07.09.2010

Rosa candida - Audur Ava Olafsdottir

rosa candida.jpgArnljotur (allez-y, prononcez) (et encore, y a un accent sur le "o") est un joli rouquin de 22 ans. Son père voudrait qu'il poursuive de longues études, mais lui décide, après quelques campagnes de pêche désastreuses (mal de mer) d'aller s'établir dans un village perdu et perché à l'étranger pour redonner vie à un jardin.

Tout ceci a un contexte, évidemment, qu'il faut à mon sens découvrir au fil de sa lecture. Car si je vous dis voilà, ce qui se passe en réalité c'est ça et voici mon interprétation, vous allez trouver tout ça terriblement pragmatique et banal.

Or, ce roman en est l'exact contraire. 

Le narrateur est un candide, un vrai de vrai, un naïf, un pur, un gars sympa et franc avec une bouille qui fait ressortir tout ce que ceux qui le croisent ont de bon en eux. Tout est fait pour maintenir le lecteur dans l'espace du conte, aucun repère temporel ni géographique. Mais aucune leçon non plus. Notre mignon est confronté à une vie quotidienne normale, avec ses aléas, ses petites joies. Il se questionne, avance, progresse. Et nous on fond.

C'est un roman adorable au sens premier du terme, un roman pour pousser des petits "Ooooooooooh", pour ressentir la lumière qui nimbe les petites scènes, on voudrait le papouiller entre nos mains. Il donne envie d'afficher un grand sourire, de respirer les fleurs, de saisir une poêle et cuisiner, de sortir la bêche dans une douceur printanière et de boire un petit alcool des familles devant un DVD croate en VO sans sous-titres lors d'une semaine à thème.

Un prosélytisme discret cherche à émerger ça et là, mais je l'ai ignoré, tant j'avais envie de voir en Arnljotur un cas concret.

Un roman que je n'aurais jamais ouvert sans l'avis de Cathulu, et j'aurais franchement raté quelque chose.

 

Ed. Zulma, 2010, 333 p.

Traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson

Titre original : Afleggjarinn

 

"Est-ce que tu te rappelles la recette de boulettes de ta mère ?

- Boulettes de viande ou de poisson ?

- De poisson. J'ai essayé d'en faire quelques-unes à la poêle, mais elles se défont toutes.

- Ne faut-il pas ajouter de la fécule de pomme de terre ?

- Tu veux dire dans les boulettes, mélangée au poisson haché ?

- Oui, environ deux cuillerées à soupe.

- Y-a-t-il autre chose, mon petit Lobbi, à ajouter ?

- Un oeuf et un oignon, si je me souviens bien ?

- Ca me paraissait drôle, aussi, ce que je faisais."