13.02.2011
Hors-Service - Solja Krapu
Eva-Lena a 39 ans, est prof de suédois et d'anglais en collège, et triste comme un régime alimentaire :
elle a un grand sens du devoir, n'arrête pas de la ramener tout le temps et à tout propos, elle, elle sait ce qu'il faut faire en toutes circonstances et comment il faut le faire. D'ailleurs sa vie est parfaite, un mari, 3 enfants, une salle de classe attitrée, une belle maison bien entretenue, elle est mince, en bonne santé, pas laide. Elle n'est pas du tout prétentieuse ou grande gueule, juste pas marrante, politiquement correcte des pieds à la tête. Elle ne s'en rend pas du tout compte, d'ailleurs, c'est bien le propre des gens de son espèce. Elle ne s'est jamais interrogée sur la notion de bonheur, ou comme ça en passant, pour se dire que c'était une belle connerie et qu'elle avait bien d'autres choses en tête.
Et, ce vendredi soir, (elle me dirait qu'on ne commence jamais une phrase par "et", tiens) alors qu'elle a commencé à préparer le repas, elle se dit qu'elle a le temps d'aller faire ses photocopies au collège, ça l'avancera pour lundi. Elle part en vélo, fait une course sur le chemin, et le laisse devant le magasin (pas son supermarché habituel) parce qu'il s'est mis à neiger et qu'elle ira plus vite à pied.
La porte du local photocopies se ferme, et ne s'ouvre pas de l'intérieur. Coincée, un vendredi soir, dans le collège désert, sans que personne ne sache où elle est...
Le temps d'un week-end, elle va mettre à plat sa vie, et nous livrer un fort joli portrait d'une suédoise d'un âge moyen. Elle évoque sa seule et unique amie, la fantaisie qu'elle apporte dans sa vie, le calme plat de son mariage, l'enseignement, les élèves...
Des choses qui font gentiment écho dans notre propre quotidien, un ton plutôt désenchanté mais qui se termine sur une note d'espoir.
Juste de bout en bout et fort plaisant à lire.
Ed. Gaïa, 2011, 271 p.
Traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss
Titre original : Mogen för Skrubben (2005)
Lu également par : Véronique, Azi-lis, Anna, Agathe, Nathalie, ...
"Il voulait rencontrer des gens heureux. Qui apportaient quelque chose de nouveau à sa vie, qui donnaient plus qu'ils ne prenaient. Qui ne posaient pas d'exigences démesurées. Qui ne se plaignaient pas de mille choses. Qui riaient quand quelqu'un disait quelque chose de drôle."
Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : suède, tiens gaïa a arrêté les pages roses?, dommage, je trouve, ah, et, fashion, elle parle des copies aussi