28.01.2012
Un écrivain doit être impitoyable
Dans Le Magazine Littéraire de février 2012, ALexis Liebaert a rencontré Michael Cunningham pour un Grand Entretien, et c'est passionnant. Ils évoquent à un moment les ateliers d'écriture, et les arguments proposés me semblent particulièrement pertinents, et font évoluer mon propre avis. Voyez par vous-mêmes :
"Vous enseignez l'écriture dans des cours de creative writing et, aux Etats-Unis comme en France, ces cours sont sujets à polémique.
Je sais qu'il y a des polémiques sur ce sujet, mais, si je donne des cours d'écriture, c'est manifestement parce que je crois à leur efficacité. Je me suis d'ailleurs toujours demandé pourquoi les gens considéraient que l'on peut apprendre à jouer du violon, à peindre ou à danser, et pas à écrire. Je ne comprends pas pourquoi ils s'entêtent à affirmer que l'écriture serait le seul art qui ne peut pas s'enseigner. Cela vient peut-être d'un manque de respect pour les mots. C'est une bien étrange légende que celle qui voudrait que l'écrivain ne puisse enseigner qu'à lui-même. La seule chose que l'on ne puisse donner à un étudiant, c'est du talent. Mais c'est aussi vrai du violon, de la peinture, de la danse... En réalité, on peut aider les étudiants à progresser, à trouver leur propre voix. Il y a des centaines de cours de creative writing aux États-Unis, et personne ne pense sérieusement que chacun de ses étudiants deviendra une voix significative des lettres américaines. En même temps, on sait qu'avec ces cours on produit de meilleurs lecteurs, de meilleurs éditeurs, des gens qui évolueront dans le monde littéraire même s'ils n'écriront pas forcément des romans. Et je ne peux pas croire que deux années passées à étudier, à discuter de manière intensive, et à chercher comment mettre des mots ensemble soient du temps perdu, même si seulement un pour cent de ces étudiants deviennent un jour des écrivains.
Mais n'y-a-t-il pas là un risque de produire une génération d'auteurs tous formatés sur le même modèle ?
J'ai déjà entendu cette critique et je suppose effectivement que le seul danger est d'être encouragé à écrire d'une manière standardisée qui donne des livres que l'on a lu des millions de fois. Mais les bons professeurs ne font pas ça. Si vous aviez dans une classe les jeunes Gustave Flaubert et Virginia Woolf, je ne crois pas que vous puissiez les mener à écrire de manière formatée. Je ne crois pas qu'un étudiant doué se soumettra au désir de tel ou tel professeur de le domestiquer. Si vous voulez être écrivain et si vous êtes aussi facilement influencé par un professeur, alors bonne chance avec les critiques, les lecteurs et votre vie en général."
06:00 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : en choisissant cette femme, flaubert a fait la démonstration que, si emma bovary peut être l'un des grands personnages, de l'histoire littéraire, alors tout le monde peut le devenir., n'importe quel individu, si inintéressant soit-il, peut devenir le sujet d'un grand roman. |
20.01.2012
Vous étiez bien, mais là vous devenez...
05:59 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : erzie chérie, spécheule kassededi ! |
01.01.2012
Bonne année !
Je n'ai pas aimé 2011. Je me souhaite une meilleure année 2012.
Je vous souhaite à toutes et tous une excellente nouvelle année, soyez heureux, gâtés, chouchoutés, gais et légers, profonds et pétillants, braves et courageux, soyez gentils et doux, amusez-vous, la vie est courte.
Meilleurs voeux !
(Détail (flou) d'un sapin à Vaux le Vicomte, dont la particularité est d'être orné de photos de chiens en costume. Je like !))
00:05 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (61) | Envoyer cette note | Tags : je vous embrasse, tous autant que vous êtes, et je vous aime, lisez en paix. |
23.11.2011
Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître...
Il me semble que c'était en 2002, ou 3 peut-être, on avait un seul ordinateur pour toute la famille et encore gisait-il souvent seul et abandonné, délaissé au profit des Kapla et autres consoeurs, lorsque je tombai soudain sur ce qui allait changer ma vie : un club de lecture virtuel.
