31.10.2010

Rien de grand, rien de noble, juste la réalité de la quête

Nous sommes dans un monde de ténèbres, au sens propre comme au figuré (il fait nuit tout le temps et on croit que la terre est plate, en gros). Des enfants sont "formés" et envoyés à intervalles réguliers depuis des lustres "en quête" : il leur incombe de trouver la lumière. C'est à la fois très simple et très compliqué, car il semblerait que l'obscurantisme ait été finalement voulu et tout le monde ne cesse de dire ou de faire des trucs insensés au nom du Seigneur : l'extrêmisme religieux à son paroxysme.mazaurette.jpg

Voici un roman de Fantasy bien costaud, qui m'a grandement emportée entre ses pages. Nous évoluons au milieu d'êtres physiquement monstrueux, bébés qui naissent avec une tête de rat ou prince héritier à la tête de chèvre sur un corps difforme, plein d'articulations mal placées et de veines protubérantes. D'autres sont d'une beauté apparente irréelle mais ruminent un fondamentalisme religieux sectaire. Tous évoluent dans les chemins subtils du dit, du non-dit, du sous-entendu, du possiblement pensé, des menaces transversales, du court et du long-terme, des alliances d'une seconde et des rancoeurs d'une vie.

Et ça fonctionne, ma foi, ça roule même du feu de Dieu (hu hu hu), par la grâce de personnages principaux fascinants bien ancrés dans les rouages du genre. Ici on se bat pour survivre, pour comprendre, on compte avec des interventions surnaturelles et on se fait dézinguer sans merci. 

Quelque peu haletant, même.

 

Dehors les chiens, les infidèles - Maïa Mazaurette

Ed. Mnémos 2008 & Folio SF 2010, 443 p.