31.03.2010
Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer
Si vous pouviez me voir à l'instant où je termine ma lecture de cet échange épistolaire par mail (ce que je ne vous souhaite pas, soyons honnête), vous verriez des joues fiévreuses, des yeux brillants, un sourire niais très large, un souffle un peu court : je suis tombée amoureuse de Leo.

Leo Leike est bien tranquille chez lui lorsque Emmi Rothner lui envoie par erreur trois mails, à plusieurs jours d'intervalle, pour résilier un abonnement. Il l'informe poliment de sa méprise, elle s'excuse tout aussi poliment, tout devrait s'arrêter là. Sauf que son adresse mail est entrée dans la mémoire de son répertoire, et lorsqu'elle envoie un mail groupé de bonne année (hyper lambda) à son fichier client il y est inclus. Ils sont de parfaits inconnus, mais Leo a de l'humour (et une grande intelligence, et une sensibilité hors du commun, et une finesse, et... Bon, tout ceci on le voit plus tard, au fur et à mesure) (mais Leo, quoi. Leo, Leo, Leo.), et lui répond ceci :
"Chère Emmi Rothner, nous ne nous connaissons pour ainsi dire pas du tout. Cependant, je vous remercie pour votre si sincère et si original mail groupé ! Il faut que vous le sachiez : j'aime les mails groupés destinés à un groupe auquel je n'appartiens pas. Sincère salutations, leo Leike."
Bien sûr, Emmi, piquée, répond, la discussion s'engage, et de fil en aiguille se crée une relation forte. Intense. Pleine de piquants, de réparties géniales, fourmillante de non-dits et de suggestion sous les mots. Ils tombent amoureux, quoi. Vraiment, profondément amoureux.
Mais Emmi est mariée, Leo sort d'une histoire difficile, et surtout, surtout, ils sont conscients que l'état de grâce dans lequel les plongent leur échange de mail ne survivrait pas à une rencontre. Alors, comment se sortir de tout ça ?...
J'ai trouvé que c'était exactement ça, ce qui se passe avec le phénomène virtuel. On a toutes et tous déjà ressenti des émotions fortes à la simple lecture de mots sur un clavier, des gens qu'on aime bien, d'autres qui nous hérissent, sans les avoir jamais rencontrés. Des sympathies spontanées qui nous poussent à nous investir dans certaines relations virtuelles. C'est un phénomène étrange et mystérieux, qui en toute logique ne devrait pas exister. "Pour se plaire, il faut se regarder dans les yeux au moins une fois." dit Leo à un moment. D'ailleurs, le passage du virtuel au réel est très souvent déstabilisant, si ce n'est toujours décevant.
Et autant ce n'est pas bien grave quand il s'agit d'amitié, parce qu'on s'ajuste, on revoit notre imaginaire et on peut ainsi avoir d'excellentes surprises, l'incarnation offrant un vrai plus aux éclats de rire, autant un emballement amoureux ne me semble pas pouvoir résister au passage "en vrai".
Alors on se pose des questions tout au long de ces bien trop courtes 348 pages, que va-t-il se passer, comment vont-ils faire ? On a des coups de théâtre qui nous font nous redresser dans notre fauteuil, des valses hésitations qu'on approuve, des mails qu'on relit, d'autres qu'on aimerait bien avoir écrit...
Ils sont très attachants, Leo et Emmi. Ils nous font croire à leurs chassés-croisés. Et leur histoire est plutôt symptomatique...
Ed. Grasset,1er avril 2010
Traduit de l'allemand par Anne-Sophie Anglaret
Titre original : Gut gegen nordwind
Lu également par : Cathulu (nan mais tu as le droit de préférer Julius Winsome, Leo est ainsi tout à moi :)), Emeraude (J'ai 42 ans, Emeraude, j'ai vibré de tous mes poils ;o)), Froggy's delight (pour un compte-rendu clinique et dépassionné) (le truc sérieux, quoi), Celsmoon (qui en a pleuré dis-donc), Fashion (qui excelle dans la louange, et qui réussit à placer un certain Doctor, trop forte), ...
