23.08.2010

Les bulles - Claire Castillon


castillon.gif38 bulles, de très courtes vignettes. Des prénoms, des morceaux de vie étranges. Ces nouvelles de Claire Castillon ressemblent à Angélique, l'une de ses bulles : "Vous vous êtes régalés quand j'ai confondu le nom d'un chef d'état avec une bactérie. Vous vous êtes regardés en coin et, dans votre rire, il y avait des dents." Elles ressemblent à la nouvelle amoureuse qui ne va jamais être acceptée par les amis d'avant, trop jeune, trop bizarre. Pas vraiment jolie, pas super intéressante. On fait un effort, mais elle est juste banale, quand elle se voudrait dérangeante.

J'ai cherché de plus en plus vainement la causticité, l'éclat, le "truc"; je n'ai trouvé que des assemblages hâtifs, des chutes attendues, des déceptions répétées. Tant pis.

"Mon" meilleur passage (féroce), dans "Xavière", la bourgeoise immonde qui ne voit rien de ce qui se passe sous son nez :

"Vous pouvez m'appeler Anne-Catherine les girls, mais vouvoyez-moi. Je compte sur vous. Je tiens à ce que ma Violaine n'oublie jamais sa fête d'anniversaire. Asseyez-vous et faisons le point. Mais épargnez mes bergères, la soie se fane, le tapissier devait venir les prendre mais j'attends toujours. Patience est mère de vertu ! Vous n'imaginez pas l'enfer depuis six mois. Souvenez-vous des cinq ans de Constance, nous étions déjà en travaux ! Quelle plaie, ces ouvriers. On dit lilas, ils font parme, on commande du grège, on déballe du taupe. Si seulement j'étais daltonienne... J'en viens à regretter l'époque où nous n'avions que deux chambres. Et mon cher coin repas ! Nous étions à l'étroit, mais au moins c'était pratique. Même mon laveur de carreaux m'a fait faux bond, regardez mes fenêtres ! On ne voit plus au travers. De quoi vais-je avoir l'air vis-à-vis des papas et mamans ? Trente-huit fenêtres, vous imaginez ? J'avais prévenu Xavier, je ne les récurerai pas. Ni la femme de ménage ! Si elle s'ouvrait les veines sur un carreau, elle n'est pas déclarée et ce serait pour notre pomme."

 

Ed. Fayard, 2010, 192 p.

21.08.2010

Le cœur régulier – Olivier Adam

 

adam.jpg

Elle s’appelle Sarah, elle a deux ados dont elle se sent très éloignée, elle perd son boulot, son frère Nathan meurt dans un accident de voiture auquel elle a du mal à croire, elle n’aime plus son si parfait mari, elle décide de partir pour le Japon, se « chercher », sur les traces de son frère. Dans une petite ville au bord des falaises, elle fait des rencontres, des gens qui ont connu son frère …

Au secours ! Je n’ai rien aimé dans ce roman, à commencer par la succession de clichés (des exemples, au hasard : « Mais il y a paradoxalement, chez certaines femmes moins attentives à leur apparence que dans le milieu où j’avais évolué toutes ces années, une façon de s’habiller, de ne se maquiller qu’à peine, de n’avoir jamais recours aux UV aux pommades vendues à pris d’or à la chirurgie, de boire de l’alcool, de fumer comme bon leur semble, de manger ce qu’il leur plaît de manger et de ne jamais faire de sport, de sortir le soir, de lire des livres, de penser, d’aimer la musique, le cinéma, la danse ou le théâtre, qui les garde éternellement jeunes et irradiant d’une beauté autre, parfois usée, mais sans artifice. » Tu parles ! J'en suis l'exemple vivant : je suis moche et abimée. « En tant que policier on intervient toujours trop tard, disait-il, une fois que le mal est fait. » « Il n’y a pas d’amour, juste des preuves »…) ; Je n’ai pas cru à Sarah, à sa famille, à Nathan, à ce Japon si idéal  et en même temps si lisse; je n’ai absolument rien ressenti, jamais, et partant de là j’ai trouvé que la mule avait une sérieuse tendance à se charger plus que de raison, avec un épilogue un peu pompon.

Tant pis !

 

Ed. de l’Olivier, 2010, 232 p.

 

L'avis des copines : Cathulu et Amanda

 

15.05.2010

N'exagérons rien ! - David Sedaris

J'avais beaucoup aimé Je suis très à cheval sur les principes, N'exagérons rien m'est tombé des mains. Anthologie de quinze chroniques sedaris 2.jpgpubliées depuis 1994 aux Etats-Unis, ce livre est supposé réunir ses histoires les plus drôles, en tout cas il ne contient aucune trace de l'humour auquel je suis sensible.

