30.03.2010

Tremblements - Joel Goldman

Notre narrateur s'appelle Jack Davis, FBI. La cinquantaine, en phase finale de divorce, déjà amoureux depuis quelques mois d'une autre, et goldman.jpgpas n'importe laquelle : sa dulcinée est psychologue judiciaire, spécialisée dans le décryptage des microexpressions faciales.  Son couple n'a pas résisté à la perte de leur fils il y a quelques années, assassiné par un voisin pédophile dont ils ne méfiaient absolument pas. Il leur reste une fille, devenue adulte, qui a fait pas mal d'erreurs jusqu'à la dernière en date, tomber amoureuse d'un gars de l'équipe de son père, un infiltré qui plus est.

Depuis quelques mois, Jack est atteint de tremblements violents et incoercibles. Il voit son corps de contracter salement pendant plusieurs minutes sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Le jour où ses collègues s'en aperçoivent, il est mis en congés forcés. Mais Jack ne peut sagement se consacrer à sa santé alors qu'il suspecte l'amoureux de sa fille de n'être pas très clair; il a déjà déconné une fois, son enfant devenue unique passe avant tout le reste...

Un thriller n'a pas forcément besoin d'être innovant ou technologique pour bien fonctionner. Ici, on a une réelle impression de réalisme. Jack n'est pas particulièrement attachant, mais on le sent droit, on éprouve une sorte de respect pour lui. Les parties relatives aux analyses des microexpressions sont plutôt passionnantes, et l'explication finale des fameux tremblements m'a étonnée, je ne connaissais pas cet aspect du problème.

L'enquête proprement dite est alors passée au second plan pour moi, je l'ai d'ailleurs trouvée un poil nébuleuse, mais tout le reste m'accrochait suffisamment pour qu'elle glisse avec facilité. On a même un chouette personnage de chien, Ruby, qui devrait plaire à Cathulu...

Premier roman publié en France pour Joel Goldman, je lirai les autres !

 

Ed. Le Cherche-midi, 2010, 398 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Aurélie Tronchet

(Tiens, il n'y a pas le titre en VO ?)

 

C'est l'avis de Zelig qui m'a donné envie. Contrairement à lui, je n'avais pas pas vu venir le dénouement et j'ai même été surprise par le petit épisode de ventriloque (ce n'est pas un spoiler, vous pouvez y aller !).

20.02.2009

Plage de Manaccora, 16h30 - Philippe Jaenada

Vacances : il fait chaud, il fait beau, c'est le bullage intensif et tout le monde est détendu. Lors du petit-déjeuner sur la terrasse (salami et jaenada.jpggorgonzola trempés dans le café) on sent une odeur de barbecue, ça donne envie de merguez... Sauf que c'est le début d'un gigantesque incendie de forêt, et que très vite c'est panique à bord : la mort est partout. La route est coupée, il faut fuir à pied vers la plage, le vent ne cesse de tourner, il faut prendre des décisions, la fumée et les flammes gagnent du terrain.

C'est très fort de parvenir à faire rire tout en soutenant une tension dramatique qui sonne juste. Jaenada y parvient pourtant, et j'ai vraiment ri à deux endroits (l'anecdote sur le plateau de fruits de mer, et l'accident au ski). C'est un roman réussi, qui est à la fois tendre et mordant, léger et plus profond qu'il n'y paraît.

C'est rempli de très jolies déclarations d'amour pour le personnage d'Oum, l'épouse, des célèbres doubles parenthèses (en récession, me semble-t-il), et l'on passe un très bon moment entre ces pages.

 

Ed. Grasset, 2009, 280 p., 17,90 €

 

Amanda (merci pour l'envoi !) en parle plus en détails.