Au fil des pages de ce forum, j'ai découvert une communauté internationale (francophone) qui passait son temps à parler de livres; qui non seulement donnait son avis sur eux, mais s'était organisée en multiples factions qui me semblaient les plus entraînantes du monde : lire ensemble pour la même date un même roman élu par vote, débattre d'un thème hebdomadaire en essayant de ne dépecer personne, encourager la petite québécoise de 17 ans à nous dire ce qu'elle aimait dans son livre pour ado, écouter la délicieuse belge riche de plus de 70 ans de lecture nous raconter les SP de son libraire de fils, lire plein plein de polars pour enrichir la section dédiée, s'ébahir devant une dévoreuse suisse qui faisait passer mon propre rythme pour de la neurasthénie asthmatique, découvrir la littérature québécoise et tomber raide de Gabrielle Roy et Michel Tremblay, faire voyager des livres, en recevoir garnis de tout un tas de choses diverses et étranges (la poutine en sachet, grand moment !), rencontrer virtuellement tout un tas de gens passionnants dont certains sont encore là, devenus chair et os, maudire les coûts des billets d'avion pour ne pas pouvoir être des GT (Get Together) montréalais, et découvrir des tonnes de nouveaux auteurs et de romans formidables, ouvrir grand mon horizon...
Au fil des mois et des années, devenir de plus en plus accro et m'investir, proposer des jeux et des rendez-vous mensuels, modérer certaines ardeurs, bénir le décalage horaire qui offrait des contributions à toute heure, rire aux éclats de nombreuses (très nombreuses) fois et ressentir une profonde cohésion, une fraternité encore jamais trouvée ailleurs, ni depuis.
Puis maudire la prétention intellectuelle et son corollaire le mépris, les subir, ne pas avoir les armes (ni la patience) pour les contrer efficacement, assister à la fuite progressive de tout plaisir. Partir. Créer un blog. Et découvrir autre chose.
Mais Le club des rats de Biblio-net a compté dans ma vie de lectrice, et j'avais juste envie aujourd'hui de lui dire merci.
09:19 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : alors voyons, qui en était, chimère, papillon, cryssilda, doriane, erzie, thom, eireann, lalyre, mousseline of course, mélodie, petite lune, frisette, clarabel, tatiana de rosnay, calou, sahkti, lassy, oh ma mémoire, pas terrible, il en manque plein |
09.11.2011
Retour vers le futur
Souvenez-vous, c'était il y a presque six ans, on était une poignée de folles-dingues à bloguer comme des sosottes, on s'éclatait, on ne se posait aucune question, on faisait tourner les tags les plus inintéressants du monde avec une ferveur de caniches pas toilettés. Moi j'ai tout supprimé, et je m'en mords les doigts jusqu'au tibia, j'aurais aimé relire mes portraits chinois de l'époque (si j'étais un fruit je serais une pomme, oh, ah, quelle profondeur) et mon "Je me souviens" à la Perec (cent item pure nostalgie, de quoi me jeter sous la couette pour six mois), pourquoi mais pourquoiiiii n'ai-je rien conservé, j'aurais pu recycler today.
Car la délicieuse Fashion ose m'infliger, en cette semaine de vide total sur mon blog, un tag qui m'inspire autant que la rédaction de billets sur mes dernières lectures (et j'ai lu Christine Angot, par exemple) (si).
So be it, tant pis.
1. Si j'étais une chanson
Je ne serais jamais une chanson, étant dotée d'une absence totale de goûts musicaux, absolument pas compensée par une mémoire vicieuse qui me laisse en tête toutes les paroles de toutes les chansons que j'ai eues le malheur de chantonner un jour (et je chantonne énormément). Rien qu'en écrivant ça, me traversent l'esprit en vrac : "The problem is all inside your head she said to me, the answer is easy if you take it logically...", "Voici les clés, pour le cas où, tu changerais d'avis, han han, à ta santé, à tes amours à ta folie, nanana, nanana, nanananana", "Bonjour je suis la reine d'Angleterre et je vous chie à la raiiiiiiiiiiie"... (Je pense que vous mesurez l'ampleur des dégâts.) (Et encore, j'ai pudiquement tu mon crush davidguetien ou - pire - Bobsinclarien.) (On se demande comment j'ai osé ricaner à la lecture d'un tel billet, tiens.)
2. Si j'étais un roman anglais
Je pourrais user et abuser des délicieux logos concoctés par trois anglophiles inspirées. Oh my, how thrilling it would be.


3. Si j'étais une sucrerie
Je serais affichée en plein sur mes hanches.
4. Si j'étais un penchant inavouable, voire pervers
Je n'aurais rien à faire sur ce blog, tout en retenue et distinctionnitude.