De plus, pourtant fan de la traduction de Nicolas Richard du Temps où nous chantions, j'ai trouvé qu'ici elle n'arrangeait pas les choses.

"Sauf s'ils sont pour enfants, tous les films sont projetés en anglais dans leur version originale avec sous-titres en français. Un des personnages dira : "Get your fat ass out of here before I do something I regret", et en bas de l'écran on lira : "Pars.". (Cette citation pour montrer que, bien évidemment, quelques passages sont malgré tout sympathiques.)

Que des choses rebattues mal fagotées. Passons.

 

Ed. de l'Olivier, 2010, 205 p.

 

15.03.2010

La librairie des ombres - Mikkel Birkegaard

libri di luca.jpgDéception avec ce roman centré sur les livres et les pouvoirs de la lecture; on y suit Jon, qui découvre en même temps que le lecteur qui était réellement son père, le propriétaire de la librairie "Libri di Luca" au Danemark. On s'agite au milieu de deux clans influenceurs : les lecteurs (à voix haute) et les récepteurs (dès que quelqu'un lit dans sa tête). Cette idée était bien sympathique, dommage qu'elle soit noyée dans une intrigue cousue de fil blanc et nombre de clichés harlequinesques. Du coup rien n'est crédible, on s'ennuie et on regrette son achat !

 

Ed. Fleuve Noir, 2010, 451 p.

Traduit du danois par Inès Jorgensen

 

02.03.2010

Le quai de Ouistreham - Florence Aubenas

D'abord pas du tout intéressée par ce livre, c'est en voyant Florence Aubenas à "La grande librairie*" que j'ai eu envie de le lire. Elle y disait des choses justes, elle témoignait d'une réelle envie de faire bouger les choses, d'exposer un état des lieux pour permettre d'avancer. Elle était positive, calme, mesurée, passionnée, intéressante. Je n'ai pas retrouvé ça dans son livre.

 

aubenas.jpg

Pour témoigner de ce qu'est la crise pour les français, ce qu'elle induit en terme de travail de nos jours, au quotidien, de février à juillet 2009, elle s'est installée à Caen, et sous sa véritable identité a cherché du travail. Elle a juste effacé sur son CV son métier de journaliste, porté ses lunettes et s'est teinte en blonde, pour échapper aux clichés liés à la pauvreté (une amie lui avait dit "il te suffit de prendre 20 kg"...). L'expérience est destinée à s'arrêter lorsqu'elle aura trouvé un véritable CDI.

Premier paragraphe, première phrase, premières inexactitudes : "A Cabourg, la maison de M. et Mme Museau se trouve dans un des quartiers neufs situés à l'écart des plages et de la grande digue, loin des rues animées et des hôtels de luxe, à l'abri de toute agitation et de tout pittoresque. Ici, dans ce faubourg neutre et confortable, se plaisent ceux qui vivent à Cabourg toute l'année." Je pinaille, mais pour l'avoir pratiquée trois longues années, j'affirme que Cabourg n'a qu'une rue animée et un hôtel de luxe, et que les cabourgeais à l'année vivent aussi beaucoup dans ce secteur.

Enfin là n'est pas du tout le propos de ce livre, que j'ai trouvé au final fortement orienté : c'est une Normandie sinistrée et laide, des gens diminués qui sont présentés. Je ne conteste absolument pas la réalité de la situation sociale décrite, c'est un témoignage parfaitement respectable; Florence Aubenas explique de plus très bien les grandes difficultés qu'elle a rencontrées quant à la réalisation des tâches qui lui étaient confiées, contrairement aux idées reçues faire le ménage est un métier très difficile; elle distille également quelques pâles lueurs de solidarité; je regrette par contre profondément les accents misérabilistes. Quelques exemples :

"Parfois, un rai de lumière troue la pluie et fait miroiter une traînée épaisse et noire, à l'horizon. On dirait du goudron. C'est la mer. Dans les villages, les boulangeries sont fléchées en anglais. Un aubergiste, qui propose également des uniformes militaires d'époque en location, me conseille de suivre la colonne de jeeps restaurées, remplies d'Américains octogénaires, qui partent en pélerinage vers la plage. "Vous allez jusqu'à l'hypermarché et, là, vous tournez juste après le char d'assaut couvert de bouquets de fleurs en plastique. Vous longez une sorte de reconstitution de camp militaire, vous passez la station-service. C'est cinq cent mètres plus loin.""

