14.02.2012

Les défauts de la cuirasse d'individus trop intelligents

cette cour empressée,hautement organisée,lui apporta de grandes satisfactions,et marqua un tournant,dans son évolution personnelle,car aucun étudiant en licence de lettres,si intelligent fût-il,n'aurait pu se faire passer,au bout d'une seule semaine de recherches,pour un physicien ou un mathématicien,auprès de ses camarades scientifiques.,c'était à sens unique.,C'est dans un commentaire sur amazon que j'ai trouvé le titre de ce billet, et il traduit tellement bien le contenu de ce roman qu'il s'impose, dans sa simplicité. "Solaire" de Ian McEwan (Gallimard 2011, 389 pages, traduit de l'anglais par France Camus-Pichon) est un de ces romans que l'on parvient à grand peine  à reposer, qui n'offre pas d'endroit où le laisser : tout s'enchaîne, en une sorte de bavardage qui paraît impromptu (grâce à une construction solide) et surtout, agréable et facile.

Traitant pourtant de sujets graves et sérieux, il gambade avec beaucoup d'humour et de subtilité, et nous entraîne dans neuf ans de la vie de Michael Beard, physicien. Etre intelligent exonère-t-il de l'attention aux autres ? Ce personnage fascine et on ne parvient pas, malgré une succession d'éléments à charge, à vraiment le détester. Il est incapable de se contraindre, en aucune manière, et ne s'illusionne pas sur lui-même. Mauvais mari (cinq fois), mauvais père, chercheur paresseux, gourmand, très moyennement honnête, grandement alcoolisé à la moindre occasion, paresseux et lâche, oui, mais aussi brillant.

Ian McEwan ne sollicite jamais l'indulgence du lecteur, mais l'obtient de façon pleine et entière.

Mention spéciale à la longue scène du paquet de ships.

Lu également par Dasola, Keisha, Papillon, ...