14.08.2008
"Peut-être parce qu'elle était encore plus perdue que moi"

Françoise aimait Iani, et ça durait depuis cinquante ans. Il l'avait faite, construite, c'était son homme, son ami, c'était tout. Entre eux, dix ans d'écart. La maladie entre dans la danse, l'une entraîne une autre (avec énorme erreur médicale, et beaucoup de malchance), c'est difficile, de plus en plus. Pendant 12 ans. Les deux années suivantes sont terribles, Iani est envahi par une forme d'Alzheimer ou de démence sénile frontale, il a plus de 75 ans. Et Françoise raconte, au jour le jour, l'hôpital, les urgences, les gens, ce qu'on ressent quand on voit partir son homme, son tout. Quand on ne peut simplement pas respecter la promesse qu'on avait faite de l'aider à partir s'il le fallait.
Et c'est bouleversant. Vraiment.
Entrecoupé d'extraits de 4 livres qui parlent tous de cette famille, qui nous les montre jeunes, parents, effrontés, pas beaux, parfois.
Pour alléger. Et ça allège. Un homme, c'est un ensemble, il peut être con quelquefois, c'est même nécessaire.
C'est en tous les cas une superbe histoire d'amour, d'une sincérité qui prend à la gorge et qui nous remplit d'affection pour Françoise Xenakis.
"Depuis mon enfance, j'ai joué du rire, de la blague, c'est ma façon de parler, de dire ce qui ne passerait pas autrement. Cela lui plaisait, je tiens juste à dire, une fois seulement, que j'en ai tellement joué, d'abord pour lui et avec les autres, que maints de mes confrères et non-amis se font un plaisir de répéter à l'envi que je dis n'importe quoi, donc que je pense n'importe quoi... Finalement pas plus qu'eux. Et si c'était vrai, comme la vie me serait plus facile."
Ed. Albin Michel, 2002, & Le Livre de Poche 2004, 185 p.
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