09.05.2008

Au point où j'en suis maintenant, j'économise ma consternation pour les choses vraiment importantes


Joanna Trollope - Les vendredis d'Eleanor


Eleanor est une vieille dame, de celles qui font irrésistiblement penser à Miss Marple ou Jessica Fletcher. Pas du tout en raison d'un quelconque penchant pour la résolution d'énigmes policières, mais par le fait qu'elle s'assume,  dans une dignité toute britannique, droite et occupée, sensible mais en aucun cas intrusive. Sa vie a été bien remplie, consacrée à son travail, et maintenant que dans la retraite elle a trouvé ses marques, depuis des années, elle décide un beau jour d'aller vers l'inconnu. Pour elle, ce sera d'introduire l'amitié dans sa vie. Elle avise alors deux jeunes voisines qui élèvent leurs enfants seules et les convie à un diner du vendredi soir, qui deviendra vite rituel. L'une amenant sa soeur, l'autre son amie et associée, elles forment un petit groupe de membres très disparate (c'est bien simple, tout les oppose, toutes) qui fonctionne pourtant formidablement bien : ça sent bon les vrais liens, ceux du genre indéfectibles. L'arrivée d'un nouvel amour pour l'une d'entre elles va bouleverser tout ça, insidieusement...

Un roman chaussons ! On éprouve une incroyable sensation de quiétude, on s'installe, on est tout simplement bien entre ses lignes. Joanna Trollope s'y entend pour parler du quotidien, pour faire toucher du doigt ce qu'est la condition féminine de nos jours. Rien de tapageur, pas d'étincelles, du joli et du bien fait, du confort et du plaisir. J'ai passé un excellent moment entre ses lignes, me faisant cueillir à mon corps défendant par les épilogues, c'est presque dommage que ça finisse bien. Une histoire d'amitiés, qui tend la main à sa lectrice.

Ed. Plon, collection Feux Croisés, Mai 2008, 350 p., 22 €
Trad. (GB) par Isabelle Chapman
Titre original : Friday Nights