12.08.2009

Charles Dickens - Marie-Aude Murail

Le titre complet de cette biographie est : "Charles Dickens, Ouvrier à douze ans, célèbre à vingt-quatre." Marie-Aude Murail à "rencontré" Charles Dickens alors qu'elle avait dix-sept ans, l'aime d'amour, le dit et le proclame, et nous communique une affection débordante.

 

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La dédicace, déjà : "Pour mon fils Charles" (tiens !?); les premières phrases : "En règle générale, la naissance des grands hommes se signale au reste de l'univers par le passage d'une comète dans le ciel. Le 6 février 1812, veille de la naissance du plus grand romancier de tous les temps, sa mère Elizabeth décide d'aller au bal."; enfin le portrait qu'elle nous dresse tout au long de ces 164 pages, dans lequel elle occulte toute charge (pas de mention du divorce et des agissements terribles de Dickens durant cette période).

Par rapport à la biographie de Jane Smiley, celle-ci est nettement plus abordable, plus concise aussi, et nous offre quelques (trop rares) illustrations dont on se délecte  : portraits et dessins, photos.

L'incroyable énergie de Dickens est très bien exposée, son charisme et son rapport extraordinaire avec ses lecteurs, tout autant que la jalousie et l'opprobre qu'il sera de bon ton pendant un temps d'afficher : "En fait, Dickens souffre d'un défaut, d'une tare, d'un vice, il est "populaire"."

 

"De même, alors qu'il vieillit à vue d'oeil, il suffit d'un enfant pour lui faire retrouver son propre coeur d'enfant. Ainsi, cette petite fille qui s'approche de lui :

- C'est vous, monsieur Dickens ? Oh, j'aime tant vos livres ! Mais bien sûr, je passe les parties ennuyeuses, pas les parties ennuyeuses courtes. Mais les longues !

Charles éclate de rire puis sort son calepin, l'air très soucieux :

- Bon, dites-moi un peu où se trouvent ces parties ennuyeuses ?"

 

Marie-Aude Murail nous raconte la mort de Dickens en établissant un parallèle avec celle de Jo dans Bleak House, qui m'avait fait si forte impression : c'est tellement réussi que j'ai terminé ce livre en larmes à nouveau; on a l'impression de le "perdre", comme s'il était un proche. C'est rare, ce sentiment envers un auteur. C'est précieux!

C'est une biographie qui donne envie de lire Dickens (de se précipiter sur un de ses romans, même), et je ne peux donc que la conseiller fortement !

 

Ed. L'école des loisirs, collection Belles vies, 2005, 164 p.

 

Merci Cathulu !

Lu également par Chinchilla.