Il y a déjà une suite parue en Allemagne, "Alle sieben Wellen" (toutes les septièmes vagues ?) et vivement la traduction (parce que là, pour le coup, l'allemand, nicht possibeul !). Les lecteurs allemands n'ont pas accepté l'épilogue de ce roman, et ont harcelé l'auteur pour qu'il continue les aventures de nos deux tourtereaux...
Petit extrait, Emmi est partie une semaine au ski, Leo lui écrit pendant ce temps :
"Un jour plus tard
Pas d'objet
Pour que vous ayez trois mails de moi dans votre boite de réception. Je vous embrasse, Leo. (Hier, exprès pour vous, ou du moins en pensant à vous, je me suis acheté un nouveau pyjama.)
Trois heures plus tard
REP:
Vous ne m'écrivez plus ?
Deux heures plus tard
REP:
Vous ne pouvez plus m'écrire, ou vous ne voulez plus m'écrire ?
Deux heures et demie plus tard
REP:
Je peux échanger mon nouveau pyjama, si c'est le problème.
40 minutes plus tard
RE:
Ah, Leo, vous êtes tellement mignon ! Mais ce que nous faisons n'a aucun sens. [...]"
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11.10.2009
La Petite Dorrit - Charles Dickens
La Petite Dorrit s'appelle en réalité Aimée. Elle est née en prison, et son père y passera tellement d'années qu'il héritera du titre de "Père ou Doyen de la Maréchaussée". Y être née lui procure à elle aussi une certaine célébrité, mais pas autant que son caractère et sa façon d'être. La Petite Dorrit est une crème, une petite personne formidable qui se dévoue toute au bien-être de sa famille, et qui aime tendrement son père, à qui elle épargne dans la mesure du possible toute contrariété. Elle est aimée très sincèrement par le petit John, fils du gardien de la prison, mais ne partage pas son inclinaison. Elle, c'est d'Arthur dont elle s'éprend durablement; Arthur qui refuse lui-même de s'avouer un sérieux penchant pour Chérie, la fille de ses amis les Meagles; qui elle-même est folle de Mr Gowan, au grand dam de ses parents (et d'Arthur). Manque encore Flora, bluette de jeunesse d'Arthur, qui aimerait beaucoup retisser ces fils quelque peu distendus...
Beaucoup d'amours contrariés donc, dans ce gros roman (970 pages), mais évidemment pas que ça.
Une charge féroce et drôle contre l'administration anglaise et son goût pour l'immobilisme (le Ministère des Circonlocutions en long, en large et en moult détails !) et une mise en situation extrêmement précise d'une escroquerie de haut-vol maintiennent une tension tour à tour amusante et pesante, au milieu de plusieurs intrigues menées de front sans faiblir, de personnages cocasses et plein de vie, de différents pays évoqués.
Onzième roman écrit en pleine gloire, à 43 ans, La Petite Dorrit m'a emportée dans ses pages avec une intensité qui augmentait sans cesse. J'ai été profondémment émue par le personnage du petit John, dans sa cocasse manie de dresser mentalement de dramatiques épitaphes, et par sa déclaration à son "rival", qui ne prend alors qu'à peine conscience de ses propres sentiments :
"- Seigneur, dit John en prenant à témoin les pointes de fer qui couronnaient le mur, il demande quoi !
Clennam regarda les pointes, puis John; puis les pointes, puis John.
- Il demande quoi ! Et, qui plus est, s'écria John en le contemplant comme à travers une douloureuse brume, il a l'air de bonne foi ! Vous ne voyez donc pas cette fenêtre, monsieur ?
- Naturellement que je la vois !
- Vous voyez cette chambre ?
- Naturellement que je la vois.
