17.08.2011

Peut-être que c'est cela, un fantôme : l'incarnation de ce qui te tracasse

finkler.jpgLondres, de nos jours. Ils sont trois, et ils sont très différents. D'abord Julian Treslove, 49 ans, blond aux yeux clairs, physique tellement banal qu'il en a fait son métier, il est sosie d'un peu n'importe qui, il peut se faire passer pour tout le monde. Il est plus ou moins ami avec Samuel Finkler, vedette de la télé, depuis le collège, et ils sont restés en contact avec leur prof d'Histoire à l'université, Libor Secvik, qui approche des 90 ans. Sam et Libor sont juifs, pas Julian, mais à ce stade de sa vie il a une envie folle de l'être, sans jamais réussir à comprendre vraiment ce que c'est, qu'être juif...

Lauréat du Man Booker Prize 2010 (le seul prix littéraire qui compte à mes yeux), "La question Finkler" d'Howard Jacobson (Calmann-Levy, parution ce jour, 382 p., traduit de l'anglais (GB) par Pascal Loubet) est un excellent roman.

Proprement hilarant, il décortique avec une grande intelligence le sionisme ou l'antisémitisme, il explose les clichés, il est d'une subtilité totale en restant léger en permanence, tout en laissant gronder la profondeur sous le talon.

Mention spéciale à Hephzibah, personnage qui m'a énormément plu. Épilogue pas rose, je préviens, et réflexion qui se poursuit bien après la dernière page...