04.05.2009
Crossing the Williamsburg Bridge - Sholby
"Décider des réponses qui méritent une question, c'est probablement une activité à plein temps."

Bien sûr, il pourrait commencer par le bête commencement et se présenter, expliquer sa situation et ce qui l'y a amené. Mais il choisit de le faire dans l'avant-dernier chapitre (nombreux et courts), et entre-temps tout a été dit entre les lignes.
Il part, donc, aux États-Unis, avec sa petite fille, un bébé de six mois. Il est peintre, graphiste, prêt à faire un peu n'importe quoi dans ce domaine pour le pain et le beurre, comme il dit (mais en anglais, c'est un roman en deux langues, pratiquement) (tout est traduit si besoin est, mais besoin n'est pas, en général). Il est plutôt désenchanté, mais prêt à croire encore. Faut dire que quand on a un petit bout d'ange à ses côtés, ça aide à avancer. Il assure plutôt pas mal, au niveau de sa petite fille, d'ailleurs, et il y a plusieurs scènes marrantes, telle celle où il démarche les galeries d'art avec la poche kangourou et tout le matos pour la petite, plus son ordi pour montrer son travail.
C'est ainsi qu'il rencontre Teresa, assistante dans une galerie. Rencontre amusante (il ne reconnaît pas une performance d'artiste) qui débouchera sur une amitié, qui entraînera une autre rencontre décisive et un grand chagrin...
C'est un roman dans la pure veine de Philippe Djian première période, à s'y tromper. On peut y déceler également d'autres influences (Carver par exemple), le narrateur en égrenne d'ailleurs quelques unes, grand lecteur lui-même. C'est un roman doux et très attachant, un univers complet dans lequel on a grand plaisir à plonger.
On a tout à fait l'impression de lire un récit, un témoignage, il y a un ton de grande proximité; c'est drôle (le français de Colin !), tendre, émouvant parfois. Beaucoup aimé !
Ed. Pascal Galodé, 2009, 221 p.
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