçon
Russo Richard : Un rôle qui me convient - Le déclin de l'empire Whiting - Le phare de Monhegan
Russo Richard : Quatre saisons à Mohawk
Russo Richard : Empire Falls (DVD)
Russo Richard : Le pont des soupirs
de Sa Moreira Régis : Le libraire
de Sa Moreira Régis : Mari et femme
Sachar Louis : Le garçon qui avait perdu la face
Sachar Louis : Il y a un garçon dans les toilettes des filles - Le passage - Manuel de survie de Stanley Yelnats pour le camp du lac vert - Pas à pas
Sagan Françoise : Tout le monde est infidèle (entretiens avec André Halimi)
Salinger J.D. : L'attrape-coeur
Sanchez Pinol Albert : La peau froide
Santantonios Laurence : Tant qu'il y aura des livres
Saumont Annie : Moi les enfants j'aime pas tellement
Schenkel Andrea Maria : Un tueur à Munich
Secret Anne : Les Villas rouges
Sedaris David : Je suis très à cheval sur les principes
Senna Danzy : Symptomatique
Sers Caroline : Tombent les avions - La maison Tudaure
Sers Caroline : Les petits sacrifices
Setterfield Diane : le treizième conte
Shields Carol : La mémoire des pierres
Shields Carol : Jane Austen
Sholby : Crossing the Williamsburg Bridge
Simmons Dan - Terreur
Sjöwall & Wahlöö - La chambre close
Smadja Brigitte : Le jour de la finale
Smiley Jane : Charles Dickens
Smith Dodie : Le château de Cassandra
Soljenitsyne Alexandre : Le pavillon des cancéreux
de Solminihac Olivier : Nous n'avons pas d'endroit où vivre
Somoza José Carlos : La clé de l'abîme
Spiessert Rudy : Comme tout le monde
Stegner Wallace : Angle d'équilibre
Stegner Wallace : Vue cavalière
Subercaseaux Elisabeth : Une semaine en Octobre
Sutcliffe William : Une semaine avec ma mère
Tapply William G. : Dérive sanglante
Tapply William G. : Casco Bay
Tapply William G. : Dark Tiger
Tardy Anne-Solange : La double vie de Pénélope B.
Tavernier Tiffany : A table !
Ténor Arthur : Si vous tenez à le savoir.com - Le secret du génie humain
Tesson Sylvain : Une vie à coucher dehors
Teulé Jean : Le Montespan
Teulié Alain : A part ça, les hommes vont bien
Teulié Alain : Vendredi soir chez les Becker
Tevis Walter : L'oiseau d'Amérique
Théorin Johan : L'écho des morts
Thériault Yves : Cul-de-sac
Thériault Yves : Agaguk - Tayaout, fils d'Agaguk - Agoak, l'héritage d'Agaguk
Thériault Yves : Le dernier havre
Thibert Colin : Tirez sur l'ambulance !
Thibert Colin : Le festin d'Alice
Thilliez Franck : La chambre des morts
Thomas Scarlett : La fin des mystères
Thu Huong Duong : Au zénith
Tinti Hannah : Le bon larron
Todorov Tzvetan : La littérature en péril
Tolstoï Tatiana : Le Slynx
Tomalin Claire : Jane Austen, passions discrètes
Tomalin Claire : The Invisible Woman The Story of Nelly Ternan and Charles Dickens
Torday Paul : Partie de pêche au Yémen
Tran-Huy Minh : La princesse et le pêcheur
Tremain Rose : Le royaume interdit - Retour au pays - La couleur des rêves
Tremblay Michel : Chroniques du plateau Mont-Royal (6 tomes)
Tremblay Michel : C't'à ton tour Laura Cadieux - Les belles-soeurs
Tremblay Michel : Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes
Treuer David : Little
Trevor William : Ma maison en Ombrie
Trevor William : En lisant Tourgueniev
Trollope Joanna : Les vendredis d'Eleanor
Trudel Sylvain : Le souffle de l'Harmattan
Tschinag Galsan : Ciel bleu, une enfance dans le haut Altaï - Le Monde gris - Dojnaa
