23.03.2010

Angelus - Tim Winton

"La lâcheté, c'est un mode de vie. Ce n'est pas naturel, ça s'apprend."

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Pour parler correctement de ces dix-sept nouvelles il faudrait avoir le talent de Tim Winton pour dire dix mille choses en trois mots choisis, épurer jusqu'à l'essentiel et marquer profondément par des images d'une évidence totale.

Nous embarquons pour l'Australie, pour l'Ouest australien plus précisément. Angelus est un bled du bord de mer. On n'y vit pas heureux. On suit quelques personnes à différents moments de leur vie, on passe à quelqu'un d'autre, qui a un regard sur les précédents, on a quelques instants précis détaillés à l'extrême puis ce qu'en a fait la vie en quelques décennies résumées, on avance.

On est dans la précarité, celle qui n'est pas que matérielle, on manque de confort, tout grince, et des petits éclats de vérité brute viennent nous cueillir en permanence. C'est le genre de recueil qui, alors qu'on l'a posé pour faire autre chose, fait surgir n'importe quand dans notre cerveau des scènes qu'on y a lues, le petit frangin dans son tunnel sous la dune, l'expression du père quand il se retourne et le voit, Rae et ce qu'elle éprouve sans mots, sans pensées même pour se formuler à elle-même ses sentiments, comment tout ça merde tranquillement au quotidien alors que chacun fait tout ce qu'il peut. Ce sont des êtres paumés, solitaires, avec de graves failles et défaillances.

C'est mélancolique, c'est rugueux, ça m'a chopée complètement, c'est terriblement bon. Je vais tout lire de Tim Winton !

 

Ed. Payot & Rivages, 2006 & 2009, 397 p.

Traduit de l'anglais (Australie) par Nadine Gassie