5. Si j'étais des vacances idéales
Je serais là.
6. Si j'étais un produit de beauté
Je serais des compliments quotidiens et complètement exagérés.
7. Si j'étais une police de caractère
Je serais Nadine.
8. Si j'étais un métier à uniforme
Je serais une pomme. (Oh, ah !)
9. Si j'étais une série télé
J'aurais honte de me voler autant de mon précieux temps.
10. Si j'étais un peintre ou un dessinateur
Alors ok, si j'étais une série télé je serais
C'est en me faisant violence, vraiment, que je me plie au reste du tag, et désigne la mort dans l'âme six braves et intrépides blogueuses pour répondre à dix nouvelles questions passionnantes :
Si tu étais : 1. Moi, 2. Fashion, 3. amoureuse, 4. anglaise, 5. écrivain, 6. en colère, 7. d'humeur joueuse, 8. un rideau, 9. une pandémie, 10. un assureur.
Vont tout nous dire (ou pas) : Mo, Erzie, Cathulu, Juliette, Papillon et Chiffonnette. Et toc.
13:15 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : tu me dois un top twenty, sweetie, ah ah aaaaaaah |
10.08.2011
Elle, elle réussira, mais on a intérêt à la surveiller
La réussite, la vraie intelligence serait dans la maîtrise de soi. Ce petit TED de 6 mn l'explique très bien et est formidablement drôle. Pour autant, c'est en opposition directe avec cet autre point de vue : la vie est courte. A chacun de se positionner entre les deux axiomes...
07:42 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : m'enfin comme le dit aussi, avec malice, joachim de posada dans les commentaires sous son ted, "i suspect that successful people, are more successful, than unsuccessful ones", le tout est de savoir, si on veut la réussite or not, quoi. |
27.07.2011
Mais s'il te plaît, ne viens pas chialer...
"... je t'en prie, cultive jusqu'au bout la joie qui te fait entrer en littérature."
Quand François Begaudeau donne des conseils aux écrivants, il fait rire les lecteurs !
Les conseils de François Bégaudeau par enviedecrire
Vue sur l'excellent site Envie d'écrire, cette vidéo m'a fait glousser de bon matin, tant elle manie avec bonheur la sincérité totale, les arguments très justes (dans la vie il faut un bon dosage d'humilité et de prétention, une certaine estime de soi / il ne sert à rien de faire juger son travail à quelqu'un avec qui on est en conflit de tempérament, etc.), et deux niveaux de langage différents ("Tiens, j'vais m'péter 5 heures d'écriture... Mais c'est quoi ces pages... Est-ce que ce serait pas d'la merde ?... / Et s'ils avaient une réserve, c'est probablement que le livre est amendable, perfectible...".
Enfin, voilà, quoi : Si tu veux écrire, écris.
Merci m'sieur :)
07:02 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : "ok, écris!, c'est vachement plus intéressant que, d'aller faire ses courses chez carrefour", je ne m'inscris pas en faux, avec cette affirmation si poétique, d'ailleurs il a raison sur tout, le sieur françois, c'est juste très amusant, la façon dont il le dit, :))) |
11.04.2011
Parlons pour ne rien dire
Ce blog a eu 5 ans, quelque part en février dernier (je suis nulle pour les dates, les anniversaires, les petites attentions, tout ça), et s'il est toujours vivant, son nombre de billets n'évolue pas d'années en années, j'en supprime sans arrêts; je tourne donc autour des 700 billets permanents, et je me demande bien pourquoi je vous dis ça, d'ailleurs. Peut-être histoire de faire sérieux, un peu de données numériques ayant toujours eu le chic de vous poser un rapport.
J'ai traversé une période de profonds doutes, me comparant (à mon désavantage) aux blogs que j'aime lire, ne trouvant plus vraiment de bonnes raisons qui me pousseraient à continuer. Pourtant il y en a une, la meilleure, j'aime toujours ça.
J'en suis toujours à tâtonner un peu, à modifier mes catégories, à activer la fermeture automatique des commentaires après un mois, pour éviter les robots spammeurs (une plaie), les élèves en mal de question ou tout autre cas de figure mal intentionné, à me poser des tas de bonnes et mauvaises questions.
Mais j'ai toujours envie. Et le désir m'a toujours motivée, pour tout. Alors, voilà, cuneipage continue, tant pis pour vous !