- Et ce mur en face, et cette cour en bas ? Tout cela en a été témoin, du matin au soir et du soir au matin, d'une semaine à l'autre, d'un mois à l'autre. Combien de fois n'ai-je pas vu Miss Dorrit ici alors qu'elle ne me voyait pas !
- Témoin de quoi ? dit Clennam.
- De l'amour de Miss Dorrit.
- Pour qui ?
- Pour vous ! dit John en lui mettant la main sur la poitrine.
Puis il recula jusqu'au fauteuil, où il s'assit, tout pâle, les mains sur les accoudoirs, en secouant la tête à l'adresse de Clennam.
S'il avait donné à Clennam un violent coup de poing au lieu de le toucher délicatement, il ne l'aurait pas ébranlé davantage. Le prisonnier demeurait confondu. Ses yeux étaient fixés sur John, ses lèvres s'entrouvraient et semblaient s'efforcer de dire : "Moi ?" mais sans parvenir à émettre un son. Il avait les bras ballants et ressemblait de la tête aux pieds à un homme qu'on vient d'éveiller en sursaut et qui n'arrive pas à saisir la nouvelle qu'on vient de lui annoncer.
- Moi ! dit-il enfin tout haut.
- Oui ! Vous ! gémit le petit John.
Il fit de son mieux pour sourire en répondant :
- C'est pure imagination. Vous faites erreur !
- Moi ! Faire erreur ! monsieur, répliqua John, moi, me tromper sur ce point-là ! Non, monsieur Clennam, ne me dites pas ça. Pour toute autre chose, bien sûr ! je n'ai pas la prétention d'être grand observateur et je sais bien tout ce qui me manque pour ça. Mais moi, me tromper sur une chose qui m'a plus tourmenté le coeur qu'une pluie de flèches tirées par des sauvages ! Moi, me tromper sur une chose qui a failli me mettre dans la tombe (comme je l'aurais parfois souhaité, si la tombe n'avait pas été incompatible avec le commerce du tabac et les sentiments de mes parents !) Moi, me tromper sur une chose qui en ce moment encore m'oblige à prendre mon mouchoir comme une grande fille, bien que je ne voie pas pourquoi "grande fille" serait un terme de reproche, car tout esprit masculin bien constitué les aime toutes, grandes et petites. Allons donc ! Ne me dites pas ça ! Ne me dites pas ça !"
Plus tard dans la nuit, il s'endormira malgré tout d'un paisible sommeil, ce cher John, après avoir composé cette épitaphe :
" Passant !
Respecte la tombe de
JOHN CHIVERY Fils
mort à un âge avancé
qu'il est inutile de préciser.
Ayant rencontré son rival plongé dans le malheur
son premier mouvement fut d'en découdre
mais en souvenir de la bien-aimée
il surmonta sa rancoeur
et se montra
MAGNANIME
"
...
(Mention spéciale également au personnage de Flora, en lequel Dickens égratigne son propre amour de jeunesse, mais avec quel humour ! C'est souvent proprement hilarant, et cette sossotte est pourtant rendue bien attachante, quand elle veut bien laisser parler son coeur...)
"La Petite Dorrit" est un roman parfait; en l'espèce, et également pour découvrir Dickens, nonobstant le très léger problème de ne plus le trouver en librairie (en français) (et même en Pléiade). Je ne saurais trop recommander le farfouillage en bouquinerie et en bibliothèque (et de ne surtout pas en lire une version expurgée, qui elles, pullulent) !
Un ENORME merci à Laure, ma chère Géotrouvetout jamais prise en défaut :)
(Bibliothèque de la Pléiade, 1970, traduction de Jeanne Métifeu-Béjeau)
Pas tout à fait un coup de coeur pour Isil, mais du Dickens reste toujours au dessus du lot :)
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12.08.2009
Charles Dickens - Marie-Aude Murail
Le titre complet de cette biographie est : "Charles Dickens, Ouvrier à douze ans, célèbre à vingt-quatre." Marie-Aude Murail à "rencontré" Charles Dickens alors qu'elle avait dix-sept ans, l'aime d'amour, le dit et le proclame, et nous communique une affection débordante.