***

"Pour son départ, elle a décidé d'organiser un pot d'adieu. Autant le dire, la pratique n'est pas courante sur le quai. "Il faut déjà un certain niveau pour pouvoir se le permettre, c'est la classe, commente une collègue. Moi, j'en ai jamais vu, mais ma cousine qui travaille à la mairie m'a raconté.""

***

Tout le passage sur Madame Astrid, conseillère d'insertion au Pôle Emploi, avec laquelle elle parle littérature, et qui se termine par l'auteur préféré, que Madame Astrid trouve si... sensible, le tout amené à la truelle : Patrick Poivre d'Arvor.

***

"Deux jeunes hommes se saluent, dans une gaieté contagieuse.

"Salut Tony, je t'avais pas reconnu. T'as changé de coiffure ?"

L'autre crache un dentier dans sa main : "Non, c'est parce que j'avais mis mes dents pour sortir."

***

Au final, il ne m'a pas été possible d'accorder au fond du propos une attention objective, tant j'ai été irritée par la forme.

 

Ed. de l'Olivier, 2010, 270 p.

 

Crewkoos ne partage pas du tout ma vision, et voit au contraire dans ce livre un journalisme d'immersion poignant.

 

* Dans la même émission, il y avait Philippe Claudel (pour "Le paquet" dont Amanda a parlé hier) qui vit en Lorraine, région pas spécialement glamour non plus. Après lecture de ce livre je me suis dit que la différence était peut-être là : vivant au milieu de la difficulté, il la transcende en écrivant, il voit l"humanité derrière, tandis qu'une journaliste parisienne en traque les caractéristiques ?

 

 

09.01.2010

Ne jamais tomber amoureuse - Melissa Marr

marr.jpgPrenez une jeune fille tout à fait banale : sa mère est morte en lui donnant naissance, elle ignore tout de son père, et sa grand-mère l'a élevée en lui répétant que la Vue dont elles toutes deux détentrices est dangereuse. D'où une vie en retrait, en faisant en permanence semblant de ne pas voir les Fés (masculins).

Bingo, c'est elle que le Roi de l'Eté, le plus*que*beau Keenan, choisit pour être sa prochaine Reine. Mais Aislinn est déjà amoureuse d'un mortel. En plus, elle a trop peur du monde des Fés.

Débute alors un jeu, du chat et de la souris, mais aussi pour la survie de l'humanité, carrément, car que deviendrait un monde sans été, hum ?

378 pages d'atermoiements divers et variés, de baisers langoureux et de peaux qui scintillent, pour une intrigue tressée de nombreux fils que j'ai survolés de plus en plus distraitement.

Premier volume d'une tétralogie vendue comme un best-seller aux Etats-Unis, que je laisse bien volontiers aux amateurs du genre.

 

Ed. Albin Michel, collection Wiz, traduit de l'américain par Blandine Longre

 

Laure a plus apprécié, Clarabel entre les deux.

05.01.2010

Un léger passage à vide - Nicolas Rey

rey.jpgEn 2010, le Diable Vauvert fête ses 10 ans, et ouvre cette année évènement par la publication d'un nouveau livre de Nicolas Rey, qui avait été le tout premier auteur publié (2000, Mémoire courte, Prix de Flore).

Roman ? Non. Succession de chroniques souvent plaintives, se voulant amusantes. Je n'ai rien contre un peu de lamentations ou de vacheries, encore moins contre une certaine distance ironique envers soi-même. Mais je n'ai vraiment pas trouvé la grâce concise vantée par l'éditrice. Pour moi ça a surtout été un ennui profond voire consterné. J'ai trouvé ce livre complètement creux.

Et puis quels étranges dialogues ! On sent qu'il y a là une volonté de séduire, d'être drôle, percutant, original "ces phrases indigentes, ridicules et sublimes" quand on tombe amoureux, mais alors vraiment, ça me passe totalement à côté. Exemple :

 

"Au deuxième jour, à savoir trente minutes plus tard, l'iPhone sonna :

"Agent Cooper, j'ai fait.

- C'est Audrey. Vous avez mon téléphone et je suis devant votre porte.

- Surtout ne rentrez pas. Vous devez être pleine de poils de chat. Comment est-ce possible d'aimer un animal pareil, une incarnation vivante de la lâcheté. Le chat est infidèle, jeune fille. Si vos pieds débordent de la couverture, la bête se rue sur le moindre orteil. Je hais ces statues capables de se métamorphoser en horribles Gremlins. Et je vous épargne le nombre de coussins massacrés sans la moindre raison valable. Mon Dieu, quel courage ! S'attaquer à un coussin ! Avouez qu'un coussin n'a qu'une possibilité infime de pouvoir se défendre.

