11.07.2008
Vends papier glacé pour lettres de rupture.*
Linda Quilt - De sacrés petits prodiges7 fables, ayant toutes pour protagoniste principal un ou des enfants... particuliers !
Melinda Milford ne peut plus prononcer aucun mensonge sans voir un crapaud surgir de sa bouche, Orville O'Raghallaigh oublie tout instantanément, Norm Maloney est si normal qu'il en devient invisible, A et B sont d'adorables petites jumelles de parents très très bien (quoi que la mère se prénomme Maryrose, car c'est là le prénom que ses parents inconscients lui ont donné), Philley Howard Reginald Stafford Llewelyn-Fitch se voit contraint de s'appeler Godwin, Wanda Wippleton est convaincue qu'il n'est pas de fruit plus savoureux que celui qu'on n'a pas gagné, et enfin Balthazar Bollinger ne veut plus qu'on l'appelle le Ballon; Etant donné que sa pensée était loin d'être terre à terre et que ses idées tendaient à prendre de la hauteur, il faut dire en tout honnêteté qu'il ne chercha jamais à se donner de grands airs.
Tout ceci vous parait fort saugrenu ? Ca l'est indubitablement, tout autant que ce qu'on nous dit de l'auteure, née vers 1950, aux environs de Stratford-upon-Avon, dans un petit village mystérieusement disparu de la carte de l'Angleterre... A moins qu'un célèbre philosophe allemand n'ait usurpé son identité...
Mais ces petites histoires aux chutes improbables dégagent un charme puissant, font irrésistiblement penser à Roald Dahl ou Pierre Dac, et on s'amuse, comme un enfant, à associer des images étranges à des destins mystérieux. C'est gai et fantaisiste, à lire à haute voix à tout public en prenant un ton extrêmement sérieux et guindé !
Ed. Seuil, Mai 2008, 171 p., 15 €
Trad. (GB) par Jean-François Sené
Illustrations de Michael Sowa
Titre original : Unlikely Progeny
Je suis désolée de renier absolument et totalement ce que j'avais dit chez Cathulu, finalement j'ai été plus que séduite, y compris par les illustrations et le beau papier de ce livre :)
*Pierre Dac.
15:00 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : contes, enfance, décalé, bristish |
29.01.2007
Lorsque Mrs Love tricotait 2 talons à sa chaussette...

Diane Setterfield – Le treizième Conte
Plon, Feux Croisés, 2007
Margaret Lea vit dans les livres. Elle assiste son père dans sa boutique de livres anciens, et établit des biographies en dilettante. C’est justement celle qu’elle consacre aux frères Goncourt qui lui vaut d’être remarquée par Vida Winter, célébrissime auteure de best-seller : elle lui demande d’écouter son histoire, et de la mettre en mots. Seulement Margaret ne lit jamais d’auteurs contemporains, et Vida est connue pour affabuler tant et plus quant à sa vie privée. Pourtant, elle tombera comme les autres sous le charme de la plume prestigieuse, et c’est le début d’une collaboration pleine de surprises…
Comment vous dire…
Je me suis coulée dans les mots de Diane Setterfield avec une profonde jubilation. Son histoire est foisonnante, nous parle de sœurs jumelles, de gouvernante dangereuse, de jardinier cachottier et de fantômes errant dans les landes anglaises, pleine de clins d’œil à Daphné Du Maurier ou Henry James, sans dater le moins du monde et avec une qualité de l’ambiance qui donne envie d’arrêter de temps en temps sa lecture pour se frotter les mains de bonheur. C’est bon, c’est très très bon !
Comme Margaret qui découvre les romans de Vida, on retrouve l’excitante allégresse de notre enfance, quand un roman avait ce pouvoir merveilleux de nous sortir complètement de nous-mêmes.
Quant à l’intrigue, elle nous mène par le bout du nez jusqu’aux pages finales, on se perd en conjectures pendant un bon moment !
Le seul point dont il faut être averti, c’est que c’est très romanesque; à mes yeux c’est un énorme plus, pour certains quelques arrangements pourront déplaire, c’est une question de goût. Mais quelle belle figure, par exemple, que ce médecin qui établit son diagnostic sur un excès de certains auteurs, et qui prescrit du roman d’aventure, dix lignes par jour pendant dix jours !
Coup de cœur avec fusées éclairantes.
Traduction (GB) de Claude et Jean Demanuelli
389 p.
Le site (en anglais) du 13° conte
L'avis de Cathulu, qui a autant aimé
15:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : bristish, livres, atmosphère |