Tyler Anne : Le voyageur malgré lui
Ullman Linn : Avant que tu ne t'endormes
Updike John : Publicité et autres nouvelles
Vacca Paul : La petite cloche au son grêle
Vallejo François : Ouest
Vann David : Sukkwan Island
Varlam Chalamov : Mes bibliothèques
Vassart Marc : Le Serval noir
Veronesi Sandro : Chaos calme
Vers André : Martel en tête
Vickers Salley : La part obscure
Vida Vendela : Soleil de minuit
Villard Marc : J'aurais voulu être un type bien - Un jour je serai latin lover
Villard Marc : Bonjour, je suis ton nouvel ami - Elles sont folles de mon corps - Souffrir à Saint-Germain des Prés
Vinge Vernor : Rainbows End
Vonarburg Elisabeth : La maison d'oubli 1. Reine de mémoire
Voznesenskaya Julia : Le Décameron des femmes
Watson Brad : Le Paradis perdu de Mercury
Watson Larry : Montana 1948
Weber Anne : Tous mes voeux
Wentworth Patricia : Miss Silver entre en scène
Wentworth Patricia : La plume du corbeau
Westlake Donald : Le contrat
Westlake Donald : Jimmy The Kid
Wharton Edith : Les chemins parcourus
Wickham Madeleine : Un week-end entre amis
Wilson Jacqueline : La double vie de Charlotte
Wittenborn Dick : Le remède et le poison
Xénakis Françoise : Regarde, nos chemins se sont fermés
Yalom Irvin D. : Mensonges sur le divan
Yamada Takatoshi : Dr Kotô (Tomes 1,2 et 3)
Yates Richard : La fenêtre panoramique
Zahavi Helen : Dirty week-end
Zarraluki Pedro : Un été à Cabrera
Zeitoun Paul : La tête, le ventre et le médecin
Zelter Joachim : Chômeurs Academy
Zenatti Valérie : Une bouteille dans la mer de Gaza - Quand j'étais soldate - En retard pour la guerre
Zevin Gabrielle : Je ne sais plus pourquoi je t'aime
Zinsou Sénouvo Agbota : Le Médicament
Zouroudi Anne : L'inconnu d'Athènes
11:08 Publié dans * Index alphabétique * | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
14.10.2009
Le livre des choses perdues - John Connolly
"Le livre des choses perdues" est un roman d'apprentissage, dans lequel le narrateur, David, 12 ans, pénètre dans une réalité parallèle et y est amené à affronter ses plus grandes peurs.
Malheureux dans sa vie de petit londonien au début de la seconde guerre mondiale, il passe par un trou dans son jardin dans le monde de l'Homme biscornu, qu'il avait déjà aperçu ça et là dans de mystérieuses pertes de connaissance. Il rencontrera des êtres étonnants, parfois amicaux, souvent carrément hostiles, avec lesquels il devra composer pour tenter de retourner dans son monde...
Ce roman est tout à fait prenant, aimable et sympathique; on vit au rythme du héros, la plume sait nous faire frissonner ou sourire, nous émouvoir et proposer en arrière-plan une explication plus rationnelle pour les esprits cartésiens. Je ne sais pas exactement pourquoi je ne suis pas plus emballée que ça, il me semble que je l'aurais adoré si je l'avais lu à l'adolescence, et que, peut-être, éventuellement, le cas échéant, je suis un poil trop âgée sur ce coup-là. Ou pisse-vinaigre, au choix.
Je pensais que le fait qu'il sorte en version Jeunesse et Adultes simultanément ne changeait rien au texte, mais finalement je me pose la question. Je l'ai lu en Jeunesse.
Ed. de l'Archipel, octobre 2009, 346 p.
Traduit de l'anglais (Irlande) par Pierre Brévignon
Titre original : The Book of Lost Things
Les jeunettes emballées : Karine, Enna, Emeraude, Fashion, Cathulu.
