11.02.2008
De la bergère à la bergère !
Conversation avec Amanda !
Tss, croyait-elle s’en tirer de la sorte, nous cuisiner, nous rôtir dans la farine, nous rouler dans les flammes de la perplexité (heu..), et puis s’en aller gambader en sifflotant du haut de son mètre zéro quatre ? Que nenni, not at all, natürlich nein !!
Amanda, bonjour.
Bonjour Cuné !Comment vas-tu ?
Très bien merci et toi ? Heu, en fait j’ai mal à la tête, mais je crois que c’est dû au champagne d’hier….
Et le sommeil, ça va ?
J’en manque terriblement, mais quand il arrive, il est de plomb.
Que penses-tu du temps pour la saison ?
J’adore quand il fait froid, j’ai une excuse supplémentaire pour lire devant un bon feu…
Bien, marquons une pause, si vous le voulez-bien, le temps de constater la difficulté de l’exercice....
*** *** ***
Amanda, imaginons que je ne sache rien de toi. Pourrais-tu te présenter brillamment et avec un humour torride en quelques mots ?
Brune (après avoir été blonde, puis rousse, puis auburn, puis ocre, puis paille jaunie, puis orange (d’après ma fille)).
Pas très grande, tout le monde le sait.
Pas trop mince, un peu ronde.
Yeux verts ou noisette.
Hmmm. Ouais ?
Sinon j’ai passé l’âge de lire « Jeune et jolie » et je ne lis pas encore « Notre temps ».
J’ai une petite fille absolument fabuleuse, incroyablement belle, intelligente. D’après mes amies, elle ressemble à son père.
A l’école j’étais absolument et résolument nulle en maths, matière que je haïssais viscéralement. Plutôt bonne en français et langues étrangères. Excellente en amitié.
Ah oui ?
Ah, j’oubliais ! Il y a une chose que me disait mon papa (et ma maman aussi d’ailleurs, et, finalement, mon mari aussi), je crois que c’est la phrase que j’ai le plus entendue dans ma vie : « Pose ton livre et viens manger /sortir / t’occuper de ta famille… »
La toute première note de ton actuel blog, le 1er Septembre 2007, citait d’entrée une marque. MAIS, tu écoutais Mika dans ta voiture. Ceci rachetant cela, pourquoi avoir choisi de commencer par cette petite tranche de vie ?
En fait c’est assez simple.
J’avais ouvert un blog en mars ou avril 2007 sous le pseudo de Wamanda. Blog dans lequel je me cherchais un peu. Quand j’ai recommencé à travailler en juin, j’ai arrêté le blog car je ne trouvais plus le temps de tout gérer. Cette histoire de Perette et le biiiiiiip m’est arrivée en juillet. J’ai eu envie de partager cette anecdote avec quelques amis et de leur raconter mes mésaventures. J’ai écrit cette note, façon Perette, et l’ai envoyé par mail à deux ou trois personnes dont je suis proche. Mon ami Spencer m’a répondu que c’était du « pur blog » et m’a répété que j’avais été stupide de supprimer mon blog. Du coup, en septembre, j’y ai repensé et j’ai ouvert mon blog avec cette histoire. Perette était née. Mais elle ne s’exprime que quand il lui arrive des aventures extraordinaires…
Tu dis du roman de Muriel Barbery « Ce fut un bonheur. Un régal. Presque une révélation. » alors moi je dis juste « Je t’aime, Amanda. » Mais quand même, pourrais-tu nous donner un auteur ou un titre n’étant pas encore sur ton blog, qui a été un de tes grands chocs de lecture de toute ta vie ?
Ne me dis pas que je pose des questions aussi difficiles que ça ?!
Je crois qu’il y en a plusieurs en fait.
De but en blanc je dirais « Lignes de faille » de Nancy Huston, parce que l’histoire est terriblement sombre et touchante, et le style de Nancy Huston me touche toujours beaucoup.
Il y a aussi « Le quinconce » de Charles Spencer, une fresque impitoyable et magnifique.
Il y a aussi « Comme un roman » de Daniel Pennac, parce qu’il transcrit exactement ce que je pense de la lecture.