La dédicace, déjà : "Pour mon fils Charles" (tiens !?); les premières phrases : "En règle générale, la naissance des grands hommes se signale au reste de l'univers par le passage d'une comète dans le ciel. Le 6 février 1812, veille de la naissance du plus grand romancier de tous les temps, sa mère Elizabeth décide d'aller au bal."; enfin le portrait qu'elle nous dresse tout au long de ces 164 pages, dans lequel elle occulte toute charge (pas de mention du divorce et des agissements terribles de Dickens durant cette période).
Par rapport à la biographie de Jane Smiley, celle-ci est nettement plus abordable, plus concise aussi, et nous offre quelques (trop rares) illustrations dont on se délecte : portraits et dessins, photos.
L'incroyable énergie de Dickens est très bien exposée, son charisme et son rapport extraordinaire avec ses lecteurs, tout autant que la jalousie et l'opprobre qu'il sera de bon ton pendant un temps d'afficher : "En fait, Dickens souffre d'un défaut, d'une tare, d'un vice, il est "populaire"."
"De même, alors qu'il vieillit à vue d'oeil, il suffit d'un enfant pour lui faire retrouver son propre coeur d'enfant. Ainsi, cette petite fille qui s'approche de lui :
- C'est vous, monsieur Dickens ? Oh, j'aime tant vos livres ! Mais bien sûr, je passe les parties ennuyeuses, pas les parties ennuyeuses courtes. Mais les longues !
Charles éclate de rire puis sort son calepin, l'air très soucieux :
- Bon, dites-moi un peu où se trouvent ces parties ennuyeuses ?"
Marie-Aude Murail nous raconte la mort de Dickens en établissant un parallèle avec celle de Jo dans Bleak House, qui m'avait fait si forte impression : c'est tellement réussi que j'ai terminé ce livre en larmes à nouveau; on a l'impression de le "perdre", comme s'il était un proche. C'est rare, ce sentiment envers un auteur. C'est précieux!
C'est une biographie qui donne envie de lire Dickens (de se précipiter sur un de ses romans, même), et je ne peux donc que la conseiller fortement !
Ed. L'école des loisirs, collection Belles vies, 2005, 164 p.
Merci Cathulu !
Lu également par Chinchilla.
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25.11.2008
Le désespoir des singes... et autres bagatelles - Françoise Hardy

"Force est de reconnaître que plus les amours sont impossibles, plus elles s'exacerbent et entretiennent l'illusion que l'être sur lequel nous avons cristallisé nos manques et nos espoirs est le seul aimable au monde, le seul qu'on aimera jamais. La souffrance qui en résulte est pourtant bien réelle et peut détruire autant que dynamiser. Bien qu'elle ait été de loin ma principale source d'inspiration, je me suis souvent demandé s'il n'aurait pas mieux valu que je sois assez équilibrée pour me porter au-devant de partenaires épanouissants, plutôt que passer ma vie à compenser des frustrations aussi dérisoires que les miennes en faisant des chansons. Il m'arrive de me dire aussi qu'il valait mieux me morfondre seule avec ma guitare et des idéalisations sans doute aussi proches de moi qu'éloignées de leur objet, qu'aller au bout d'une attirance qui n'aurait pas résisté longtemps à l'épreuve de la réalité, au prix parfois d'un terrible gâchis. Mais on ne peut pas lutter contre l'inconscient qui nous dirige obstinément, avec la précision du radar le plus sophistiqué, vers l'être dont les failles sont suffisamment complémentaires des nôtres afin d'actualiser la problématique dont nous sommes prisonniers, jusqu'à ce que, à force d'échecs et de douleurs, nous finissions par la percevoir avec assez de lucidité pour tenter de nous en dégager."
