29.01.2007
Lorsque Mrs Love tricotait 2 talons à sa chaussette...

Diane Setterfield – Le treizième Conte
Plon, Feux Croisés, 2007
Margaret Lea vit dans les livres. Elle assiste son père dans sa boutique de livres anciens, et établit des biographies en dilettante. C’est justement celle qu’elle consacre aux frères Goncourt qui lui vaut d’être remarquée par Vida Winter, célébrissime auteure de best-seller : elle lui demande d’écouter son histoire, et de la mettre en mots. Seulement Margaret ne lit jamais d’auteurs contemporains, et Vida est connue pour affabuler tant et plus quant à sa vie privée. Pourtant, elle tombera comme les autres sous le charme de la plume prestigieuse, et c’est le début d’une collaboration pleine de surprises…
Comment vous dire…
Je me suis coulée dans les mots de Diane Setterfield avec une profonde jubilation. Son histoire est foisonnante, nous parle de sœurs jumelles, de gouvernante dangereuse, de jardinier cachottier et de fantômes errant dans les landes anglaises, pleine de clins d’œil à Daphné Du Maurier ou Henry James, sans dater le moins du monde et avec une qualité de l’ambiance qui donne envie d’arrêter de temps en temps sa lecture pour se frotter les mains de bonheur. C’est bon, c’est très très bon !
Comme Margaret qui découvre les romans de Vida, on retrouve l’excitante allégresse de notre enfance, quand un roman avait ce pouvoir merveilleux de nous sortir complètement de nous-mêmes.
Quant à l’intrigue, elle nous mène par le bout du nez jusqu’aux pages finales, on se perd en conjectures pendant un bon moment !
Le seul point dont il faut être averti, c’est que c’est très romanesque; à mes yeux c’est un énorme plus, pour certains quelques arrangements pourront déplaire, c’est une question de goût. Mais quelle belle figure, par exemple, que ce médecin qui établit son diagnostic sur un excès de certains auteurs, et qui prescrit du roman d’aventure, dix lignes par jour pendant dix jours !
Coup de cœur avec fusées éclairantes.
Traduction (GB) de Claude et Jean Demanuelli
389 p.
Le site (en anglais) du 13° conte
L'avis de Cathulu, qui a autant aimé
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26.10.2006
Et si je te faisais une soupe ?

Pascal Garnier – Comment va la douleur ?
Zulma, 2006
Le roman commence sur Simon, exécuteur, malade, qui grimpe sur un tabouret dans sa chambre d’hôtel, le cou prêt dans sa corde. Entre Bernard, chargé du coup de pied libérateur.
Retour en arrière.
Ils se rencontrent, sur un banc d’une petite ville d’eau. Simon en bout de course, Bernard en ahuri heureux. Il vient de perdre deux doigts dans une machine au boulot, mais quelle importance, il ne s’en servait jamais. Sa mère dit de lui que c’est chaque jour comme s’il naissait à nouveau, et c’est bien ça. Pas qu’il soit idiot, Bernard, non, « crétin solaire » nous dit l’éditeur, et j’aime bien cette définition. Et le temps d’une petite virée à la mer, nous partageons leur amitié, car c’en est une.
Très belle découverte que celle de Pascal Garnier; j’ai aimé le ton général, qui oscille entre la moquerie, pleine d’humour, la description du sordide, de la mesquinerie, et comme une sorte de fatalité qu’on appréhende avec tendresse.
Un auteur d’atmosphère, dit encore l’éditeur, et j’ai bien envie de m’y replonger très vite.
204 p.
15:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : littérature, atmosphère |