07:34 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (66) | Envoyer cette note | Tags : et aussi, une chose, si vous ne m'aimez pas, ne venez pas me lire, vous verrez, c'est mieux |
21.09.2010
Des commentaires et de la gonzesserie
- T'as vu, elle, elle ne répond même pas à ses commentaires, comment elle se la joue.
- Là, elle a carrément fermé ses commentaires, genre elle assène sa vérité, period.
- Elle répond à qui lui chante, bonjour le délit de sale pseudo.
- Elle répond quand ça lui chante, bonjour les humeurs.
- Chez elle, ton comm lui plaît pas, à peine validé il a été supprimé.
- Elle doit passer sa vie derrière son écran, à guetter.
- Répondre si longtemps après, franchement...
- Elle prend tout mal, quelle agressivité.
- Elle évite le débat, un peu facile les phrases toutes faites, chacun son truc, gnia gnia gnia.
- Oh la plaie, on est partis dans la dissert, là; moi je ne lis pas une réponse aussi longue, ça me fatigue.
- Ouarf ouarf, elle répond à tout le monde, les uns à la suite des autres; pour ce qu'elle a à dire, tu parles d'un intérêt.
- Elle a sauté mon commentaire, je suis sûre qu'elle ne m'aime pas.
- Oh les fautes, retourne au CM2 !
- Ca, c'était hyper sec, je ne viens plus ici, moi.
- Un jour c'est j'ai pas envie de répondre, un autre c'est je fais 10 lignes à chaque comm, où est la logique ?
- Mais arrête de raconter ta vie, OSF !
- Si c'est pour répondre ça, franchement, elle ferait bien de s'abstenir.
- Elle a plus de commentaires que moi, alors que son blog est tout moisi.
- Elle n'a même pas de commentaires, pour dire !
13:14 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : ah tiens, oui, je suis bien une fille |
15.04.2010
Une journée dans la peau d'une attachée de presse
Aujourd'hui, page blanche à Solène Perronno, attachée de presse au Cherche-Midi éditeur, mais avant tout grande et vraie lectrice, qui nous fait vivre les Quais du polar de l'intérieur : merci Solène !
Les récréations provinciales d’une attachée de presse

Ah ! La joie des salons du livre… Je fais ça depuis presque 8 ans maintenant et je dois dire que je suis toujours excitée comme une puce et un peu angoissée avant d’arriver et ce, malgré l’expérience.
Ce samedi 10 avril, j’ai donc pris le train, bravant les grèves de la SNCF, pour me rendre au Festival Quais du polar à Lyon. C’était une première pour moi. Et oui, il y a encore des salons que je n’ai pas faits, et pour cause, il y en a chaque week-end dans chaque ville ou village de France et de Navarre…
Après deux heures et la lecture acharnée d’un Sonatine que je conseille aux amateurs de polars noirs ("Origine" de Diana Abu-Jaber), me voilà arrivée à bon port. Bien sûr, je n’ai pas pris l’adresse du salon et Lyon est une grande ville. Mais je suis débrouillarde… Je me rends donc place Bellecour et entre dans le premier Decitre venu (la grande librairie lyonnaise). Je ne suis pas loin du lieu des agapes. Il fait beau, je m’y rends à pied.
Je dois retrouver à 11 h mon auteur, Sophie Loubière, animatrice sur France Inter et France Info, invitée pour son roman "Dans l’œil noir du corbeau", paru au cherche midi l’année dernière et que certaines ont peut-être lu. Elle doit participer à un débat sur l’Amérique avec quatre auteurs américains. Pour un auteur, c’est toujours bien de participer à un débat lors d’un salon car cela permet de présenter son livre au public plutôt que de juste attendre le chaland derrière sa table, ce qui je vous prie de le croire n’est pas si simple. A Lyon, l’organisation est bien faite, il y a au moins un débat pour chaque auteur.
11 heures, le débat va commencer mais, car il y a toujours un mais, pas de Sophie en vue. Je commence à m’inquiéter (l’attachée de presse s’inquiète toujours et a une imagination très fertile : Sophie a manqué son train, Sophie est bloquée par les grèves, Sophie est malade, Sophie a eu un accident, Sophie a été enlevée par des extraterrestres…). Les minutes passent, Bruno Corty, l’animateur du débat, commence. Les quatre auteurs américains se présentent. J’aime les salons pour ces moments là, quand je ne suis plus qu’une lectrice avide qui découvre de nouveaux auteurs qu’elle va, elle en est sûre, adorer.
