24.08.2010

Mon vieux et moi – Pierre Gagnon

 

« Certains jours, en après-midi, il n’a envie de rien. Il s’installe alors au salon pour ne plus bouger. Il peut y demeurer pendant des heures. Je glisse un oreiller derrière son dos pour l’aider à tenir. Il attend quelqu’un… Plus tard, devant l’évidence que personne ne viendra, il se remet en route pour sa chambre ou la salle de bains. Voilà, c’est tout. Ça s’appelle vieillir. Jamais on ne raconte ces choses-là, bien sûr. Ça n’intéresse personne. »

Le narrateur allait souvent le dimanche visiter sa tante à la maison de retraite. Quand elle est morte, il s’est rendu compte que Léo lui manquait. Léo, un vieux monsieur de 99 ans, au bon caractère. Alors il décide de l’adopter.

Ça peut paraître étrange et fantaisiste, bien sûr, mais en fait ce court roman va bien au-delà des apparences et propose un épilogue cohérent.

« Qu’est-ce qui me prend d’aimer les vieux ? » se demande parfois notre narrateur (à la retraite, nous dit-on, mais lui parle d’un demi-siècle d’écart avec Léo, on prend sa retraite à 49 ans, au Québec ?), pourtant il répond très bien lui-même à cette question, il y a une raison pour qu’il lui vienne subitement l’envie de prendre Léo chez lui. Tout comme Léo en a également une pour accepter…

Un très court roman, donc, dont les nombreuses qualités m’ont tout à fait séduite : frais, subtil, poétique, charmant.

 

Ed. Autrement, 2010, 80 p.