05.10.2010

Ma vie ne sera jamais normale.

"La crasse est un terrain fertile où germe l'idée du pouvoir."

 

 

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Soit un groupe de presse qui se sépare de ses publications pour enfants. Mise en vente, rachat, nouveau boss requin qui n'entend rien à leur domaine, s'en tape comme l'an quarante, veut juste rendre rentable la boite avant de la revendre avec bénéfice. Qui dit rentable dit allègement de la masse salariale.

En trois parties - Menace; Dérèglement; Trahison - nous entendons la voix de plusieurs employés, alternativement et inlassablement, bientôt soutenus par un choeur, celui de l'effet de groupe.

Encore un roman sur la crise ! Certes, mais rarement on s'était attaché à la rendre aussi palpable, à la montrer à l'intérieur même des vies de chacun. Avant d'être des employés ils sont des êtres vivants, debout ou déjà à moitié à genoux, enfermés chacun dans leur bulle de problèmes. Nathalie Kuperman va fouiller les entrailles des archétypes, et démontre de manière impressionnante qu'il y a toujours deux versions d'un même fait. Il est facile de juger un comportement moche de l'extérieur, il est déroutant de le vivre dans ses tripes.

Un roman que j'ai trouvé extrêmement fin et subtil, et profondément déprimant.

 

Nous étions des êtres vivants - Nathalie Kuperman

Ed. Gallimard, collection blanche, 2010, 203 p.

 

Lu également par Sharon,