23.10.2006
une grande distance qui crée l'émotion
Jean-Pierre Cescosse
© P. MATSAS / Agence Opale
Après dissipation des brumes matinales
Le Dilettante, 1999
Huit bien trop courtes nouvelles, qui donnent envie de se précipiter sur tout ce qu’a écrit ou écrira Jean-Pierre Cescosse.
Qu’il parle du terrible destin d’une famille d’ouvriers, de l’amour soudain et versatile d’un ami pour une vache, des métiers imaginaires que se scande un chômeur à l’ANPE, du pot d’épiphanie dans un bureau, d’un petit vieux qui ne dit plus que « oui » ou « non », des relations avinées de potes de longue date, du curetage de Charlotte, ou enfin d’un mercenaire, sa plume est un scalpel qui dissèque chacun de ses mots avec une précision impressionnante.
C’est maitrisé, calibré, effilé.
Et très drôle.
J’adore !
101 p.
(J’ai lu aussi Nos dernières frivolités, chez Flammarion, mais j’ai beaucoup moins accroché : pas retrouvé le mordant des premières.)
Manœuvres de diversion en attendant la nuit
Flammarion, 2000
Totalement impossible à résumer, ce roman ne parle précisément de rien, tout en racontant beaucoup. Ou ne raconte rien de précis, tout en parlant de tout. Ou précise ce qu’est le rien, compris dans un grand tout.
Des amis, divers et différents. Paris, dans l’attente de l’an 2000. Des jeunes, un vieux, des copines, un comité d’épuration inutile et superfétatoire, avec un secrétaire minutieux, des bitures, le cancer.
Et puis Edouard.
M’a plu, Edouard.
N’a pourtant rien de vraiment original.
Mais le dit vraiment bien.*
Et puis ça s’arrête, déjà.
Trop tôt.
Grrr.
159 p.
* Il alterne passages vraiment stylisés et écriture plus simple, parfois ça demande un peu d’attention soutenue, mais ça le vaut tellement… !
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