12.10.2010
Les Rougon-Macquart 1/20
Je n'ai pas pu attendre l'hiver avant de commencer ce cycle, la faute au trio infernal qui m'a offert le premier tome dans la Pléiade (je n'échangerais mes copines contre rien au monde).
Les Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire.
En préface du premier roman, "La fortune des Rougon", Zola dit ceci : "Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d'êtres, se comporte dans une société, en s'épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus, qui paraissent, au premier coup d'oeil, profondément dissemblables, mais que l'analyse montre intimement liés les uns aux autres. L'hérédité a ses lois, comme la pesanteur."
Ne comptez pas sur moi pour un quelconque résumé, une éventuelle analyse, quoi que ce soit d'intelligent. Il s'agit ici pour moi de me laisser emporter par un souffle romanesque, de prendre à bras le corps les mots d'un raconteur d'histoires autant décrié qu'adulé, de me fondre dans un temps qui n'est plus avec des gens qui n'ont jamais existé. Je suis très douée pour ça, moins pour le partager.
Ainsi, aux origines, trouvons-nous Plassans, petite ville du Var.
"Il est certaines situations dont bénéficient seuls les gens tarés. Ils fondent leur fortune là où des hommes mieux posés et plus influents n'auraient point osé risquer la leur." ("Tarés" étant à prendre au sens littéral, affublés de tare).
Pierre Rougon est un salopard. Un avide, un pleutre, un mauvais, un mou, faible et pas malin. Encadré par un de ses fils et coaché par sa femme, il va bassement profiter de l'insurrection du Var pour établir sa position sociale, en mentant, en trichant, et pire, en faisant verser le sang.
Son demi-frère, Antoine Macquart, est au même niveau d'infamie, côté caniveau pour sa part.
Ainsi, lorsque leur mère se meurt sous leurs yeux :
"Rougon eut un geste d'humeur. Ce spectacle navrant lui fut très désagréable; il avait du monde à dîner le soir, il aurait été désolé d'être triste. Sa mère ne savait qu'inventer pour le mettre dans l'embarras. Elle pouvait bien choisir un autre jour."
"Macquart, en se versant un nouveau petit verre, raconta qu'ayant eu l'envie de boire un peu de cognac, il l'avait envoyée en chercher une bouteille. Elle était restée fort peu de temps dehors. Puis, en rentrant, elle était tombée roide par terre, sans dire un mot. Macquart avait dû la porter sur le lit.
Ce qui m'étonne, dit-il en manière de conclusion, c'est qu'elle n'ait pas cassé la bouteille."
Emile Zola établit les origines de cette famille en nous faisant d'emblée frémir : Silvestre et Miette ouvrent et ferment le roman, leur destin est tragique, le ton est donné. On remercierait presque d'avoir de forts personnages d'enflures totales à haïr, pour ne pas sombrer trop longtemps dans l'affliction.
Un tome avec une grosse partie assez ennuyeuse ceci dit, tant le détail apporté à la description de la situation politique et sociale est important.
En ont également parlé : Caro, Kalistina, Mobylivres, Dominique, ...
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