21.03.2010
La Compagnie des menteurs - Karen Maitland

Le plaisir est dans le voyage, pas dans la destination, c'est bien connu, et à ce titre La Compagnie des menteurs nous entraîne de main de maître dans une ambiance particulièrement envoûtante : nous sommes un camelot intimement persuadé d'oeuvrer pour le bien de l'humanité en vendant de l'espoir, nous nous voyons enjoint huit compagnons divers et variés avec lesquels il nous faut cheminer; nous nous battons contre une adversité terrible; nous fuyons la pestilence qui étend son mal bleu dans toute l'Angleterre; nous entendons chaque nuit un loup hurler, il semble nous suivre; petit à petit, nous perdons nos compagnons et savons que la réponse est au sein même de la Compagnie...
J'ai de tout temps adoré ces romans où lutter pour survivre prime sur le reste. Il y a là cette petite idée que la vaillance est dans le labeur chaque jour renouvellé, il y a les conditions extérieures hostiles et les croyances et légendes nébuleuses du 14° siècle qui forment un contour inquiétant, on se régale. Chaque personnage est également fort bien croqué, des personnalités disparates, des secrets individuels, des mensonges, des difficultés à s'accorder. Plus qu'un roman historique c'est vraiment un roman d'atmosphère.
Quel dommage alors que le "coup de théâtre final" annoncé soit éventé textuellement page 395, et que l'épilogue soit si terne. Ça refroidit du coup l'enthousiasme fébrile qui m'a fait tourner les pages sans m'arrêter. Ça n'en reste pas moins un bon roman !
Ed. Sonatine, 2010, 569 p.
Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau
Le "en cours de lecture" de Susan Calvin, Biblio partage mon avis,
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08.12.2009
Malo de Lange, fils de voleur - Marie-Aude Murail
"J'avais beaucoup progressé sur le plan moral, comme disait le loup aux sept petits biquets pour leur faire ouvrir la porte."
Malo entreprend ici de nous narrer ses mémoires, du haut de ses seize ans. Nous sommes au 19°, il est orphelin, croit-il, et va naviguer d'aventure en péripétie jusqu'à découvrir sa véritable identité...
Un très, très bel hommage à la fois à Dickens (Malo de Lange, c'est Sam Weller en plus jeunot, ses tantes sont Betsey Trotwood, les titres de chapitre, un mix d'Oliver Twist et David Copperfield, et encore, j'ai sûrement raté les allusions aux romans que je n'ai pas encore lus, forcément !) et au roman d'aventure. On parle l'arguche de Vidocq, on trace la route comme Rémi, on chante comme Gavroche et j'en passe.
C'est délicieux, on vibre, on rit, on s'inquiète, on a 9 ans et on en veut encore !
Ed. Neuf de l'école des loisirs, 2009, 272 p.
Lu et approuvé également par : Cathulu (merci !), Clarabel, Lucien, Trillian...
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