- Monsieur ?

- Quoi ?

- Dès qu'on a caressé le dos d'un chat, on n'a plus le droit de s'arrêter.

- Ouais. Bon. Je vous ouvre."

 

?? Définitivement pas pour moi. Par contre, il m'a donné envie de lire Hanif Kureishi, dont il parle vraiment très bien.

 

Ed. Au Diable Vauvert, 5 janvier 2010, 182 p.

16.10.2009

Eternels tome 1. Evermore - Alyson Noël

Comment vous dire ? En trois citations :noel.jpg

"Mais il faut que je te dise que j'ai bien ri quand j'ai compris que tu croyais que j'étais un suceur de sang, un vampire, quoi !"

"C'était du grand n'importe quoi, tu comprends ?"

"[...] fêté par une petite soirée à la maison, avec du cidre pour moi (je ne touche plus une goutte d'alcool)"

 

Elle a dix-sept ans et demi, elle croit être responsable de l'accident qui a causé la mort de toute sa famille, elle lit dans les pensées des gens et communique avec sa petite soeur morte. Déboule Damen, il est troooooooop beau (il faut la croire sur parole, parce que côté relief il est du genre plat), et en sa présence, le monde n'existe plus. Mais qui est-il ? Qui est-elle ? Souffrira-t-elle ainsi toute sa vie ? Etc.

J'étais curieuse de lire ce qui est annoncé comme la nouvelle coqueluche aux Etats-Unis, après le phénomène Twilight. Ma curiosité est assouvie, les personnages m'ont laissée de bois tout du long et les explications finales m'ont fait pouffer, peut-être pas autant que la qualité des dialogues, remarquez. Mais ça reste agréable à lire, oui, bien sûr !


Ed. Michel Lafon, 2009, 342 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laurence Boischot et Sylvie Cohen

Titre original : The Immortals - Evermore

 

Lu également par : Clarabel, Karine,

 

05.10.2009

Charleston Sud - Pat Conroy

conroy.jpgSobre. Je vais faire très sobre. J'ai lu ce roman du premier au dernier mot, j'ai souffert, et une fois terminé, je suis dans un état de tristesse profonde (je le dis très sincèrement), je l'ai trouvé vraiment très mauvais.

1/ Il contient un nombre incroyable de poncifs, de clichés, d'expressions usées jusqu'à la trame.

2/ Son intrigue reprend tous (et je dis bien TOUS) les éléments de ses précédents livres, y compris son récit autobiographique (des jumeaux une soeur cintrée et suicidaire, le sport, l'esprit d'équipe, le narrateur qui n'ouvre jamais la bouche sans sortir une vanne, la psy géniale, la Citadel, le père malfaisant et méchant-méchant-méchant...) mais en les mélangeant et le résultat est trop copieux.

3/ On nage dans le sentimentalisme le plus sirupeux.

4/ Il se passe mille trucs qui s'enchaînent au petit bonheur, jusqu'aux toutes dernières pages c'est rebondissement sur rebondissement, on n'a le temps de s'attacher à personne.

5/ Ça fonctionne pas, quoi, le liant n'est pas là, tout est factice, pas huilé.

6/ Je trouve l'histoire invraisemblable (sobre, j'ai dit).

Que ceux qui comptent le lire sautent le paragraphe suivant, dans lequel j'en révèle pas mal, je préviens :

Il était une fois un petit garçon qui devint fou quand il découvrit le suicide de son grand frère. Il fut interné, mais s'en sortit avec l'aide d'une psy super top. Il vécut alors une adolescence absolument solitaire, battu froid par sa mère qui était, il le découvrira plus tard, une ancienne  - et future -  bonne soeur, et soutenu chaleureusement par son père qui l'adorait; pour couvrir un autre adolescent, il se fera arrêter avec de la drogue, et écopera d'une peine d'intérêt général qui le fera aimer de tous les gens pour lesquels il devra bosser; l'un d'eux, d'ailleurs, le rendra plus tard richissime en lui léguant toute sa fortune. Un jour, et en un seul même et unique jour, toute sa vie va changer : il rencontre, pouf, en même temps, toute une bande de jeunes gens et ils deviennent tous amis-pour-la-vie. Ces amis sont très divers, des noirs (et cela va révolutionner la ségrégation), des sportifs, des gens de la Haute, (dont une sportive de la Haute qui a des complexes), des orphelins, un homosexuel qui subira le Sida et entraînera une partie du roman à San Francisco à sa recherche, et deux d'entre eux ont un père à côté de qui Satan est cool-raoul. Il fera le grand méchant de temps en temps, pas tout le temps, c'est assez étonnant (je suppose que le but est de faire peser son ombre malfaisante sur la vie de nos troubadours, mais de là à l'oublier purement et simplement sans cesse...). A la fin, aussi, un ouragan. Et une toute dernière révélation, avant de fermer les paupières, en guise de bouquet final. (Avant ça nous passons de 1969 à 1989, puis retour, inexplicablement, en 69, avant de terminer par 89.) (Mais en fait le bouquet final est avec des marsouins, outils de réincarnation).