11:35 Publié dans Pas mal | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, fantasy, monde parallèle, contes de fées, grandir
13.10.2009
Les vies privées de Pippa Lee - Rebecca Miller

Pippa Lee a cinquante ans, c'est une épouse modèle. Elle aime profondément Herb, son mari, de trente ans son aîné, et est terrifiée à l'idée de le voir verser dans le grand âge. Récemment, ils se sont installés dans une sorte de Pappyland, une cité américaine pour les personnes âgées, où la vie est facilitée et l'environnement quelque peu factice. Tout semble aller bien, pourtant Pippa s'aperçoit qu'elle connaît de graves crises de somnambulisme pendant lesquelles elle transgresse sa petite vie bien propre. C'est l'occasion de revenir sur son passé (inattendu et sulfureux) et en quelque sorte une préparation de ce qui l'attend en troisième partie...
Un roman qui fait partie de ceux qui reculent la nuit, qu'on ne lâche pas, sans aucune pensée pour le réveil (du coup, on est tout étonné qu'il soit déjà cette heure là ?!). Pippa est surprenante, on ne sait pas du tout où on va la plupart du temps. J'ai trouvé la plume très neutre et pourtant, ou peut-être justement, des passages semblent sauter hors des pages pour nous cingler avec force. Il y a des morceaux de pure vérité étincelante, une dramaturgie des relations mère-fille, un joug de la culpabilité qui prend plusieurs formes et dont on accueille la libération avec un soulagement partagé.
Pippa le dit à Herb au début de leur relation, elle est connectée physiquement à ce qu'il ressent, dans ses membres et dans ses doigts. C'est un peu ce qui se communique au lecteur; tout comme à un moment elle s'étonne de se lier à une voisine plus âgée qui ne correspond pas à son cercle d'amis habituel (milieu de l'édition) : je ne crois pas que je serais attirée par Pippa Lee dans la *vraie vie*, mais j'ai en quelque sorte communié avec elle dans ce roman (et pas au sens religieux, hein).
A lire !
Edition du Seuil, octobre 2009, 291 p.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Déniard
Titre original : The Private Lives of Pippa Lee
Lu également par : Cathulu (étagère des indispensables, rien que ça :)) (grand merci pour le prêt)
Sortie en salle de l'adaptation le 11 novembre
08:10 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : parcours personnel, femme, relations familiales
11.10.2009
La Petite Dorrit - Charles Dickens
La Petite Dorrit s'appelle en réalité Aimée. Elle est née en prison, et son père y passera tellement d'années qu'il héritera du titre de "Père ou Doyen de la Maréchaussée". Y être née lui procure à elle aussi une certaine célébrité, mais pas autant que son caractère et sa façon d'être. La Petite Dorrit est une crème, une petite personne formidable qui se dévoue toute au bien-être de sa famille, et qui aime tendrement son père, à qui elle épargne dans la mesure du possible toute contrariété. Elle est aimée très sincèrement par le petit John, fils du gardien de la prison, mais ne partage pas son inclinaison. Elle, c'est d'Arthur dont elle s'éprend durablement; Arthur qui refuse lui-même de s'avouer un sérieux penchant pour Chérie, la fille de ses amis les Meagles; qui elle-même est folle de Mr Gowan, au grand dam de ses parents (et d'Arthur). Manque encore Flora, bluette de jeunesse d'Arthur, qui aimerait beaucoup retisser ces fils quelque peu distendus...
Beaucoup d'amours contrariés donc, dans ce gros roman (970 pages), mais évidemment pas que ça.
Une charge féroce et drôle contre l'administration anglaise et son goût pour l'immobilisme (le Ministère des Circonlocutions en long, en large et en moult détails !) et une mise en situation extrêmement précise d'une escroquerie de haut-vol maintiennent une tension tour à tour amusante et pesante, au milieu de plusieurs intrigues menées de front sans faiblir, de personnages cocasses et plein de vie, de différents pays évoqués.
Onzième roman écrit en pleine gloire, à 43 ans, La Petite Dorrit m'a emportée dans ses pages avec une intensité qui augmentait sans cesse. J'ai été profondémment émue par le personnage du petit John, dans sa cocasse manie de dresser mentalement de dramatiques épitaphes, et par sa déclaration à son "rival", qui ne prend alors qu'à peine conscience de ses propres sentiments :
"- Seigneur, dit John en prenant à témoin les pointes de fer qui couronnaient le mur, il demande quoi !
Clennam regarda les pointes, puis John; puis les pointes, puis John.
