02.09.2008
Kate Atkinson - A quand les bonnes nouvelles ?
Vous. N'avez. Pas. Transféré. Tout. Immédiatement.

Un roman de Kate Atkinson ne se raconte pas, il se vit, et par une chimie mystérieuse, on pénètre immédiatement dans les premiers mots, on y est à fond. C'est pourquoi ici on se prend une grande claque assez vite, on croyait s'installer dans une histoire maman larguée par papa le saligaud avec les malignes fifilles (et le bébé et le chien) qui vont braver l'adversité dans la dignité joyeuse, mais pas du tout. Du tout.
Le ton étant donné, on passe au présent, à Edinbourg, en croisant le quotidien de plusieurs personnages pour qui l'adjectif attachant a été inventé. Parmi eux, Reggie, 16 ans, qui croit porter malchance, et dont le credo est quelque chose du genre "ce n'est pas parce qu'il t'est déjà arrivé le pire qu'il va t'éviter à présent". Elle trouve affection auprès du docteur Hunter, va croiser notre ami Brodie et sa Louise, et la saloperie de déveine va sévir...
Dans une narration qui s'attache tour à tour à chacun, on va trembler, être nauséeux, rire, sourire, ressentir une tension sexuelle, avant de lâcher les larmes, j'étais prévenue, je n'y ai pas échappé pour autant, vers les dernières pages pas moyen de rester digne. Un univers vraiment propre à Kate Atkinson, qui explore ici plusieurs choses différentes, allant des sectes religieuses aux chiens en passant par les conditions pour réussir un mariage. On vit des heures palpitantes avec ce roman et il est de ceux qui rendent toute lecture ultérieure bien fade, objet dangereux comme il n'y en a pas tant, donc.
Ed. De Fallois, Août 2008, 363 p., 20 €
Trad. (GB) Isabelle Caron
Titre original : When will there be good news ?
L'avis de Cathulu (que je remercie pour le prêt !)
"Vous savez qu'en fait je ne vais pas dans la même direction que vous.
- Comme c'est vrai. A de si nombreux points de vue."
05:13 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : drames, résilience, ecosse, chien, famille |
19.08.2006
Alakazammi, c'est le grand rififi !

Photo agence Opale, B. Cannarsa
Je partage le coup de cœur de Chimère !
Caractéristiques : Polars écossais (un baptême en ce qui me concerne), politiquement incorrects, qui prennent le temps d’installer leur intrigue, avec un C, voire un D, qui n'arrivent vers la 100° page, sachant que A et B n’ont rien à voir, et que A est souvent choquant.
Petite bombe noire
Editions de l’Aube, 2003
Au début, on se demande bien où on va : beaucoup de personnages que l’on suit momentanément, dans différentes pistes, on a un peu de mal à raccorder le tout. Mais le fil conducteur devient peu à peu apparent, et on est séquestré dans une intrigue haletante. Pourtant, de longues pauses s’intercalent, reprenant le passé des protagonistes, resserrant les mailles d’un filet qui a un petit goût de destin…
Un prof d’anglais qui a grande peine à s’imposer à ses élèves, deux d’entre eux parmi les plus rebelles qui vont être bien punis de leur curiosité, un terroriste sans états d’âmes et une petite inspectrice hargneuse et obstinée, voici nos compagnons de route pour ces 500 pages vibrionnantes (mot de Libération, j’adore !)
Pour autant, l’inspectrice de Xavia, si elle apparait bien dans ce premier opus des aventures qui lui sont consacrées, est loin d’en être l’héroïne principale. C’est la plume de Christopher Brookmyre qui prend toute la place, infiltrant sa vision d’un noir absolu de la société, plaçant de petites bombes caustiques, distillant des amitiés, de l’amour, des références musicales, cinématographiques, un peu de grossièretés, et surtout un grand pouvoir narratif.
Prévoyez une nuit très courte suivie d’une journée sans aucune autre activité que la lecture, ou ne commencez pas ce roman !
Traduction (Ecosse) d’Emmanuelle Hardy-Seguin
535 p.
Petit bréviaire du braqueur
Editions de l’Aube, 2004
Mais quel brio, quel humour, quelle classe a Christopher Brookmyre !
Cet opus traite de prestidigitation, et fort logiquement, sa construction s’en inspire. Je ne peux donc – à mon grand regret – pas disserter des changements dans la narration, pas dire tout ce à quoi les différentes parties m’ont fait penser, rien révéler, non, n’insistez pas.
Bon d’accord.
Ne partez pas, j’ai dit oui.
Allez, quoi, écoutez-moi un peu !
Oh et puis non.
A moins de lire (ce que je vous conseille fortement), Petit bréviaire du braqueur, vous ne saurez rien du sept de carreau, d’En attendant Godot, des yeux bleus comme des lacs, de braquages insensés ou de règlements de comptes mafieux, tant pis.
Peut-être que si vous avez lu Le prestige de Christopher Priest vous avez une petite idée de ce qu’on peut trouver ici.
Mais peut-être pas.
En tout cas si vous aimez vous faire des nœuds au cerveau, jetez-vous dessus, vous allez pouvoir augurer, conjecturer, présupposer, soupçonner, mais en vain : l’issue est magique.
Ah, une dernière chose, Angélique de Xavia part pour Paris dans le troisième opus, par conséquent Zal est à moi, que les choses soient bien claires.
Traduction (Ecosse) d’Emmanuelle Hardy-Seguin
459 p.
15:00 Publié dans Livres : J'adore | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : polar, ecosse, coup de coeur |

