15.04.2010

Une journée dans la peau d'une attachée de presse

Aujourd'hui, page blanche à Solène Perronno, attachée de presse au Cherche-Midi éditeur, mais avant tout grande et vraie lectrice, qui nous fait vivre les Quais du polar de l'intérieur : merci Solène !



Les récréations provinciales d’une attachée de presse

 

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Ah ! La joie des salons du livre… Je fais ça depuis presque 8 ans maintenant et je dois dire que je suis toujours excitée comme une puce et un peu angoissée avant d’arriver et ce, malgré l’expérience.

Ce samedi 10 avril, j’ai donc pris le train, bravant les grèves de la SNCF, pour me rendre au Festival Quais du polar à Lyon. C’était une première pour moi. Et oui, il y a encore des salons que je n’ai pas faits, et pour cause, il y en a chaque week-end dans chaque ville ou village de France et de Navarre…

Après deux heures et la lecture acharnée d’un Sonatine que je conseille aux amateurs de polars noirs ("Origine" de Diana Abu-Jaber), me voilà arrivée à bon port. Bien sûr, je n’ai pas pris l’adresse du salon et Lyon est une grande ville. Mais je suis débrouillarde… Je me rends donc place Bellecour et entre dans le premier Decitre venu (la grande librairie lyonnaise). Je ne suis pas loin du lieu des agapes. Il fait beau, je m’y rends à pied.

Je dois retrouver à 11 h mon auteur, Sophie Loubière, animatrice sur France Inter et France Info, invitée pour son roman "Dans l’œil noir du corbeau", paru au cherche midi l’année dernière et que certaines ont peut-être lu. Elle doit participer à un débat sur l’Amérique avec quatre auteurs américains. Pour un auteur, c’est toujours bien de participer à un débat lors d’un salon car cela permet de présenter son livre au public plutôt que de juste attendre le chaland derrière sa table, ce qui je vous prie de le croire n’est pas si simple. A Lyon, l’organisation est bien faite, il y a au moins un débat pour chaque auteur.

11 heures, le débat va commencer mais, car il y a toujours un mais, pas de Sophie en vue. Je commence à m’inquiéter (l’attachée de presse s’inquiète toujours et a une imagination très fertile : Sophie a manqué son train, Sophie est bloquée par les grèves, Sophie est malade, Sophie a eu un accident, Sophie a été enlevée par des extraterrestres…). Les minutes passent, Bruno Corty, l’animateur du débat, commence. Les quatre auteurs américains se présentent. J’aime les salons pour ces moments là, quand je ne suis plus qu’une lectrice avide qui découvre de nouveaux auteurs qu’elle va, elle en est sûre, adorer.

11h20, Sophie arrive. Me voilà rassurée. Rien de grave ne se passe jamais de toute façon, quelle stressée je fais. Après le débat, j’ai le fin mot de l’histoire, le point d’accueil auteurs était mal indiqué et ma pauvre auteur a erré dans la gare, d’où son retard. Là, je me sens idiote, j’aurais du lui proposer de l’attendre à sa descente du train, ce que je sais pourtant depuis le temps !

Voici venue l’heure du repas, il est quand même 12h30. Les repas en salon pour les auteurs et leurs accompagnants, moi dans le cas présent, c’est un grand moment, et encore comme je ne suis restée qu’une journée, je n’ai pas assisté au repas de gala du samedi soir. C’est un petit peu comme à la cantine : on vous donne un ticket et vous vous rendez dans un restaurant prévu à l’avance où tout le monde se retrouve et où l’on vous sert à tous le même menu, très bon au demeurant, n’allons pas nous plaindre. On a quand même l’impression de retomber en enfance : des petits groupes se forment, certains gardent jalousement des places pour leurs amis encore retenus au salon, c’est un peu la cohue.

J’ai de la chance, Sophie a déjà prévu de déjeuner avec Oliver Gallmeister dont j’adore la production et un des auteurs américains qui ont participé au débat, Craig Johnson, qui publie chez Gallmeister, et sa femme. Etant un peu comme son ombre, je suis conviée à mon tour. J’avoue que ce déjeuner, même quasiment tout en anglais, fut un pur bonheur et j’ai même été invitée à rendre visite à Craig et sa femme dans leur ranch du Wyoming. Je me dis, dans ces moments-là, que j’ai vraiment la chance de faire ce métier. Le repas terminé, je m’empresse d’ailleurs de me faire dédicacer le premier roman de mon nouvel ami cow-boy (il porte un stetson tout à fait caractéristique), "Little Bird", dans lequel je suis plongée depuis lundi.

J’accompagne Sophie jusqu’à son stand où elle s’installe. Elle n’est pas très bien placée mais la marge de manœuvre avec le libraire est faible, nous n’arriverons à rien. Ce n’est pas grave, quelques fans l’attendent déjà. Elle commence ses dédicaces, je m’éclipse.

J’ai plusieurs autres personnes à voir : des auteurs amis comme Bob Garcia que je ne manque jamais de saluer, des nouveaux auteurs dont je ne peux m’empêcher d’acheter le livre (j’ai craqué pour Gille Legardinier et son "Exil des anges"), des amies du milieu, attachées de presse, éditrices, commerciales… le petit monde de l’édition, mais aussi Delphine et Montse du site Plume Libre que je vais rencontrer en vrai pour la première fois. Rencontre très sympathique et très chaleureuse. Je croise également un autre de mes contacts internet, Nicolas Trenti de Polars pourpres. Tout le monde est là, Quais du polar est un des salons les plus importants (et encore je ne savais pas que plusieurs blogueuses que je connais par mail étaient aussi présentes…).

Les minutes puis les heures s’égrènent, je vais retrouver Sophie, car mon rôle est quand même celui d’accompagnatrice et de représentante de ma maison d’édition. Parfois cela vire dame de compagnie mais pas ici, Sophie Loubière est une personne tout à fait adulte et autonome.


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Il est bientôt 16 heures, il est prévu qu’elle fasse une lecture. Un peu plus tôt, je m’étais enquis du déroulé auprès des organisateurs, nous arrivons devant la salle, confiantes. Il y a malheureusement toujours des aléas… L’émission de France Culture a pris du retard et personne ne nous a prévenues. Nous retournons au stand du libraire et nous revenons 30 minutes plus tard. L’émission n’est toujours pas finie. Je bouillonne, m’énerve un peu pour la forme, et à 16h45, Sophie s’installe enfin. Elle lira pendant une demi-heure finalement. Tout se goupille bien puisqu’elle a une extinction de voix et n’aurait pu faire plus.


17h15, il est enfin temps pour moi de tirer ma révérence, mon train est à 18h. Un dernier au revoir, une dernière photo et je cours vers le métro. Une fois dans le train, je me replonge dans mon polar, fatiguée mais heureuse.


Merci beaucoup à Cuné de m’avoir laissé un espace sur ce blog pour m’essayer à l’exercice. Peut-être aurais-je envie de continuer ?...