- Il demande quoi ! Et, qui plus est, s'écria John en le contemplant comme à travers une douloureuse brume, il a l'air de bonne foi ! Vous ne voyez donc pas cette fenêtre, monsieur ?
- Naturellement que je la vois !
- Vous voyez cette chambre ?
- Naturellement que je la vois.
- Et ce mur en face, et cette cour en bas ? Tout cela en a été témoin, du matin au soir et du soir au matin, d'une semaine à l'autre, d'un mois à l'autre. Combien de fois n'ai-je pas vu Miss Dorrit ici alors qu'elle ne me voyait pas !
- Témoin de quoi ? dit Clennam.
- De l'amour de Miss Dorrit.
- Pour qui ?
- Pour vous ! dit John en lui mettant la main sur la poitrine.
Puis il recula jusqu'au fauteuil, où il s'assit, tout pâle, les mains sur les accoudoirs, en secouant la tête à l'adresse de Clennam.
S'il avait donné à Clennam un violent coup de poing au lieu de le toucher délicatement, il ne l'aurait pas ébranlé davantage. Le prisonnier demeurait confondu. Ses yeux étaient fixés sur John, ses lèvres s'entrouvraient et semblaient s'efforcer de dire : "Moi ?" mais sans parvenir à émettre un son. Il avait les bras ballants et ressemblait de la tête aux pieds à un homme qu'on vient d'éveiller en sursaut et qui n'arrive pas à saisir la nouvelle qu'on vient de lui annoncer.
- Moi ! dit-il enfin tout haut.
- Oui ! Vous ! gémit le petit John.
Il fit de son mieux pour sourire en répondant :
- C'est pure imagination. Vous faites erreur !
- Moi ! Faire erreur ! monsieur, répliqua John, moi, me tromper sur ce point-là ! Non, monsieur Clennam, ne me dites pas ça. Pour toute autre chose, bien sûr ! je n'ai pas la prétention d'être grand observateur et je sais bien tout ce qui me manque pour ça. Mais moi, me tromper sur une chose qui m'a plus tourmenté le coeur qu'une pluie de flèches tirées par des sauvages ! Moi, me tromper sur une chose qui a failli me mettre dans la tombe (comme je l'aurais parfois souhaité, si la tombe n'avait pas été incompatible avec le commerce du tabac et les sentiments de mes parents !) Moi, me tromper sur une chose qui en ce moment encore m'oblige à prendre mon mouchoir comme une grande fille, bien que je ne voie pas pourquoi "grande fille" serait un terme de reproche, car tout esprit masculin bien constitué les aime toutes, grandes et petites. Allons donc ! Ne me dites pas ça ! Ne me dites pas ça !"
Plus tard dans la nuit, il s'endormira malgré tout d'un paisible sommeil, ce cher John, après avoir composé cette épitaphe :
" Passant !
Respecte la tombe de
JOHN CHIVERY Fils
mort à un âge avancé
qu'il est inutile de préciser.
Ayant rencontré son rival plongé dans le malheur
son premier mouvement fut d'en découdre
mais en souvenir de la bien-aimée
il surmonta sa rancoeur
et se montra
MAGNANIME
"
...
(Mention spéciale également au personnage de Flora, en lequel Dickens égratigne son propre amour de jeunesse, mais avec quel humour ! C'est souvent proprement hilarant, et cette sossotte est pourtant rendue bien attachante, quand elle veut bien laisser parler son coeur...)
"La Petite Dorrit" est un roman parfait; en l'espèce, et également pour découvrir Dickens, nonobstant le très léger problème de ne plus le trouver en librairie (en français) (et même en Pléiade). Je ne saurais trop recommander le farfouillage en bouquinerie et en bibliothèque (et de ne surtout pas en lire une version expurgée, qui elles, pullulent) !
Un ENORME merci à Laure, ma chère Géotrouvetout jamais prise en défaut :)
(Bibliothèque de la Pléiade, 1970, traduction de Jeanne Métifeu-Béjeau)
Pas tout à fait un coup de coeur pour Isil, mais du Dickens reste toujours au dessus du lot :)
17:44 Publié dans Autour de Charles Dickens | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : charles dickens, féroce, drôle, prenant, émouvant, du dickens, quoi!

