28.02.2009
L'histoire d'un mariage - Andrew Sean Greer
San Fransisco dans les années 1950, un gentil petit couple, Pearlie et Holland Cook. Elevée à la dure, Pearlie ne se croit pas belle, tandis qu'Holland rayonne de grâce. Le lien qui les unit est très particulier, c'est un amour d'enfance, qui a subi la guerre, les choses sont établies une fois pour toute dans l'esprit de Pearlie. Elle se consacre toute à ce mari si beau et si fragile, a pris l'injonction d'une de ses tantes au pied de la lettre, son coeur est fragile. Alors la sonnette chez eux roucoule et ne sonne pas, le chien est d'une race muette, les journaux sont dépouillés par ses soins de toute mauvaise nouvelle. Une maison de silence et de calme, que ne trouble pas Sonny, leur fils, tout tranquille avec ses jambes attaquées par la polio. Une visite va faire exploser cette relative sérénité...
Une habile construction pour ce roman qui nous délivre ses révélations avec la force d'une claque : page 61, d'abord, notre vision du couple est déjà tourneboulée (pour autant on pouvait le pressentir à travers le récit); page 72, ensuite, tout à coup on comprend mieux; page 97, enfin, la coupe est pleine, et nous avons toutes les données du problème.
Nous assistons alors à l'évolution d'une femme dans sa réflexion intense, à l'histoire d'un mariage dans ce qu'il a de plus intime, à la confrontation d'une époque avec des personnages vaillants qui tentent de rester debout...
"Amérique, tu administres une mort exquise" nous dit Pearlie quand elle analyse tout ce qu'elle apprend de la guerre. C'est bouleversant, surprenant, le lecteur est rivé aux pages qui lui distillent une douleur sourde. C'est ample et ambitieux. A lire.
Ed. de l'Olivier, 2009, 273 p.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Suzanne V. Mayoux
Titre original : The Story of a Marriage
Clarabel a aimé, Chronicart massacre le tout (et en dit trop, attention !).
06:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : usa, années 50, héroïne à forte personnalité, bouleversant, surprenant |
27.02.2009
Le proscrit - Sadie Jones

Les années cinquante dans une petite ville d'Angleterre. Le père est à la guerre, une tendre relation se développe entre fiston (Lewis) et sa mère, faite de complicité et de beaucoup d'attentions. Elizabeth est une vraie anticonformiste, pas si courant à cette époque. Lorsque le père rentre au foyer, cela devient une autre histoire, ses sentiments sont immédiatement assez ambivalents face au couple formé par son épouse et son fils. On envoie ce dernier en pension. Et puis le drame : Elizabeth se noie sous les yeux impuissants de Lewis. Profondément traumatisé, il ne parvient pas à extérioriser ne serait-ce que le récit de ce qui s'est réellement passé. La relation entre le père et le fils devient alors de plus en plus problématique, et Lewis en pâtit fortement. De scarifications en actes violents qu'il ne s'explique pas, il se met au ban de leur petite société. Récit d'une descente aux enfers...
Un roman lancinant et émouvant, qui se paye le luxe d'une fin porteuse d'un immense espoir. L'atmosphère est très réussie à mon goût, oscillant entre le languide et l'étrange, il y a une mise à distance permanente qui permet de ne pas se laisser atteindre, tout en maintenant un suspens qui possède quelque chose de chic.
C'est ce que je ressens le plus, finalement, en refermant ces 377 pages, une forme d'élégance à laquelle j'ai été sensible.
Ed. Buchet Chastel, 2009, 377 p., 23 €
Traduit de l'anglais par Vincent Hugon
Titre original : The Outcast
On en parle déjà beaucoup dans les blogs, par exemple chez : Biblioblog (Laurence), Amanda, Clarabel, Wrath, Lily, Fashion.
Il existe une vidéo de présentation.
06:00 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : premier roman, angleterre, années 50, destruction d'une personnalité |

