14.01.2011

The Anniversary Man - RJ Ellory

ellory 3.jpgThe Anniversary Man est un thriller, un vrai. Construit en 79 chapitres ultra-courts et nerveux, il débute par un prologue plus délayé que ne renierait pas Stephen king, et ouvre le bal avec John Costello.

"He was a reader, a literary one, forever thinking of smart ways to say things that did'nt need to be said."

A 16 ans, il survit à l'attaque d'un tueur en série, et en reste marqué à jamais. Sa vie est en marge, il compte tout et tout le temps pour fixer des cadres à un quotidien qu'il occupe par ailleurs à faire des recherches pour le New York Times, spécialiste des tueurs en série. Il travaille pour Karen Langley, journaliste-rédactrice, qui nous est tout de suite sympathique, d'abord en acceptant John avec son étrangeté, puis par son amour des cocktails :

"So, she said, I want a cocktail. I want a Long Beach iced tea.

- A what ?

- Long Beach iced tea... gin, rum, vodka, triple sec, sweet and sour and cranberry." (A tester...)

C'est alertée par John qu'elle contacte le détective Ray Irving, vrai héros de ce roman, et le met sur la piste d'un tueur en série redoutable : il reproduit à l'identique (même pour la date) les meurtres des anciens serial killers, des années après. On ne sait ni qui il va copier, ni quand, ni pour quel meurtre. La liste des possibles est effrayante, il est d'une méticulosité totale, et se met bientôt à narguer la police par des indices qui ne mènent à rien, sinon à reconnaître son avance perpétuelle. 

(Ray a une théorie intéressante sur les serial killer, Karine et Fashion : "From what little Irving understood of serial killers, he knew many of them were in it for the publicity. I have a tiny dick, I have no social life, I cannot get laid by any other means than threat with a deadly weapon, and when I'm done I will destroy the evidence of my wrongdoing. I was abused as a child, I am a sorry motherfucker from whom everyone should feel sympathy and compassion. I had to kill them all because they were all really my mother. I have important work to do, a business venture if you like... why not invest your daughter ? I am a fucking nutcase.

Enough already.")

Non exempt de maladresses, de répétitions ou de lourdeurs, ce roman n'en reste pas moins un RJ Ellory, et on se coule sans peine dans son univers, touchés au fond des tripes par le trio meneur d'enquête, par leur solitude, leur inadaptation, leurs difficultés à saisir un sens à tout ça. La progression du suspens est d'une efficacité totale, à deux chapitres de l'épilogue on n'a toujours a-u-c-u-n-e idée du coupable (et pour cause), on a changé d'avis plusieurs fois, on a tremblé pour nos héros avant de les suspecter méchamment. Et en plus, on est tristes.

Faut vraiment qu'on aime-aime-aime la plume de Mister Ellory pour ne pas supporter d'attendre une traduction française, mais on a de la chance, le niveau d'anglais est très accessible.

Orion Books, 2010, 452 p.

Les avis de : Au policier chinois, Bertrand, Emeraude,...