Il y a aussi « La rose pourpre et le lys » de Michel Faber, que j’ai mis presque deux mois à lire, car je lisais et relisais les passages que j’aimais…
Il y a aussi «Le candide » de Voltaire (je me rappelle notamment l’histoire de cette vieille dame qui avait tant souffert qu’elle avait voulu mourir plusieurs fois, et chaque fois, quelque chose l’avait rattachée à l’envie de vivre).
La petite maison dans la prairie, ça compte ?
Il y a aussi un livre dont je me souviens. Je l’ai lu quatre ou cinq fois je crois et toujours avec la même avidité, quand j’étais adolescente. Il s’agissait de « La dame de Kief » de Sylvie Dervin. L’histoire très très romanesque d’une princesse russe qui quittait son pays suite à la révolution, arrivait en France, suivait son éternel amour, perdait tout, partait aux Etats-Unis, devenait star de cinéma…. Du pur Harlequin version Danièle Steele ! Je crois qu’aujourd’hui je le verrai d’une façon toute différente, certainement, mais je me rappelle encore d’une phrase qui disait plus ou moins « jamais elle (la princesse, je ne me rappelle plus de son nom !) ne laissait rien paraître. Ses souffrances étaient enfuies en elle, elle restait belle et altière et personne ne pouvait deviner à quel point elle souffrait». Cette phrase est devenue mon modus vivendi… (ah l’ado romanesque que j’étais !!!)
A quel moment de prédilection surfes-tu sur les blogs ?
Essentiellement le matin, après avoir emmené ma fille à l’école. De 9h à 10 en général Parfois plus, parfois moins. Très rarement le soir (je laisse l’ordinateur à mon mari), et de toute façon le soir je ne suis pas chez moi ou bien je lis. Un peu dans la journée, parfois…
Pour écrire tes billets, tu souffres, tu sues, tu peines, ou la facilité est ton amie ?
Tout dépend des livres dont je parle. Certains sont pour moi évidents, limpides, et mon billet vient tout seul (Nicolas Cauchy ou Christine Spadaccini par exemple) . D’autres sont plus délicats, notamment quand je n’ai pas tellement aimé. J’essaye de partager ce que j’ai éprouvé, en restant sincère mais toujours en respectant l’auteur et son travail. Ou parfois j’ai adoré le roman mais je sèche totalement car je ne trouve pas les mots (ce fut le cas pour mon billet sur « La route »).
Cite-moi, comme ça, au pied levé (oh le joli pied !), 2 plaisirs et 2 agacements dus au blog ?
Les plaisirs : celui d’avoir rencontré, virtuellement ou physiquement, des personnes qui partagent ma passion, celui de découvrir d’autres auteurs, d’autres sources d’inspiration pour mes lectures.
Les agacements ? M’apercevoir que parfois, sur les blogs (je ne parle pas forcément des blogs littéraires), les égos des bloggueurs sont plus étoffés que leurs billets. Constater que peu d’auteurs réagissent aux critiques des bloggueurs, même quand elles sont bonnes. Certains le font et je trouve ça bien. Un petit mot, un petit merci, un petit mail, font plaisir (je garde précieusement un mail d’une certaine auteure que toi et moi aimons…)
Parle-nous du théâtre. Comme ça, qu’est-ce que tu as envie de nous en dire ?
Ah le théâtre. Combien de pages puis-je utiliser ?!
J’ai découvert le théâtre amateur il y a six ans, alors que je cherchais un cours de chant. Total hasard donc. Un peu comme une option que l’on prend parce que la première n’est plus disponible. Après un premier cours d’essai, je suis ressortie « Amoureuse du théâtre » pour toujours. J’aime avant tout cet esprit de groupe, d’équipe qui anime une troupe. Au début c’était pour moi l’occasion de n’être plus, le temps d’une soirée, la femme, l’assistante, la mère, la sœur, la copine de personne. Pendant trois heures je devenais plein d’autres personnages et j’oubliais tout le reste. J’ai intégré une vraie troupe amateur il y a trois ans, je les aime tous, ils sont mes amis, mes frères mes sœurs. C’est une troupe d’excellente qualité, qui existe depuis 39 ans (Les comédiens de la tour) !!! Tout le monde peut l’intégrer, les portes sont ouvertes à tous, n’importe qui peut assister aux répétitions, nous pouvons également écrire (un de mes sketches a été joué cette année), mettre en scène, assurer la régie, accueillir les spectateurs, tenir le bar, …. C’est une chance inouïe d’être parmi eux, même si je me sens encore toute petite par rapport à certains.