7/ Quelques extraits illustratifs : "Je m'effondre contre lui lorsque nous nous frayons un chemin dans la chaude lumière du soleil. Les voisins sont réunis en petits groupes autour de la scène du crime, curieux, blasés. Leur attente morbide leur fait espérer le pire. A cet instant, je les hais tous, mais leur pardonne aussitôt cette démonstration d'humanité brute, de curiosité innocente."

***

"Je n'aime pas les assiettes en carton, répète-t-elle, le visage tendu, mais toujours avec le ton de la parfaite maîtresse de maison. Je préfèrerais mourir."

***

"De tous mes amis, je crois que Chad Rutledge et moi nous comprenons sur chaque latitude et sur chaque longitude de nos coeurs mélancoliques, ainsi que le long de l'équateur fébrile de nos pauvres âmes lacérées. Nous nous aimons moins que nous aimons nos autres amis, cependant nous partageons un respect pour les talents et les failles de chacun; nous reconnaissons les affinités de notre fraternité imparfaite et pesante. Aucune de nous ne craint l'autre et, pourtant, nous savons qu'il y a beaucoup à craindre."

***

"- Alors, quel est le premier mot qui te vient à l'esprit quand tu penses à moi ?

- Ma mère m'a appris à ne pas me servir de clichés. Pour ne pas offenser son côté prof d'anglais.

- Essaie quand même, je me fous des clichés.

- Le premier mot qui me vient à l'esprit, c'est con. Ouais, c'est bien ça. Le second, c'est sale con. Le troisième, c'est putain de sale con. et celui-là, il résume à peu près tout."

 

J'aime toujours Mon Patounet, mais c'est "Le prince des marées" qu'il faut lire et relire.

 

Ed. Albin Michel, octobre 2009, 583 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie-Lise et Guillaume Marlière

Titre original : South of Broad

 

Mango l'a beaucoup aimé.

06.07.2009

L'oeil du cyclone - Stéphanie Janicot

oeil du cyclone.jpgNous sommes en plein ouragan Katrina, à La Nouvelle-Orléans, Victoria est une jeune française qui vivait dans un mobile home avec ses deux filles, sa belle-soeur et sa belle-mère. Elles sont rapatriées dans un gymnase, et là on apprend une histoire vraiment compliquée : Victoria est la belle-mère de Luz, qui va fêter ses 13 ans, et dont la mère biologique a tué le père en voulant en fait tuer Victoria. Cette dernière, une ahurie de la lune, a pris en charge Luz (qui avait 3 ans) à 19 ans avec un enthousiasme qui n'avait d'égal que sa totale candeur. Bref, la mère biologique est, contre toute nomalité (mais on aura l'explication) en prison à perpétuité juste à côté du gymnase, et va être libérée en raison de l'inondation annoncée. Tout le monde tremble donc, y compris Luz qui pensait son père mort dans un accident de moto et qui tombe des nues...

Tout au long des péripéties on revient en arrière pour apprendre comment se sont déroulés les dix ans écoulés. La belle-mère était voyante, le père un aristo français, tout est vraiment énorme et rien ne passe (on tique, tique et re-tique).

De Stéphanie Janicot, j'avais lu et aimé "Non, ma mère n'est pas un problème" et plus récemment "Dans la tête de Shéhérazade", je n'ai pas du tout reconnu sa plume dans ce roman-ci ?! Pour tout dire, j'ai eu l'impression de lire une de ces nouvelles dans les vieux magazines de chez feu ma grand-mère, les Nous-deux et autres Intimité. Il y a une énorme imagination qui part un peu dans tous les sens, une écriture plate. Étrange.

 

Ed. Albin Michel, juin 2009, 278 p.

 

Clarabel n'est pas du tout de mon avis.

 

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