25.11.2011
Comment expliquer la perpétuité de l'Envie ? un vice qui ne rapporte rien !
Balzac, La Comédie Humaine, Étude de moeurs, Scènes de la vie privée.
11. Madame Firmiani (1831)
Ce texte très court (20 pages) est un petit bonbon dont on aurait envie de recopier toutes les phrases, tant Balzac, après nous avoir demandé, dans un prologue charmant, de nous plonger dans un état nostalgique pour en apprécier la saveur, se montre très amusant en s'inspirant des portraits de La Bruyère pour nous décrire son héroïne, à travers ce que différents caractères pourraient en dire. En terme d'action proprement dite, il s'agit d'un oncle qui vient essayer de comprendre pourquoi son neveu et héritier vit en pauvre homme : pour l'amour d'une femme. Je n'en dirais pas plus, vingt pages vous pouvez toutes et tous faire l'effort, si ça vous intéresse, l'explication est pure et noble. (Texte libre de droits, dénichable un peu partout sur le net).
Guy Sagnes, dans son introduction, nous déclare : "Il n'empêche qu'on n'a pas encore découvert la clef, s'il y en a une, de cette histoire si vraie." Mais que sans doute, la période de félicité totale que Balzac vivait avec Mme de Berny à l'époque de son écriture est-elle la raison du bonheur qui éclate à travers toutes les phrases. Pour preuve, cet extrait d'une lettre à Mme Hanska en 1837 :
"Je serais bien injuste si je ne disais pas que, de 1823 à 1833 un ange m'a soutenu dans cet horrible guerre. Mme de Berny, quoique mariée, a été comme un dieu pour moi, elle a été une mère, une amie, une famille, un ami, un conseil; elle a fait l'écrivain, elle a consolé le jeune homme, elle a créé le goût, elle a pleuré comme une soeur, elle a ri, elle est venue tous les jours, comme un bienfaisant sommeil, endormir les douleurs; elle a fait plus : quoique en puissance de mari, elle a trouvé moyen de me prêter jusqu'à 45 000 francs, et j'ai rendu les derniers 6 000 francs en 1836 (...). Elle a encouragé cette fierté qui préserve un homme de toute bassesse (...). Aussi, ce souvenir est-il pour beaucoup dans ma vie, il est ineffaçable, car il se mêle à tout."
Et Guy Sagnes de conclure : "Balzac a peut-être raconté dans Madame Firmiani l'histoire d'un autre, mais l'a fait, on le voit, avec les mots de la sienne."
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