06.10.2008

David Lodge – La vie en sourdine

« Je ne pourrai jamais faire confiance à quelqu’un qui laisse des marques indélébiles sur un livre de bibliothèque. »lodge.jpg

Au contraire de Cathe, c’est mon premier contact avec David Lodge. J’avais bien commencé à lire plusieurs de ses anciens romans, mais à l’époque (et ça date) je n’y puisais aucun plaisir. Ceci a bel et bien totalement changé, et je me suis régalée avec ce roman.

Desmond est un professeur de linguistique à la retraite (anticipée) depuis quatre ans. Passés les premiers dix-huit mois où l’oisiveté est vécue comme des vacances, il s’ennuie maintenant franchement. Il occupe ses journées petitement, vaquant à des occupations domestiques qui ne comblent aucunement son désir de vivre. En découle un état semi-dépressif, accentué par une surdité qui devient réellement handicapante. Il entreprend de tenir un journal, tâtant de la première et de la troisième personne, créant ainsi une distance vis-à-vis des évènements qu’il relate.

Car sa vie va connaître quelques mouvements, entre Novembre et Mars, période qu’il nous invite à partager.

Il rencontre une jeune doctorante américaine, qui va solliciter son aide pour une étrange thèse sur les lettres de suicide, et lui causer quelques émois et ennuis. Par ailleurs, son épouse, Fred, plus jeune que lui, s’est métamorphosée ces derniers temps et le tissu de leur relation nécessite quelques remaniements. Enfin, son père, devenu très âgé, va lui causer également petits et grands soucis…

La forme du journal intime apporte une grande proximité avec ce personnage de Desmond qui s’inspire directement de la propre vie de l’auteur (la surdité, le père). C’est touchant et petit à petit il entre complètement dans la vie du lecteur, on en vient véritablement à avoir l’impression de le connaître. Quelques-unes de ses réactions sont étonnantes, il est droit dans ses bottes et représente un mélange de petites faiblesses et de rectitude morale très séduisant.

On se plonge dans ces quelques mois avec un plaisir sans cesse accru, et forcément on est un peu triste lorsque l’aventure s’achève…

 

Ed. Payot & Rivages 2008, 411 p., 21,50 €

Trad. (Anglais) de Maurice et Yvonne Couturier

Titre original : Deaf Sentence