12.02.2010

Long week-end - Joyce Maynard

maynard.jpgIl habite seul avec maman, il a 13 ans, on est en 1987. Henry est solitaire. Au collège, il est le naze. Dans la nouvelle famille de son père, il ne s'intègre pas. Avec sa mère, il vit hors de la normalité, il le sait. Elle est étrange, s'enferme chez elle, lui parle comme à un adulte. Il voit bien qu'elle est immensément triste, il aimerait pallier à ses manques. Et puis un homme s'évade de prison, leur demande leur aide, ils acceptent. Et le temps de quelques jours, tout va se bousculer pour Henry : une autre vie est possible, il en entrevoit la possibilité pour la première fois, il est partagé entre vivre pour lui (mais il n'a jamais su) et revendiquer sa place exclusive dans la vie de sa mère. Ce sont parfois les autres qui décident pour vous...

Un roman fort prenant qui sait se faire aimer, qui tisse avec son lecteur des liens affectifs. Il ne brille pas par son originalité ni par une écriture impressionnante, mais il s'insinue avec grâce. On y croit, on a l'impression d'embraser toute la complexité de l'adolescence, on s'attache, on ressent.

Ed. Philippe Rey, 2010, 283 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain

 

Merci Cathulu !

 

Lu également par : Cathulu, le Livraire, Ma Tasse de Thé, ...

16.08.2008

A Zidane, d'abord

Brigitte Smadja - Le Jour de la finalesmadja.jpg

Marianne a la cinquantaine, elle vit dans une maison qu'elle a laissé se délabrer à Aubervilliers, en région parisienne. Matthias l'a abandonnée, très abruptement, avec ses trois enfants, alors que le petit dernier, Simon, était encore tout jeune, et voici qu'aujourd'hui même Simon se marie.  La tête encore tintante des reproches qu'il lui adressait (au mot près), elle redoute de "le" revoir. Dans un geste spontané, dont elle est coutumière, elle place dans son sac à main une arme chargée. Des envies de meurtre que le temps n'a pas calmées...

Mais c'est aussi le jour de la finale de la coupe du monde de foot, la France est en finale, les gens vibrent depuis le petit matin, et si on réitérait l'exploit, on ne sait jamais. Maurice, le vieux voisin, ami de toujours, Bechir, le patron du bar où ils ont leurs habitudes, Clémence, la fille de Marianne, Fabien, le fils ainé, qui ressemble tant à son père, tous sont différents aujourd'hui. Même les indifférents au foot.

Et Marianne doit traverser ces 24 heures, aller au bout en donnant, aujourd'hui plus que jamais, l'image d'une normalité sereine qui n'a jamais été son fort, elle qui ne tient pas en place, jamais. Il y aura des surprises, mais on finit toujours par pardonner, à Zidane d'abord...

Un roman fort honnête à la fragrance légèrement désenchantée, qui décortique et va gratter dessous, là où on n'a pas soulevé le meuble. L'héroïne est fort sympathique, le petit monde qu'elle nous présente prends corps sous nos yeux et l'épilogue est surprenant : quelques heures en banlieue parisienne...

Ed. Actes Sud, 2008, 174 p., 18 €