19.08.2011

Parler de culture comme si la vie n'en dépendait pas, se gargariser de l'écume.

internet,blog,relations virtuelles,relations hommes-femmes,Ema et Charlotte étaient très (très) copines depuis l'enfance, et puis ces dernières années elles ne se parlaient plus, tout en suivant leur vie mutuelle de très près. Charlotte émettait des jugements un peu trop catégoriques, Ema avait choisi une vie (et une sexualité surtout) atypique. Pourtant, lorsque Charlotte meurt, Ema a du mal à croire au suicide. Se plonger plus précisément dans la vie de son amie va l'entraîner drôlement loin...

"C'est le roman d'une époque, la nôtre" nous promet la 4° de couv et c'est à nuancer : c'est un reflet plutôt réussi d'une certaine époque qui est déjà révolue, celle de Myspace et des buzz de folie autour d'un blog (et on pense forcément à BradPit-machin-truc, dont le nom m'échappe déjà).

La langue y est malmenée, sautillant de l'ultra oral (et pas très sympa à l'oeil sur 450 pages) au plus soutenu, j'ai dû sortir le dictionnaire quelques petites fois.

Ce qui pêche surtout c'est l'intrigue, trop chargée et qui n'évite aucun piège, la "révélation" de l'identité de Nénuphar étant le pompon, plus téléphoné tu meurs. Je passe sur la charge sociale qui se voudrait féroce et politisée quand elle n'est que surface et lieux communs. Mais enfin les tribulations d'une bande de copines qui tendent à redéfinir les relations hommes-femmes et les états d'âme d'un blogueur que la virtualité dépasse m'ont suffisamment accrochée pour que j'arrive au bout avec plaisir.

A vous de voir.

 

Les Morues - Titiou Lecoq

Au Diable Vauvert, 2011, 450 p.