01.01.2009

Miss Charity - Marie-Aude Murail

"Elle est folle : elle récite du Shakespeare au milieu de tout un ramassis de bestioles !"

 

Bienvenue dans le monde de Charity Tiddler, née en 1871 !murail.jpg

 

Lu au premier degré, ce roman dodu et réjouissant vous offre une histoire colorée, bigarrée et bourrée d'humour, qui est un enchantement du premier au dernier mot.

Lu d'un peu plus loin, vous n'aurez de cesse de débusquer les nombreuses références, hommages et citations qui émaillent le récit. On croise ainsi une Lady Bertram, une Mrs Gaskell ou le scénario quasi exact du film Miss Potter (que je viens de voir, en plus, merci Tamara !), mais aussi Oscar Wilde, Bernard Shaw et j'en passe.

Il n'est nul besoin d'explorer plus avant les tours et détours de la vie de Miss Tiddler, tant il est certain que si vous posez les yeux sur les premières pages vous n'en sortirez plus le nez : il y a de la magie dans ces 563 pages, on aurait presque l'impression d'un magnifique cadeau de Noël de la part de Marie-Aude Murail, pour toutes les grandes filles qui furent un jour petites, pour tous les scintillements que seule l'ambiance british peut provoquer.

On rit, en plus, on rit vraiment à certains dialogues avec cette si étrange Tabitha, au passage innénarrable sur l'hippopotame du Révérend Tomkins (comme preuve du nombril d'Adam, of course), on se prend d'une affection folle pour chaque petit détail, c'est un coup de foudre, c'est du bonbon, c'est merveilleux.

 

Ed. L'école des loisirs, 2008, 563 p., 24.80 €

Illustré par Philippe Dumas

 

Un énooooooooorme merci à Cathulu pour ce sublime cadeau !

 

Les avis, tous amoureux et enchantés, de : Marie, Alice, Gwénaelle, Emjy, Cachou, Ricochet, Clarabel, Lael.

 

14.12.2008

La tendresse des loups - Stef Penney

penney.jpgCe qui caractérise le plus ce roman, c'est sa puissance d'évocation : pendant quelques heures vous êtes au XIX° siècle, dans les grandes étendues enneigées du Canada, le froid est assassin et les regroupements en communautés épars. A Dove River, ce sont des écossais. Un trappeur français est retrouvé scalpé dans sa cabane, et des représentants de la compagnie arrivent pour élucider le meurtre. L'enquête mènera plusieurs personnes à la découverte d'une communauté religieuse Norvégienne, et surtout chacun à s'interroger sur le sens de sa vie...

C'est un roman riche et foisonnant, où l'on s'attache aux pas d'une multitude de personnes, chacune douée d'un formidable charisme. Madame Ross est le fil conducteur, femme dure, au lourd passé (asile), à la recherche de son fils adoptif, suspecté. Mais chaque être ici mis en scène se révèle bien plus complexe qu'il n'y parait, et sur chacun d'eux flotte une menace immanente et permanente. Le pognon, ce sale moteur, mène encore et toujours la danse finale, mais il est bien chétif face à l'immensité hostile de la nature. Et c'est sans doute ce qui ressort le plus fortement de ces pages que l'on dévore, le décalage entre la petitesse des hommes (au sens propre comme au figuré) et la toute puissance des éléments. Avantage indéniable à ceux qui les respectent...

Le cruel désenchantement des pensées des uns et des autres, la brutale force de vie, et une intrigue solide et nourrie font de ce premier roman (!) un moment très fort de lecture. Je recommande !

 

Ed. Belfond, 2008, 446 p., 22 €

Traduit de l'anglais (Ecosse) par Pierre Furlan

Titre original : The Tenderness of Wolfes

 

(Par contre, les loups sont vraiment juste dans le titre, ou une pensée vague omniprésente...)

 

20.10.2006

Apparences, réalité et machiavélisme : cocktail réussi


Louisa May AlcottDerrière le masque ou Le pouvoir d’une femme

Editions Interférences, 2002

 

Je voue un véritable culte aux Quatre filles du Dr March, que j’ai lu maintes fois dans plusieurs éditions, et dont j’ai vu toutes les adaptations télévisuelles. Jo était ma préférée, de par sa liberté intellectuelle, pour beaucoup.
Derrière le masque, écrit deux ans plus tôt par Louisa May Alcott, nous donne une toute autre vision de l’auteure, à mille lieux de l’univers jeunesse, mais tout aussi passionnante.

Une gouvernante, Jean Muir, fait son apparition dans une famille courtoise de l’aristocratie anglaise du 19°. Charmante, douée, vive et aimable, elle séduit bien vite tout un chacun. Certains, pourtant, ne peuvent se défaire d’un sentiment de méfiance à son égard, qui s’évanouit en sa présence charismatique, pour s’étayer lorsque la vérité se fait peu à peu jour…

C’est du bonbon, du plaisir pur sucre que ce roman. Manipulatrice hors-pair, son héroïne utilise toutes les armes en sa possession pour atteindre son but. Les scènes se déroulent comme au théâtre, les nombreux dialogues insufflent une vie particulièrement prenante. L’épilogue amoral est aussi très savoureux.

Les éditions Interférences ont l’intention de publier d’autres textes inconnus de Louisa May Alcott (et c’est déjà fait pour certains), j’en serai une lectrice ravie.

L'avis de Clarabel

Traduction (GB) de Véronique David-Marescot
213 p.


Par contre, par manque de connaissances, je n’ai pas compris le caractère insultant :

« -S’il vous plait, Mlle Beaufort vous réclame pour jouer la reine Bess, puisque vous êtes la seule dame à cheveux rouge. Vous venez ? chuchota l’enfant, tout à fait innocente de la perfidie contenue dans ces paroles.
- Oui, ma chérie, volontiers, même si je n’ai pas la noblesse de sa Majesté ni sa beauté, dit Jean en se levant, le visage égal, bien qu’elle fût froissée par l’insulte. »

Un(e) spécialiste d’Elisabeth 1ère, pour m’expliquer ?