11h20, Sophie arrive. Me voilà rassurée. Rien de grave ne se passe jamais de toute façon, quelle stressée je fais. Après le débat, j’ai le fin mot de l’histoire, le point d’accueil auteurs était mal indiqué et ma pauvre auteur a erré dans la gare, d’où son retard. Là, je me sens idiote, j’aurais du lui proposer de l’attendre à sa descente du train, ce que je sais pourtant depuis le temps !
Voici venue l’heure du repas, il est quand même 12h30. Les repas en salon pour les auteurs et leurs accompagnants, moi dans le cas présent, c’est un grand moment, et encore comme je ne suis restée qu’une journée, je n’ai pas assisté au repas de gala du samedi soir. C’est un petit peu comme à la cantine : on vous donne un ticket et vous vous rendez dans un restaurant prévu à l’avance où tout le monde se retrouve et où l’on vous sert à tous le même menu, très bon au demeurant, n’allons pas nous plaindre. On a quand même l’impression de retomber en enfance : des petits groupes se forment, certains gardent jalousement des places pour leurs amis encore retenus au salon, c’est un peu la cohue.
J’ai de la chance, Sophie a déjà prévu de déjeuner avec Oliver Gallmeister dont j’adore la production et un des auteurs américains qui ont participé au débat, Craig Johnson, qui publie chez Gallmeister, et sa femme. Etant un peu comme son ombre, je suis conviée à mon tour. J’avoue que ce déjeuner, même quasiment tout en anglais, fut un pur bonheur et j’ai même été invitée à rendre visite à Craig et sa femme dans leur ranch du Wyoming. Je me dis, dans ces moments-là, que j’ai vraiment la chance de faire ce métier. Le repas terminé, je m’empresse d’ailleurs de me faire dédicacer le premier roman de mon nouvel ami cow-boy (il porte un stetson tout à fait caractéristique), "Little Bird", dans lequel je suis plongée depuis lundi.
J’accompagne Sophie jusqu’à son stand où elle s’installe. Elle n’est pas très bien placée mais la marge de manœuvre avec le libraire est faible, nous n’arriverons à rien. Ce n’est pas grave, quelques fans l’attendent déjà. Elle commence ses dédicaces, je m’éclipse.
J’ai plusieurs autres personnes à voir : des auteurs amis comme Bob Garcia que je ne manque jamais de saluer, des nouveaux auteurs dont je ne peux m’empêcher d’acheter le livre (j’ai craqué pour Gille Legardinier et son "Exil des anges"), des amies du milieu, attachées de presse, éditrices, commerciales… le petit monde de l’édition, mais aussi Delphine et Montse du site Plume Libre que je vais rencontrer en vrai pour la première fois. Rencontre très sympathique et très chaleureuse. Je croise également un autre de mes contacts internet, Nicolas Trenti de Polars pourpres. Tout le monde est là, Quais du polar est un des salons les plus importants (et encore je ne savais pas que plusieurs blogueuses que je connais par mail étaient aussi présentes…).
Les minutes puis les heures s’égrènent, je vais retrouver Sophie, car mon rôle est quand même celui d’accompagnatrice et de représentante de ma maison d’édition. Parfois cela vire dame de compagnie mais pas ici, Sophie Loubière est une personne tout à fait adulte et autonome.

Il est bientôt 16 heures, il est prévu qu’elle fasse une lecture. Un peu plus tôt, je m’étais enquis du déroulé auprès des organisateurs, nous arrivons devant la salle, confiantes. Il y a malheureusement toujours des aléas… L’émission de France Culture a pris du retard et personne ne nous a prévenues. Nous retournons au stand du libraire et nous revenons 30 minutes plus tard. L’émission n’est toujours pas finie. Je bouillonne, m’énerve un peu pour la forme, et à 16h45, Sophie s’installe enfin. Elle lira pendant une demi-heure finalement. Tout se goupille bien puisqu’elle a une extinction de voix et n’aurait pu faire plus.
17h15, il est enfin temps pour moi de tirer ma révérence, mon train est à 18h. Un dernier au revoir, une dernière photo et je cours vers le métro. Une fois dans le train, je me replonge dans mon polar, fatiguée mais heureuse.
Merci beaucoup à Cuné de m’avoir laissé un espace sur ce blog pour m’essayer à l’exercice. Peut-être aurais-je envie de continuer ?...
06:00 Publié dans Rien à voir | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : ouiiiiii, il faut que tu recommences, solène, à quand ton blog, on veut toutes te lire! |