Quel est ton avis sur le théâtre lu ? Je veux dire, est-ce intéressant selon toi de lire une pièce de théâtre ou la voir jouer est-elle incomparable ?
J’aime beaucoup le théâtre lu parce qu’il laisse la porte ouverte à l’imagination. Ce n’est pas toujours facile d’appréhender le fonds d’une pièce uniquement avec les dialogues entre les différents personnages, mais, quand un pièce est bien écrite, elle peut être très très forte (je pense notamment à Incendies de Wajdi Mouawad, lecture que je recommande à tous et toutes, c’est une pièce sublime et incroyablement douloureuse que j’ai découverte grâce à notre atelier lecture au sein de la troupe. J’ai dû plusieurs fois interrompre ma lecture pour souffler un peu et digérer les mots, les phrases, les images et la souffrance qu’ils provoquaient, mais il m’était impossible de ne pas y retourner).
Ensuite, la voir jouer est aussi un vrai plaisir. Mais la mise en scène et le jeu des acteurs peuvent changer totalement la perception de la pièce. Une pièce peut être magnifiée comme anéantie par une mise en scène trop pauvre, ou bâclée. J’ai hâte d’ailleurs d’aller voir « Le dieu du carnage », de Yasmina Reza, qui est joué en ce moment à Paris avec Isabelle Huppert.
D’une façon générale, j’essaye d’acheter les textes des pièces que j’ai aimé voir. Et parfois, le texte lu ne restitue pas grand-chose (je pense notamment à la pièce «Moi aussi, je suis Catherine Deneuve », que j’ai adoré au théâtre, mais qui, à la lecture, reste difficile et obscure).
Pour Molière, je préfère le voir jouer, même si j’ai l’intégrale à la maison. Il reste moderne, bluffant. Et il aimerait savoir qu’il est détourné, parfois, parce ce que c’était un grand provocateur et un grand novateur !
Si je ne devais acheter qu’une seule pièce de garde-robe indispensable de nos jours, ce serait quoi, selon toi ? (Et où et à quel prix ;o))
Ca s’appelle passer du coq à l’âne !(Tss, quelle médisante alors !!)
Alors si je réponds au premier degré, ce serait forcément un jean. Bien coupé. Pour mes jeans je n’hésite pas à mettre le prix.
Sinon, au second degré, eh bien, lis « Incendies » !
Quel est ton genre de prédilection, en lecture ?
J’aime les livres qui me secouent.
Que ce soit par l’écriture, l’atmosphère ou tout simplement une histoire forte.
J’ai eu une époque littérature anglo-saxonne (Jay Mc Innerney, Douglas Kennedy…) à présent je lis de plus en plus de romans français.
Je ne suis pas très polar, sauf s’ils sont bien ficelés et bien écrits, ils me permettent en général de « souffler » entre deux lectures plus fortes.
Je crois que je suis assez éclectique en la matière, en fait.
Fréquentes-tu les bibliothèques ?
Non, malheureusement. Mais je me dis depuis plusieurs semaines que je devrais m’inscrire dans celle de ma commune. D’autant que Cathe m’a dit qu’elle était bien. En plus, cela ferait du bien à mes économies.
Quel est le blog que tu ne peux pas supporter ? (Non, je déconne) Quel est le blog qui n’a rien à voir avec les livres que tu consultes régulièrement ou du moins de temps à autre et que tu n’as pas listé sur le tien ?
Difficile question. En fait je ne vais quasiment que sur les blogs listés dans le mien, même si il faudrait que je mette ma liste à jour.
Ah, si, parfois je vais chez Deedee que je trouve assez rafraîchissante. Mais les blogs de filles et leurs histoires… en fait ce n’est pas trop mon truc.
Bon, Amanda, force m’est de constater que tes conversations sont vachement bien, mais uniquement quand c’est toi qui les mènes ;o)) Sans rancune, et à très bientôt, chez toi !!
Tes conversations sont aussi très intéressantes, Cuné ! Merci pour cet exercice que j’ai adoré faire !
(Je rassure tout le monde : c'était un one-shot, especially for Miss Amanda Meyre !!)
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