Vous l'aurez compris à la lecture de cet extrait, Françoise Hardy témoigne dans son autobiographie d'un important travail sur elle-même. Déroulant dans un ordre plus ou moins chronologique les moments importants de sa vie, elle les entoure de nombreuses réflexions (sur lesquelles j'ai été assez régulièrement en désaccord, dans le sens où nos centres d'intérêts correspondent peu). Il s'en dégage une belle franchise, tout autant qu'une puissante mélancolie (voir une vraie tristesse). J'ai été touchée à de nombreuses reprises, le récit de sa relation avec Jacques Dutronc est aussi pudique que déconcertant, et en quelque sorte exemplaire de ce qui touche forcément à un moment ou un autre tous les couples qui s'installent dans la durée.
L'écriture est très agréable, fluide, travaillée malgré tout, on a envie de le lire d'une traite. Il y a un mélange d'humilité et d'égo qui prend parfois le dessus qui est très séduisant. J'ai aimé également ses petits tacles au passage, amicaux envers Sylvie Vartan par exemple, plus définitifs avec d'autres (je trouve ça sain, féminin). J'ai noté quelques livres dont elle a su parler avec un petit quelque chose, quelques chansons que je veux absolument écouter aussi. Elle est née en 1944, 64 ans c'est encore bien jeune pour une conclusion (un peu hâtive, trop courte) aussi axée sur l'âge et sa cohorte de petits et grands désagréments, je trouve.
Et je referme ce joli livre, qui m'aura permis de découvrir une artiste à laquelle je n'avais pas été vraiment sensible jusqu'alors, en écoutant "Message personnel", qui est définitivement une superbe chanson.
Ed. Robert Laffont, 2008, 390 p., 21 €
Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : françoise hardy, autobiographie, introspection, grand travail sur soi, émouvant
20.04.2006
Vignettes magiques

Récit
Stock, 2003
Tout commence par une lettre que Sophie Fontanel adresse à celui qu'elle aime, qui ne sait pas la recevoir. De là elle nous fait part d'anecdotes, de réflexions, d'aphorismes, de paroles rapportées, toutes concernant l'amour. C'est construit avec une succession de phrases, c'est prenant en diable, on relit beaucoup, on tente de comprendre, on approuve, on rapproche les esquisses à des gens identifiés... ça touche. Enfin, moi, ça m'a beaucoup touchée. Ce n'est pas long, et pourtant j'ai mis longtemps à le lire, je ne pouvais pas enchaîner tout à la suite, il me fallait digérer, réfléchir.
Ca se termine par "Alors tu vois". Je vois. Et je suis contente.
"Je l'ai fait, une fois. Prélever délicatement une chips du bol. La porter à mes lèvres. Mettre la chips dedans. Ne pas croquer. Laisser fondre au contraire, alors que je n'aime que ce qui croustille. Puis avaler, en douceur, sans trop déglutir. Tout ça pour ne pas faire de bruit. Tout ça parce qu'à coté de moi, dans ce lit, il y avait cet homme qui dormait."
"Je ne peux pas juger les gens sous prétexte qu'ils restent à leur niveau. Moi, je monte trop haut, mais il n'y a pas de quoi être fière : c'est par peur du réel. Donc, je n'ai pas le droit de juger.
Je vais me gêner."
"Il en manque : Sais-tu ce qu'est une carence ? Je vais te dire ce que c'est. c'est plus terrible encore que tu ne penses. Y as-tu déjà seulement songé ? Alors écoute, et dis-moi si ça n'est pas le pire qui puisse arriver à un être humain. c'est : on te témoigne de l'amour, et ça te parait aussitôt disproportionné. Tu comprends ?
La force avec laquelle je comprends, c'est ça le pire."
"Au départ, il comptait se draper dans son malheur. Mais avec un mouchoir, tu ne vas pas loin."
126 p. (en J'ai lu)
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